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skiman

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  • skiman 15 juin 2008 21:23

    Crise de l’idée européenne ou agonie des Etats-nations

    Il me semble que les déboires actuels du processus de "construction européenne" témoignent davantage de la crise idéologique des vieux états-nations que du rejet à proprement parler de l’idée, et donc des formes, de la dite construction européenne...

    Rappelons que, jusqu’au XIXè siècle,les états européens étaient une construction par la guerre, le mariage, d’entités qui permettaient un rente foncière. La légitimité (renforcée par les Eglises) était celle du prince, et de la force. La question des "peuples" des "nations" ou des "ethnies" était très secondaire.

    Avec la Révolution industrielle on a créé de nouvelles entités, des Etats, fermés par des frontières, qui formaient des marchés nationaux ; les puissances économiques s’enfermaient dans des frontières pour éviter la concurrence, maîtriser les échanges. Ce renfermement était justifié par un discours nouveau d’exaltation de nouvelles valeurs telles que la nation, le peuple, la patrie etc. En cas de danger (affrontement avec les voisins) le discours patriotard permettait de faire la guerre (1870, 1914, 1939) en mobilisant et faisant tuer de pauvres bougres (par millions...).

    La trouvaille des "pères de l’Europe" a été de penser qu’un marché commun, et donc une économie européenne, enlèverait tout motif à ces affrontements. Résultat : plus de guerres depuis 1945 en Europe en particulier entre les nations majeures, malgré l’hypothèque de l’Europe de l’est.

    Si économiquement la construction européenne a réussi, la question de la légitimité européenne reste posée, et de nombreux auteurs ont écrit sur la question... Mais ce qui reste aussi, c’est le formatage idéologique de l’Etat-nation par l’école, les médias, le sport...) qui demeure, sans substrat économique et que plus rien ne justifie. 

    Nos hommes politiques tiennent devant leurs électeurs des discours néo-nationalistes du genre c’est la faute aux "technocrates de Bruxelles", à la BCE et l’euro fort, etc, alors qu’ils savent très bien que la situation est IRREVERSIBLE. Mais l’euroscepticisme marche très bien dans les campagnes électorales, c’est de la pure démagogie, car tous les eurosceptiques savent très bien qu’ils ne pourront jamais revenir en arrière, ni même freiner durablement l’intégration européenne.

    Cette attitude est facile mais dangereuse : à la longue cette démagogie nourrit une vision fantasmatique et paranoïaque : il faut "défendre" son pays contre les autres. Regardez les télévisions dans différents pays : Berlusconi, Sarkosy, les frères polonais etc, tous vous racontent je ne céderai pas...

    Abandonner les oripeaux intellectuels de l’Etat-nation n’est pas facile, les schémas culturels sont devenus profonds et, plus encore, chaque état-nation nourrit sa cohorte politico-bureaucratique, son cortège de médias. Des dizaines de milliers d’emplois valorisés et bien payés.

    Quelle que soient les nostagies, y compris irlandaises, quelque soient les égoïsmes, les oppositions démagogiques entre "les élites" et le "bon peuple", il faut bien avancer. Vers quoi ? A construire...







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