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Vincent Jappi

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  • Vincent Jappi Vincent Jappi 14 août 2011 22:17

    “Tirer sur les manifestants” ?


    L’« ouverture de feu sur les représentants de la force publique », ce n’est pas « manifester ».

    Le titre de ce texte est donc impudemment mensonger, ou plus exactement c’est une impudente négation de l’évidence :
    procédé typique de propagande à la Goebbels, en réalité inventé par les bandits du marxisme-léninisme et auquel ils n’ont jamais renoncé vu son succès constant.

    Aux  imbéciles incapables de penser, comme aux complices susceptibles de relayer son sophisme grossier, cette dénonciation calomnieuse vise à présenter comme un « abus de pouvoir » une disposition qui est on ne peut plus normale, étant donné que c’est tout le monde, et pas seulement les « forces de l’ordre », qui a le Droit naturel de riposter contre quiconque lui tire dessus.

    La seule critique des « forces de l’ordre » qui serait valide, c’est que ces prétendues « forces de l’ordre » ne sont le plus souvent que des « Forces du Désordre » :
    parce que ce sont elles qui imposent aux gens normaux l’oppression et la censure du socialisme pseudo-démocratique, de cette censure semi-esclavagiste des choix personnels dont se trouvent justement vivre la plupart de ceux qui, aujourd’hui, se trouvent être des  « manifestants ».

    Car ces « manifestants », leurs « manifestations » ne visent le plus souvent qu’à réclamer que cette oppression et cette censure du socialisme soient encore plus brutales.
    C’est un fait que la plupart des « manifestants », aujourd’hui, ne sont que des esclavagistes, des oppresseurs au moyen même de ces prétendues  « forces de l’ordre » :
    ce sont des parasites sociaux institutionnels, qui vivent de l’argent  volé par la force aux gens normaux par ces prétendues "forces de l’ordre" :
    ce sont des fonctionnaires, des syndicalistes, des envahisseurs criminels, des ennemis subventionnés de la civilisation...
    et les gestapistes de la censure contre ceux qui protestent contre l’esclavagisme et contre l’invasion pour défendre la civilisation.
    Face aux Forces du Désordre, qui ne sont le plus souvent que leurs exécutants et leurs complices, ces oppresseurs ne manifestent que parce qu’ils trouvent trop faible la violence que celles-ci infligent aux gens normaux, trop étendue la liberté résiduelle qu’elles leur concèdent, et trop maigre la part des butins de leurs vols qu’elles leur attribuent.

    Ce qui veut dire que la plupart des « manifestants » aujourd’hui sont déjà,  en tout état de cause, des criminels au regard du Droit naturel : en tant qu’esclavagistes, et en tant que censeurs.
    Et sur ces esclavagistes et sur ces censeurs, ce ne sont pas seulement leurs exécutants et complices habituels des prétendues "forces de l’ordre« ,
    mais également les victimes de leurs pillages et de leurs humiliations,
    qui auraient le Droit naturel de tirer avec un »fusil à répétition de précision de calibre 7,62x51mm ".
    Pas seulement "en cas d’ouverture de feu sur les représentants de la force publique", mais aussi comme un moyen éventuel de se défendre contre leurs oppressions.
    Et finalement, pas seulement avec un "fusil à répétition de précision de calibre 7,62x51mm”.



  • Vincent Jappi Vincent Jappi 6 juillet 2010 06:42

    Un « plan » américain « de déstabilisation des Balkans » ? 

    T’as qu’à croire... Ce sont les Serbes qui ont détruit la Yougoslavie, à partir de 1987. 

    C’est ce qu’explique Florence Hartmann,  ancienne correspondante du « Monde » à Belgrade :

    "L’analyse du drame yougoslave, de la fin des années 80 jusqu’à nos jours démontre l’écrasante responsabilité de Slobodan Milošević. Mais les informations aujourd’hui accessibles ont apporté de nouvelles précisions. Elles permettent d’imputer au leader des Serbes la responsabilité non seulement du déclenchement de la guerre, mais aussi celle de l’éclatement de la Fédération yougoslave. Elles révèlent par ailleurs que les Occidentaux savaient dès le début que Milošević était le premier sécessionniste yougoslave, l’homme qui a pris l’initiative de démembrer la Yougoslavie tout en prétendant la défendre.

