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Tristan Valmour

Sur le plan professionnel : ancien professeur et formateur, aujourd’hui entrepreneur (B2B) dans l’analyse de données concernant le thème de l’éducation, et la proposition de solutions pédagogiques et managériales aux entreprises. Chercheur en pédagogie. Adepte de l’éducabilité cognitive et des neurosciences cognitives. 
Sur le plan politique : gaullien humaniste. Mais je suis ouvert à tous les courants, et je ne réduirai jamais un individu au courant qu’il porte ou qui le porte. Les hommes politiques avec lesquels je suis le plus en phase pour le moment : Nicolas Dupont-Aignan + Dominique de Villepin. Je considère qu’un individu a besoin d’un groupe solidaire avec lequel il doit partager le fruit de ses efforts (c’est mon côté communiste), et le groupe a besoin d’individus libres et entreprenants (c’est mon côté libéral) particulièrement récompensés. 
Sur le plan confessionnel : de culture catholique. Donc, non dogmatique. 
Mes combats de toujours : contribuer à améliorer le sort du plus grand nombre ; prôner la limitation du pouvoir qui conduit aux totalitarismes (que ce soit celui de l’individu, des entreprises, des associations, de l’Etat) ; limitation de la rémunération et des richesses individuelles ; promouvoir la diversité (des espèces animales et végétales, des cultures, des opinions…) ; la croyance en une égalité entre individus, la foi (c’est plutôt l’expérience qui parle) en ce que chacun a les possibilités de réussir lorsqu’il est instruit de la bonne méthode... 
Je vis à l’Etranger (je suis donc un immigré), aussi mes messages sont-ils postés par un ami. Les réponses ne pourront donc être rapides.
 
 

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Derniers commentaires

  • Par Tristan Valmour (xxx.xxx.xxx.3) 14 janvier 14:28

    Bonsoir Bruno

    D’abord, et comme pour toute chose en matière d’éducation, il faut lire les ouvrages en neurosciences. Achetez donc un manuel général, il en existe avec CD ROMS. Vous pourrez compléter vos informations par la lecture d’ouvrages spécialisés sur les amygdales et les sentiments (ex : Damasio qui est accessible), ainsi que sur les neurotransmetteurs et neuromodulateurs. Cela vous permettra par la suite de discerner en psychologie les théories qui tiennent la route de celles qui sont plus fantaisistes.

    Ayant passé mes doctorats en anglais, je connais assez mal les auteurs français. Cependant, je sais qu’on peut faire confiance en psychologie à Alain Lieury qui est très clair et qui appelle un chat un chat. Il a publié pas mal d’ouvrages grand public et naturellement des livres pour ses étudiants.

    En Anglais, vous aurez un large choix, avec en plus des ressources gratuites sur le net, vu que les enseignants publient sur leur site perso leurs cours, ce que font difficilement les profs français qui ont peur que leur génie ne soit copié. Différence de mentalité quoi !

    Ensuite, quand on veut étudier seul un sujet particulier et qu’on ne sait pas par où commencer, voici ce que je conseille toujours :
    -  se référer aux encyclopédies spécialisées sur le sujet recherché. Voici quelques éditeurs où vous trouverez votre bonheur : Oxford press, MIT press, Wiley, Pearson, Cambridge Press, Elsevier, etc.
    -  Se référer aux journaux spécialisés qui ont l’avantage de présenter un résumé des derniers travaux avec des références bibliographiques pour approfondir ses connaissances.

    Des manuels sur la motivation :
    -  Handbook of competence and motivation
    -  Handbook of motivational science
    -  Research on motivation in education

    Un journal de reference sur la question :
    - The psychology of learning and motivation

    Pêle-mêle, un copié-collé de ma base de données (sur la motivation intrinsèque/extrinsèque, la self motivation, etc.) sur les ouvrages de base que je conseille aux personnes que je forme. Après, j’ai de nombreuses autres références, mais je crois que cela vous occupera un certain temps. Si vous voulez plus d’info, il vaut mieux me laisser un message en commentant l’un de mes articles, je ne lis pas souvent les commentaires, par manque de temps.

