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Moristovari

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« Traverser un désert, c’est pas grand chose. Ce qui est terrible, c’est naître dedans, c’est grandir dans un désert. » - Deleuze

Tableau de bord

  • Premier article le 03/06/2009
  • Modérateur depuis le 23/09/2009
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Derniers commentaires



  • Moristovari Moristovari 9 décembre 2009 17:37

    @ Astus & Michel Koutouzis

    Ce n’était pas dans mon propos de créer une hiérarchie entre les sciences mais effectivement cette interprétation reste possible. Précisons donc : au niveau actuel de nos connaissances un généraliste ne peut plus guère découvrir et créer. Quiconque a ces espérances doit se spécialiser, jusqu’à souvent ignorer bien des parties de sa propre discipline, aussi l’histoire et la géographie restent essentielles pour les seuls historiens et géographes.

    Pour le reste la relation entre savoir et pouvoir est connue, en témoigne par exemple les recherches de Foucault. Je ne partage par contre pas cette vision manichéenne catégorisant comme « bons » les pauvres, exploités et envieux et « méchants » les riches, exploiteurs et jouisseurs. La psychologie nomme cette attitude « locus externe », Epictète l’avait déjà comprise et notée au premier siècle de notre ère : « On appartient a la populace tant que l’on fait toujours retomber la faute sur les autres ; on est sur le chemin de la vérité lorsque l’on n en rend responsables que soi même ; mais le sage ne considère personne comme coupable, ni lui-même ni les autres »

    La réalité reste l’unique mesure des choses : on ne la voile jamais indéfiniment sous des croyances - car les croyances restent figés alors que la réalité est mouvement perpétuel. Ainsi le progrès, ce mythe, fut accepté tant qu’il fut crédible ; ce n’est plus le cas aujourd’hui et il tend donc à redevenir une superstition.

    Aussi, tout idéaux et normes sont des croyances, il n’existe ni cité ni éducation idéales et aucune norme n’est fondamentale. Même s’il furent acquis au prix du sang et de la souffrance, les socles sociaux, lois, règles et mythes doivent s’éclipser face à la réalité nouvelle. C’est ainsi que Foucault trouve délicat une tentative de définition de la nature humaine, c’est ainsi que pour Deleuze les droits de l’homme sont purement abstraits et qu’il ne conçoit qu’une forme juridique possible : la jurisprudence.



  • Moristovari Moristovari 8 décembre 2009 16:13

    La connaissance humaine a atteint un degré formidable. Aujourd’hui nul esprit universel n’est possible même après une vie d’apprentissage ; pour faire progresser les connaissances il n’existe qu’un moyen : la spécialisation. Donc l’abandon de multiples matières. Pour tout scientifique l’histoire et la Géographie sont devenus des poids qui l’empêche de s’élever. Ces poids, evidemment, lui permettait de garder contact avec la terre, les hommes ; qu’importe, il faut couper ces chaînes. Non par fuite en avant mais bel et bien pour perpétuer cette quête du savoir, cet héritage et cet instinct de l’Homme.

    Quand au mythe, il n’est pas unique et immortel, notre époque possède aussi les siens. Après, tout est affaire de choix et le passé permet d’élargir ce choix. Selon les valeurs morales que l’on juge nobles et vulgaires, chacun s’attache aux mythes qui lui correspondent. Renier dès lors les autres est tout naturel.

    « science sans Histoire donne Hollywood, ou la fiction onirique - débridée et corrompue - remplaçe les sens. » : Cette phrase a-t-elle un sens ? L’onirisme - le rêve étant une interprétation de la réalité - est la grande base des mythes aussi est-ce un non-sens de qualifier l’onirisme de « corrompu » pour ensuite déclarer nécessaire l’enseignement des mythes. Quand au cinéma, il n’est pas réductible à Hollywood et demeure un art producteur de mythe à sa manière - il faut vraiment méconnaître le sujet tant du point de vue artistique que sociologique pour en douter.