    "...la politique des grandes puissances reste incompréhensible. Pourquoi les Occidentaux légitimèrent-ils l’intervention de l’armée fédérale en appelant au maintien de la Yougoslavie alors qu’ils n’ignoraient ni la collusion entre les généraux et le pouvoir serbe, ni le projet de dépeçage de Slobodan Milošević ?

    "... Lorsqu’en 1992, le conflit déborde sur la Bosnie, Européens et Américains connaissaient jusque dans les moindres détails les objectifs de Slobodan Milošević. Ils détiennent le film de la rencontre entre Milošević et Tuđman à Karađorđevo en mars 91 —partition de la Bosnie (1) ainsi que les enregistrements des échanges téléphoniques entre Milošević, Karadžić et la JNA [On se souvient de « l’affaire » de la carte crayonnée sur une nappe de restaurant, montrant le découpage de la Bosnie, lors de la rencontre des deux Chefs d’État] portant sur la planification des opérations militaires en Bosnie (Plan RAM).

    "... il convient de rappeler comment Slobodan Milošević devint le premier sécessionniste de la Yougoslavie.

    "Son virage remonte à [janvier]1990 lorsque son refus catégorique d’abolir le rôle dirigeant du PC yougoslave précipite l’effondrement du Parti. Slobodan Milošević rêvait de s’emparer du contrôle de l’appareil politique yougoslave.

    "Depuis 86 [en fait, septembre 87], il avait surmonté la crise de légitimité des communistes serbes qu’il dirigeait alors en s’alliant aux nationalistes, consolidé son pouvoir en exaltant le nationalisme serbe, supprimé [par des coups de force] l’autonomie de la Voïvodine et du Kosovo, installé ses alliés à la direction du Monténégro et gagné la confiance d’une partie de la direction militaire en défendant le socialisme et le centralisme.

    "Il contrôlait ainsi la majorité des voix au sein des instances fédérales (5 sur 9 constituées par les six républiques, les 2 provinces et l’armée) et pouvait se rendre maître d’une Yougoslavie qu’il entendait soumettre à une hégémonie à la fois serbe et communiste.

    "Mais son rêve se brisait sur l’écueil du multipartisme et des dissensions croissantes entre les républiques yougoslaves. Sa soif de pouvoir allait dicter sa nouvelle politique : il décidait de laisser s’écrouler le fragile édifice yougoslave pour bâtir sur ses cendres un nouvel Etat, amputé de ses principaux adversaires yougoslaves. Cette « Yougoslavie tronquée », sur laquelle il pourrait renouveler un pouvoir totalitaire, devait rassembler en son sein tous les Serbes de la Fédération.

    "Les thuriféraires de la Grande Serbie se rallièrent immédiatement au projet que leur présenta Slobodan Milošević dès février 1990. En mars, il demanda à son entourage de préparer une nouvelle Constitution

    "afin que la Serbie puisse se constituer en État indépendant et se protéger contre une guerre inéluctable. La Bosnie-Herzégovine ne pouvant se maintenir en tant qu’État, il est clair qu’il y aura une lutte pour les territoires qui ne peut se faire sans que sang soit versé« .
    ...

     »La dérive nationaliste de la Serbie assura la victoire des partis nationalistes dans la plupart des républiques lors des dernières élections libres de 90. Les Serbes de Croatie, chauffés par la propagande de Belgrade depuis 89, ne tardèrent pas à se soulever contre le régime nationaliste de Franjo Tuđman. La rébellion armée qui éclata en août 1990 à Knin fut toutefois organisée depuis Belgrade. Les milices serbes du SDS dressèrent des barricades tout autour de la Krajina puis revendiquèrent l’indépendance. Les semaines suivantes, dans la république voisine de Bosnie-Herzégovine, le SDS de Radovan Karadžić constituait à Banja Luka un Conseil national serbe chargé de préparer l’autonomie des communes à majorité serbe en Bosnie.

    "En septembre 1990, Belgrade poussa la Slovénie encore hésitante à quitter la Yougoslavie, soulignant que son départ ne posait par de problème territorial. Le 24 janvier 91, Slobodan Milošević et Milan Kučan scellaient un accord à Belgrade, reconnaissait la Slovénie sans recours à la force en échange de la neutralité bienveillante des Slovènes vis-à-vis du projet grand-serbe. Les États Unis furent mis dans la confidence. Le 25 mars [à Karađorđevo], Slobodan Milošević pactisait avec Franjo Tuđman aux dépens de la Bosnie-Herzégovine, qu’ils décidaient de dépecer. Le Président croate reçut l’assurance que l’armée yougoslave n’empêcherait pas l’indépendance de la Croatie.

