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Peter Schimann

Agronome, ex-arboriculteur, actif dans le développement et la reconstruction post-conflit dans divers pays, photographe à ses heures - Cherche à comprendre l'humain depuis longtemps mais n'atteindra sans-doute jamais le bout de ce long chemin ...

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Derniers commentaires


  • Peter Schimann 2 septembre 2007 19:14

    Bonsoir à Phillipakos et aux autres !

    Un information dans « Le Photographe » de Septembre 2007 qui en intéressera plus d’un. Je cite.

    "2/3 des photographes pro utilisent encore du film.

    C’est le principal enseignement d’une étude menée par Kodak auprès d’une population de 3000 photographes professionnels exerçant en Europe. Cette enquête indique également que 55% des sondés préfèrent globalement le rendu obtenu avec le film argentique à celui des appareils numériques, et que 19% des photographes déclarent encore utiliser du film pour plus de 60% de leur travaux.Parmi les avantages attribués à cette bonne vieille pellicule, les plus fréquemment cités sont la meilleure reproduction des détails (53%), le rendu « traditionnel » (46%) et le niveau de détail dans les ombres (42%). Concernant plus spécifiquement le noir et blanc, pratqiué par plus de 80% des photographes interrogés, presque la moitié d’entre eux (45%) préfère utiliser l’argentique"

    Si l’on ajoute que de nombreux amateurs et clubs continuent de donner à l’argentique la place qui lui revient, que la chambre argentique conserve sa place dans la publicité, que la photo argentique est d’un emploi encore plus que courant dans l’industrie, il semble bien que l’on s’oriente vers un partage du marché plutôt que vers une disparition de l’argentique. A moins que les « grands » ne boycottent le matériel argentique ... et que les fabricants n’achèvent de mettre au placard les chaînes de production d’appareils argentiques. Mais là aussi quelques uns font de la résistance aussi.

    Bonne soirée à tous.


  • Peter Schimann 1er septembre 2007 09:31

    Merci pour votre complément.

    C’est vrai, la question de l’authenticité de l’original devra trouver une solution à laquelle on peut accorder toute confiance.

    Par contre je ne suis pas aussi pessimiste que vous sur l’argentique. L’invention de la photographie n’a pas tué la peinture, pas plus que le numérique d’ailleurs ne le fera. Picasso, Dali, Buffet ont cohabité avec des progrès considérables dans le matériel et les supports de prises de vue sans que leurs tableaux ne perdent de leur intérêt. La différence avec l’époque actuelle réside probablement dans la commercialisation effrénée qui sous-tend actuellement toute activité et l’esclavage de la communication et des media, y compris la création artitisque et qui modifient (pas vraiment dans le bon sens !) le comportement humain.

    Malgré tout je garde l’espoir que l’argentique conservera une place à côté du numérique. La recrudescence du noir&blanc n’est-elle pas encourageante ? Le plaisir d’un portrait au 6x6 ou 6x7 est-il condamné ? Les chambres sont-elles arrivées au bout de leur histoire ? Bien entendu, cela suppose que des fabricants de supports argentiques, de produits et de moyens de tirage puissent aussi survivre ... Pour le moment ce n’est pas perdu ... dans 10 ans ?

    Je ne rechigne pourtant pas à utiliser le numérique qui me rend de grands services. C’est un très bon et très utile outil complémentaire. Par contre je déplore qu’une majorité de photographes professionnels aient jeté par-dessus bord l’argentique et tiennent à la clientèle des discours plus que navrants. Combien de fois n’ai-je pas demandé tel ou tel film argentique pour m’entendre répondre : « mais Monsieur ça n’existe plus ! L’argentique c’est fini, il n’y a plus que le numérique ! Tiens, je peux vous proposer un très bon compact, c’est pas cher et ça se met dans la poche sans problème » ... Ils n’ont pas su intégrer le progrès amené par le numérique. Avant de s’affilier à de grandes chaînes de distribution ces photographes ont tué leur propre métier et massacré la noblesse de la création photographique. Ils ont oublié la photo pour n’être plus que des vendeurs. A côté de leur borne Kodak ou Fuji qui fournissent directement des tirages standardisés, ils pourraient aussi bien tenir une épicerie ou vendre des pneus (nonobstant mon respect pour ces professionnels là).