    Perkins, D., & Ritchhart, R. (2004). When is good thinking ? In D. Y. Dai & R. J. Sternberg (Eds.), Motivation, emotion, and cognition : Integrative perspectives on intellectual functioning and development (pp. 351–384). Mahwah, NJ : Lawrence Erlbaum.
    Bandura, A. (1986). Social foundations of thought & action : A social cognitive theory. Englewood Cliffs, NJ : Prentice Hall.

    Cameron, J., & Pierce, W. D. (2002). Rewards and intrinsic motivation : Resolving the controversy. Westport, CT : Greenwood Press.

    Eisenberger, R., & Cameron, J. (1996). The detrimental effects of reward : Myth or reality ? American Psychologist, 51, 1153–1166.

    Kohn, A. (1999). Punished by rewards : The trouble with gold stars, incentive plans, A’s, praise, and other bribes. Boston : Houghton Mifflin.

    Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2000). Self-determination theory and the facilitation of intrinsic motivation, social development, and well-being. American Psychologist, 55, 68–78.

    Sansone, C., & Harackiewicz, J. M. (Eds.). (2000). Intrinsic and extrinsic motivation : The search for optimal motivation and performance. San Diego, CA : Academic Press.
    McClelland, D. C. (1987). Human motivation. New York : Cambridge University Press.
    Kanfer, R., & Ackerman, P. I. (1989). Motivation and cognitive abilities : An integrative/aptitude-treatment interaction approach to skill acquisition. Journal of Applied Psychology Monograph, 74, 657–690.
    Schwarz, N., & Bohner, G. (1996). Feelings and their motivational implications : Moods and the action sequence. In P. M. Gollwitzer & J. A. Bragh (Eds.), The psychology of action : Linking cognition and motivation to behavior (pp. 7–26). New York : Guilford.
    Weiner, B. (1985). An attributional theory of achievement motivation and emotion. Psychological Review, 92, 548–573.
    Deci, E. L., Eghrari, H., Patrick, B. C., & Leone, D. R. (1994). Facilitating internalization : The self-determination theory perspective. Journal of Personality, 62, 119–142.

    Deci, E. L., Koestner, R., & Ryan, R. M. (1999). A meta-analytic review of experiments examining the effects of extrinsic rewards on intrinsic motivation. Psychological Bulletin, 125, 627–668.

    Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human,behavior. New York : Plenum.

    Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The ‘‘what’’ and ‘‘why’’of goal pursuits : Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11, 227–268.

    Levesque, C., Zuehlke, A. N., Stanek, L. R., & Ryan, R. M. (2004). Autonomy and competence in German and American university students : A comparative study based on self-determination theory. Journal of Educational Psychology, 96, 68–84.

    Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2000). Self-determination theory and the facilitation of intrinsic motivation, social development, and well-being. American Psychologist, 55, 68–78.

    Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2006). Self-regulation and the problem of human autonomy : Does psychology need choice, self-determination, and will ? Journal of Personality, 74, 1557–1585.

    Bonne nuit et bonne année. Ainsi qu’à l’auteur.

  • Par Tristan Valmour (xxx.xxx.xxx.69) 13 janvier 11:51

    S’il y a dans cet article quelques réflexions fondées, d’autres le sont moins.

