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Papours

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  • Papours 23 janvier 2008 21:20

    Bonsoir "Taverne des poètes"...

    Puisque tu trouves qu’il y a de l’exagération dans le portrait peu reluisant que quiconque peut objectivement se faire de Jean Lassalle, je te demande d’être précis si possible : que penses-tu de l’homme qui ...

    - déclare à propos de criminels incendiaires d’un gîte en 1993 (incendie nocturne, c’est plus facile...) : "ce sont tous des hommes d’honneur" ?

    - déclare à propos des subventions qu’il a réussi à capter pour soi disant préserver l’ours des Pyrénées en 1994 (résultat des courses : de 8 ours qui lui ont été "confiés" par l’Etat en 1994, il n’en reste plus qu’un !) "on se sert d’abord, on discute après".

    - déclare à propos des associations de protection de la nature lors du vote du budget 2007 et d’une baisse de 20% de leurs subventions par rapport à l’année précédente : "Ca, c’est bien. (...) C’est la cour des comptes qu’il faut pour les associations !"

    Merci de me répondre aussi au sujet de la perte du label européen par le Parc National des Pyrénées sous la présidence Lassalle.

    Enfin, merci de préciser ta position sur l’ours : tu sais bien que sans renforcement de la population qui était de 15 ours en 2006 (dont un seul dans la "zone IPHB" de Jean Lassalle ...), l’espèce allait s’éteindre dans notre pays. Tu souhaites donc une éradication de l’ours des Pyrénées par "laisser faire" (libéral pour la nature smiley alors que l’homme est responsable de la régression de cette espèce qui représente l’âme même des Pyrénées ? Est-ce la position du MODEM ? C’est celle de Jean Lassalle, ça c’est certain en tout cas !

    Pour te cultiver un peu sur l’ours, je te propose ceci :

    http://www.pyrenees-team.com/forumpteam/viewtopic.php?t=2172

    Décidemment, je reste persuadé que Lassalle est un boulet caricatural et extrémiste pour le MODEM... doublé d’une honte nationale.

    Enfin, pour la poésie, je préfère ce texte de l’excellent Christian LABORDE aux irresponsabilités successives de ce pauvre Jean LASSALLE (qui est dans le rôle du pitoyable "zélu" dans cette si jolie prose ...) :

    "

    Lettre à la déesse Pyrène


    Mon amour,


    J’ouvre, à Pau, la fenêtre de ma maison basque : des cimes, des sommets ! C’est bleu, c’est blanc, c’est beau, c’est toi ! Je te vois, Pyrène, je sens ta présence divine, ma divine, parmi ces arbres, ces sentes, ces fougères géantes, ces roches empanachées de neige. Il y a des lustres, il y a belle lurette, ratant un atterrissage, tu te crashais, comme un A 320, sur ces terres verticales. Elles se sont refermées sur toi, sur ton corps disloqué, tu leur a donné ton nom.


    Ton corps disloqué, ce corps enfoui dans cette terre rouge et verte, je le vois qui affleure, je reconnais ta nuque, ta chevelure de hêtres, tes lèvres d’eau. Je te caresse, et ce vent tiède c’est ton souffle. Ma joie est infinie, Giono la dit panique. Panique, oui, pleine de Pan ! Je serre la terre dans mes bras, je ne fais plus qu’un avec ce que je fus. Egalement, panique semée en moi, dans la part de moi même qui me vient des vendeurs de cloisons. Je t’enlace et leur échappe, échappe à leurs attachés-cases, je quitte l’écran de contrôle du grand Macintosh. Pyrène, les vers luisants sont subversifs.


    Ton nom ! Comment nommer la terre où tu reposes, où je nais chaque jour ? J’ai tout naturellement pris les mots ici, les mots vieux, les mots du grenier de roches, ceux qui me venaient naturellement à la bouche, comme de l’eau. Mais l’instituteur qui hait la nature et le bruit de l’eau, m’a dit que ces mots n’étaient pas des mots, que ta langue, Pyrène, n’était pas une langue, mais un patois ! Il est interdit de cracher par terre et de parler patois : c’était écrit sous le préau ! L’instituteur, larbin laïque de l’abbé Grégoire – tableau noir et bénitier, même combat ! -, a extirpé de ma bouche les mots énigmatiques, « éléments lexicaux des temps les plus reculés ».

    La baspana, c’éait la paupière, et l’anesca la brebis d’un an. Arroch voulait dire escarpé et l’asca désignait l’avalanche volante. A ces mots qui remontaient au crash, s’ajoutait le traitement particulier que ma tribu infligeait aux consonnes romaines. Le F de César était remplacé par un H pyrénéen, et le N intervocalique de ses légions fut purement et simplement liquidé, à Luz-Saint-Sauveur et Gavarnie, comme à Lisbonne.