    Heureusement il en reste de ceux qui ne sont pas que des marchands et ont su garder le conseil et les échanges avec le client amateur soucieux de se perfectionner et partager son plaisir pour des images de qualité, argentiques ou numériques. Il en reste, des laboratoires soucieux de la qualité de leurs impressions. Des revues comme « Le Photographe » ou « Réponses Photos » s’efforcent de faire la part des choses et de faire cohabiter les deux techniques. Faire de la résistance pour ne pas voir disparaître une technique qui a accompagné l’humanité depuis près de deux siécles c’est aussi conserver sa diversité culturelle et sa richesse. C’est, à ce niveau là, refuser de devenir une simple machine à consommer, jouet des grands groupes financiers. C’est, tout simplement, vouloir rester Homme et maîtriser, dans la mesure du possible, son propre destin.

    Bon week-end et bien à vous


  • Peter Schimann 31 août 2007 18:40

    Bonjour Philippakos,

    et merci pour ces éclairages sur une technique devenue populaire en quelques années mais dont, effectivement, peu d’utilisateurs soupçonnent les conséquences.

    En fait, s’il y a des questions à se poser sur l’authenticité d’un cliché numérique, je les vois surtout dans tout ce qui touche au juridique et au droit de propriété, dans l’éventuelle valorisation commerciale d’une image ou dans son utilisation comme preuve de quelque chose. Avec le support argentique les truquages sont plus difficiles et peuvent, en général, être décelés par un spécialiste. Il faudrait donc trouver une technique en mesure de bloquer toute modification d’une image enregistrée. Les électroniciens et informaticiens de l’imagerie numérique n’ont-ils pas encore inventé un tel procédé ?

    Pour le reste, quelle est donc l’importance dans la vie courante de pouvoir copier et transformer une image ? Si cela peut faire plaisir à quelqu’un de copier une de mes images et qu’en plus il prenne plaisir à la transformer pour l’adapter à ses goûts, quel dommage pour moi ? Aucun ! Au contraire, la satisfaction d’avoir fait plaisir ou rendu service à une autre personne ! Toute image n’a de valeur que par l’interprétation qu’en fait tout un chacun. Quelle importance, donc, que les pixels de l’image que j’ai devant les yeux soient effectivement ceux qui ont reproduit le sujet ? La fidélité dans la reproduction d’un sujet n’a d’importance que pour des raisons scientifiques ou juridiques, quelquefois sentimentales et mémorielles. Bien entendu aussi si l’image en question s’accompagne de droits d’auteur et d’espèces sonnantes et trébuchantes en découlant ! Tous les peintres ont été plagiés et les reproductions légales ou illégales ont en fait contribué à multiplier l’impact des originaux ... et à quelquefois remplir certaines poches. Le numérique n’est qu’une nouvelle technique de représentation de la réalité qui facilite les manipulations dont étaient déjà sujet d’autres supports (argentique, peinture, aquarelle ...).

    En fait, deux choses me chagrinent beaucoup plus. D’une part la démocratisation de la photographie a été accompagnée par la multiplication de laboratoires à bas prix qui produisent des images d’une si mauvaise qualité qu’elles finissent par dévoyer le sens artistique d’une grande partie du public. C’est un regrettable nivellement par le bas. D’autre part, en pensant aux peintures de Lascaux qui ont traversé des millénaires sans altération (jusqu’à ce que l’homme moderne vienne les perturber) je me demande pourquoi les connaissances scientifiques auxquelles nous avons accédé n’ont pas encore abouti à une technique fiable de conservation à long terme des images tant argentiques que numériques.

    J’aimerais ajouter un mot à propos de votre article précédent sur le numérique que j’ai également fort apprécié sans avoir le temps d’y réagir. Quelles que soient ses qualités intrinsèques, un outil ne vaut que par l’habileté de son utilisateur et du résultat qu’il espère en obtenir.

    Bien à vous







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