    "Courant 1991, l’ambassadeur des États Unis en Yougoslavie, Warren Zimmermann, fut informé par les deux États du projet de partition de la Bosnie-Herzégovine entre la Serbie et la Croatie. Ils partagèrent également leur secret avec le diplomate européen, Lord David [en fait, Peter] Carrington, début 1992.

    "À l’automne 91, alors que la guerre faisait rage en Croatie (en dépit des promesses de Milošević), le chef du gouvernement yougoslave, Ante Marković, présenta aux Occidentaux les preuves de la préparation militaire du dépeçage de la Bosnie-Herzégovine. Des enregistrements téléphoniques révélaient l’existence de contacts entre la JNA, Slobodan Milošević et Radovan Karadžić visant, par l’armement des populations serbes et la planification d’une intervention directe de la JNA, à permettre la prise de pouvoir du SDS sur une grande partie de la Bosnie (plan RAM).

    "Les grandes puissances savaient, par conséquent à l’avance, que Slobodan Milošević avait mis en oeuvre son projet grand-serbe, qu’il tenterait de légitimer avec la complicité de Franjo Tuđman qui aspirait à construire une grande Croatie.

    "Pourquoi les plans de Slobodan Milošević n’ont-ils pas été déjoués ? Pourquoi les chancelleries ont-elles feint de croire que Milošević voulait préserver la Yougoslavie ? Peut-on émettre l’hypothèse de complicités inavouées semblables à celles récemment dévoilées au Rwanda par le Figaro ?

    "Déjà dans son livre « Bosnie : témoin d’un génocide » [Éditions Desclée de Brouwer], Roy Gutman évoquait les connivences de certains responsables américains avec la direction serbe [pour EMPECHER l’intervention américaine].

    "À Londres, une enquête parlementaire suscitée par des révélations dans la presse, avait contraint les autorités à dévoiler, fin 1996, les noms des députés travaillistes payés par Belgrade [plus d’un million de francs aurait été « empoché » par le député Greer] pour influencer la politique britannique en faveur des Serbes [Ed Wulliamy & David Leigh, « Sleaze, The corruption of Parliament », Éditions Guardian Books, Londres 1997...].

    "En France, le black-out reste total. Les dérives pro-serbes publiquement assumées par François Mitterrand suffiraient-elles à tout expliquer ?

    "Non pas dans un pays où les défenseurs de la cause du régime guerrier de Belgrade et de son émanation « paléenne » comptaient autant de personnalités influentes. Ont-ils tous agi à titre gracieux ? Par pure conviction ? Dans quelle mesure ont-ils usé de leur influence pour infléchir la politique française dans les Balkans ? Leur doit-on le fait que Paris ait sérieusement envisagé la partition ethnique de la Bosnie-Herzégovine ? La lumière reste à faire.« 
    (Florence Hartmann,  »L’écrasante responsabilité de Milošević" Convergences Bosnie-Herzégovine n° 20 janvier / février 1998
    https://docs.google.com/Doc?docid=0AevnAZEI5La7ZGMybThwNjJfMTQ1Zm53OWdmZmM&hl=fr )

    L’avocat belgradois Srđa Popović décrit en détail les manigances de la direction politique de Belgrade à partir de 1990,  pour empêcher le fonctionnement normal des institutions et usurper la direction des instances fédérales, notamment de l’armée, commettant à cette occasion divers actes qualifiés crimes par le Code pénal yougoslave :

    "L’expérience mentale que nous proposons consiste à formuler les éléments de l’acte d’accusation en vertu duquel Milošević, Jović et Kadijević, s’ils n’avaient pas réussi à détruire la République Socialiste Fédérative de Yougoslavie, auraient été jugés par un tribunal yougoslave,  conformément à la législation yougoslave alors en vigueur.

