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Vincent Crousier

Vincent Crousier

Journaliste scientifique indépendant

Tableau de bord

  • Premier article le 09/10/2008
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Derniers commentaires


  • Vincent Crousier Vincent Crousier 6 mars 2009 12:34

    Il y a à cette adresse : http://www.solidariteetprogres.org/article371.html&nbsp ;&nbsp ; un dossier qui montre un aspect peu connu de l’Histoire : la crise que nous vivons a un précédent dont nous pourrions nous inspirer pour sortir la tête haute. Ce qui est d’autant plus intéressant, c’est que le dossier a été publié en 1995.


  • Vincent Crousier Vincent Crousier 17 novembre 2008 12:09

    @Virgule

     

    «  Qui plus est, je trouve suspect le silence dont [EDF-AREVA] font preuve au regard de la situation actuelle.  »

     

    Je suis journaliste scientifique. Un beau jour, un éditeur me contacte pour pondre un bouquin sur le nucléaire, au sein d’une collection qui s’intitule « Les dix plus gros mensonges sur… » Il existe déjà Les 10 +gros mensonges sur les vaccinations, le sida, l’économie, etc. Tout l’intérêt de cette collection réside dans le fait, comme c’est dit au début de chaque opus, qu’il ne s’agit pas de remplacer une vérité par une autre, il ne s’agit pas de dénoncer des mensonges pour rentrer dans une logique de « soit vous être avec nous, soit vous êtes contre nous ». Non, l’idée est de dire : sur certains sujets on entend tout et son contraire, donc remettons les pendules à l’heure, mais, surtout, admettons qu’il puisse il y avoir du vrai… dans les différents « camps » qui s’affrontent (ici : pour et contre le nucléaire).

     

    Ce qui a fait que cet éditeur s’est intéressé à moi, c’était 1) le type d’articles que j’écris (voir www.journaliste-enqueteur.com, cliquer sur « enquêtes »), mais surtout le fait que je n’avais aucune connaissance, ni aucun avis tranché sur la question du nucléaire, hormis les « on dit » et les « j’ai entendu que ». Je partais donc de zéro.

     

    Concernant votre assertion, que j’ai mise entre guillemets là-haut, le « pourquoi » s’explique de la manière suivante. Les médias font croire depuis très longtemps qu’il n’y aurait que deux camps, un match qui se jouerait à deux : les pronucléaires d’un côté, qui regrouperaient à la fois des gens comme Krolik - sortis du système mais qui y ont suffisamment travaillé pour avoir à la fois des connaissances plus qu’exhaustives sur le sujet, et également transversales (voir ses propos sur les énergies renouvelables), ce qui leur permet de proposer un avenir énergétique comme un autre, avec pas mal de recul mais pas forcément politiquement correct -, les organismes qui gravitent autour du nucléaire (Andra, cea, aiea…), ainsi que l’industrie nucléaire. Et puis, d’autre part, les antinucléaires, Sortir du nucléaire et Greenpeace en tête.

     

    D’où la question logique : vue la « situation actuelle », pourquoi un silence aussi assourdissant de la part du « lobby nucléaire » ? Pourquoi ne se défendent-ils pas, alors même que des gens comme Krolik essayent de nous faire croire que tout ce nucléaire n’est pas si dangereux ? Ils cachent forcément quelque chose et Krolik est forcément un sous-marin payé par l’industrie.

     

    Sauf que ça ne marche pas comme ça. Il y a en fait trois joueurs dans cette partie : les pronucléaires (des gens comme krolik), les antinucléaires et l’industrie nucléaire. Si on ne fait pas automatiquement l’amalgame entre industrie nucléaire et pronucléaires, alors le silence de l’industrie nucléaire s’explique très facilement (j’ai eu pour ma part la confirmation, en « off », de ce jeu de dupes par les premiers concernés) : l’industrie nucléaire est née dans une culture du secret, et a continué dans le « civil », avec comme leitmotiv : « Le peuple est trop bête, il ne comprendra jamais tout ce nucléaire, alors restons entre nous et faisons notre business tranquille ».

