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sreuss

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  • sreuss 4 juin 2007 23:44

    Bonsoir. Quelle galopade ! En premier lieu, révisez votre pinyin bien que ce ne soit pas le centre de la problématique, on écrit Jiang Zemin...et les statistiques même bidon restent singulières ! En deuxième lieu, parce que j’ai travaillé et vécu sur place entre 1993 et 1999 dans trois villes différentes, parce que je parle Chinois couramment (après 4 ans d’université et six dans le pays), parce qu’enfin je me sens suffisamment informé du sujet pour prendre position, permettez-moi de vous dire que vous vous fourvoyez complètement. Certes, l’ouvrage de Thierry Wolton est loin d’être parfait et quelque peu vulgarisateur mais il représente à mon sens l’état des lieux le plus objectif de la Chine d’aujourd’hui. Votre bel enthousiasme de réseauteur patenté pourrait bien fondre comme neige au soleil dans un délai plus rapide que vous ne l’imaginez, au moins aussi vite que les cours des bourses chinoises qui cèdent à la surchauffe de la bulle spéculative...Dans les années 60, une génération de gurus bien avisés nous vantaient les mérites d’une autre Chine, plus maoiste celle-là et déjà le miroir aux alouettes produisait son effet ! Aujourd’hui, aux politologues succèdent les économistes : à défaut de pouvoir efficacement stimuler sa croissance sur ses terres, l’Occident capitaliste s’invente des mythes lointains. A ce rythme, on parlera bientôt de l’épopée du Far East ! A l’opposé de beaucoup d’experts, je me situe à contre-courant et abonde dans le sens de ce que je nomme la minorité lucide dont Thierry Wolton fait partie. Je citerai encore Jean-Leclerc du Sablon, Guy Sorman et le merveilleux Simon Leys, aussi réaliste que décapant, que je vous invite à relire. L’ampleur du bluff actuel est autrement plus gigantesque que celui des maoistes dans les années 60-70. A cette époque existait déjà un consensus sur l’avancée prodigieuse de la Chine. La réalité chinoise d’aujourd’hui dépasse de très loin les gratte-ciels de Tianjin, le clinquant de la mégalopole shanghaïenne et le service irréprochable que recoivent les businessmen occidentaux dans leurs hôtels 5 étoiles...900 millions de paysans chinois, aussi attachés à la glèbe que nos serfs médiévaux par leur « hukou » (acte d’origine), ne sont pas prêt de goûter au Nescafé que vous aimeriez leur servir, 300 millions d’autres, dont au moins 50% au chômage, sont les transhumants, coolies de ce nouveau capitalisme sauvage hybridé à un communisme suranné, 300 millions enfin, les citadins, forment la masse de vos prospects, les clients potentiels de l’Occident. Adonc, vous nous chantonnez le refrain éternel des canonnières, si chères aux nostalgiques du colonialisme que nous (ne) sommes...nullement, Cher Monsieur ! Et je ne suspecterais pas Thierry Wolton d’une quelconque sympathie pour les traités inégaux que les Chinois ressassent à volonté dans leurs discussions avec les Occidentaux. Etant Suisse, mon pays ne faisait pas partie des puissances des 8 armées coalisées qui matèrent la rébellion des Boxers en 1900. En tant que Français en revanche, vous avez dû en entendre sur les guerres de l’Opium, le sac du palais d’Eté et l’expédition de Tianjin...Les Chinois adorent nous rappeler nos crimes historiques et nous culpabiliser, notre acte de contrition se résumant aujourd’hui à notre rôle d’investisseurs...J’attends avec impatience les prochaines échéances du régime et particulièrement les Olympiades de 2008. Gageons que tout se passera bien, le scénario huilé : les chauffeurs de taxis polis, les haies de pivoines coupées au millimètre et les trottoirs ripolinés ! Lors de l’évaluation des futurs sites, les autorités pékinoises avaient empêché la population de se chauffer pour ne pas noircir de résidus de charbon le ciel bleu de la capitale lors de la venue du franquiste Samaranch. On avait également pris soin de nettoyer la ville de tous ses indésirables pour les repousser dans leurs campagnes. L’effort a payé et Pékin s’est finalement vu désigner pour le plus grand plaisir du marquis... Voici sans doute des techniques auxquelles vous souscrivez sans appel tant que l’emporte la logique marchande à tou crin dont vous semblez un ardent défenseur. Tout en vous souhaitant de cesser de prendre des vessies pour des lanternes, je reformule mille bravi à Thierry Wolton et vous adresses mes messages les plus chevaleresques.







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