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velosolex

velosolex

alias "bakerstreet", mais j'ai définitivement perdu mon mode d'accés dans ce labyrinthe des mots de passe google. Ca ne fait rien, je garde l'avatar, ce brave snoopy qui représente pour moi l'omega du stoïcisme. Un genre philosophique arrondi en boucle par la pratique de la bicyclette, sur le mode zen : Des montées, des descentes, et les cheveux, ou ce qu'il m'en reste, au vent léger...Dieu me garde des crevaisons !

Tableau de bord

  • Premier article le 03/02/2011
  • Modérateur depuis le 13/02/2013
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Derniers commentaires


  • velosolex velosolex 17 janvier 10:50

    @pirate
    Au moins chez les américains, il y a ce refus de la plaindre de penser et de s’identifier à ce « you can if you want it ». Et jvous avez cette capacité de résilience. Le passé continue à vivre en nous, mais nous avons toujours le choix de l’exploiter, d’en sortir de ce qu’il y a de positif. Car rien n’est à priori négatif, ce n’est que nous qui déterminons cette position. Et nous avons la possibilité de prendre de la distance avec le regard des autres qui nous conditionnent. Il y a ces grands fantômes, je veux parler des amis, mais aussi des écrivains, et même ceux qui ont été déterminants à un moment ou un autre de leur existence sans s’en apercevoir. Tout est dans la dimension de ce regard, de la culture qui nous amine. En psychiatrie j’ai tenté de familiariser certains patients à la lecture, à cette dimension de la liberté qui permettait de s’affranchir de murs, d’apprivoiser le réel, ses problèmes. Mon armoire était pleine de bouquins de tous genres. Je me souviens d’un enfant du placard à qui j’ai lu « les grandes espérances », lui qui n’avait jamais lu de roman. D’un autre vieux patient chronique qui entrait dans le service m’apporter des BD de Bleck le roc. 

    C’était ma façon de me soigner aussi. J’ai gardé de mes années de route, et de saisonnier à l’époque où je n’avais juste assez d’argent pour faire le plein de ma moto avant de trouver un boulot, l’assurance qu’il ne m’aurait peut être pas fallu grand chose pour basculer de l’autre coté. C’est une expérience forte qui est d’ailleurs constitutionnelle chez beaucoup d’écrivains. Et Georges Simenon, ou Modiano, ou Truffaut l’ont tour à tour exprimé. De 18 à 26 ans, j’ai vécu des années de galère et d’émerveillement, dormant souvent sur le dur, quatre mois dans une grotte par exemple en provence. Mais j’ai bien l’impression qu’elles continuent à structurer mon regard et mes sensations. Comme Siddharta, l’éveillé, ceux qui n’ont jamais connu la souffrance et la difficulté sont infirmes d’une partie du réel, et d’eux mêmes

  • velosolex velosolex 17 janvier 02:14

    Je me souviens à peine arrivés on nous avait projeté un documentaire incitant à nous engager pour 18 mois, pour filer à Muroroa voir les bombes et les filles. Il n’y eut tout de même que deux ou trois zigues pour signer. Plus tard je n’ai pas vraiment été surpris d’apprendre le nombre de leucémies..Il y a vraiment de très mauvais souvenirs de l’armée. Les gars avaient sans doute pas fait une bonne affaire, même s’ils avaient été payé bien plus que la misérable solde et les vingt paquets de troupes insipides que je refilais aux copains.

