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Tristan Valmour

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Tableau de bord

  • Premier article le 12/04/2006
  • Modérateur depuis le 26/04/2006
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Derniers commentaires


  • Tristan Valmour 13 avril 2013 12:32

    Chère Rosemar

    Aucune étude n’a jamais prouvé que lire améliore l’orthographe. C’est l’un des mythes qui circule chez les profs de français. Lire améliore la capacité à lire, point. En revanche, le correcteur orthographique du traitement de texte favorise l’acquisition de l’orthographe. Prenons garde pourtant, car il semble que délaisser l’écriture cursive appauvrisse le cerveau, mais les études sur le sujet sont encore trop fragiles et trop peu nombreuses.

    Une baisse en orthographe ? Mais il y a une baisse dans toutes les matières. En 1910, un élève du primaire avait 1300 heures de cours par an. Aujourd’hui, il en a 800, et des matières qui n’existaient pas autrefois. Et au collège comme au lycée, c’est la même chose. Je crois que Brighelli a dit qu’un élève de terminale d’aujourd’hui a perdu 800 heures de français par rapport à un terminale de 1980. Faire plus en moins de temps, c’est difficile. Là est le problème majeur. Le second : le mode de vie.

    L’orthographe française est compliquée, et mobilise des ressources attentionnelles qui pourraient être utilisées pour l’exécution d’autres tâches, sachant que le cerveau est limité dans la co-exécution des tâches. Il faut donc définir des priorités : étudier un texte/étudier l’orthographe d’un texte ; résoudre un word problem en maths (l’expression ne me vient pas en français, désolé) / résoudre ses problèmes d’orthographe quand on rédige sa démonstration ; rédiger une brillante dissertation / faire attention à son orthographe au détriment de la qualité du fond.

    De l’autre côté, comme l’orthographe française est complexe, il y a de fortes chances qu’elle participe au développement des capacités mnésiques, comme le chinois ou le japonais jouent en cela un rôle sensible, ce que j’avais supputé dans l’un de mes articles et qui est en train des confirmé par des recherches en cours.

    Mais plus on sélectionne, plus on élimine. Et la sélection par l’orthographe a sans doute éliminé de l’emploi bien des gens qui auraient été plus compétents que ceux qui occupent actuellement ces postes. Il est dommage que la communication l’emporte sur la compétence professionnelle.

    Sur le plan économique, l’orthographe a un coût important, il a été calculé, je n’ai plus le chiffre en tête.

    L’argument de l’étymologie ne tient pas. Le Turc est une langue proche du français : automobile -> otomobil / aéroport -> aeropor. Tu apprends 600 mots de turcs qui n’ont pas d’origine française immédiate, et tu en sais assez pour te débrouiller en turc ; le reste s’apprend sur le tas. Où est le problème ? Il y aura toujours une étymologie puisque l’étymologie est l’histoire du mot, et tout mot a une histoire. L’ordre des mots dans l’italien est le même qu’en français, et si on fait attention, on peut comprendre cette langue. Le taux de dyslexiques chez les italiens est le plus faible d’Europe, avec celui des Finlandais. Pas de problèmes d’orthographe.

    L’orthographe est un code codifié par le marquis de Vaugelas. C’est un code aristocratique pour éliminer du contrat de communication la plèbe. Vous vous rendez compte, elle commençait à singer les nobles dans l’adoption des règles de politesse, des us à table et coutumes dans les préliminaires sexuels. Et ces blaireaux de plébéiens se mettaient même à lire et écrire. On ne pouvait pas les empêcher de compter puisque ce sont les commerçants qui ont inventé les chiffres, nombres et premières opérations de calcul.

    Pourquoi les esclavagistes empêchaient-ils les esclaves d’apprendre à lire ? Pourquoi les éditeurs scientifiques veulent interdire la publication de travaux scientifiques sur Internet ? Pourquoi les juristes emploient un langage complexe et des phrases à rallonge ? Pour éliminer un maximum de personnes du savoir, donc du pouvoir. Dans herméneutique, il y a hermétique.

    Bien qu’attaché à la langue françoise, je ne pleurerai pas sur la faim de l’ortograf. Je préfère avoir assez de place dans ma tête pour parler une douzaine de langues…surtout que, ya pas à dire, les Ukrainiennes sont canons. Et l’ortograf, elles s’en fichent le bonbon !


  • Tristan Valmour 11 avril 2013 15:51

    Prof, c’est un métier très dur

    Il faut faire de longues études, de très longues études, encore de plus longues études si on passe l’agrégation.

    Et puis, la paie est ridicule, vraiment très ridicule, encore plus ridicule si on n’a pas passé de concours.