    "L’acte d’accusation devrait comprendre ce qui suit :

    "Slobodan Milošević, en sa qualité de Président de la Présidence du Comité central de la Ligue des communistes de Serbie (jusqu’au 16 juillet 1990), de président du Parti socialiste de Serbie (à partir du 16 juillet 1990), et de Président de la République de Serbie (à partir du 9 décembre 1990),

    "Borisav Jović, en sa qualité de Président de la Présidence de la République socialiste fédérative de Yougoslavie (à partir du 15 mai 1989) et vice-président du Parti socialiste de Serbie (à partir du 16 juillet 1990), et

    "Veljko Kadijević, en sa qualité de Secrétaire fédéral de la défense nationale


    "Ont, pendant la période du 15 mai 1989 au 8 octobre 1992,

    "Formé une conjuration pour, en abusant de leur position politique

    "1. en violation de la Constitution et des lois en vigueur, altérer la composition nationale de la JNA, la placer de facto sous leur contrôle, et s’en servir en vue des objectifs suivants :

    "2. renverser par la force les gouvernements de Slovénie et de Croatie ;

    "3. renverser par la force d’un coup d’Etat militaire les organes les plus élevés de l’Etat fédéral : son Conseil exécutif ([Savezno Izvršno V(ij)eće ou] SIV) et sa Présidence ;

    "4. par la force ou par des moyens anticonstitutionnels, altérer les frontières de la République Socialiste Fédérative de Yougoslavie, en excluant de cette République, par un ordre inconstitutionnel de la Présidence, les Républiques de Slovénie et de Croatie ;

    "5. par la force ou par des moyens anticonstitutionnels, altérer les frontières de la République de Croatie, en y incitant à une rébellion armée, et en organisant celle-ci politiquement et militairement ;

    "ce qui a causé la mort d’un grand nombre de personnes, mis en danger des vies humaines, et s’est accompagné de grands actes de violence et de destructions massives ;

    "et, ce faisant, ils ont tous, individuellement et collectivement,  commis un acte criminel prolongé relevant des articles 136, § 1, et 116, §§ 1 et 2, passible, sous ses formes les plus graves, de l’article 139 du Code pénal de la République Socialiste Fédérative de Yougoslavie (Službeni list SFRJ [Journal officiel de la RSFY] n°  44/76).

    ...

    "Les faits qui indiquent l’exécution de cet acte criminel se fondent presque exclusivement sur le journal personnel de Borisav Jović entre le 15 mai 1989 et le 8 juillet 1992, publié sous le titre "Poslednji dani SFRJ" [Les derniers jours de la RFSY] (Belgrade, Politika 1995), et sur les mémoires de Veljko Kadijević "Moje viđenje raspada - Vojska bez države" [Ma vision de l’éclatement - Une armée sans Etat] (Belgrade : Politika, 1993).

    "La crédibilité des faits que ceux-ci rapportent, et qui ont trait à la formation du complot, provient

    "(a) de la concordance fondamentale de leurs témoignages ;

    "(b) du fait qu’ils témoignent de leurs propres actes, ainsi que

    "(c) du fait que l’on ne peut imaginer aucun motif crédible pour qu’ils s’incriminent eux-mêmes faussement.


    "En outre, non seulement Milošević n’a jamais nié les allégations de Jović et Kadijević, mais leurs livres ont également été publiés par la maison d’édition Politika sur laquelle Milošević exerçait un contrôle complet.

    "Il est vrai que, lors de son procès à La Haye, Milošević, lors de l’audition du témoin Stjepan Mesić, a nié qu’il ait jamais connu le contenu du livre de Jović. Cependant, cette affirmation est contestée  par Miodrag Marović dans son livre P« olitika » i politika [Politika et la politique] (Belgrade : Comité Helsinki pour les Droits de l’Homme,  2002, p. 331) :
     
    "«  (Mihajlo) Marković a dit - et les médias ont publié — que Milošević avait eu le manuscrit de Jović entre les mains. »

    "Enfin,  les plans et les intentions des conspirateurs, comme ils les décrivent eux-mêmes, se sont matérialisés dans la réalité des événements politiques et militaires qui ont suivi.

    "Examinons maintenant les activités au moyen desquelles ils ont accompli certains éléments essentiels de ces actes criminels..."


    En outre, comme l’explique Popović, l’adoption de sa Constitution du 28 septembre 1990 par la République de Serbie était en même temps une déclaration d’indépendance, puisque son article 135 déclarait expressément que celle-ci n’obéirait aux instance fédérales que si ça lui chantait.
    A ce moment, personne ne pouvait plus « détruire » la Yougoslavie puisque, juridiquement, elle avait cessé d’exister.
    http://docs.google.com/Doc?docid=0AevnAZEI5La7ZGMybThwNjJfMTM4ZHM4dDhuZnM&hl=fr

