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  • neuromatrice neuromatrice 24 mai 2008 11:18

    Avant tout bravo pour cet article qui, à mon sens, reflète bien la réputation de Clint Eastwood tout au long de sa carrière.

    Je souhaite revenir sur la réputation qu’il s’est faite au moment des inspecteurs Harry, justement, pour resituer un peu le contexte, et amener (je l’espère) un éclairage sur la période :

    A cette époque, le gros de la production cinématographique US "culturelle" (c’est-à-dire hors populaire : Charles Bronson, Chuck Norris et consorts) faisait ses choux gras d’oeuvres très engagées démontant systématiquement les institutions américaines chargées de faire respecter les lois, plus attentives à la compréhension des criminels et à la justification de leurs actes qu’aux conséquences de ces derniers.

    La saga de l’inspecteur au .44 magnum a été imaginée, sans aucun doute (Clint Eastwood l’a dit à plusieurs reprises), au moins en partie pour faire une sorte de contrepoids.

    Mais, contrairement à ce qui se disait à cette époque, je crois qu’il ne faut vraiment pas s’arrêter à l’image du "flic fasciste qui préfère dégommer lui-même les criminels asociaux plutôt que de les envoyer en taule aux frais du contribuable, la droite aussi brutale qu’inculte, le cinéma commercial roublard et ramasse-dollars subventionné par la NRA*." En effet, au-delà des poncifs du genre, nombreux sont les indices tout au longs de ces films qui démontrent que les auteurs considèraient -et montraient- le personnage de Harry comme un dinosaure, une anachronie, et ne faisaient en fait qu’exprimer leur opinion sur le fait que c’était la société américaine d’alors qui était la cause potentielle de l’émergence de ce type d’individus, clairement dangereux pour leurs prochains. Juges, jurés et bourreaux comme on dit.

    Clint Eastwood lui-même, au moment de la sortie de "La dernière cible" (qui est, si je ne m’abuse, le dernier film de la série des Harry Calaghan), est revenu sur la polémique originelle afin de relativiser la portée du message que véhiculaient ses films, et dire que cela avait surtout été l’occasion de poser le doigt sur un point douloureux, celui du rôle des forces de l’ordre et de la justice : ni trop, ni trop peu !

    De même, dans "Le maître de guerre", la morale de l’histoire a avant tout à voir avec la compétence, le sérieux et le professionnalisme et brocarde ceux qui, faute de qualités suffisantes pour bien faire ce qu’ils doivent, compensent par la tyrannie, la bêtise entêtée et le respect littéral des textes, ce qui peut parfois avoir des conséquences dramatiques. Il en profite également pour se moquer de ce machisme que vous évoquez, et tente de montrer qu’une personne qui évolue s’enrichit et devient meilleure pour elle et pour les autres.

    Je crois que Clint Eastwood n’a jamais été extrémiste en quoi que ce soit sur le plan politique ou social, comme vous le disiez très justement il est avant tout humain, et j’ajouterais "pétri de bon sens".

    Je le vois plutôt comme une personne capable d’apprécier objectivement les divers environnements dans lesquels il évolue, et de les rendre avec une clarté déconcertante quand il en fait les décors de ses films.

    En cela je le comparerais à Stephen King, qui a une aptitude inégalée (à mon avis) pour saisir et décrire dans ses livres des situations humaines et sociales que nous avons l’impression d’avoir déjà vécues dans d’autres circonstances. Et qui n’a ni peur ni honte d’aller chercher au fond de lui-même les motivations parfois les plus viles et veules qui nous habitent, ni de les retranscrire.

    Bon, vous l’avez compris, je suis un vrai aficionado de Clint Eastwood, tant en tant qu’acteur qu’en tant que réalisateur, mais je le suis surtout parce que je trouve que c’est quelqu’un de bien, notamment pour les raisons évoquées ici.

    Encore merci pour votre article







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