    Par exemple, rares sont les évaluations capables de mesurer ce qu’elles prétendent évaluer. Un test, quel qu’il soit, mesure avant tout les compétences textuelles, et la capacité à réussir le test en question. D’autre part, en évaluant, on cherche moins à s’assurer la maîtrise de compétences ou connaissances qu’à éliminer un candidat. Si on cherchait à ce qu’un candidat démontre son savoir, pourquoi limiter la durée des tests ? Les cerveaux qui sont lents parce qu’ils intègrent les données à d’autres plus profondes pour obtenir un compréhension globale du sujet en sont pour leurs frais. Il faut au contraire sortir du système de l’évaluation-sanction qui n’apporte rien aux élèves et ne reflète nullement leur niveau. Combien d’élèves répondent mal à un test alors qu’ils ont la bonne réponse mais ne la livrent pas, soupçonnant un piège ? Combien d’élèves arrivent fatigués au test et le réussiraient s’il était fixé à une heure plus propice ? Bref, la capacité à réussir un test dépend certes de la maîtrise du sujet, mais surtout de la capacité à lire et comprendre ce qu’on nous demande, et des aléas biologiques et psychologiques.

    Un test en temps limité ne mesure pas les connaissances ou compétences, mais la mémoire de travail !!!

    Les tests sont donc bâtis pour éliminer, pas pour aider à progresser ni même pour mesurer les compétences ou autres connaissances.

    Enfin, vous méconnaissez totalement les travaux des psychologues spécialisés en motivation. Que démontrent ces travaux ?
    -  les bons étudiants qui travaillent pour la note se découragent davantage que les autres lorsque arrive une mauvaise note, et peuvent plus facilement sombrer dans la dépression. Habitués à la compétition, ce sont les êtres les plus fragiles lorsqu’ils se sentent déstabilisés, et adoptent plus que d’autres des comportements à risques. Bref, ils sur réagissent.
    -  Les mauvais étudiants qui travaillent pour la note ne sont absolument pas stimulés par une bonne note, sauf si ces dernières se répètent ; ils se sont habitués à leur image dégradée d’eux-mêmes.
    -  Etudier pour la note, c’est voir les études comme un moyen de se faire évaluer par une force supérieure à soi. Etudier devient donc une sanction, non pas un moyen de se développer, de parvenir à un autre soi-même, supérieur. Ceux qui prennent le plus de plaisir à étudier sont les adultes qui étudient pour eux-mêmes, pas pour la note. Et ce sont les meilleurs étudiants.
    -  On est motivé lorsqu’on réussit à faire quelque chose d’un niveau un peu plus supérieur à son niveau actuel, pas lorsqu’on réussit quelque chose de trop facile, ni lorsqu’on échoue.

    Voilà des vérités scientifiques obtenues lors d’études longitudinales sur une population de plusieurs milliers d’élèves de toutes sortes. Voilà des vérités scientifiques obtenues en confrontant des groupes de contrôles à des groupes tests.

    On en fait ce qu’on veut et pourra préférer lire dans le marc du café. Après tout, l’astrologie fait fureur, comme les tests de personnalité dans Biba.

  • Par Tristan Valmour (xxx.xxx.xxx.73) 4 janvier 11:49

    Excellent billet et bonne année aux auteurs et lecteurs. Mauvaise année à la sarkosie.

    Il est inutile de débattre avec des hommes politiques, qui ne sont plus les représentants du peuple depuis bien longtemps. L’ont-ils déjà été au demeurant ?

    Les hommes politiques n’argumentent pas mais se livrent à l’argutie. Ils émettent des mensonges éhontés devant les médias, et les journalistes, complices ou serviles, ne leur demandent jamais de prouver leurs dires.

    Les hommes politiques sont des juristes de profession, qui s’appuient sur des lois qu’ils votent en dépit de l’intérêt général, pour imposer leurs vues corporatistes et adopter une politique inique au profit de leurs créanciers. La loi n’est pas la morale ni l’expression de la recherche d’une justice. Elle est le reflet d’intentions corporatistes.

    A voir la composition sociologique de l’AN, on croirait que les Français sont tous des hommes blancs de 60 ans, juristes, médecins ou fonctionnaires. La voilà la représentativité des représentants de la Nation. Pouvoir confisqué oui !

    Le fonctionnement des partis politiques est antidémocratique, les commissions de réflexion comme les modalités des élections internes sont bidons. Les militants sont utilisés au profit de quelques notables.