    Dès octobre 1990, le National Intelligence Estimate de la CIA sur la région rend compte de cette réalité-là, avec les informations dont elle disposait à l’époque (on en sait beaucoup plus aujourd’hui)
    http://docs.google.com/fileview?id=0B-vnAZEI5La7N2Y2ZGRmMjYtNDU3Yi00YmUwLWEwMTgtNjRmYzU3N2IwZjAx&hl=fr&authkey=CLaI8K0D
    (fichier récupéré sur le site du Comité Helsinki pour les Droits de l’Homme en Serbie)

    Il y dit en particulier : 

    "la Yougoslavie cessera de fonctionner en tant qu’état fédéral d’ici à un an, et se dissoudra probablement d’ici à deux. La réforme économique n’empêchera pas l’éclatement. La Serbie bloquera les tentatives des Slovènes et des Croates pour former à la place une confédération sur l’ensemble de la Yougoslavie....
    Ni les Etats-Unis ni les alliés européens ne peuvent faire grand-chose pour sauver l’unité yougoslave. Les Yougoslaves percevront de tels efforts comme contradictoires avec le soutien à la démocratie et à l’autodétermination."

    Les différents NIE sur la Yougoslavie présentent d’ailleurs un point de vue uniformément fascinant sur l’attitude des Etats-Unis vis-à-vis de la région :
    http://www.dni.gov/nic/foia_yugoslavia_intro.html

    Les Etats-Unis, qui s’étaient désintéressés de la région et ne voulaient pas se fâcher avec les Français et les Britanniques qui étaient complices des Serbes (les Français jusqu’aux élections de 1993, les Britanniques jusqu’à 1995), ils n’ont commencé à intervenir sérieusement qu’après le massacre de Markale du 5 février 1994,  contraignant en mars de cette année-là le gouvernement croate à s’allier avec celui de Bosnie-Herzégovine, au lieu de tenter de dépecer celle-ci avec la complicité de Belgrade.
    Cette alliance a permis de vaincre les Serbes en août 1995, de récupérer les régions de Croatie occupées, et de mettre fin à la guerre en Bosnie-Herzégovine par les accords de Dayton de novembre 1995. 

    Si M. Chauprade a pu croire un seul instant à la fable d’un "complot américain contre la Yougoslavie", alors il est désespérément INCOMPETENT, et la seule question à poser est :

    "mais pourquoi donc avait-on embauché un tel imbécile" ?


  • Vincent Jappi Vincent Jappi 26 février 2010 06:13

    Super les moumoutes !



  • Vincent Jappi Vincent Jappi 7 novembre 2009 07:03
    Une différence ultime distingue le TMI du TPIY : la question de la ‘réconciliation’. 
    La résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU qui a créé le tribunal l’avait justifié comme une institution qui ‘contribuerait à la restauration et au maintien de la paix’, et ses défenseurs arguent fréquemment du fait que poursuivre individuellement les criminels de guerre serait nécessaire pour libérer les divers peuples ex-Yougoslaves du stigmate de la culpabilité collective, facilitant de ce fait la réconciliation entre eux.
    Paradoxalement, cependant, il semble bien que ce soit un TMI plus ouvertement justicier, ainsi que ses successeurs de Nuremberg, en déterminant à l’avance quel côté était coupable et en punissant effectivement ceux de ses dirigeants qui avaient survécu, qui ont bien plus efficacement réalisé la réconciliation entre l’Allemagne et les pays qu’elle avait attaqués. En effet, on n’a pas permis à l’Allemagne d’échapper à sa condamnation comme la partie coupable de la guerre, tandis que ceux qu’elle avait attaqués ont pu constater que justice avait été faite.
    En revanche, il n’y a aucune raison de penser que le TPIY – qui a refusé de dire quel côté était coupable de la guerre, qui aborde les crimes de guerre sur une base purement individuelle, et qui fourre dans le même sac les criminels de guerre de tous les bords – ait apporté quelle contribution que ce soit à la réconciliation entre les ex-Yougoslaves. Bien au contraire. 
    Contrairement à ce qui s’est passé après la deuxième guerre mondiale, la communauté internationale n’a pas réussi à faire accepter l’histoire des responsabilités pour les guerres de succession yougoslave, ni à contraindre chacune des parties à l’accepter. 
    Il s’ensuit que chaque côté continue à se percevoir comme victime du conflit, et à envisager le travail du tribunal purement en termes de la manière dont il poursuit un trop grand nombre de ses propres ressortissants et/ou un trop petit nombre des autres côtés, ou la façon dont les inculpés d’en face ont été acquittés à tort ou ont reçu des peines trop courtes. 
    Selon l’ étude récente d’une équipe universitaire internationale dirigée par Vojin Dimitrijević et Julie Mertus :

    ‘L’espoir qu’il [le TPIY] pourrait favoriser la réconciliation entre les peuples de la région ne semble pas s’être réalisé.’

