"évidement que je suis obligé de globaliser, je ne peut saisir dans un article toutes les singularité," Non, je regrette. Vous alimentez un préjugé en portant un jugement global et discréditant sur une catégorie donnée de personnes . Rien ne vous oblige à le faire, sinon votre propre conviction ou cécité. De même que si vous écriviez un article sur l’immigration et l’identité nationale, rien ne vous obligerait à partir du principe globalisant que tous les maghrébins sont des islamistes. Vous en conviendrez peut-être plus aisément.
Pour le reste, en effet, j’ai noté que ce propos n’était pas le seul objet de votre article, c’est juste celui que je commentais.
"Victimes qui sont bien fondées dans leur souffrance, mais ce n’est pas d’elles qu’il faille attendre une clarté de jugement, car lorsqu’elle réclame justice il faut entendre vengeance."
Vous parlez ici au nom d’un ensemble de citoyens que vous regroupez dans une unique catégorie "Victime" pour asséner des généralités sur ce que chacune d’entre elles penseraient... autrement dit, sur ce que vous pensez qu’elles pensent, sans les connaître. Et ces généralités ne manquent pas de les rabaisser, à vos yeux tout au moins, en discréditant par avance tout ce qu’elles pourraient faire valoir ("ce n’est pas d’elles qu’il faut attendre une clarté de jugement"). Il serait intéressant de s’interroger sur la fonction que remplit la déclaration d’empathie de pure forme dont vous vous fendez au préalable ("Victimes qui sont bien fondées dans leur souffrance, mais"). S’agit-il ici de l’hypocrisie dont vous parlez plus loin ? Ou du procédé rhétorique équivalent à "avec tout le respect que j’ai pour vous... " ?
" De la sorte l’auditeur ou lecteur reconstitue ce qui l’arrange à la
hauteur des ses connaissances ou de ses ignorances, à hauteur de son
"moi »"
Tout à fait d’accord avec vous. C’est d’abord dans votre "moi" qu’existe cette image de la victime que la souffrance a rendu débile et qui ne peut que hurler vengeance, même quand elle demande justice et distingue bien les deux.
Un tel jeu de projections et dénigrement porte le nom de racisme quand la catégorie de population visée est caractérisée par son origine
ethnique.
Il y a effectivement des femmes qui se vouent corps et âme (mais surtout corps) à incarner cette fantasmagorie du féminin qui, quoique masculine, ne se trouve pas que dans l’imaginaire des hommes.
Salope ou prude (c’est à dire salope aussi, mais hypocrite en prime). J’avais rarement lu une illustration si franche de la naïveté d’un tel fantasme. Mais il est vrai qu’étant portée plutôt du côté de la version pudiponde de la pute, lol, je ne me suis jamais penchée sur le matériel pornographique.
Sans savoir si vous assumez ou non cette naïveté, je m’en suis, pour ma part, délectée. C’est donc sans ironie que je vous remercie pour ce texte.
Je reprends ma deuxième phrase avec tous les mots dans le bon ordre...
"Or en justice, la circonstance atténuante module la sévérité de la
condamnation par le tribunal, elle ne décide pas de l’opportunité d’une
poursuite ni de la culpabilité de l’accusé."
Si je ne m’abuse, les propos de M. Mitterrand n’ont pas fait valoir de circonstance atténuante, mais des excuses supposées légitimer une impunité (= abandon de poursuite). Or dans en justice, la circonstance atténuante module la sévérité de la condamnation par le tribunal, elle ne décide de l’opportunité d’une poursuite ni de la culpabilité de l’accusé.