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Patxi

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Patxi, cet alter-ego en transhumance, a passé 5 années de surréalisme magique en Amérique latine. Ni journal de bord ni étalage "égotico-anecdotique" : surtout, des fragments, épars, des petites saillies, rétrospectives. Quelques extraits du blog, pour partager ce que l’Amérique latine a à nous dire, d’elle-même comme de nous-mêmes.

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  • Patxi Patxi 19 août 2007 20:09

    depuis Paris, ici même, on eut certes s’informer correctement. mais on peut aussi avoir des oeillères sans même s’en rendre compte... Chavez cette semaine a annoncé, avec ce culot qui le caractérise, que la Constittion de 1999 comme la pratique démocratique bolivarienne étaient une des plus parfaites manifestations démocratiques de l’humanité. sans rire. Il a meme dit précisément : Dudo de que haya un pais mas democratico que Venezuela en el mundo.. J’adore. Ca c’est du Chavez typico. Partons de là...

    Cet article, comme la plupart des articles portant sur l’amérique latine et Chavez en particulier, rédigés par mes camarades de gauche (dont je suis), enchaine doucement mais surement les poncifes comme les perles. Celui ci est de la simple propagande, après tout pourquoi. Mais que de clichéset d raccourcis... cela m’attriste car ils dénotent l’état lamentable du nécessaire « renouveau » de la gauche en Europe, en idéalisant des processus qu’elle ne comprend pas et qu’elle interprète en fonction de ses propres incapacités. C’est du transfert typique, on plaque ses fantasmes sur des réalités lointaines et exotiques en déguisant son logos, son argumentaire, d’un vernis de crédibilité.

    Je suis amusé de ces articles et commentaires décrivant de loin, après (au mieux) un mois de « visite politique » dans le pays concerné, des processus bien plus complexes que ce qu’il peuvent imaginer. et bien moins aboutis que ce qu’ils veulent bien croire aveuglément.

    des limites d’Agoravox, aussi, et du journalisme citoyen : Chacun peut dire absolument n’importe quoi, en fonction de ses névroses ou de ses obsessions politiques.

    POur écrire sérieusement sur l’efficacité réelle et l’impact réel des politiques de Chavez, ou sur Lula, Kirchner, ou sur Evo Morales, je suis désolé messieurs dames, mais il faut avoir vécu sur place, enquêté, être sorti des visites officielles. a un moment donné c’ets nécessaire. les conditions de production marxiennes ou bourdieusiennes, vous vous souvenez les gars, et bien elles sont valables pour l’information.

    et là, vous faites dans le pire marketing politique manipulateur qui puisse être. sans sens critique, on reproduira les memes erreurs que les sympathisants de la Chine Maoiste pendnat le grand bond en avant, qui n’ont rien vu venir, au Cambodge (pas vue les 5 millons de déviants) ou en URSS. les fameuses visites « todo bonito ».

    Cuba, il faut y aller pour comprendre l’autocensure, l’endoctrinement, le manque d’émancipation individuelle comme collective. malgré le putain d’embargo impérial des US qui ne fait qu’aggraver les choses, il y a des raisons structurelles objectives pour rejeter à tout prix le modèle cubain ; quand on bande sur Cuba pour les deux clichés, l’éducation et la santé (succès relatifs du régime, les seuls) sans avoir mis les pieds, je me marre. Doux reveurs...Allez vous frotter au reel un peu, ca vous fera du bien.

    Rien de nouveau sous le soleil tropical ou andin. Il y eut, il y a, il y aura toujours des touristes politiques en Amérique latine.

    Je les ai vu au Chiapas, en pleine mode zapatiste. Je les ai vu en Bolivie, en pleine mode résistance indigena-evo -andine. Je les ai vu dans les forums alters latino, à Quito et Caracas, faire du volley, peindre des draps et s’emmerder assez.

    Allez donc voyager au Venezuela 6 bons mois, on en reparlera un peu plus finement du Messie que vous sohaitez voir come sauveur de la gauche du monde.