    Il y a une leçon à tirer des expériences respectives du TMI et du TPIY : c’est que, en matière de crimes de guerre, il ne peut pas y avoir de vraie justice sans défaite authentique des agresseurs.
     



  • Vincent Jappi Vincent Jappi 7 novembre 2009 07:02
    On a inculpé des habitants de la Bosnie pour des crimes contre d’autres habitants de la Bosnie-Herzégovine ; des Croates pour des crimes contre des Serbes de Croatie et vice versa. 
    En revanche, très peu de dirigeants de la Serbie ont été poursuivis pour crimes de guerre contre les résidents des républiques voisines de Croatie et de Bosnie-Herzégovine.

    Ainsi, dans le cas de la Bosnie-Herzégovine, où la plus grande partie des massacres ont été commis —organisés, lancés et exécutés— par le régime de Milošević avec la complicité de l’armée populaire yougoslave (JNA), il n’y a que six dirigeants de Serbie qui aient jamais été poursuivis : Slobodan Milošević, Željko Ražnatović-Arkan, Jovica Stanišić, Franko Simatović, Vojislav Šešelj et Momčilo Perišić. A part Milošević lui-même, c’étaient tous des exécutants d’importance secondaire ou inférieure lorsque leurs crimes ont été commis. Le plus haut de ces dignitaires était probablement Jovica Stanišić, qui était ministre de l’Intérieur de la Serbie pendant la guerre en Bosnie, alors que Momčilo Perišić n’est devenu Chef d’Etat-major de l’armée qu’en 1993, après que les crimes directement commis par la Serbie en Bosnie avaient été déjà commis et que la participation directe de la Serbie à la guerre en Bosnie avait pris fin. 
    Et aucun de ces six-là n’a encore été condamné. Milošević et Arkan étant morts, le nombre maximum des dirigeants de Serbie qui pourrait être condamnés pour leurs crimes de guerre contre des habitants de la Bosnie-Herzégovine est donc de quatre. 

    En plus de ces derniers, sept autres chefs de la JNA, tous des personnages relativement mineurs, ont été poursuivis pour crimes de guerre en Croatie, et seul l’un d’entre eux a reçu une sentence plus longue que quelques années. Le nombre total des dirigeants de la Serbie qui ont été poursuivis, qui est de vingt et un, est moindre que celui des seuls Croates de Bosnie inculpés, qui est de vingt-six. Le nombre de dirigeants de la Serbie poursuivis pour crimes de guerre en Bosnie-Herzégovine, qui est de six, est moindre que celui des dirigeants inculpés de la République de Bosnie-Herzégovine, qui est de dix.
    En outre, les plus hauts dirigeants de la Serbie, du Monténégro et de la JNA qui ont planifié et mené les agressions contre la Croatie et la Bosnie-Herzégovine, n’ont jamais été poursuivis pour cela. 
    Ceux-ci comprennent les membres de la présidence yougoslave pour la Serbie et le Monténégro, Borisav Jović [représentant de la Serbie], Jugoslav Kostić [représentant de la Voïvodine] et Branko Kostić [représentant du Monténégro] ; les plus hauts dirigeants de la JNA : le Ministre de la défense yougoslave Veljko Kadijević et son Chef d’Etat-major Blagoje Adžić ; leurs adjoints Stane Brovet et Života Panić ; le Président du Monténégro Momir Bulatović ; et Aleksandar Vasiljević, le chef du Contre-espionnage de l’armée [KOS]. 
    Quatre d’entre eux – Borislav Jović, Branko Kostić, Veljko Kadijević et Blagoje Adžić – ont échappé à toute inculpation en dépit du fait que l’acte d’accusation contre Milošević les cite expressément en tant que membres d’une « entreprise criminelle conjointe » pour des crimes de guerre en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. 
    Quel que soit le critère, on constate que la Serbie s’en est très bien sortie – en fait pratiquement impunie - pour ses guerres en Croatie et tout particulièrement en Bosnie-Herzégovine.

    La politique des poursuites du Ministère public du TPIY exige donc une explication. 
    À Nuremberg, les alliés savaient qui étaient les coupables, entendaient bien mettre la main sur eux et ont entrepris de le faire. En revanche, c’est plus pour les apparences que pour les résultats que le TPIY avait été institué ; et le choix des inculpés a été fait par les procureurs selon leurs propres priorités, qui avaient peu de choses à voir avec la punition de ceux qui étaient effectivement les principaux responsables de la guerre.