    L’instituteur disait fenêtre, le facteur toulousain finestra, et moi je disais hiestra, comme Miles Davis. Et pour ça, punitions, gifles, piquet, brimades, honte. Elève Laborde, il est rigoureusement interdit de faire swinguer Rome ! Pyrène, mon amour, quelle place pour toi dès lors qu’il n’y a plus de place pour tes mots, tes animots rauques et chauds ?


    Pour toi, pour te nommer, te retrouver – je me perds si je te perds de vue -, te serrer de nouveau contre ma poitrine, j’ai transformé leur français rigide et frigide, en patois : je suis devenu écrivain. Ils m’ont privé de tes mots, certainement pas de ta salive, de son galop liquide en moi. Elle bouge, roule, tonne, résonne contre mes parois de chair, charrie ses rocs dissous, me badigeonne le dedans de sucs anciens, et les mots français qui traversent ma bouche et plongent dans ce bain fertile, ressortent gorgés de liqueur céleste, cuités à mort. Alors je les frotte les uns contre les autres comme des cailloux. Les coquilles cèdent, ça craque, il y a des étincelles : je suis, Pyrène, ce commencement de feu.


    Pyrène, mon amour, la France eut recours à la violence pour me priver de tes mots, et je me suis forgé une langue pour te parler et parler de toi. Mais, pendant que dans mon atelier de forgeron des sons, je tapais sur la ferraille comme un forcené, les villages se vidaient. Ceux qui, nés quelque part, ne demandaient qu’à boire sur place à la fontaine de l’universel, furent contraints d’aller vivre ailleurs. Mais ce n’était pas un ailleurs, lequel eut été habitable, propice au creusement ! C’était la zone, la banlieue, l’absence de lieu, la périphérie de la mort. Les lumières étaient froides et les langues liées, la peau devenait inutile, il n’y avait pas d’écorce à toucher.

    Les doigts se rétractèrent, les yeux se fermèrent. Les hommes furent empilés loin des terres, et les syndicats veillèrent au respect des droits de l’homme à l’intérieur de chaque pile. Les oiseaux se sont suicidés. Telle est la prouesse de la société libérale avancée : avoir rendue la vie impossible à la campagne qui n’en finit pas de se vider, et à la ville où l’on n’en finit pas de s’entasser.


    Tes mots, Pyrène, ont été chassés de ma bouche. Tous tes fils, tous mes frères ont été dispersés, éparpillés. J’ai allumé des feux aux quatre coins de la nuit vide : pas un avion n’a atterri. Je suis seul, j’ai dans la main le tomahawk de la nature. Je m’initie au lancer de fourche, au pal, au terrorisme, je fomente une jacquerie. Car, au nom de la Marchandise et d’ Eurodisney, se prépare l’attaque ultime : celle des paysages, l’attaque en règle de ta chair, Pyrène !


    Ta chair, mon amour, ton corps disloqué, en pièces – ô Mécano de la prière, de la mémoire et du sang ! -, corps que je sais recomposer sur le clavier des mots fertiles, est menacé par leur bulldozers. Les hommes ont été empilés, il convient maintenant de relier les piles entre elles, par des autoroutes, annonce Béton 1er. Ca s’appelle le « désenclavement » ou la « suppression des frontières », ou encore l’Europe. Mais quelle est cette Europe dont la construction suppose la destruction des paysages européens ?

    Ils ont muré les fontaines sacrées, fusillés les plus vieux lexiques, vidé les villages, coupé les mains avides de feuilles : ta peau, ta chair, ton frisson vert ! Ils n’auront pas ta chair, Pyrène, ta chair intime, la vallée d’Aspe, territoire de l’ours brun des Pyrénées, pirogue amarrée aux roches franco-espagnoles, ton sexe ! Je brandis mon tomahawk !


    Aspe, je suis un aspache, le « retour des tribus » c’est moi ! Ecoutez mon rire énorme, terrifiant ! Regardez mes peintures de guerre ! J’ai passé la nuit dans la grotte de l’ours. Je suis un ours ! Je sauverai les ours, le dernier fauve d’Europe. Je me battrai pour une Europe fauve. Je sauverai la couleur fauve de l’Europe. Je me suis gavé de myrtilles et de baies, et, faute de préfet, j’ai dévoré le ventre d’une brebis. J’ai griffé les arbres sur lesquels les forestiers avaient mis de la peinture rouge. Je ne peux résister au parfum des laques, je suis un sniffeur de térébenthine.

    J’ai laissé un peu de poil aux épines des ronces. J’ouvre grand ma gueule pour terroriser les experts en « environnement ». Je hais ce mot. Je suis un ours linguiste, je brise la carapace des mots, je regarde dedans. Environnement : environ, dans le voisinage de, l’entour, les alentours, la périphérie ! Mais le combat pour la nature est central, je défends le cœur fauve de l’homme ! qui a inventé le mot environnement ? Son adresse, vite, que je lacère sa face blême et mette à l’air sa tripe fade !