    De toutes façons, un président qui déclenche de telles passions, qu’elles soient fanatiquement pour ou hystériquement contre, est foncièrement dangereux.

    Alors, oui, avec le Venezuela d’Hugo Chavez, on n’est plus dans la science politique de Papa là. On est dans le baroque absolu, sui generis, qui ne ressemble en rien à tout ce que ce continent a pu produire de leaders nationaux.

    C’est que ce processus réussit des miracles, en combinant un formidable élan populaire avec une inefficacité des plus effroyables. L’espoir, merveilleux, qui s’accompagne de niveaux de gâchis et de corruption stratosphériques. Plus dure sera la déception du peuple. Saoûlés qu’ils seront des mille et une promesses de lendemains qui chantent. Usés qu’ ils seront de l’attitude de leur nouvelle nomenklatura qui les manipule, elle qui fonce en 4x4 surpuissant, aux vitres teintées ne trompant plus personne, cachant leurs visages hilares derrière de gros stickers prônant l’homme nouveau du socialisme bolivarien.

    En tout cas, je ne connais pas d’autres précédents historiques d’un gouvernement dit « progressiste » (et qui l’est, clairement, de moins en moins si jamais il ne le fut, d’ailleurs...) dans la région qui dispose de tels revenus financiers, d’un tel Trésor de la Nation, d’un tel budget, sans aucun contrôle parlementaire, pour mener à bien toutes les réformes nécessaires dans ce pays qui n’est ni caribéen, ni andin, ni sud-américain, mais qui est, avant tout, un pétro-pais.

    Bilan. Le bon, le mauvais. Lo bueno, lo malo, lo feo de Chavez et de son processus bolivarien

    Le correct voire bien : Le goût retrouvé de l’espoir d’une vie meilleure, mois pénible, formidable espoir, d’un changement de la donne. La possibilité d’une vie plus digne, pour certaines franges de la population, l’envie d’apprendre et de s’émanciper, de la part des majorités silencieuses du pays. La rupture avec l’entre-soit qui caractérisait le pays sous la IV ème république. La démocratisation et le relatif décloisonnement de certains espaces publics, culturels, politiques, économiques, universitaires. Avoir créé et accompagner les conditions d’une vraie rupture historique, qui était nécessaire, par la voie électorale et civile, pour éviter la violence généralisée type émeutes pré-insurrectionnelles très mortelles, du style Caracazo de 1989 (des milliers de morts). Avoir canalisé les impatiences populaires dans un processus politico-électoral. Les missions sociales (bien que peu sostenibles, n’ayant pas réussi à créer les conditions de leur perduration dans le temps), les infrastructures - projets d’intégration ferroviaire en cours, les trains, les ponts, les voies de transport, les métros (même s’ils ont été sur-tarifés), la Mission Mercal- l’alimentation subventionnée, Barrio Adentro I, II et III- les missions de santé dans le pays, dans les quartiers démographiquement majoritaires qui n’avaient jamais vu de médecins de leur vie venir à eux, l’augmentation du salaire minimum qui devient un des plus élevés d’Amérique latine, l’augmentation et le paiement réel des retraites des petits vieux- pour la première fois dans l’histoire du pays, les bourses éducatives notamment pour les plus modestes, la stimulation du sport, l’équipement de certains hôpitaux, la réfaction de certaines écoles, l’aide humanitaire d’urgence lors de désastres naturels dans des pays de la région, le Seniat et son extraordinaire politique fiscale qui a récupéré des millions de dollars chez des élites habitués à la fraude et à l’évasion (même si sur le parking de son siège, il y a tout de même beaucoup de voitures de luxe et utres HUMMERs...), et surtout, la récupération de l’argent du pétrole, la fin du hold up permanent, la fin de la primauté absolue des intérêts étrangers, la baisse de la TVA, la régulation des prix pour la viande et les poissons, malgré ses effets pervers.