    Un des faits qui ont influencé la politique des procureurs était qu’à la différence de l’Allemagne, la Serbie était un pays défait mais pas écrasé ni occupé. Les procureurs de la Haye ne pourraient pas simplement compter sur des forces d’occupation pour arrêter les suspects et pour saisir les documents, mais ont dû négocier leur livraison avec les autorités de Serbie elles-mêmes. Celles-ci, naturellement, ont non seulement été loin de coopérer spontanément – à tel point que, l’année dernière, la Cour internationale de Justice (CIJ) a condamné la Serbie pour n’avoir pas puni le génocide [de Srebrenica] - mais ont à plusieurs reprises accusé le tribunal de partialité anti-serbe. 
    En attendant, les puissances occidentales ont été inégales dans leur détermination à faire pression sur la Serbie pour que celle-ci livre suspects et documents. 
    Même en ce qui concerne la ‘Republika Srpska’, où il y avait des troupes internationales sur le terrain, les puissances occidentales ont hésité à affronter les dirigeants serbes de Bosnie ou à risquer la vie de de leurs hommes pour appréhender les suspects de crimes de guerre. Elles pourraient même bien avoir conclu des arrangements secrets permettant à des criminels de guerre majeurs, tels que Radovan Karadžić, d’échapper à la capture pendant de nombreuses années.
    La nécessité de négocier et de faire des compromis avec les autorités serbes, et de parer aux accusations de « partialité anti-serbe » paraît bien avoir politisé et faussé la politique des mises en accusation et autres poursuites. 

    Contrairement au mythe, en termes de nombres d’accusés, les Serbes suspects de crimes de guerre sont sous-représentés relativement à leur participation dans le crime. 
    Quelle que soit la manière de compter, les forces serbes ont causé plus de 80% des victimes civiles dans l’ensemble des guerres de l’ex-Yougoslavie, et les non-serbes (croates, bosniaques, kosovares, macédoniennes et de l’OTAN) moins de 20% d’entre elles. Or, des 159 inculpés, il n’y en a que 108, soit 68%, qui sont des dirigeants serbes (y compris les non-Serbes qui ont combattu du côté serbe, comme [les Croates] Dražen Erdemović et Franko Simatović) alors que 51, soit 32%, sont croates, bosniens, kosovars ou macédoniens. 
    Ces pourcentages ne reflètent donc pas les participations relatives des Serbes et des non-Serbes dans les massacres, mais la part des ressources consacrées par le Ministère public à enquêter respectivement sur les crimes serbes et les crimes non-serbes. 
    Par exemple, lorsqu’en 2001 je travaillais comme chargé de recherches au bureau du procureur, sur onze équipes d’enquêteurs, il n’y en avait que sept — moins des deux tiers — affectées à l’élucidation des crimes de guerre des Serbes, alors qu’il y en avait quatre sur les crimes de guerre des non-Serbes.
    Ainsi les procureurs du TPIY ont-ils réparti leur personnel d’une manière qui garantissait que les criminels de guerre serbes — responsables de plus des quatre cinquièmes des civils massacrés — ne représenteraient que les deux tiers des inculpés. Et, de ces 108 inculpés serbes, il n’y en avait que 21 qui venaient de la Serbie elle-même ; le reste étaient la plupart du temps des Serbes de Bosnie (83) et quelques Serbes de Croatie (4). Même en ce qui concerne le rôle des Serbes dans les actes d’accusation, la Serbie a été en grande partie épargnée, tandis que ses collaborateurs locaux dans les Etats qu’elle avait attaqués – surtout en Bosnie-Herzégovine — supportaient l’essentiel de ces poursuites. 
    Et tandis que les commandants suprêmes de la Serbie et de la JNA qui avaient planifié et exécuté les agressions serbes contre la Croatie et la Bosnie-Herzégovine échappaient à toute inculpation, on a inculpé les chefs militaires de haut rang de Croatie et de Bosnie qui avaient mené la défense de leur pays — Janko Bobetko, Sefer Halilović et Rasim Delić, pour des crimes d’une ampleur bien moindre et pour lesquels ils n’étaient pas directement responsables.
    C’est ainsi que Veljko Kadijević et Blagoje Adžić ont échappé à toute inculpation pour Vukovar ou pour ce qui s’est produit en Bosnie jusqu’au 19 mai 1992, date où la JNA, [qu’ils commandaient en toute illégalité], s’est officiellement retirée de Bosnie-Herzégovine. Alors que Janko Bobetko a été poursuivi pour [quelques] crimes commis par l’Armée Croate dans la poche de Medak en 1993, et Rasim Delić pour des crimes commis par les moudjahiddines étrangers.
    Ce n’est pas seulement pour le choix de ses poursuites mais aussi pour celui de sa recherche des preuves que le TPIY a permis à des considérations politiques ou tactiques de s’opposer à sa recherche de la justice. Dans le cas Milošević, on avait exigé de la Serbie qu’elle livre à ses juges du TPIY les comptes rendus du Conseil Suprême de Défense [Vrhovni Savet Odbrane] de la République Fédérale de Yougoslavie — institution composée des présidents de la Serbie, du Monténégro et de la Yougoslavie - c.-à-d. [à l’époque] de Milošević et deux de ses alliés. Au début [lors de la création de la soi-disant « République Fédérale de Yougoslavie » fin avril 1992], c’est cet organe qui avait la maîtrise de toutes les forces serbes en Bosnie, jusqu’au 19 mai 1992, et qui est ensuite plus tard demeuré aux commandes de l’Armée de Yougoslavie, y compris lors du massacre de Srebrenica où celle-ci a apporté son aide aux forces serbes en Bosnie.
    Les juges du TPIY, cependant, ont permis à la Serbie, dans la version accessible au public et à la Cour Internationale de Justice, de censurer certains passages de ce dossier. C’est ainsi que la Bosnie n’a pas pu se servir de ces documents cruciaux dans sa plainte pour génocide contre la Serbie auprès de la CIJ. Ceci, combiné aux concessions propres de la CIJ à la Serbie, a contribué à assurer l’acquittement de celle-ci [pour cette accusation-là]. 
    Phon van den Biesen, [avocat] de la partie bosnienne, a publiquement déclaré que l’intégralité des documents aurait probablement permis de démontrer que les forces serbes en Bosnie se trouvaient bel et bien sous le commandement de la Serbie lors du massacre de Srebrenica, dont [entre autres] le TPIY et la CIJ ont légalement constaté que c’était un génocide.