    La nostalgie à ses vertus, non toutes : en premier lieu, elle n’aime ni le présent ni l’avenir. Aussi mythe, Histoire et Géographie ne devraient-ils jamais être vu sous ce regard.



  • Moristovari Moristovari 5 décembre 2009 17:20

    J’ai justement trouvé cette remarque à Pluto intéressante en rapport avec le sujet même. En tant que ressenti naturel des plus simples, la souffrance me semble avoir plus de conséquence sur l’Histoire que bien des idées. Ainsi tous les peuples, lors d’une invasion, ne pratiquent pas la guérilla : tout dépend de ce qui peut les faire souffrir et de leur sensibilité à la souffrance.

    L’hédonisme est naturel : quiconque peut assurer son bien-être tend à le faire. A notre époque où l’hédonisme, le désir, est exacerbé, en grande partie par la société de consommation, tout possesseur d’une quelconque autorité tend à la détourner à son profit et à vouloir la conserver. Aucune perversité en cela. Par son apologie de la souffrance - pitié, dévouement... - la chrétienté instaura une rigueur morale qui maintint durant deux mille ans la cohésion de l’Europe malgré les différents nationaux. Aujourd’hui l’homme est libre, donc se laisse aller à tous niveaux.

    Car effectivement aujourd’hui c’est l’homme, l’individu, et non l’Homme qui est au centre. Mais l’Homme peut-il être au centre ? Cela me paraît utopique car anti-naturel ; il faudrait pour cela un déploiement d’autorité digne d’une dictature, il faudrait que l’humanisme devienne une religion avec l’« Homme » comme seul Dieu.

    J’ai l’impression que vous en êtes déjà adepte.



  • Moristovari Moristovari 5 décembre 2009 14:17

    Le dernier paragraphe semble tout droit sorti d’un mauvais discours politicien voir d’un pamphlet new-age. La culture semble là, reste la sagesse, l’esprit critique et le sens de la réalité.

    Par exemple sur la souffrance, pensée perverse pour vous très répandue dans notre société occidentale - selon moi l’hédonisme semble plutôt la tendance malgré les difficultés que notre époque rencontre à sa réalisation, et l’apologie de la souffrance, minoritaire, n’est qu’un reliquat chrétien décadent.

    L’occident vit donc encore dans le « bonheur pour tous » humaniste. Mais ce « bonheur pour tous » reste une idée récente encore loin d’avoir conquise toutes les cultures et les perspectives d’avenir jouent plutôt en sa défaveur : les valeurs s’adaptent à la réalité, et lorsque la souffrance prédomine, l’association « souffrance » à « bien » apparaît par nécessité, pour donner un sens à la vie.

    La perversité est une notion morale et la morale dépend des cultures. L’ascétisme peut être vu comme noble, Gandhi le vit ainsi. Dans l’avenir qui semble se dessiner, où jouent les grands nombres et les grands problèmes, la réhabilitation de la souffrance au dépend des idéaux humanistes me paraît plausible.



  • Moristovari Moristovari 3 décembre 2009 17:13

    Un simple aparté en attendant la réponse que vous attendez. Au sujet de votre exemple des motivations qui peuvent nous pousser à rattraper un homme qui tombe, voici d’autres interprétations :

    *Si ce compagnon de marche nous est antipathique, nous le laisserons choir - peut-être après fait semblant de le rattraper - puis rirons, soit en pensée soit à voix haute.
    *Si ce compagnon de marche nous est indifférent, nous tenterons de le rattraper par égard à la morale. Ne pas faire ce geste serait mal élevé donc honteux s’il cela est remarqué.
    *Si ce compagnon nous importe, nous tenterons de le rattraper car son bonheur fait le notre. Le voir choir nous causerait de la peine et c’est notre peine, toujours, que nous essayons d’éviter.

    Ainsi je ne crois pas qu’en l’on puisse jeter aux oubliettes ces fruits d’une vie d’expérience et de pensée sur la vie même que sont les oeuvres des moralistes, tous d’accord pour mettre à la base de toute action humaine l’égoïsme, la vanité, la fuite du déplaisir.

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