     

    Cette attitude a eu une conséquence aussi inattendue que logique : l’industrie ayant besoin d’être « à l’abri » des regards, et surtout des questions indiscrètes, rien ne pouvait mieux la servir… que l’écran de fumée de l’information/désinformation antinucléaire. (Car ne nous leurrons pas : il y a un lobby pronucléaire tout comme il y a un lobby antinucléaire. Donc la logique du « tous pourris » (quel que soit le camp dont on parle) ne peut qu’encrouter le débat dans un simplissime « pour ou contre », qui ne fait qu’entretenir un faux débat faisant le jeu des deux lobbies en question). Et c’est contre ce système que se battent les « vrais » pronucléaires : ceux qui veulent vulgariser le nucléaire, en dénonçant les rapports indéfendables qu’EDF entretient avec ses sous-traitants, en dénonçant les mensonges de l’industriel, en ne donnant pas tous les tenants et aboutissants d’une problématique, mais également en relativisant la dangerosité des becquerels, des déchets, en parlant d’hormésis, de nucléaire médical, d’énergies renouvelables comme Krolik à l’instant, etc.

     

    J’ai publié il y a un mois un article sur Agoravox : « Le nucléaire tel qu’on ne le montre jamais » (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=45492) J’y pose des questions toutes bêtes, comme « Qu’est-ce qui différencie fondamentalement un militant de Sortir du nucléaire d’un ingénieur du CEA ? » Tout comme dans mon bouquin, j’y pose des questions qui sortent du cadre réducteur et contre-productif d’un simpliste « pour ou contre le nucléaire ? » Qui sait par exemple dans le grand public qu’au Canada, une centrale nucléaire produit non pas de l’électricité, mais la moitié des isotopes médicaux de la planète ? Qui est au courant que cette centrale fonctionne avec de l’uranium de qualité militaire (90% d’enrichissement), alors qu’une centrale électronucléaire française fonctionne avec de l’uranium à 4% ? Et qui sait que très récemment (voir mon site : « Centrales et déchets nucléaires : danger nucléaire ou danger politique ? » ), pour cause de pénurie en isotopes médicaux, des intérêts politiques sont allés jusqu’à voter une loi pour maintenir en fonctionnement cette centrale nucléaire, malgré que l’ASN locale en ait ordonné l’arrêt pour cause de défaillances techniques menaçant éventuellement de rejets radioactifs dans l’environnement ? La presse locale résumait ainsi la situation : Quel dilemme : le redémarrage de la centrale de Chalk River mettrait fin à une pénurie mondiale de cet élément utilisé pour des tests diagnostiques dans les cas de cancer et de maladies cardiaques, mais pourrait constituer un danger potentiel, pour l’environnement, en raison de la vétusté de son réacteur vieux de 50 ans. Ce genre de question, de mise en perspective n’excuse en rien les mensonges ou certains agissements d’EDF, ça n’a pas pour but de contourner la question des déchets nucléaires ou des rejets radioactifs, mais ça a l’avantage d’ouvrir les yeux sur une réalité nucléaire qu’on ne connaît pas forcément, mais qui est nécessaire pour prendre la mesure des choses.

     

    Vincent Crousier

    www.journaliste-enqueteur.com

     

     


  • Vincent Crousier Vincent Crousier 10 octobre 2008 09:28

    Efel disait : « Effectivement, un peu (beaucoup) de transparence de la part des groupes, lobbys et autres organismes de contrôles (l’AIEA en premier) nous aiderait à y voir plus clair. »

     

    Pour ce qui est du domaine scientifique - et encore une fois mon bouquin se contente de traiter ce seul aspect - fondamentalement, non, ça n’est pas un souci de transparence : c’est un problème de refus de vulgarisation de la part de l’industrie nucléaire, et non pas d’un vague « lobby nucléaire ». C’est d’ailleurs ce qu’a très bien souligné Krolik dans ses commentaires. Je m’explique avec quelques exemples, qui font simplement écho à ceux de Krolik.

    La revue Contrôle de l’ASN (« lobby nucléaire ») publie des articles d’organisations antinucléaires ; (Sortir du nucléaire publie-t-il des articles d’ingénieurs du CEA ?) ; Le site internet de l’ASN répertorie en détail tous les incidents, même les non-événements, qui se produisent dans l’industrie nucléaire (qu’en est-il des autres secteurs industriels ?). L’AEPN propose des centaines de documents expliquant le nucléaire ; dans les Clefs CEA, on décrit scientifiquement ce que sont les déchets nucléaires, les principes qui régissent leur gestion, mais aussi les difficultés de telle ou telle solution industrielle. On pourrait ainsi citer des exemples à n’en plus finir. Donc non, du point de vue de l’information scientifique, le problème ne relève pas de la transparence. Le problème, c’est que « l’industrie nucléaire », et pas un vague « lobby nucléaire », mais précisément « l’industrie » ne veut ni expliquer, ni vulgariser ce qu’elle fait... Tâche à laquelle essayent de s’atteler les pronucléaires (à ne pas amalgamer systématiquement avec l’industrie nucléaire).