     On m’avait mis dans le peloton d’élèves gradés, mais au bout de deux mois, j’ai dit « c’est marre , j’en peux plus, pas question de commander de lever la voix, c’est pas dans mes cordes vocales !... D’ailleurs je voyais bien que quand on prenait des cours »d’ennemis intérieurs« , avec mes mauvaises blagues, je faisais tache, ça devenait intenable, on me dévisageait comme un soviet, un élément de la cinquième colonne.
    Ils n’ont pas apprécié quand même que je refuse de continuer les cours....J’ai été interdit ensuite de pas de tirs, de marche, suite à mon mauvais esprit...Pour la peine ce fut deux mois sans perm à faire des stages commandos dans l’est, des marches de 100 kms de nuit avant d’arriver à L’ossuaire de Douhomon, avec un ancien de 14 une gueule cassée pour nous faire visiter le musée des horreurs au petit matin... ;....
    C’était le coup d’état au Chili, la répression militaire, on a coupé les mains de victor Jara dans un stade. J’ai pleuré pour lui. Pour moi aussi. Avec les frappés qui nous donnaient des coups de pieds au cul, je comprenais trop bien comment cela pouvait arriver demain. 
    Voilà les premières choses que l’armée m’avait appris : Que d’un seul coup tu n’étais plus rien, que ce soit d’un coté du fusil ou de l’autre. Un numéro d’arme d’un coté, un numéro de prisonnier de l’autre......
    Avec ça je voyais bien qu’il fallait pas grand chose pour qu’un simple conscrit fasse n’importe quoi. D’ailleurs certains faisaient n’importe quoi, le moindre petit grade minable leur donnait tout à coup l’assurance qu’ils n’avaient pas. Les bleus devenaient haïssables, corvéables, bouc émissaires...L’armée m’a peut être donné du gout pour la psychiatrie. . 
    . Et puis ’on m’a muté dans un centre de mobilisation. Tranquille, mis à part les gardes infinies, les rondes à passer dans les hangars à toute heure du jour et de la nuit. Une sorte de désert des tartares avec 20 officiers douteux des anciens d’Algérie pour autant d’hommes du rang. 
    Du matériel par rangées infinies qu’il fallait faire rouler une fois tous les dix ans, avant de les remettre sur des chandelles. Je me souviens de deux capitaines s’entraînant toute la journée à mettre du haut d’une grue du génie, à mettre un boulon dans une bouteille de Kro vide...
    On m’avait mis au garage, comme secrétaire, car je me débrouillais à la machine. Je garde une grande tendresse pour mon adjudant, un drôle de type qui avait eu le mérite de passer la plus grande partie de son Algérie en forteresse militaire. Un type vraiment pas fait pour l’armée, mais qui n’avait pas eu la force de s’opposer à son père qui était général. Il avait fait les enfants de troupe une horreur de l’époque dont on peut avoir une petite idée en lisant le roman »Allons enfants« , d’Yves Gébaut je crois. 
    Je l’appelais Claude. Chaque soir il rentrait chez sa maman, vouant un culte absolu à son chat. Un jour il est arrivé effondré au mess en disant » Je suis foutu les gars, mon chat est mort« ...Son chat écrasé par une bagnole, on l’a enterré à quelques uns de confiance, comme il nous l’a demandé, avec les honneurs militaires, loin derrière les stalags, avec levée du drapeau sur un mat....
    Deux jours plus tard il est entré de nouveau radieux au mess ; Tournée générale. Il avait retrouvé son chat. Il n’y a rien qui ressemble davantage à un chat écrasé européen qu’un autre chat écrasé. Mais en Argentine, les morts n’étaient pas pour de rire. 
    C’était une année pourrie qui m’a donné envie de me laisser repousser les cheveux, et de mettre les bouts aux indes, une sorte de cure de desintoxication militaire. .
     C’était vraiment la fin d’une époque. Personnellement je ne regrette aucune des expériences que j’ai fait, car elles correspondent sans doute à mon karma, ou à un truc comme ça. Je tache à chaque fois de digérer et de comprendre ce qui se passe, ce que j’ai sous les yeux, de l’interpréter, de lui donner un sens, ou d’essayer de le faire. Et cette année là fut un drôle de chapitre dans mon existence. Et j’ai toujours les disques de Victor Jara. L’homme à qui ils ont dit après lui avoir coupé les mains : »Et maintenant, joue pour tes copains communistes"

  • velosolex velosolex 16 janvier 19:35

    @microf
    Ouai, exactement comme après l’investiture d’Hitler...

    .L’avenir est un long passé, et les bœufs sur le chemin de l’abattoir applaudissent leur maitre

  • velosolex velosolex 16 janvier 14:31

    @ZEN

    Je fais toujours plus ou moins un journal des événements. Surtout en voyage, toujours un euphorisant. A l’automne 2008 nous sommes descendus en voiture en italie, et je suivais sur fond de crise économique, dans la stampa, l’arrivée du nouvel espoir, avec un peu d’appréhension. Et si les démons revenaient ?

    C’était comme une rediffusion, mais avec des sous-titres en italien, prouvant un peu plus que c’était une comédie, avec happy end assuré. Un truc facile à piger : Le bien, le mal ! L’ancien du Vietnam bombant le torse, exhibant ses blessures, et levant les deux poings en l’air ! Le fils d’esclave qui séduisait même les filles blondes du Texas ! On connaissait l’histoire à venir par cœur, et on avait peur !

    Mais il n’y avait aucune raison que cela se termine mal !

    Le visage bleuté et souriant de Barak, se réfléchissant sur la fenêtre à double vitrage, redonnait un peu de chaleur à notre chambre d’hôtel minable. Ce dessus de lit rouge, assorti à la lampe de chevet, devait nous faire ressembler à un de ces couples fatigués que l’on voit dans les tableaux de Hoopper.


    On ne s’était pas rendu compte à quel point Barak faisait partie maintenant de la famille, avant de le revoir, là, perdu avec nous, entre voie ferrée et autoroute. Après toutes ces complications, les péages, et les bifurcations, ça faisait du bien de se détendre en retrouvant notre héros.

