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Negravaski

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  • Negravaski 1er décembre 2007 11:31

    Confucius disait que pour qu’un échange soit fructueux, la première chose était de vérifier que les mots avaient le même sens pour tous. Il est manifeste que le mot parler dans l’article de Philippakos ne correspond pas à son sens courant, à celui que comprend d’emblée tout francophone. Bien sûr, l’auteur explique qu’il ne s’agit pas d’un anglais parfait. N’empêche que dire « 1,5 milliards d’individus sont capables de parler anglais » est rendre impossible une discussion réelle, qui impliquerait une entente sur la signification des mots. Le mot parler induit le lecteur en erreur, comme l’article du Herald Tribune qui en est la source.

    Pour Philippe Viallon, professeur de communication à l’université de Genève, le jeune moyen, au terme de ses études, ne fait que baragouiner l’anglais. Baragouiner n’est tout de même pas synonyme de parler ! Dans la revue russe Filolingvija du 18 novembre dernier, le Prof. moscovite Gennadyj Shilo rappelait que de nombreuses recherches ont établi que 94 à 96% des personnes censées parler une langue étrangère ne la possèdent pas en fait et ne peuvent l’utiliser « qu’à un niveau primitif ». J’ai eu récemment l’occasion de parler de communication avec des jeunes qui ont participé à de grands rassemblements de jeunesse, notamment à l’occasion des « pèlerinages » organisés par Taizé, qui réunissent des centaines de milliers de jeunes de toute l’Europe. Ils m’ont tous confirmé que le niveau général en langue était très bas, et que souvent, on parlait « avec les mains et les pieds ». Quand j’ai demandé s’ils pouvaient discuter de politique ou de leur conception du monde, ils m’ont répondu que non. Ils ne communiquent qu’au niveau des petits détails matériels de la vie courante.

    Employer le mot parler pour désigner ce mode de communication est un abus de langage. Claude Hagège définit « savoir une langue » en disant : « c’est être capable de saisir des jeux de mots débités sur un ton très rapide par des usagers natifs, et la parler sans être identifié comme un étranger. » Inclure le globish dans « savoir parler l’anglais » est tout aussi inadmissible. Quand on voit sur le site de cette langue que creativity est traduit par freshness, on se demande s’il peut y avoir réellement intercompréhension avec un « anglais » de ce niveau.

    Il est triste de voir à quel point il est facile de tromper le monde. La grande majorité des gens ne lisent que les titres et ne leur consacrent qu’une seconde, juste assez pour qu’ils impriment leur marque dans le cerveau, comme le font les affiches publicitaires qu’on ne regarde pas vraiment, mais qui font vendre. Comme personne n’a l’idée de vraiment réfléchir, et encore moins de se documenter, la population se fait une idée, qui va faire son chemin et orienter les décisions politiques. C’est antidémocratique.

    Philippakos, ne croyez-vous pas que vous devriez récrire un article remettant les choses au point, pour qu’Agoravox devienne un vrai média citoyen, et pas un agent des pensées à la mode ou des matracages d’idées toutes faites, répercutées sans discernement ?



  • Negravaski 22 novembre 2007 16:48

    Erastel (IP:xxx.x52.0.129, 20 novembre 2007, 10H22) se demande quel intérêt il y a à apprendre l’espéranto. On ne peut l’expliquer qu’en faisant quelques distinctions concernant le champ d’application et le temps.

    Pour ce qui est du champ d’application, l’intérêt de l’espéranto est dans les rapports entre citoyens ordinaires. Pour le moment, au niveau commercial, industriel et scientifique, surtout s’il s’agit d’un haut niveau, l’anglais est nécessaire. S’il est loin d’être idéal, il fonctionne. Malheureusement, son acquisition exige un temps énorme. Au bout d’une scolarité normale, l’élève moyen ne fait que le balbutier, dit Philippe Viallon, professeur de communication à l’Université de Genève, et ce faible niveau est confirmé par d’innombrables études. Or, cela représente entre 6 et 10 années de cours avec entre 3 et 5 heures par semaine. C’est un investissement en effort et en temps totalement disproportionné par rapport à un piètre résultat qui, en plus, se révèle très fragile. Trois ou quatre années sans occasion de pratiquer, et presque tout est oublié. L’espéranto, lui, a un rapport efficacité / coût digne d’intérêt. La revue russe Filolingvia exposait dans son numéro du 18 novembre dernier le programme par lequel la Faculté de droit de l’Université européenne Yousto, à Moscou, donnait à ses étudiants les bases de l’espéranto en 7 jours, bases à partir desquelles l’étudiant acquiert en peu de temps la maîtrise de la langue. Et toutes les personnes qui pratiquent l’espéranto connaissent des jeunes qui, en trois mois, ont acquis dans cette langue une capacité de communication qu’ils n’avaient pas encore en anglais au bout de six ans.