    Lo malo : Le populisme, que Tonton Patrick a finement résumé à une alliance de Bucaram (néo-populiste d’Equateur) et du général Boulanger (France de la IIIème). L’incitation à la haine sociale, qui, pour en avoir été un de ses thuriféraires pendant quelques mois d’existence, ne mène jamais à rien de très sain. L’insécurité qui atteint des records mondiaux, les taux records d’homicides pour rien, et la dénégation totale du problème au plus haut niveau, Le manque de préparation d’une bonne partie du personnel politique et des missions et leur désignation a dedo, de façon arbitraire et népotique. Un grand numéro de personnes incompétentes, nationales comme étrangères, comme facilitadores, consultants, chargés de mission, formateurs et animateurs très peu formés, Des travaux inaugurés de façon partielle ou inconclue, souvent à des fins politiciennes et de campagne politicienne, L’inflation, record dans la région, officiellement de 17 % mais qui atteint les 30% pour les biens de première nécessité, Le pouvoir d’achat alimentaire qui se réduit comme peau de chagrin, combiné avec des problèmes structurels de production, Barrio adentro I, II et III avec du personnel cubain, très peu de vénézueliens et surtout aucune formation locale, Les salaires très bas des professionnels, techniciens et employés de l’administration publique,ce qui incite à taper dans la boiboite, Les menaces ou intimidations aux journalistes et moyens de communication, la pression sur les chaînes de télé qui souvent le méritent bien, l’autocensure, Les hôpitaux généraux qui s’écroulent et manquent d’équipements, Le grand échec de la construction d’habitations, Une assemblé nationale pleine de chavistes, à 100% (l’opposition a refusé de se présenter, donc ça n’a pas aidé), La corruption, inédite quand le baril est à 65 dollars US, La politique extérieure, erratique, faite d’à coups tous plus impulsifs les uns que les autres, Les alliances stratégiques impardonnables avec le régime des mollahs iraniens ulatraconservateurs, avec le dernier dictateur d’Europe en Bielorussie, les sympathies pour des Mugabe, la fascination toute névrotique pour Castro, Etc etc etc

    Bon on en parle sur www.amlatineterecuerdo.blogspot.com

    Patxi

    http://www.amlatineterecuerdo.blogspot.com



  • Patxi Patxi 19 août 2007 19:56

    Chavez cette semaine a annoncé, avec ce culot qui le caractérise, que la Constittion de 1999 comme la pratique démocratique bolivarienne étaient une des plus parfaites manifestations démocratiques de l’humanité. sans rire. Il a meme dit précisément : Dudo de que haya un pais mas democratico que Venezuela en el mundo..

    J’adore. smiley ca c’est du Chavez typico.

    Cet article, comme la plupart des articles portant sur l’amérique latine et Chavez en particulier, rédigés par mes camarades de gauche (dont je suis), enchaine doucement mais surement les poncifes comme les perles. Que de clichés...cela m’attriste car ils dénotent l’état lamentable du nécessaire « renouveau » de la gauche en Europe, en idéalisant des processus qu’elle ne comprend pas et qu’elle interprète en fonction de ses propres incapacités. C’est du transfert typique, on plaque ses fantasmes sur des réalités lointaines et exotiques en déguisant son logos, son argumentaire, d’un vernis de cérdibilité.

    Je suis amusé de ces articles et commentaires décrivant de loin, après (au mieux) un mois de « visite politique » dans le pays concerné, des processus bien plus complexes que ce qu’il peuvent imaginer. et bien moins aboutis que ce qu’ils veulent bien croire aveuglément.

    des limites d’Agoravox, aussi, et du journalisme citoyen : Chacun peut dire absolument n’importe quoi, en fonction de ses névroses ou de ses obsessions politiques.

