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tristefrance

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  • tristefrance 18 mai 2009 15:46

    Histoire vécue.
    Elle se déroule dans les collège et lycée d’une banlieue cossue, deux immenses « usines » comme il en existe partout.

    Un garçon de 14 ans tout juste en fin de 4eme, bon élève, un peu renfermé, fort apprécié de ses professeurs se découvre une « grosseur ». Les parents le conduisent chez le médecin qui leur fait comprendre qu’une préparation psychologique s’impose, il s’agit à coup presque-sûr d’un cancer.

    L’élève retourne en classe puis s’absente pour des examens scanners etc … l’administration est alertée via l’usuel « certificat » qui ne précisait pas la durée. Le garçon hélàs doit être opéré 2 fois puis subir 3 cures de chimiothérapie. Deux semaines intenses se passent sans que le collège ne se manifeste en aucune façon. Les parents écrivent au CPE – injoignable téléphoniquement en lui précisant que l’enfant va être absent assez longtemps pour maladie grave. Pas de réaction. Les parents joignent les parents d’élèves qui joignent le professeur principal lequel s’enquiert – donc au bout de 3 semaines – du devenir de l’élève et promet visite et cours – l’élève attend d’ailleurs toujours 4 ans après. Le professeur alerte l’administration qui fait savoir que le motif « maladie grave » a évoqué une appendicite et qu’en tout état de cause il interdit au professeur de l’évoquer en cours car « des parents pourraient trouver que ce serait traumatisant pour leurs enfants ». Le professeur brave l’interdit et enfin les élèves s’autosaisissent pour aller rendre visite à leur camarade bien mal en point quoique – à l’étonnement des médecins – n’ayant pas perdu tous ses cheveux. L’été se passe, l’élève revient – en troisième donc - les parents remplissent le dossier « santé » usuel et … les choses s’arrêtent là sans que l’on se préoccupe d’autre-chose que de sa dispense de 3 mois pour le sport, malgré un suivi pédo-psy. Ne parlons pas d’une éventuelle proposition de soutien pour un enfant qui avait malgré tout manqué le dernier trimestre de 4eme !

    Seconde, première, terminale – les dossiers sanitaires sont toujours remplis en début d’années antécédents physio et psychologiques … le toujours bon élève fait avec les bons et moins bons enseignants – dont l’un particulièrement connu pour alcoolisme mais passons.
    L’élève  prépare soigneusement son dossier d’orientation avec toutes les incertitudes et angoisses que cela sous-tend, hypokhâgne, concours Science-Po, Fac, les professeurs principaux l’encouragent dans la voie de l’excellence, même s’il le savent hypéranxieux et introverti.

    Et puis un jour le toujours bon élève écrit sur un blog un jeu de mot tout à fait innocent, immature et potache à propos d’un prof – pas particulièrement connu pour mal tenir sa classe d’ailleurs.
    Il est probable que sur le blog il y avait « plus hard » mais ni les parents ni l’élève ne sauront jamais ce que d’autres auront écrit, et bien entendu le blog aura été supprimé entre-temps. Son propre écrit ne lui sera d’ailleurs jamais communiqué qu’oralement quelque-soir l’instance.

    S’en suivent :

    - une convocation solo chez le proviseur

    - une convocation avec les parents chez le proviseur – les parents l’avertissent de la fragilité de leur fils – le proviseur n’en a cure

    - des excuses orales auprès du professeur concerné

    - des excuses écrites auprès du professeur concerné

    - une exclusion de 2 jours décidée par le proviseur

    - une première convocation au commissariat de police (avec le « gentil » et le « méchant » comme dans les films)et déposition, 4eme fois que l’élève mange son chapeau et exprime de profonds regrets pour ce qui jadis s’apparentait à un graffiti sur un coin de table mais semble devenu un crime – diffamation par voie de presse avec prescription de 3 mois.

    On s’en doute l’élève a pété les cables, il est « ramassé » par la CPE dans un état total de découragment, le psy qui le suit est estomaqué par tant d’incompétence de la part de l’administration et d’une -petite- partie du corps enseignant.

     

    Il renonce à toute filière d’excellence, commence à montrer des signes inquiétants de dépression et de colère, violence contre ses proches.

    Le proviseur pourtant prévenu reconvoque les parents afin de leur signifier leur « inconscience » de ne pas faire traiter leur fils, un signalement au rectorat – sans que l’on sache d’ailleurs ce que la veuille dire. S’en suivent :

    - une convocation chez le médecin scolaire – donc encore des cours manqués

    - le médecin scolaire ne s’est pas présenté, pas la peine de prévenir ce n’est pas grave … ce n’est qu’un élève …

    - le médecin scolaire le reconvoque – à nouveau sur le temps scolaire ! – et l’infirmière qui tient le carnet de rendez-vous refuse tout compromis.

     

    L’élève recraque.

     

    Le professeur principal essaie d’organiser une séance de conciliation avec le proviseur, la CPE, le professeur plaignant et les parents. Refus du proviseur qui  maintient la réunion mais élimine la CPE et les parents. L’élève croyant de ce fait à une nième instance disciplinaire se réeffondre.
    Le professeur plaignant – finalement mal à l’aise et paraissant en fait manipulé par un petit lobby d’enseignants - tente de le rassurer en lui annonçant la fin de ses tourments.

    - Quelques semaines se passent et … l’élève est reconvoqué par le commissariat pour signification de la sanction pénale décidée par le procureur de la république qui n’avait sans doute pas grand-chose à faire que de s’occuper de graffitis sur un blog : rappel à la loi et nième expression de regrets éternels.

     

    Le professeur plaignant assure … n’avoir pas porté plainte ce qui est un comble quand on pense que l’élève passe 2 fois devant un officier de police !

     

    Entre temps la CPE épuisée par 40 ans de lutte contre une administration plus soucieuse de carriérisme et de corporatisme que du sort des élèves est partie à la retraite 2 mois avant la date prévue.

     

    L’élève n’ira ni à Science Po ni en hypokhâgne. Personne n’a donné de coup de couteau à personne, pour l’instant …

     

    Je vous laisse conclure sur l’état dans lequel se trouve un système qui a placé l’élève partout sauf au centre de ses préoccupations et ne s’intéresse en rien aux individualités.

     

    Ah oui, j’oubliais, le proviseur porte ruban rose depuis une paire d’années, Xavier Darcos a visité l’établissement il y a 3 semaines officiellement et y semble revenu très récemment un peu plus incognito.

     

    L’ordre règne en Sarkozye …







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