    Les hommes politiques utilisent leur pouvoir hérité du peuple pour nuire aux personnes qui les gênent comme pour augmenter leur patrimoine personnel et celui de leur clientèle.

    Bref, la démocratie représentative est une illusion, seule la démocratie directe porte la voix du peuple.

    Des individus hyperfortunés qui n’ont besoin de se référer à personne pour prendre des décisions, et qui ont les moyens financiers et économiques de les mettre à exécution dans un environnement mondialisé aux contraintes légales peu nombreuses sont les véritables propriétaires du pouvoir de la vie de la cité.

    Quand on pense que des ordres d’achat et de vente sont effectués à la vitesse de la nanoseconde, et qu’ils ont le pouvoir de faire sombrer des Etats, on devine aisément que les décisions politiques qui prennent des mois voire des années à s’élaborer, sont impuissantes à sauver quoi que ce soit. Tout discours qui prétendrait l’inverse n’est que dilatoire.

    L’Economie n’est pas une science, et le recours aux mathématiques ne saurait faire oublier que le cerveau humain est physiologiquement incapable de traiter les innombrables données issues des multiples interactions entre les différents agents économiques.

    Les économistes veulent faire croire à l’exactitude de leurs prévisions aussi bien qu’aux liens de causalité entre les différents faits économiques. Ils sont à l’image du conducteur qui a les yeux rivés sur son indicateur de vitesse et ne voit plus la route. Quand on se focalise sur un indicateur, on en oublie les autres ; c’est une vérité scientifique issue de la capacité attentionnelle de l’être humain. Et plus un système ouvert est libre et complexe, plus ses agents son nombreux, moins il faut analyser les relations causales.

    Les économistes sont à l’image des anciens chamanes qui se réclamaient d’un pouvoir divin. En réalité, le vérité de l’expérience sensible vient indubitablement contredire leurs chamaneries.

  • Par Tristan Valmour (xxx.xxx.xxx.173) 3 décembre 2011 11:34

    Les amphétamines et la methylphenidate augmentent de 10% l’attention, la mémoire de travail, d’après les tests.

    Selon une étude parue en 2008 dans la revue Nature, environ 20% des étudiants américains prennent des stimulants.

    Une bonne étude sur les effets de la Ritalin sur les gens qui n’ont pas de ADHD : journal of neuroscience, n°20.

    Cependant, les étudiants japonais ont été les premiers à prendre en masse de la Ritaline, si bien que le gouvernement avait à l’époque envisagé d’interdire ce médicament. Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui. Les effets de la Ritaline se font surtout sentir chez les trentenaires et au-delà, en raison du déclin naturel du système dopaminergique. En deça, un bon café (50 à 75 cl) suffit, ou alors 4 fois plus de thé que de café.

    Il existe d’autres stimulants que vous verrez débarquer en France. Parmi eux, je peux citer les stimulants de la famille des ampakine qui facilitent l’encodage (agit sur l’hippocampe, les récepteurs AMPA), et le MEM1414 développé par la société d’Eric Kandel – l’un des découvreurs de la plasticité synaptique – qui renforce la mémoire à long terme.

    Mais il ne faut pas rêver : quelqu’un qui n’apprend pas ne sera pas meilleur, même avec des stimulants.

    Quels sont les effets secondaires ? On connaît les effets secondaires sur le comportement et la psychologie : euphorie, perte d’empathie, humeur changeante (avec phases de dépression), schizophrénie parfois, etc. En tout cas, il y en a, c’est évident.

    Un livre à lire : Smart Drugs, the next generation (de Ward Dean et al.)

    Qu’est-ce qui peut booster naturellement le cerveau, sans effets secondaires négatifs ?

