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Pierrejn

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  • Pierrejn 26 juin 2007 02:21

    Travaillant dans une multinationale de l’informatique, j’ai observé l’évolution de rôle du stagiaire dans l’entreprise. Autrefois, le stage n’avait la plupart du temps aucun intérêt financier et visait plutôt à vérifier les qualités du jeune avant de l’embaucher (ou pas). Ou bien, le jeune en fin d’études était employé à la création d’applications internes par définition non rentables donc pour lesquelles il était difficile de mobiliser du temps facturable des salariés en poste.

    Désormais, le stagiaire renforce directement les équipes de développement à bas coût dans des projets facturés aux clients. La raison en est simple : le prix de vente de nos ressources est décidé ailleurs et s’avère largement supérieur au marché. Après quelques années d’une politique drastique de Business Process Reingeeniering (BPR) et de Cost Killing encore insuffisante et pour rester dans le marché, l’entreprise (toutes les entreprises) applique une stratégie délibérée d’externalisation accélérée. Ainsi le travail de conception et de réalisation est transféré vers le sous-traitant, filiale ou pas, le moins-disant, l’indien, le chinois, le roumain, le vietnamien (cherchez l’intrus) etc. En bref, la stratégie du « gobal sourcing ».

    Les principaux donneurs d’ordre français sont à l’affût et ce n’est pas le moindre des paradoxes de constater que les grandes entreprises du secteur public, par exemple, ne sont pas les moins acharnées : elles tirent les prix vers le bas. Toutes ont désormais des directions des achats impériales qui pressurent au maximum leurs fournisseurs. Les géants ont des intérêts convergents : pour les uns, maintenir un taux de profit élevé malgré la banalisation des prestations, pour les autres réduire au maximum les coûts. Le maître mot, c’est l’EPS c’est à dire Earning Per Share ou profit par action ; au trimestre car au delà c’est déjà du lointain.

    Les prestataires de services hexagonaux à vocation généraliste, les « vendeurs de viande » en régie comme on les appelle courtoisement dans le métier ou bien les acteurs qui veulent profiter de l’aubaine emploient massivement des stagiaires par centaines : c’est corvéable, c’est très rentable. Et de voir fleurir des annonces « MACHIN recrute 600 ingénieurs ». Ca pose son DRH ça non ? Et dire que nous avons encore des scrupules... En un mot, le stagiaire français, c’est un atout concurrentiel et quand il y a du gras dans les contrats, même si ça devient rare, c’est une poule aux oeufs d’or. Dans les sociétés de services informatiques occidentales, il ne restera bientôt plus que les « penseurs de l’offre » - quelques consultants brillants payés royalement -, les vendeurs et les stagiaires. Les « sachants », les experts techniques et la masse des analystes/développeurs seront en Asie.

    Après cette vague qui a des chances de durer le temps que la planète soit asphyxiée, il ne restera plus que les Africains. Mais eux, il est vrai qu’on sait comment les exploiter depuis longtemps.







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