    Le pauvre avait un planning d’enfer. Derniers meetings, derniers réglages ! Il fallait surtout qu’il s’alimente bien : Une banane, un jus d’orange au réveil comme nous le faisions nous-mêmes. Ca n’a l’air de rien, mais l’énergie vient autant de l’estomac que du cœur ! Je lui fis un petit signe de la main, il nous repéra aussitôt. Il avait cinq minutes, il voulait bien descendre de la télé pour parler un peu avec nous. Il défit sa veste, dénoua sa cravate, retroussa les manches de sa chemise, et s’assit naturel sur le lit. Très simple, le gars ! Comme vous et moi ! Quel dommage de n’avoir rien d’autre qu’un vin mousseux merdique arraché au petit frigo à lui offrir ! Les dernières images que nous venions de voir sur la RAI n’étaient tout de même pas très rassurantes. Deux jeunes néo-nazis, voulant lui faire la peau venaient d’être coincé par la police ; Ils avaient prévu de foncer sur lui au volant de leur bagnole comme dans un mauvais thriller, après avoir tué 88 noirs et décapité 14 autres ! « Nous devons protéger l’avenir de la race et l’avenir des enfants blancs ! » Assuraient-ils.

    Je leur aurais bien conseillé un bon laxatif de la pensée.

    Barak ne disait rien, et se contentait de sourire, l’air sûr de lui, comme un de ces sprinters aux longues jambes prenant appui dans leurs startings blocks, fermé sur leur univers mental, et n’entendant pas être dérangé par le cri de quelques énergumènes.

    Les hurlements de la foule, et les sirènes hurlantes des voitures de police me sifflaient encore dans les oreilles, quand Barak repartit comme il était venu, d’un mouvement souple et ondulant, enjambant les parois de cette télé minuscule qui ressemblait à une maison de poupée. J’essayais en vain de le rappeler ; il avait oublié sur le lit la chemise porte-bonheur que je venais de sortir de ma valise !

    C’était trop con ! J’espérais simplement que le sort du monde n’en serait pas affecté !

    Que vienne l’antéchrist, et la chienlit, mais tout de même pas avant la fin de nos vacances !


  • velosolex velosolex 16 janvier 14:20

    @alinea

    A Thoreau, l’auteur de « Walden, ou la vie dans les bois »

    Et puis à Arnaud, et à son sachet de graines


    Une fois qu’à l’orée du bois

    Il eut finit sa maison

    Il prit un thé, et s’assit sur le perron

    C’était le soir il regarda le ciel,

    Les hordes de nuages la tête à l’envers

    Faisaient le tour de la terre



    Au matin de cristal

    Regardant le lac

    Torse nu dans la fraîcheur d’automne

    Il se sentit fort

    Affûta son vieux couteau sur une pierre

    L’esprit tendu comme un arc

    Résolu à ne plus se faire avoir

    Au jeu des passions molles et des sortilèges


    L’odeur de résine était le parfum offert

    Dans ce pays d’arbre

    De roche et de lumière

    Mais il fallait tout de même installer le reste


    Beaucoup d’objets étranges et de décoration vaine

    Pourvus de crochets et de manivelles

    Lui demandèrent la permission d’entrer

    Et de s’installer à leur aise

    Mais il se montra ferme

    Pharaon sans pyramide

    Douanier des mirages et des illusions


    Une table, un banc, une lampe à huile

    Du sel, du tabac, des provisions pour un mois

    Des graines pour la prochaine saison

    Que pouvait-il rêver de mieux ?

    Noé en sa maison

    Une fois posés l’un contre l’autre

    Robinson, Ulysse, Gulliver et puis Platon

    Les grands livres des anciens et des modernes

    Qu’il s’était toujours promis de lire à voix haute !



    Au jour de clarté

    Ses yeux se plissaient de fierté

    Il ne manquait rien à son bonheur

    Sinon un cure-dent, un marque-page

    Mais la crainte de se faire envahir

    Lui fit, après mure réflexion,

    Balancer finalement le paillasson.


    Puis il regretta son geste

    Une nuit de pleine lune où il ne pouvait dormir

    Réveillé par l’allégresse millénaire des rats

    Et leurs rêves de sarcophage et de momies


    Comment le retrouva t’il

    Gorgé d’eau de pluie, d’escargots et de limaces ?

    Dans ce foutoir en plein air,

    Où s’entassaient télé, frigo, micros ondes

    Et tout ce bric à brac indispensable

    Qui n’est pas mentionné dans l’ecclésiaste !



    Mais au matin, un vol d’oies sauvages

    La vue sur le lac

    Et sur les rames futures de haricots nains

    Lui firent de nouveau relativiser l’importance des choses

    Et des paillassons migrateurs

    Même marqués du mot « Welcome » !







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