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philminfo

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  • philminfo 7 mai 2007 11:09

    Je nuancerais/raffinerais un peu ces résultats étant donnés les fluctuations observées d’un sondage à l’autre et les intervalles de confiance larges dès qu’on désagrège les résultats pour différentes variables sur des échantillons de taille faible. Mais la conclusion majeure n’est pas modifiée.

    Je m’explique (c’est un peu technique désolé mais je pense que l’intérêt est également, une nouvelle fois, de montrer les limites des sondages sur ce cas particulier).

    J’ai regardé les trois derniers sondages IFOP pour lesquels les résultats par âge sont donnés, sondages publiés les 22, 27 et 28 avril. Les % de votants en faveur de Ségolène Royal selon la tranche d’âge sont les suivants :

    22-avr 27-avr 28-avr

    18-24 62 53 58

    25-34 44 54 48

    35-49 48 56 49

    50-64 49 51 47

    65+ 34 25 37

    Une conclusion claire : Nicolas Sarkozy arrive largement en tête pour les 65 ans et plus (Ségolène Royal obtient 34, 25 et 37% des intentions de vote selon les trois sondages). Pour les autres groupes d’âge la différence est moins nette et varie d’un sondage à l’autre. Seuls les 18-24 ans s’exprimeraient davantage en faveur de Ségolène Royal (62, 53 et 58%).

    Maintenant si j’introduis la notion d’intervalle de confiance, les choses sont encore moins claires. Les intervalles de confiance ne sont pas calculables pour ce type de sondages faits selon la méthode des quotas. C’est le grand argument des sondeurs français pour justifier la non publication de marges d’erreur. En pratique, on peut cependant approximer la marge d’erreur à partir de la théorie des sondages aléatoires. Je passe sur les détails mais disons que pour un échantillon de 1000 personnes, tirées aléatoirement, si on observe 50% en faveur du candidat A, on peut calculer en gros que la valeur de ce % observée dans l’ensemble de la population doit être comprise entre 47 et 53%, à un seuil de confiance de 95% (si on accepte en quelque sorte un risque de se tromper de 5%).

    En tenant compte de la structure de la population française de plus de 18 ans (source : INSEE) observée, on peut estimer que nos sondeurs interrogent, pour un échantillon total de 1000 personnes, 114 individus de 18-24 ans, 167 de 25-34 ans, 271 de 35-49 ans, 235 de 50-64 ans et 211 de 65 ans et plus.

    Si j’applique ma méthode approximative de calcul des intervalles de confiance aux deux derniers sondages du 27 et 28 avril, en tenant compte de la structure probable par âge de l’échantillon je trouve les marges inférieures et supérieures suivantes (toujours au seuil modestement restrictif de 95%) :

    27-avril

    18-24 44 62

    25-34 46 62

    35-49 50 62

    50-64 44 58

    65+ 18 32

    28-avril

    18-24 49 67

    25-34 40 56

    35-49 43 55

    50-64 40 54

    65+ 30 44

    Et on voit que ces intervalles de confiance sont plutôt larges ! Seul le résultat chez les 65 ans et plus est une nouvelle fois très clair : ils ont largement l’intention de voter en faveur de Sarkozy. Pour les autres tranches d’âge en revanche, la valeur de 50% est systématiquement comprise dans les intervalles de confiance ce qui signifie qu’on ne peut potentiellement rien conclure à partir de ces résultats ! A part peut-être chez les 18-24 ans pour lesquels Ségolène Royal arriverait en tête pour le sondage du 28 avril (mais pas pour celui du 27), et les 35-49 ans pour le sondage du 27 (mais pas celui du 28)... Pour ces deux dernières tranches d’âge, on est à la limite des intervalles.

    Il faudrait raffiner la méthode et les calculs, mais une seule conclusion claire émerge : Sarkozy arrive en effet largement en tête chez les 65 ans et plus. Pour les autres tranches d’âge, la plus grande incertitude règne.

    J’analyserai les sondages post-élection pour voir ce qu’on peut réellement en dire.

    A bientôt.

    Ph. M. 







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