    Et puis, il y a des élèves, beaucoup d’élèves, encore trop d’élèves, et même si on est agrégé.

    En plus, les copains à la cafet’, ils ne laissent rien aux autres. Ils sont trop égoïstes. C’est injuste. On ne peut plus siroter son quart de rouge. Heureusement que le Dédé en a dans son tiroir. Pourtant, les profs sont tous des experts de leurs disciplines, ils ont fait de longues études très dures. Et les autres, les non experts, eh ben, ils poussent des wagonnets au fond des mines.

    Et dans la salle des profs, n’en parlons pas. Il y a la bataille des syndicats, le sgeg contre le snadingbaabek qui est lui-même contre le snadinemouk, c’est à qui aura le plus gros pan de mur. Et puis, il y a le Robert, le désagrégé de philosophie rabbinitique qui pousse à la laïcité compulsive. Pensez-vous, il a repéré une petite croix sur un livre d’élève dans son cours. Heureusement, Marc, le prof de maths, lui a dit que ce n’était pas une croix mais le signe de l’addition et que son élève devait sûrement faire des maths en philo. Il faut dire que le Marc, il est fortiche, c’est un vrai expert en mathématiques. Les ingénieurs, à côté, ce sont des rigolos. Et puis le Marc, il a fait de longues études très dures, je les ai vues de près ses études très longues et très dures. Il paraît que finalement la taille compte !

    Il faudrait quand même commencer à reconnaître que prof est un métier très dur fait d’experts mal payés et qui parlent dans le vent devant des abrutis qui puent et qui ne pensent qu’à jouer à la nintendo cachée dans leur pantalon large, ou à reluquer la poitrine de la voisine qui la dévoile un peu trop.

    Et puis, prof, c’est un métier très dur qui ne permet pas d’écrire un article par jour, heureusement que je délègue cela à un collègue sénégalais pendant que je photocopie la correction de la dissert dans le livre du prof. Parce que lui, Omar, avec ses 50 élèves, il arrive à me les écrire les nartiq. En plus, il ne se plaint pas de son salaire, 150 euros par mois.

    Tonalité humoristique off. Très franchement, Rosemar, vous pensez que lire des textes littéraires sur l’égoïsme va changer le comportement de vos élèves d’un iota ? Ils ne sont dans vos cours que pour suivre un parcours obligatoire, faire leur commentaire de texte pour avoir une note qui ne va pas pourrir leur année, et à la fin de l’année, basta, ils auront jeté tout cela à la poubelle.


  • Tristan Valmour 3 avril 2013 15:59

    Absolument pas d’accord, ni avec mon ami Bernard, ni avec astus.

    Astus,

    Je vais faire simple.

    Une émotion, vous la ressentez et vous l’exprimez, par conséquent vous la calculez puisque l’expression est un calcul. Et si vous la ressentez sans savoir la définir, eh bien, c’est x, donc une expression quand même. Vous pouvez donc déterminer cette inconnue en résolvant les constantes. La douleur est aussi un calcul, que vous pouvez arrêter (0), laisser passer (1), amplifier (1,001), diminuer (0.999).

    On peut même procéder à l’ablation de la partie du cerveau où est logé la self-perception. Ainsi est-il envisagé de créer des races d’animaux qui n’auront pas de perception d’eux-mêmes, afin, aux Etats-Unis, de faire taire les anti-viandes.

    Si vous n’avez plus de conscience de vous-même parce qu’organiquement cela vous est impossible, quelle différence avec un robot ? Votre Sims n’est-elle pas une créature étonnamment humaine ?

    Dans un avenir pas si lointain on pourra fabriquer une machine capable d’éprouver des sentiments complexes et jouir. Mais ça n’en fera effectivement pas un être humain.

    Le cerveau humain est fait pour découvrir et contrôler afin de transformer l’environnement en un habitat idéal pour le système immunitaire qui le soutient. Par conséquent vous ne pouvez l’empêcher de révéler des présences cachées, et tous les dangers (politiques, etc.) qui vont avec. Mais ce faisant, en transformant son environnement, il se transforme, donc il transforme la représentation de la réalité, comme si avec des jumelles vous voyez le monde différemment du temps où vous ne disposiez pas de cet outil.

    Si aujourd’hui il vous paraît incongru de ne pas éprouver d’émotion, dans 100 ans, ce sera peut-être normal, Mr Spock.

    Ce que vous êtes, votre façon de penser, vos souvenirs, tout cela est issu de votre parcours dans la vie. Si on vous avait mis dès la naissance sur un autre chemin, vous seriez devenu un autre Astus qui aurait pensé différemment.

    Votre émotion peut-être manipulée, et pour cela il vous suffit de boire quelques verres de whisky. Vous deviendrez amoureux, plus amical, plus irascible, etc.