    Pyrène, mon amour, je suis un ours ! un député s’indigne : Doit-on stopper un tunnel autoroutier européen pour sauver…neuf ours ? ». Ces neuf ours – je suis le dixième !- sont les gardiens d’Aspe, de ta chair, du grenier chaud des mémoires vivantes. L’homme : une maison dont le grenier est rempli de terre ! Mémoires vivantes, dis-je ! La mémoire païenne : il y a ici un Dieu sous chaque pierre, une divinité assoupie à chaque recoin que l’ombre lèche. La mort de l’ours serait la sienne. La mémoire catholique :

    Aspe, c’est la route de Saint-Jacques de Compostelle, la Vasaloppet des fans de Jésus. La mémoire douloureuse des peuples que le cadastre nie : les Basques recherchés par les tortionnaires espagnols se planquaient ici ! L’ours veille sur ça. Et quand il hiberne, c’est la neige qui monte la garde ! Tuer l’ours, c’est vendre la peau de l’homme !


    Pyrène, je suis debout et seul avec mon tomahawk ! ils ne toucheront pas une cheveu de tes pierres, je te le jure ! Ils m’ont privé de tes mots, je m’en suis forgé d’autres, et d’autres viennent vers moi, beaux comme des grognements d’ours. Ce sont les mots des Républicains espagnols trahis par la France, leurs No Pasaran sont dans ma gorge occitano-basco-sarrazine. Des mots espagnols pour sauver l’Europe fauve ! Sur tes terres verticales, Pyrène, je remplis de mots bigarrés, de bestioles poilues et universelles, le chaudron des sorcières d’autrefois. C’est le grand abracadabra qui chauffe ! J’attise le feu que je suis, ça bout ! Ugh !


    Les bulldozers de Béton 1er manoeuvrent à l’entrée de la vallée ! Pyrène, n’aies pas peur, je suis sur eux, je plante mon tomahawk dans leur capot jaune. On me passe les menottes. Garde-à-vue. Comparution immédiate. Le procureur de la République parle de « violence » et d’ « entrave à la liberté du travail ». J’éclate de rire et grogne. Je suis un ours, le dixième ours, et je ne reconnais pas ce tribunal. Qu’on me reconduise dans ma cellule !


    Ce soir, Pyrène, je m’évaderai de la prison démocratique, et, au moment précis où tu achèveras la lecture de cette lettre qui te parle et parle de toi, je poserai sur ton ventre de brume ma main de goutte d’eau


    Christian Laborde"

     


  • Papours 23 janvier 2008 14:26

    Jean Lassalle est l’un des députés les plus extrémistes contre la nature que compte un hémicycle pourtant peu reluisant en la matière. Mais Lassalle bat les records. Il ne recule même pas devant la violence pour "casser" (ou faire casser...) de l’écolo. La preuve dans le bouquin de Palacio :

    http://www.iphb.org/tunnel_du_somport/index.html

    Jean Lassalle est l’un des principaux fossoyeurs de l’ours brun des Pyrénées, cette page elle aussi peu reluisante de sa biographie (non officielle bien sûr) peut -être parcourue ici :

    www.iphb.org

    Il est aussi le grand destructeur de la vallée d’Aspe par le tunnel du Somport et ses voies d’accès. Voilà ce que pensent de lui les habitants de la vallée qui ne votent pas pour lui :

    www.comiteaspe.fr

    Jean Lassalle est aussi l’élu responsable de la perte du label européen du Parc National des Pyrénées (une première jamais égalée en Europe !) pour avoir autorisé la construction d’une station de ski enpleine zone centrale de ces espace protégé !

    Enfin, Jean Lassalle est aussi connu pour ses diatribes d’un autre âge contre les associations de protextion de la nature ou pour avoir dit à propos des subventions liées à l’ours : "on se sert d’abord, on verra après"...

    Tout un poème, effectivement...

    Que le MODEM choisisse de la choyer, c’est son affaire, mais de là à lire un panégyrique ici, c’est bien mal connaître le personnage qui déclara "ce sont tous des hommes d’honneur" davant le palais de justice de Pau à propos de lamilice qui mit le feu de nuit au gîte des écologistes qui luttaint contre le tunnel du Somport.

    Depuis, les camions passent et les nerfs ainsi que les poumons des habitants en ont pour leur compte...

    Quant au gave d’Aspe, il ya peu encore l’une des rivières les plus côtées en France (saumons), il a été empoisonné l’an dernier par un camion qui y a déversé son chargement de lessive de soude...

    Oui, tout un poème, vraiment...

     

     







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