    POur écrire sérieusement sur l’efficacité réelle et l’impact réel des politiques de Chavez, ou sur Evo Morales (voila un processus politique bien plus profond et complexe que la vision martiale et autoritaire du pouvoir des bolivariens...), je suis désolé messieurs dames, mais il faut avoir vécu sur place, enquêté, être sorti des visites officielles. Auquel cas, on reproduit les memes erreurs que les sympathisants de la Chine Maoiste pendnat le grand bond en avant, qui n’ont rien vu venir, au Cambodge (pas vue les 5 millons de déviants) ou en URSS. Cuba, il faut y aller pour comprendre l’autocensure, l’endoctrinement, le manque d’émancipation individuelle comme collective. le nombre de morts ou torturés, c’est un faux débat. je dirais meme que c’est un débat à la con. des torturés, qu’ils le soient par la CIA ou l’école des amériques ou a Guantanamo ou dans les geoles castristes en 1962 ou dans les comissariats d Istanbul, à partir de quelques cas, ca concerne l’humanité.c’est grave.

    malgré le putain d’embargo impérial des US qui ne fait qu’aggraver les choses, il y a des raisons structurelles objectives pour rejeter à tout prix le modèle cubain, quand on bande sur Cuba pour les deux clihés, l’éducation et la santé (succès relatifs du régime, les seuls). Doux reveurs...Venez vous frotter au reel un peu, ca vous fera du bien.

    Rien de nouveau sous le soleil tropical ou andin. Il y eut, il y a, il y aura toujours des touristes politiques en Amérique latine.

    Je les ai vu au Chiapas, en pleine mode zapatiste. Je les ai vu à El Alto, Bolivie, en pleine mode résistance indigena-evo -andine. Je les ai vu dans les forums alters latino, à Quito et Caracas, faire du volley, peindre des draps et s’emmerder assez. Je les ai vu au Vénézuela, en pleine mode Chaviste.

    A l’époque je lisais encore Le Monde Diplodocus. Le Diplo a des éditions nationales pratiquement partout en Amérique latine. Parfois plus interessantes que ce qui sort à Paris. Après avoir traîné mes savates et travaillé dans plusieurs pays de cette région, près de 6 ans, je ne peux plus. Les articles sur le continent qui sortent à Paris, dont la mauvaise foi dépasse parfois l’entendement, mais pas toutes les espérances de leurs lecteurs, ont fini de me lasser. La lecture du Diplodocus m’est devenue profondément pénible, malgré mes orientatiosn clairement à gauche. malgré mon dépit des PS européens qui ne m’ont jamais représenté, par exmeple. je refuse pour autant de penser que l’on dit chercher des alternatives chez Chavez..c est à mourir de rire..

    A ce titre, le Diplo...retomber sur des numéros de 1987 est toujours intéressant : car c’est la même vision apocalyptique qui annonce des lendemains qui déchantent et en appellait à regarder du côté de...Cuba. Aujourd’hui, le hyp, la mode, c’est Hugo Chavez.

    d’accord pour dire qu’avant, c’etait une sorte de colonie intérieure, profondément inégalitaire. mais Chavez a 8 ans au pouvoir la déja. Quel bilan tirer ? Au fond, s’il fallait résumer, que penser d’un processus ou il n’existe aucune séparation des pouvoirs ? c’est un césarisme autoritaire censitaire, qui est favoorisé par les prix du pétrole, mais a été incapable de mettre en place des réformes de fonds pour les pauvres..juste quelques missions intéresantes, mais très paternalistes. Que penser d’un dirigeant qui polarise sciemment une société aussi violente que la société vénézuelienne ? (12 000 homicides en 2006)

    On en cause plus longuement sur : http://www.amlatineterecuerdo.blogspot.com

    enfin, tout cela appartient aux latino américains..moi ce que j’en dis, ce n’est de la petite poussière de rien du tout. mais au moins, essayons d’être moins idéaliste cul cul et d’avancer des arguments concrets...

    Allez donc voyager au Venezuela 6 bons mois, on en reparle de votre Messie come sauveur de la gauche du monde.

    Patxi







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