    Même vos souvenirs, donc l’essence de votre passé, pourront être effacés, manipulés, en injectant du zip, un inhibiteur de pkmzeta. Qui serez-vous donc ?

    Du contrôle de l’individu, « un robot comme un autre », à l’espèce, il n’y a qu’un pas qui a été franchi par le mathématicien et psychologue français Jean-Baptiste Michel et collègue, ainsi que Steven Pinker. C’est la psycho-histoire d’Azimov qui trouve sa réalité. En analysant le passé, on peut prédire l’avenir, le devenir des langues, le nombre de guerres et de victimes futures, quelles entreprises vont émerger, etc. Tout cela, issu des neurosciences.

    Que croyez-vous que font google, et dans une moindre mesure Agoravox ? Pourquoi croyez-vous que vous pouvez écrire sans vous faire arrêter ? Parce que vous livrez des données inestimables qui seront utilisées pour prévoir afin d’empêcher ou favoriser...certaines choses. Et tout cela, issu des neurosciences et des maths, et on dirait que l’un et l’autre, c’est pareil.

    Rien de concret n’émerge, vraiment ? La possibilité pour les aveugles de voir avec la langue grâce à une modification des circuits neuronaux ? Guider des objets avec sa pensée ? Apprendre le chinois en 2 ans grâce aux méthodes neurocognitives développées à partir notamment de la théorie du recyclage neuronal ?

    See ya


  • Tristan Valmour 24 mars 2013 15:04

    @ Owen

    Vous avez parfaitement raison.

    @ Rosemar et Labrune

    Le jardinier dispose de différents outils pour cultiver son jardin, chacun répondant à une fonction spécifique ; des outils que vous connaissez, d’autres que vous ignorez, jusqu’au jargon comme vous dites. Pardonnez-moi cependant, mais l’échenilloir (oui je sais, encore du jargon de paysan) n’est pas un sécateur et vous ne sauriez convaincre le jardinier du contraire.

    Ainsi savoir propositionnel, théorique ou théorétique répondent à des concepts très précis et très différents, et devraient être connus de tout enseignant afin qu’il exerce au mieux sa mission. Las, vous prouvez votre ignorance en la matière, vous contentant de transmettre des informations, à chaque élève de se débrouiller pour les comprendre, et tant pis pour ceux qui ne suivent pas, après tout, vous serez toujours une agence de notation qui tantôt délivrera un triple A, tantôt un triple C- avec perspective négative. Ne venez donc pas pleurer la concurrence de wikipedia, de l’Internet ou du livre parce qu’en matière d’information, vous serez toujours à la peine.

    Si savoir propositionnel, théorique ou théorétique relèvent pour vous du jargon, que penser de point de vue externe, interne ou omniscient, que l’on appelle aussi focalisation interne, externe, zéro. Les lettrés que vous êtes sauraient-ils dans un texte que je suis susceptible de leur soumettre distinguer un point de vue omniscient d’une suite de points de vue interne ? Sauriez-vous, puisque vous parlez d’information, rivaliser avec un étudiant en orthophonie sur la maîtrise du vocabulaire ? Que je suis bête, vous êtes bien au-dessus de cela puisque vous incarnez le savoir.

    Dans votre lecture précipitée de mes propos, M. Labrune, vous avez associé les types de savoirs énoncés (qui ne représentent pas l’ensemble de la taxonomie, oui je sais, encore du jargon) aux sciences de l’éducation, alors que j’avais clairement énoncé que la taxinomie (les deux signifiants sont corrects) des savoirs relève avant tout des différentes sciences de l’information. Comment voulez-vous qu’un informaticien de haut niveau travaille sur l’intelligence artificielle s’il confond savoir théorique, information et connaissance ? Comment voulez-vous qu’un chercheur en psychologie cognitive comprenne les processus cognitifs ou qu’un responsable en knowledge managment puisse exercer sa profession si l’un et l’autre confondent ces notions fort différentes ?

    Finalement, Labrune et Rosemar, vos critiques des sciences de l’éducation dont vous ignorez tout et auxquelles je n’ai pas fait référence, prouvent ce que j’ai toujours énoncé ici. La pédagogie n’est pas enseignée puisque vous ignorez la distinction entre savoir propositionnel, théorique ou théorétique. Comment peut-on accuser les pédagogos d’être à l’origine de tous les maux de l’école puisque les deux brillants professeurs que vous êtes ignorez tout de la pédagogie et que par conséquent, vous n’avez rien appliqué ?