    Il y a en fait 1) des antinucléaires professionnels qui vivent de leur opposition au nucléaire, informant parfois, désinformant très souvent. 2) On a une industrie nucléaire qui ne veut rien dire pour qu’on la laisse en paix, de manière à ce qu’elle puisse continuer son business tranquille dans son coin, et qui, donc, se réjouit du flou qu’entretiennent les antinucléaires. 3) Là-dessus, des gens qui pensent que le nucléaire est une bonne chose (les pronucléaires) font tout pour démontrer par a+b que le nucléaire est à peu près tout le contraire que ce que disent les antinucléaires professionnels, mais ils butent sur un problème à peu près insurmontable : il leur faudrait à chaque fois une journée pour démonter un seul mensonge proféré en dix secondes par un antinucléaire professionnel.

     

    Pour écrire le premier bouquin que j’ai sorti, sur la génétique (« Génétique : entre réalité scientifique et mythe médiatique »), le responsable de la rubrique Médecine d’une grande revue scientifique française m’avait dit, lors d’une interview : « Vous savez, dans les médias, on aime ce qui est simple à comprendre. Donc, oui, sur la génétique, on a simplifié à outrance. Ce qu’on a raconté pendant le « rush génétique » des années 90 ne correspondait pas du tout à la réalité scientifique. » Ici, c’est pareil.

     

    S’il est un domaine qui est complexe, c’est bien celui du nucléaire. Or, on assiste justement depuis trop longtemps à un match « pour ou contre » qui ne sert qu’à entretenir une sorte de magma d’idées simplistes. Ce que je propose dans mon bouquin, c’est d’expliquer, de vulgariser cette science nucléaire, tout en soulignant là où les antinucléaires ont raison de sonner l’alarme, et en pointant du doigt les défaillances de « l’industrie ».


  • Vincent Crousier Vincent Crousier 9 octobre 2008 17:34

    "La plus grande difficulté ne consiste pas à découvrir la vérité sur ce domaine extrèmement complexe, mais à rencontrer celui qui peut l’assimiler.[...]. Nous sommes tous tellement imbus de nous même, qu’il nous est personnellement impossible de reconnaitre nous être fait tromper par de fausses rumeurs. »

    Comprendre le nucléaire, du seul point de vue scientifique, et mon bouquin se contente de s’en tenir à ce seul domaine, nécessite effectivement un effort intellectuel (lire, comprendre, relire, en discuter...) et émotionnel (admettre, le cas échéant, que sur certains points, on peut s’être trompé) certain. 

    "Dans le flot gigantesque des informations qui circulent à propos de l’industrie nucléaire civile, aucune n’est susceptible de peser plus lourd et permettre de contrebalancer l’opinion."

    Pour ce qui est de l’aspect scientifique (radioactivité, becquerels, hormésis, radioprotection, etc.) je ne suis pas d’accord. S’il s’agissait de technique, je ne dis pas : un processus technique est toujours à même d’être amélioré, d’être défectueux, etc. Pour ce qui est de l’aspect industriel, qu’un technicien soit empêché de remplacer des pièces parce que ça couterait trop cher, mais que personne ne dise rien car EDF est le meilleur client du sous-traitant en question, ça, c’est grave, et Sortir du nucléaire doit le dénoncer (mais l’ASN le dénonce aussi dans ses revues Controle). Par contre, en science, qu’on le veuille ou non, l’iode 131 peut provoquer des cancers chez un certain type de personnes, mais est utilisé en médecine pour soigner d’autres types de patients. Pourquoi ? Quel est le processus en oeuvre ? Ca, c’est de la science. Il faut faire l’effort de s’y intéresser, de découvrir, d’apprendre, mais il est possible de "savoir une fois pour toutes".


  • Vincent Crousier Vincent Crousier 9 octobre 2008 14:49

    Bonjour,

    A la base, je voulais écrire un article pour faire la publicité d’un livre que je sors le 15 octobre prochain, intitulé "Les dix plus gros mensonges sur le nucléaire" (voir mon site : www.journaliste-enqueteur.com). Ce livre, lui, apporte des faits qui permettent de se forger une opinion sur le nucléaire, sans dépendre de telle ou telle chapelle, école ou lobby. Mais comme j’ai vu qu’Agoravox n’acceptait pas les articles "à but commercial", je ne pouvais donc a priori pas citer mon bouquin et ses références. J’ai donc décidé d’écrire cet "article d’opinion" : il donne l’idée générale du bouquin, et ceux qui veulent "en savoir plus" peuvent aller sur mon site internet qui présente mon bouquin.

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