    -  Le sport
    -  Pratiquer de la musique (cf Nature Review Neuroscience, n° 11 / Psychological Science, n° 15). C’est excellent pour aider à mieux comprendre tout ce qui est séquentiel. + encodage auditif.
    -  Pratiquer du dessin, de la peinture. Excellent pour la gestion de l’espace, les activités spatiales. + encodage visuel.
    -  Ecrire à la main
    -  Une alimentation appropriée
    -  Le sommeil
    -  Toucher les gens
    -  Pratiquer des techniques de respiration
    -  Apprendre tout au long de sa vie. Surtout apprendre des langues, faire des dissertations et des synthèses de documents.
    -  Etre optimiste, rire
    -  Faire des choses nouvelles
    -  Certains gestes de smart moves

    Qu’est-ce qu’on va vous vendre et qui n’a strictement aucun effet ? les jeux vidéos sensés développer le cerveau. Plus vous pratiquez, plus vous allez scorer à ces jeux. Mais aucune étude n’a jamais prouvé que vous serez meilleurs dans des activités cognitives au quotidien. Pire, une étude menée par l’Université d’Oxford, sur 110000 étudiants, a prouvé que le groupe test qui pratiquait ces jeux n’a pas été meilleur aux examens que le groupe de contrôle qui ne le pratiquait pas. J’ai failli développer ce genre de jeux pour le compte d’une entreprise spécialisée dans le domaine ; le business est juteux. J’y ai renoncé parce que ce n’est pas éthique. Donc, même si sur la jolie boiboîte, vous lisez en grand « produit inventé par Docteur X, PHd en neurosciences cognitives, diplômé de l’université de Yale, Stanford, etc. », eh bien, c’est du pipeau, du business, c’est tout. Vous pouvez jouer aux échecs, ça suffit.

    Pour résumer, les nootropiques ont semblablement un effet stimulant, mais avec des effets secondaires assez mal connus. A chacun de calculer le bénéfice/risque. Pour stimuler le cerveau, il faut se confronter à un univers riche, à la nouveauté, être actif (corps et esprit) et apprendre tout au long de sa vie en compagnie d’autres personnes, pas seul derrière son écran d’ordinateur. Et ça, il y a des centaines de publications scientifiques de qualité qui prouvent que ça marche. Après, on peut entrer dans les détails pour affiner et augmenter l’efficacité, mais je n’ai pas envie de partager cela avec des gens de l’UMP.

  • Par Tristan Valmour (xxx.xxx.xxx.95) 25 novembre 2011 12:21

    Bonsoir Patrick

    Vous énoncez beaucoup de choses justes, pourtant je voudrai compléter votre intervention

    Par exemple, vous semblez supposer qu’autrefois – et sans dater cet autrefois – on enseignait de manière systémique, c’est-à-dire en créant des passerelles entre disciplines. Or, cela n’a été le cas que pendant une période où un homme pouvait détenir la totalité des connaissances de son univers connu : de l’antiquité au siècle d’Erasme. Les hommes qui disposaient de ces connaissances s’appelaient philosophes.

    Or, comme il y a des chercheurs qui trouvent, au fil du temps, la somme des savoirs détenus par l’humanité s’est considérablement enrichie, si bien qu’aujourd’hui, même le spécialiste de sa discipline ne maîtrise qu’une toute petite partie de sa spécialité. Oui, il y a eu division du savoir comme il y a eu division du travail, avec les avantages et inconvénients que l’on connaît.

    On m’objectera qu’il n’y a pas si longtemps, la France ne connaissait que deux filières, la filière classique et la filière moderne. Pourtant, au sein de chacune d’elles, l’enseignement n’a jamais été systémique.

    Or, on observe aujourd’hui, dans les collèges et lycées, des passerelles entre matières, répondant en cela aux vœux de Joël de Rosnay.

    Le rêve émancipateur de la 3è République ne fut qu’un rêve parce que par nature, l’éducation est un formatage des esprits pour qu’ils correspondent aux besoins du moment, et puissent s’adapter à leur environnement.

