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Michel Koutouzis

Consultant auprès de la Commission et de l'ONU en matière de trafic de drogues et de blanchiment, auteur, documentariste.
 

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Derniers commentaires

  • Par Michel Koutouzis (---.---.---.123) 9 juin 2007 08:35
    Michel Koutouzis

    Sans vouloir revenir sur les réactions, diverses et variées, je voudrais cependant faire quelques remarques. D’une part, l’article introduit certains aspects techniques qui ont à faire avec la vision de l’Etat Major iranien, très évolutive. La guerre Iran-Iraq, conduite sur fond de purges et de méfiance sur l’hiérarchie militaire de la part du pouvoir, a été une guerre de frontières, bloc contre bloc, statique et comparable à la première guerre mondiale et ses tranchées. Cela a été un désastre et tout le monde en Iran en a conscience. Deuxième élément, la supériorité aérienne américaine et le faible maillage défensif/radar. Là aussi, l’Iran a cherché des solutions que j’énumère (fibres optiques, transformation des avions de combat en une sorte d’AWAKS, piratage de satellites commerciaux etc.). Enfin, et c’est le plus important, Téhéran penche pour des « réactions disproportionnées » à toute attaque et démultiplie les cibles potentielles hors de son territoire. Pour ce, elle pense à des actions militaires conventionnelles et à d’autres qui le sont moins. L’Iran a un atout en ce moment : la proximité des cibles, l’obligation des Américains de protéger leurs propres alliés et leurs troupes (Iraq, Afghanistan, pays du Golfe) ainsi que les cibles économiques évidentes. Contrairement aux idées reçues, la vision militaire iranienne est moderne et en contradiction totale avec le discours « officiel religieux ». Bien entendu, nous ne sommes pas à la veille d’un conflit majeur. L’article se voulait « technique » et indiquait que les hésitations de la communauté internationale à « passer à l’acte » sont aussi bien le résultat d’une logique cohérente de défense de la part de l’Iran, que des actions diplomatiques et économiques neutralisantes que mène ce pays dans son environnement proche (Russie, Chine, mais aussi Europe). Contrairement à l’Iraq, l’Iran communique et fait connaître ses positions, en direction aussi bien de ses « amis » que de ses « ennemis ». On pourrait parler d’une « dissuasion à l’iranienne », qui, pour être crédible ne cache pas ses faiblesses ni ses intentions.

  • Par Michel Koutouzis (---.---.---.123) 7 juin 2007 09:09
    Michel Koutouzis

    Bien entendu les trois pays européens (Grèce, Espagne, Portugal), en avaient fini avec leurs dictatures respectives. Je parlais justement de cette période transitoire, post-dictatoriale où la perspective d’intégration (et même le débat sur le bien fondé de cette intégration) on marqué et influencé le jeu démocratique et les réformes, permettant à ces trois pays d’éviter le piège identitaire et nationaliste et des attitudes revanchardes. Pour les pays post-communistes l’affaire n’est pas réglée, surtout en Pologne qui est de loin le pays le plus important des nouveaux venus. Reste la Turquie ou le problème, complexe, est de toute autre nature. Si la dichotomie Turquie côtière- Anatolie peut éventuellement se comparer au problème du Messogiorno italien, celui de l’opposition entre république formelle-démocratie réelle (qui n’est pas uniquement institutionnel mais aussi culturel et social) s’ajoute aux aspects géopolitiques qui n’existaient pas pour les pays méditerranéens, ou paricipent à l’affiramation d’une indépendance retrouvée en ce qui concerne les pays de l’est.

  • Par Michel Koutouzis (---.---.---.123) 7 juin 2007 08:06
    Michel Koutouzis

    En Colombie, une partie importante de la population vit quotidiennement la peur au ventre. La guerre à la drogue, la guerre aux pauvres, la guerre des paramilitaires, de la criminalité organisée, celle des FARC, la violence des grands propriétaires terriens ou des exploitants des mines d’émeraudes (parfois ce sont les mêmes), perpétuent une tradition de férocité où la vie (surtout celle des humbles) n’est pas grand-chose. Le président Uribe, triomphalement réélu dernièrement est un ultra néo-conservateur, aussi bien au niveau économique qu’au niveau politique. L’opposition, elle, peine à exister. Comme soulignait l’économiste Francisco Thoumi, ce pays est en « régression structurelle ». Cela concerne l’économie, les médias, l’action sociale, la privatisation de la violence, ou la nature financière (souvent douteuse) des investissements étrangers. Le fameux « jeu à trois bandes » entre le gouvernement, les paramilitaires et les FARC, -qui cache mal la connivence entre les deux premiers- est financé par la cocaïne, ce qui a permis, entre autres, à dépasser plusieurs seuils de violence en faisant partout dans le monde le bonheur des marchands d’armes. Les enlèvements, en tant qu’industrie lucrative, comme discours politique ou comme pression diplomatique ont pris le dessus sur les rapports de force politiques et sociaux nécessaires à toute démocratie. Ils sont le miroir d’une société qui ne conçoit plus pour toute solution qu’un rapport de force qui présuppose que l’on s’octroie le droit de la vie ou de la mort, non seulement de l’adversaire mais de toute personne, même étrangère au conflit. Certes, il faut tout faire pour mettre un terme à la captivité d’Ingrid Betancourt. Et comme l’a maintes fois souligné sa propre famille, ne pas s’arrêter en si bon chemin et libérer les centaines d’otages qui croupissent dans les campements de fortune en pleine jungle mais aussi dans les geôles d’Etat ou privées. Il faut « exporter » les habitudes colombiennes, introduire des seuils de rapports de force élevés entre la communauté internationale et le gouvernement colombien. Il faut enfin faire comprendre à son grand protecteur, les Etats-Unis, que le gouvernement colombien n’a rien à désirer à tous ceux que Washington désigne comme des « pays voyous ».

  • Par Michel Koutouzis (---.---.---.123) 5 juin 2007 15:20
    Michel Koutouzis

    Oui, j’ai souvent visité Cuba, le tout premier voyage en 1979, puis en 1983, 1992, 1997 et peut-être j’en oublie. Je suis aussi un habitué des Caraïbes. Mais je dois vous avouer qu’on me demande, par proffession, d’aller voir « ce qui ne va pas ». Jettez un coup d’œil sur mon site. J’ai donc un regard pafois déformé, et à la longue désabusé. La réalité que je décris (celle des bas fonds, des banques offsore et des coups tordus) s’accomode de bien d’autres, j’en suis certain.

  • Par Michel Koutouzis (---.---.---.123) 5 juin 2007 11:04
    Michel Koutouzis

    De cette guerre regionale, qui continue à plusieurs égards, vous avez raison de souligner que le procès de Charles Taylor laisse un goût amer, et que plusieurs protagonistes de ce conflit sont issus du monde occidental. Même le Kimberly Process, qui concerne les diamants de sang, s’arrête dès lors que l’on arrive à Anverse ou Tel-Aviv. Le financement de ce conflit a pris le dessus ses l’objectifs (quand il y en avait), criminalisant l’ensemble des forces politiques. Dès lors, ce n’est pas difficile de choisir une fraction, en l’occurence Taylor (après tout c’est un acteur fondamental de pourrissement), et oublier les autres.

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