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  • Par Naja (xxx.xxx.xxx.90) 23 novembre 2011 14:53
    Naja

    On s’est mal compris. Je dis simplement que ce que vous appelez "humanisme béat" n’est à mon sens pas la cause d’une certaine forme de complaisance envers le délinquant sexuel lambda, mais une des constructions intellectuelles qui la justifie a posteriori. Nulle part, je n’ai écrit que cette complaisance était sans conséquence.
    Ceci étant, je pense que la négligence de la justice dans son traitement de bon nombres d’affaires de violence sexuelle n’est que le reflet du positionnement de notre société face à cette délinquance : circulez, y’a rien à voir. Rien ne sert de taper sur les juges l’occasion d’une affaire donnée quand c’est toute une civilisation qui se donne la main pour fermer les yeux sur les comportements criminels d’une foule de citoyens ressemblant à monsieur tout-le-monde.

  • Par Naja (xxx.xxx.xxx.90) 23 novembre 2011 12:06
    Naja

    Bonjour,

    Je ne crois pas que ce soit en raison d’un "l’humanisme béat et abstrait" que la justice se retrouve trop souvent, dans les faits, à faire preuve de complaisance pour les agresseurs sexuels et de mépris pour leurs victimes. (Je ne suis pas sûre que ce soit le cas pour ce fait divers, mais ça l’est pour nombres d’affaires qui ne sont jamais médiatisées.)

    Concrètement, il y a une question de moyens. La justice n’a pas les moyens de traiter sérieusement toutes les plaintes avec le sérieux que l’on devrait pouvoir attendre d’elle.
    Il y a aussi qu’à tous les niveaux de la chaine pénale, nombre de professionnels de la police/justice épousent les préjugés rétrogrades de notre société sur les violences sexuelles.
    Se demander également comment sont définies les priorités au sein d’un parquet ou d’une chambre d’instruction, et à quelles pressions sociales et politiques celles-ci répondent.

    Que la volonté collective de fermer les yeux sur l’ampleur de cette forme de violence puisse se parer d’une sur-couche intellectualisée mimant l’humanisme, c’est sûr. Il faut croire que c’est encore important de pouvoir se justifier de son envie de fermer les yeux en criant "ta gueule" aux victimes menaçant par leur parole un confortable déni. Beaucoup se targuent ainsi de le faire au nom de la sauvegarde de la démocratie.
    Mais ce n’est à mon avis pas dans la vacuité de cette posture intellectuelle que l’on trouve les raisons du mépris adressés aux victimes et de la complaisance dont bénéficie le délinquant sexuel lambda — c’est-à-dire celui qui n’a pas été associé à la figure du monstre par la mise en scène médiatique de ces crimes. Cette posture n’est qu’un enrobage. Tout au plus résonne-t-elle comme l’écho inversé d’un discours et d’une politique ultra-sécuritaires qui s’avèrent tout aussi creux en la matière, et encore plus hypocrites.

  • Par Naja (xxx.xxx.xxx.137) 16 octobre 2011 13:19
    Naja

    Au moins, DSK sait à quoi s’en tenir quant à sa plainte contre Banon pour dénonciation calomnieuse contre T. Banon.
    Probable que ce soit cette plainte qui ait motivé la formulation du parquet dans son classement sans suite. Car si le classement sans suite ne saurait avoir valeur de jugement de culpabilité pour l’accusé, il peut en revanche avoir valeur de preuve de culpabilité pour l’ex-plaignant accusé de dénonciation calomnieuse. Tout dépend de sa formulation.
    Il y a peu, un rendu de non-lieu, un acquittement ou une relaxe suffisait à soi seul à affirmer la fausseté du fait dénoncé dans le cadre d’une procédure pour dénonciation calomnieuse. L’ex-plaignant était donc présumé coupable de fausse allégation, et il n’avait plus qu’à se défendre en affirmant avoir menti de bonne foi... même dans le cas où il avait dit la vérité mais que celle-ci n’avait pu être reconnue faute de preuve.
    Depuis 2010, la loi précise que cette présomption de culpabilité de l’ex-plaignant ne vaut que dans le cas où la décision de non-lieu, de relaxe ou d’acquittement déclare explicitement que le fait n’a pas été commis ou qu’il n’est pas imputable à la personne dénoncée. Histoire que le manque de preuve ne devienne pas, de facto, une preuve de l’absence de fait.
    Mais rien n’est précisé quant à la formulation du classement sans suite. Dans le cas où les poursuites initiales s’arrêtent à ce stade de la procédure et que l’accusé se retourne contre le plaignant en le poursuivant pour dénonciation calomnieuse, la pertinence des accusations portées par l’ex-plaignant est laissée à l’appréciation du tribunal.
    Il semble que le parquet ait jugé ici pertinent de faire son possible pour empêcher l’aboutissement de la plainte de DSK contre T. Banon.

  • Par Naja (xxx.xxx.xxx.130) 3 octobre 2011 21:50
    Naja

    On parle d’au moins 20% de femmes ayant été victimes, et 5% d’hommes, la majorité des violences ayant lieu sur des enfants. L’ennui est que personne n’a pensé (osé ?) conduire d’étude de grande ampleur incluant un nombre satisfaisant de paramètres qualificatifs des violences et de leurs protagonistes. Et à ma connaissance, la plupart des méta-études (analyses d’études disparates) menées en Europe portent sur les violences sur les mineurs. Ces chiffres permettent une évaluation a minima, ce qui n’est déjà pas rien.

    Que faire pour réduire le nombre des agressions ?
    Ma réponse est pessimiste : changer de civilisation. Tant que dans les faits, la seule valeur collective promue est l’appat du gain et la valorisation du plus puissant, on ne peut pas s’attendre à tellement plus de respect pour autrui.
    Peut-être finira-t-on par oser se demander quelle communauté humaine on veut construire...

  • Par Naja (xxx.xxx.xxx.130) 3 octobre 2011 21:24
    Naja

    Oups, erreur dans mon commentaire précédent :
    "2) Je n’entendais pas discuter ce point, qui est la porte ouverte à des discussions sans fin avec nombre de commentateurs ici."

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