    Pour les personnes qui ont envie d’avoir des contacts avec des gens du monde entier en ne consacrant à l’acquisition du moyen de communication qu’un nombre d’heures raisonnable, l’espéranto est idéal. Qu’on souhaite rencontrer des gens du cru lorsqu’on voyage ou simplement avoir des contacts par courriel, de discuter par Skype, de participer à des groupes de discussion d’ampleur réellement mondiale sans être bloqué par une insuffisance linguistique, l’espéranto est la formule la plus intéressante. Pour des raisons qui relèvent de la neuropsychologie (voir les vidéos http://www.youtube.com/watch?v=zYN7x1TcHrI et http://www.youtube.com/watch?v=ReN_3v-E5Mg, 10 minutes chacune), l’espéranto assure une grande aisance et sécurité au moment où l’on s’exprime et il se récupère très vite après des années sans pratique.

    Quant au facteur temps, il intervient de la façon suivante. Si l’on observe comment communiquent en anglais deux citoyens ordinaires de langues différentes, on relève tous les symptômes de l’aphasie : la communication est frustrante, laborieuse, souvent nulle. L’investissement fait pas les États dans l’enseignement de l’anglais est donc sans rapport avec ses résultats. Or l’expérience prouve que l’espéranto permet d’éviter cette aphasie avec un investissement 20 fois moins important. Par ailleurs, il met tout le monde sur un pied d’égalité, et enlève aux Anglo-Saxons la supériorité qu’ils ont dans tout contact interculturel. Il est donc dans l’intérêt de notre société mondialisée, à terme, de remplacer l’investissement peu rentable par l’investissement très rentable. Bien des signes donnent à penser qu’une bonne partie de la population est en train de découvrir ce fait. La propagation de l’espéranto se faisant à un rythme de plus en plus rapide, en grande partie grâce à Internet, il est raisonnable de penser que le moment n’est pas si loin où les instances dirigeantes en tiendront compte. Beaucoup de gens, surtout dans les milieux riches de Grande-Bretagne et des États-Unis, envoient leurs enfants dans des écoles où ils apprennent le chinois, parce qu’ils prévoient que ce sera la langue à savoir d’ici une ou deux décennies. Il n’est pas forcément plus bête de se mettre dès aujourd’hui à l’espéranto, d’une part, parce que c’est amusant et que les progrès sont rapides, et d’autre part, parce que la probabilité qu’il aura un statut officiel d’ici quelque temps n’est pas si faible qu’on le prétend dans certains milieux, où personne n’a étudié le dossier. Dans l’industrie, quand une firme applique un procédé qui permet de grandes économies et de meilleurs résultats, tant quantitatifs que qualitatifs, les concurrents s’empressent de se procurer les brevets nécessaires pour l’adopter. Ou tout au moins ils font une étude pour déterminer ce qu’il en est exactement. Une firme qui rejette sans s’être documentée sur ce qu’elle rejette a peu de chances de résister à la concurrence. Rien ne permet de dire que cette rationalité évidente ne sera jamais appliquée au domaine de la communication linguistique.

    En ce qui concerne la précision, je dirai que l’anglais fonctionne, mais que l’espéranto fonctionne mieux. Le résultat, sur ce plan-là aussi, est bien mieux proportionné à l’investissement. Des ambiguïtés comme more accurate information (« des informations plus exactes » ? « davantage d’informations exactes » ?), the amendments to the draft resolution submitted by the Government of India (qu’est-ce que le gouvernement indien a déposé, les amendements, ou le projet de résolution ? en l’occurrence il s’agissait des amendements, mais le traducteur a mal interprété), a homeless lawyer (« un avocat SDF » ? « un avocat qui défend les SDF » ?) a cold remedy « un médicament qui donne une impression de froid » ? « un médicament contre le rhume » ?) SLOW CHILDREN (« Ralentissez, il y a des enfants » ?, « Attention ! Enfants retardés mentaux » ?). L’espéranto évite toutes ces ambiguïtés, comme il évite la difficulté de percevoir si un Japonais ou un Coréen dit third ou first, mots extrêmement difficiles à prononcer pour un habitant d’Asie orientale. Je le sais, j’y ai travaillé.

    Enfin, ramener la vaste problématique de l’intercompréhension au cas de cadres ou d’ingénieurs de firmes discutant avec des Chinois, Japonais, Coréens ou autres Vietnamiens de même niveau revient à nier l’ampleur des difficultés réelles. Les situations où le handicap linguistique est gênant sont de tous les instants et touchent toutes sortes de secteurs de la population. Réfugiés ; travailleurs migrants ; police ; malades, médecins et personnel infirmier ; commerçants ; jeunes profitant des facilités qui leur sont faites pour parcourir le monde ; europarlementaires ; sportifs participant à des compétitions continentales ou mondiales ; étudiants ; touristes et d’innombrables autres groupes de citoyens ou d’étrangers ont à souffrir des inconvénients du régime linguistique actuel, qui n’existent pas dans le monde espérantophone. Il serait donc facile de les éviter. Il suffirait d’une volonté politique d’informer objectivement et de recommander l’étude de l’espéranto à tous, ce qui équivaut à y consacrer chaque jour pendant trois mois moins de temps que ne demande un sudoku ou un mots-croisés.







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