    Ce qui nous amène au crime de génocide, qui est revenu sur le devant de la scène internationale au cours des années 90 en raison des événements de Bosnie et du Rwanda. Avec la condamnation définitive du chef serbe de Bosnie Radislav Krstić pour génocide à Srebrenica, le TPIY est la première des trois Cours internationales qui a établi que les forces serbes se sont rendues coupables de génocide en Bosnie ; il a été suivi en cela par la CIJ et par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. 
    À cet égard, le TPIY est allé plus loin que les Procès de Nuremberg, parce que, même si l’acte d’accusation du TMI avait accusé les chefs allemands de ‘génocide délibéré et systématique’, ce n’est pas pour ce crime-là qu’il les a poursuivis, car la qualification pénale de ’génocide’ venait seulement d’être définie, et on commençait seulement à prendre le concept au sérieux. C’est pourquoi les dirigeants de l’Allemagne n’ont été accusés que de ‘crimes contre l’humanité, bien que, parmi tous leurs crimes, ce soit principalement pour le génocide des juifs qu’on s’en souvient aujourd’hui. 
    Pourtant, malgré l’importance de son rôle dans la constatation judiciaire du génocide en Bosnie-Herzégovine, le TPIY s’est avéré être, dans ce cas-là comme tant d’autres, un tribunal édenté. Il n’a réussi à faire condamner qu’un seul individu, le modeste commandant de corps adjoint Radislav Krstić, et pour complicité. Un deuxième dirigeant serbe de Bosnie, Vidoje Blagojević, avait lui aussi été condamné pour génocide, mais acquitté plus tard en appel de toutes accusations liées au génocide, alors que pour sa part, Momčilo Krajišnik, membre de la présidence de la Republika Srpska, se faisait acquitter de l’accusation directe. Ainsi, si le TPIY a établi qu’un génocide a été commis, c’est un crime dont presque personne – et aucun haut dirigeant - n’a encore été convaincu.
    Le TPIY n’est pas, naturellement, seul responsable de ces maigres résultats : la communauté internationale n’a toujours pas forcé la Serbie à lui livrer Ratko Mladić, que l’on soupçonne d’être le cerveau du massacre de Srebrenica. 
     







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