    L’éducation est une reproduction des modèles (conséquence des neurones miroirs), pour autant, elle n’interdit pas l’innovation, sans cela, des scientifiques ne se seraient pas élevés contre des modèles obsolètes au regard des nouvelles découvertes. Comme l’écrivain qui imite des modèles reconnus avant de créer son style personnel, et pourquoi pas, une école comme le surréalisme.

    Je ne crois pas que dans la vie professionnelle « il en va autrement », contrairement à ce que vous écrivez. Les choses sont aussi cloisonnées que dans la vie scolaire. On ne va pas par exemple demander à un comptable de rédiger le slogan de la prochaine campagne publicitaire. Il y a une telle exigence de performance que la vie professionnelle demande des spécialistes. Donc, vie scolaire = vie professionnelle.

    Quoi que cette identité soit le reflet de la culture française qui se base sur les titres. On ne soupçonnera pas qu’un titulaire d’une maîtrise en géographie puisse s’occuper de la négociation-relation-client. En France, on se base sur le titre et le réseau.

    Or, dans les pays d’inspiration anglo-saxonne, il en va autrement. On considère qu’un étudiant qui sort d’une université dispose d’un bagage suffisant pour exercer des fonctions auxquelles son université ne l’avait pas préparé. Et cela est aussi le cas pour les professeurs, comme j’ai pu en faire l’expérience. Bref, on vous demande si vous vous sentez capable d’enseigner telle matière en plus (ou en remplacement) de votre matière de prédilection, et si vous répondez par l’affirmative, on vous met à l’essai. Ce n’est qu’ensuite que vous passez de nouveaux diplômes pour être plus crédible parmi la communauté scientifique. D’ailleurs, un étudiant qui suit un cursus en mathématiques pourra très bien valider des cours en histoire de la cuisine grecque, ou tout autre cours proposé par son université. Le choix est infiniment plus vaste qu’en France.

    Cette mobilité est une donnée culturelle qui n’est pas inhérente au système scolaire anglo-saxon, parce qu’il n’existe pas de différence fondamentale with le système français qui expliquerait ce facteur. Le français est très enraciné, aristocrate, et il cloisonne les choses. C’est plus une constatation qu’une dénonciation, il y a du bon et du moins bon dans chacun des systèmes.

    L’école est à l’image de la société. Si une société ne propose pas le plaisir de travailler, l’école ne proposera pas de plaisir d’apprendre. Si une société ne laisse pas de place à la mobilité et à la créativité, l’école ne fera pas de place à la mobilité et à la créativité. Dans la vie professionnelle, les cadres – y compris les cadres supérieurs - d’aujourd’hui se sentent par exemple défaits de toute responsabilité parce que les décisions sont prises par les plus hautes instances dirigeantes et exécutées par la main d’œuvre. Le cadre est un fusible, ce qu’il vit très mal. A société verticale, école verticale.

    Bref, je crois que le problème est beaucoup plus complexe que vous ne le laissez paraître, et l’école n’en porte pas la plus grande responsabilité. Elle répond aux exigences des politiques, avec plus ou moins de résistance, or le degré de complexité et d’interpénétration des problématiques (économiques, sociales, etc.) implique de la part des pouvoirs dominants de ne pas être concurrencés. Pour être plus clair : un esclave qui sait lire se rebelle.

    Pour conclure : l’excellence du modèle français d’autrefois n’était pas supérieur à d’autres (modèle anglais ou allemand par exemple) - où sont les études comparatives ? - ; c’est un mythe sur lequel les détracteurs actuels aiment se reposer pour mieux abaisser le modèle français d’aujourd’hui qui n’est guère inférieur aux autres (à l’exception peut-être du modèle de Singapour et de Shangaï dont l’efficacité réelle se fera surtout ressentir d’ici 20 ans), même s’il demeure largement perfectible.

    Egalement, autrefois les élèves et étudiants ne passaient pas 7 heures par jours devant un écran de télévision, d’ordinateur, de téléphone portable, etc.

    Bien cordialement

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