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Sophie456789

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Derniers commentaires


  • Sophie456789 17 juin 2009 14:51

    Bonjour,

    Rendons à César ce qui appartient à César : ce n’est pas Libération qui a levé le lièvre mais la modeste association de chômeurs que je représente, par le biais de notre site internet (Actuchomage.org) et des réflexions de nos forumeurs.

    http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=4676

    Nous avons fait suivre à Libé et à d’autres, dont l’AFP.

    Bien sûr l’info (juteuse) est reprise, mais nous ne sommes pas cités.... alors que nous sommes aux premières loges pour faire remonter ce genre de saloperie.

    Bien@vous


  • Sophie456789 6 mai 2009 04:19

    Parce que je suis pauvre, ma consommation d’électricité est, justement, des plus raisonnables. Je ne peux me permettre aucun gaspillage, ni en nourriture, ni en eau.
    Si chacun faisait attention, ce serait un progrès.
    Quant à retourner aux grottes, non : vous caricaturez, ce n’est pas ce que je prône.
    Mais changer de mode de vie, oui. C’est incontournable et même urgent.

    Et je ne fais pas preuve de « manque de participation et solidarité vis-à-vis de mes semblables » (les chômeurs) puisqu’au contraire j’agis bénévolement et quotidiennement sur un site internet que j’ai créé et qui les informe, les aide, vise à les déculpabiliser et à se battre. Notre site s’adresse aussi aux salariés qui constituent, contrairement aux apparences, la majorité de nos lecteurs. Ils comprennent que le chômage est un laboratoire social : les mesures qu’on expérimente sur les chômeurs et les précaires ont pour but d’être étendues au salariat tout entier.

    Croyez-moi - et c’est la question posée par l’article que nous commentons -, si les 3,5 millions d’inscrits à Pôle Emploi pratiquaient une résistance passive, la machine serait vite grippée. C’est parce que les chômeurs ont peur et honte que ce système perdure. Même chose pour ceux qui travaillent : si les 18 millions salariés mettaient en application mon raisonnement en cessant de nourrir la machine, ceux qui les exploitent et profitent de la peur qu’ils sèment en eux seraient obligés de les traiter avec la considération qu’ils méritent. Le rapport de force s’inverserait enfin.


  • Sophie456789 5 mai 2009 23:24

    Une vraie question : pourquoi les chômeurs ne se mobilisent pas ? Pourquoi les associations rament ?

    Parce que le chômage est vécu comme une HONTE. Il faut des années de pratique pour s’en débarrasser (je sais de quoi je parle) et oser enfin « s’afficher chômeur  ». Et les vrais responsables du chômage font tout pour que leurs victimes se sentent coupables : le discours dominant les accuse en permanence de tous les maux.

    Ainsi, le chômage n’est pas détecté comme un outil économique à part entière qui permet au libéralisme de prospérer. Pour les capitalistes, le chômage n’est pas un problème mais une SOLUTION : il fait baisser le coût du travail, reculer les droits des salariés, sape la protection et la contestation sociales. Le chômage rapporte.

    Ignorant ce fait, que font les gens ? On leur inculque la « valeur travail » à n’importe quel prix, un leurre idéologique qui les emprisonne, les exploite, et les frustre. Pour se défouler et apaiser momentanément leurs frustations, comme je l’ai fait moi-même, ils vont chercher un peu de compensation en participant à la grande messe consumériste qui, elle aussi, est un leurre qui ne comble rien. Ainsi, ils font tourner la machine : (sur)travailler, (sur)consommer, ce qui produit de la « croissance  », sacro-saint credo dominant qui mesure tout sauf… le bonheur. Mais de cette croissance ils voient bien peu la couleur.

    Grâce à ce système infernal articulé sur la consommation, le productivisme et la croissance, tout le monde fonce, tête baissée, droit dans le mur alors que nous vivons dans un espace fini aux réserves naturelles limitées.

    Les chômeurs ne s’imaginent pas à quoi ils échappent. Ils ne s’imaginent pas non plus la force qu’ils représentent. Et les associations n’y peuvent rien : elles n’ont aucun pouvoir (les syndicats les méprisent), font ce qu’elles peuvent, leur tâche est trop immense et le mensonge trop énorme.

    La « chômeur pride », hélas, ce n’est pas pour demain !


  • Sophie456789 5 mai 2009 22:43

    Faire la grève, RÉSISTER en tant que chômeuse, c’est ce que je fais depuis des années après avoir cherché du boulot comme une folle (1800 candidatures sur trois ans envoyés... pour rien, car je suis trop vieille, trop chère, et mon profil trop « atypique »).

    Par chance, je suis passée à travers les mailles de l’inutile ANPE, ce qui m’a permis d’échapper au harcèlement et aux prestations bidons qui engraissent des opérateurs privés pour qui le chômage est une manne financière.

    Je refuse les emplois au Smic (je gagnais 1700 € net quand j’ai perdu mon travail), les CDD, les contrats aidés. Moralité : comme il n’y a que ça sur le marché du travail, je reste au chômage et je pratique une « résistance passive » qui me vaut d’être aujourd’hui à l’ASS (équivalent du RMI, 450 € par mois). J’ai donc sombré dans la grande pauvreté. Mais c’est un choix.

    Car je préfère être économiquement pauvre parce que je n’ai pas de travail plutôt qu’être pauvre... en travaillant : c’est une question de DIGNITÉ. Pour avoir été longtemps une travailleuse pauvre quand j’ai commencé ma vie professionnelle (mère célibataire, le loyer qui bouffait la moitié de ma paie), j’estime que j’ai déjà donné. Ça suffit. Car ma dignité ne réside pas dans la servitude volontaire et l’exploitation (j’ai 20 ans d’expérience que je refuse de brader), le fait d’avoir un emploi - Qu’est-ce que vous faites, dans la vie ? - pour être comme tout le monde. J’assume ma différence, ma marginalité.

    Je suis économiquement pauvre, mais RICHE intellectuellement. Car le chômage m’a fait redécouvrir le temps pour soi, la lecture, l’écriture, la méditation, l’analyse. Je suis une pionnière de la décroissance et de l’anti-productivisme. Je me demande comment j’ai pu supporter tout ça (m’engouffrer dans des embouteillages pour aller au boulot, subir la connerie de mes petits chefs, en faire toujours plus, puis consommer bêtement pour me défouler de tout ça le week-end) aussi longtemps !

    Je ne me lamente pas sur mon sort. Si ce n’est la peur de l’avenir qui me tenaille régulièrement (c’est ça, la précarité), je me sens plus LIBRE que je ne l’ai jamais été et je réalise que je vis les meilleures années de mon existence. Je reconnais que la « valeur travail », que mes parents m’ont inculquée et à laquelle j’ai longtemps cru, n’était qu’un leurre qui ne m’a apporté que de trop rares satisfactions.

    Le site Actuchomage, c’est moi qui l’ai créé en 2004 avec un ami, lui aussi chômeur de longue durée : nous en sommes fiers, et nous sentons plus utiles à la société en animant cet outil d’information et de réflexion fait par des chômeurs pour les chômeurs qu’en allant bosser pour des clopinettes.

    Merci pour cet article qui a l’avantage de poser de vrais questions.







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