    Vous avez le droit d’être ignorants, après tout, on ne vous a pas confié la santé des élèves et ceux-ci ont pu trouver hors de vos salles de classe matière à s’instruire vraiment. Vous avez le droit de moquer ce que vous ne connaissez pas pour ensuite accuser que ce que vous ignorez et qui n’a pas été appliqué est responsable de tous les maux et de tous les vices, même de forme. Après tout, en des temps pas si lointains, on brûlait les rousses.

    Mais le droit que vous n’avez pas est celui de ne pas vous instruire, parce qu’il apparaît alors impossible aux yeux de tout lecteur que vous puissiez insuffler à vos élèves l’envie d’apprendre.

    Vous ironisiez ? Moinssez maintenant !


  • Tristan Valmour 23 mars 2013 15:15

    Chère Rosemar

    Je crains à la lecture de vos articles que vous redoutiez une transformation inéluctable du métier d’enseignant, ce qui est bien compréhensible, le conservatisme étant un réflexe de survie.

    Non, les professeurs ne sont plus les seuls détenteurs du savoir, et non ils ne peuvent être concurrencés par des sources d’information, que ce soient des livres ou des sites. En revanche, ils sont bel et bien concurrencés par différentes personnes qui maîtrisent les savoirs aussi bien, voire mieux qu’eux. Je pense que vous n’avez pas suffisamment d’expérience des autres corps de métier pour comprendre ce que j’écris. En toute chose il faut une expérience, c’est ce qui transforme durablement ses représentations.

    Tout professeur ne maîtrise qu’une infime partie de ce qu’il professe, il n’en montre que quelques signes (enseigner, montrer les signes), et il compte sur les capacités du destinataire à interpréter correctement les signes dans le temps imparti, ce qui n’est l’apanage que des meilleurs d’entre eux. Les autres sont perdus.

    Le professeur ne peut tout juste enseigner que le savoir théorique, théorétique, propositionnel. Voilà pourquoi les universités américaines emploient de plus en plus de professionnels pour venir épauler les enseignants, ce mouvement, certes timide, gagne quand même les charters schools. De même fleurissent les Liberal Arts dont les étudiants sont recherchés pour leur éclectisme, les entreprises se chargeant ensuite d’assurer une formation spécifique qui répond à leurs besoins.

    Comme la majorité des professeurs qui n’a pas eu de cours sur l’information et les différentes sciences qui étudient ce sujet sous toutes ses formes (informatique, cybernétique, sciences de l’information, psychologie…), vous confondez allègrement connaissance et savoir, ce qui est un obstacle pour comprendre ce que devrait être réellement votre métier. Je ne vous accuse de rien, cette confusion est légitime.

    Vous êtes professeur de Lettres, et on ne saurait douter de vos compétences en orthographe, grammaire de texte et grammaire de phrase, étude de textes selon les normes académiques, avec application du barème pour la notation des commentaires, dissertations et sujets d’invention. Mais sauriez-vous appliquer avec la même expertise vos compétences à l’étude d’un mode d’emploi, d’une note de service ou quantité d’autres énoncés informatifs, argumentatifs, narratifs ou descriptifs présents dans le monde professionnel ? Sauriez-vous réaliser une dissertation de Droit, sachant qu’elle se fait en deux parties selon des canons très précis ? Sauriez-vous employer vos méthodes pour étudier un texte anglais, sachant que les américains emploient une autre méthode pour étudier leurs textes ? La réponse est non. Non pas parce que vous n’êtes pas capable de le faire, mais parce que vous ne l’avez pas appris.

    Tout cela me conduit à la question primordiale que l’on connaît bien en psychologie : la notion de transfert.

    Aussi maîtrisez-vous non pas un savoir objectif (le savoir est l’ensemble des réponses aux questions que se pose un auteur) de ce que vous avez à enseigner, mais un savoir partiel et spécifique qui répond aux problèmes définis par les autorités qui vous engagent. Aussi n’êtes-vous pas en mesure de transférer les signes de manière à ce que chaque destinataire se les approprie, avec pour rappel que la connaissance ne peut qu’être intime et non transmissible et repose avant tout sur les capacités du destinataire, non sur ceux de l’émetteur. Il en a, dans tous les systèmes éducatifs, toujours été ainsi, à partir du moment où l’on s’est défait de Socrate.

    Seulement, avec la complexification de la société, et la division toujours croissante du savoir, la transmission des signes avec les méthodes actuelles atteignent leurs limites, je rappelle qu’elles n’ont, contrairement à ce que croit le novice abusé par les médias et les faux experts qui s’y complaisent, pas changé depuis l’école de Jules Ferry, un signifiant en remplaçant un autre, le signifié restant à peu près le même, et surtout, le professeur demeurant seul maître de ses choix pédagogiques et méthodiques.

    Bien à vous







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