Je suis un homme. Je suis croyant. Je crois que la réalité existe, qu’elle est connaissable, qu’elle est indépendante de moi. Je crois que chaque individu se crée une vision personnelle de la réalité. Cela fonde son individualité. Il en devient radicalement différent de moi. Je crois que je peux rejoindre chaque individu sur sa vision de la réalité. Si jamais, il accepte l’altérité de cette dernière, je crois que nous pourrons nous entendre. Cette altérité permet d’accepter de sortir de ma vision du réel pour examiner celle de mon interlocuteur. C’est difficile. C’est effrayant. C’est rencontrer la vie au sens le plus fort du terme.
Votre article me fait penser à un personnage du "Candide" de Voltaire.
Vous prenez le rôle de celui qui disait "Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes". Ses déclarations étaient des dénis de tous les déboires que Voltaire fait subir à ses personnages.
Des chiffres, aucun humain. Ils ne sont pas cotés en bourse.
Le malade est en train de mourir à cause de sa bonne santé. Vous faites partie de ces gens pour qui la crise est finie puisque les chiffres sont bons. Je me souviens des très bons résultats de l’URSS. Tous les ans, ils étaient bons.
Par S2ndreal(xxx.xxx.xxx.96)10 décembre 2010 09:53
Un certain Paul Krugman a hurlé au comportement délirant quand il a vu comment les banques ont été sauvées. Son idée était analogue à ce que les Suédois ont fait à leurs banques lors d’une crise qu’ils ont vécue. Dans son idée, les actionnaires sont ratissés. Il est keynésien et contredit votre vision du keynésianisme.
Ma vision de l’école autrichienne me dit que ces gens sont totalement pour l’austérité la plus dure et n’ont rien à dire contre les fortunes et la puissance accumulée par les banquiers maintenant. Ils nous tiennent tous en otages et font ce qu’ils veulent, disent aux états comment ils doivent se comporter, etc...
Naturellement, elle peut être aussi fausse que la votre en ce qui concerne le keynésianisme.
Par S2ndreal(xxx.xxx.xxx.13)7 septembre 2010 21:00
Est ce que les subventions que vous dénoncez n’auraient pas été soutirées aux états par des entreprises les prenant en otage ? Si les banquiers n’avaient pas été sauvés par les états, le système s’arrêtait. C’est l’histoire du risque systèmique, qui ne peut pas exister dans votre monde. Il a servi à recevoir beaucoup d’argent et maintenant cet argent sert à exiger des états qu’ils paient leurs dettes (lobbyisme).
Est ce que vous ne confondez pas les subventions aux pétroliers avec les impôts sur les carburants ?
Est ce que le souci de rapporter un maximum aux actionnaires ne pourrait pas être réalisé par une manipulation des lois locales en faveur de l’entreprise ?
Dans ces trois cas, le marché pourrait bien avoir pris le contrôle de l’état. C’est donc le marché qui serait le responsable de la catastrophe. Votre argumentation est beaucoup plus fragile que vous l’imaginez.
Une autre très grosse blague est la concurrence. Comment la réaliser parfaitement ? Les conditions de Arrow-Debreu sont tellement drastiques qu’elles sont irréalistes. Atteindre un des points d’équilibre de ce modèle prend un temps infini. Il y a plus qu’un point d’équilibre dans un marché. Toutes les conditions de départ, à condition de prendre des fonctions continues aboutissent à plusieurs points d’équilibre. Après, le marché semble réaliser les conditions sociales les plus mauvaises possibles. La concurrence que vous appelez à réaliser est irréaliste ou seulement dans un temps infiniment lointain. Toute situation hors équilibre sera pour vous une situation où les états et les gens comme moi auront introduit un biais dans la concurrence.
Tant qu’il y aura des hommes, vous serez à l’abri de votre utopie.
Par S2ndreal(xxx.xxx.xxx.13)7 septembre 2010 20:27
péripate 21.02.09. 14:32
Votre première phrase est une hypothèse que je mets en doute. Votre riposte au point 1 admet que le marché est dépassé par les externalités. La première critique tient la route. Votre riposte au point 2 considère que l’état chinois est responsable du déboisement. Cet état suit une politique de libéralisation pour augmenter le nombre de ses usines. Vos coreligionnaires ont délocalisé massivement dans ce pays pour s’enrichir. Votre élimination de ce point est discutable. Votre riposte au point 3 est contredite par un prix de la banque de Suède montrant que les gens respectant d’autres règles que celles du marché peuvent s’entendre pour les préserver. Votre point 4 est contredit par les 4 000 milliards de dollars en mouvements de capitaux tous les jours. Il est aussi contredit par le high-frequency trading. La conquête spatiale nous a donné les prévisions météos, les ordinateurs portables, les plastiques, les stylos utilisables dans toutes les positions. Airbus a été privatisé récemment et sous la contrainte de l’OMC. Tout le nucléaire est d’abord étatique. Le privé n’aurait jamais mis l’argent nécessaire dans le truc. Votre réponse au point 5 m’amène aux risques biologiques (diffuser un virus par circulation des personnes par avion), atomiques (un surgénérateur fait sa version de Tchernobyl). Ce sont des risques pires que ceux du système de retraite. Les endettements des états sont, pour une part croissante dus aux intérêts à payer aux nantis car les états ont renoncé à battre monnaie. Ces endettements ont explosé pour sauver les banques et le système financier. Votre conclusion est que l’action humaine est imparfaite. Je suis d’accord. Vous négligez cette imperfection dès que le mot "marché" est prononcé. Vous la surestimez quand vous entendez le mot "état". Vous croyez, comme le Pape croit en Dieu, que le marché est la loi naturelle des hommes. Toute contradiction à cette idée est traitée comme l’athéisme par le Pape.