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  • Par winston smith (---.---.---.45) 24 septembre 2012 20:19


    Il y a un lien entre la création de symboles, le rituel, le sacré, et les propriétés de la conscience humaine dans l’expérience ordinaire de la vie. De la première impulsion d’édifier une tombe pour un mort, et la décorer, jusqu’au renforcement de la dualité profane/sacré disons au néolithique, où n’est Être que ce qui est « sacré » ; les points cardinaux, le calendrier, la chronométrie, etc...
    Sur ce point, tout ce que je dis c’est que le rituel, trivial ou non, a une fonction qui est généalogiquement de l’ordre du sacré : confirmer l’Être, organiser un cosmos autrement chaotique. 
    Je parle du sacré comme propriété structurelle de la psyché. Je pense qu’il ne faut pas la sous-estimer. 
    Après c’est une question de langage, le rituel renvoie au sacré de toute façon, mais certains aspects de la vie ordinaire ne peuvent être appelés « rituels » que par extension abusive, c’est là que la nuance se trouve. Le mot « sacré » est aussi singulièrement chargé. 
    Mon avis c’est que, comme dans la névrose, où un complexe peut être inconscient mais actif et visible en symptômes, le sacré détermine nos vies plus qu’on le pourrait le croire. D’ailleurs Il n’y a pas de différences radicales entre une dépression et une crise spirituelle. On peut démontrer qu’une théorie scientifique de l’univers a des points communs avec une cosmogonie « religieuse », d’un point de vue épistémologique et symbolique. 
  • Par winston smith (---.---.---.45) 24 septembre 2012 15:31

    Cher Nabum


    Comme vous je cultive de l’ironie envers les clowns ésotériques, et je ressens de l’anxiété devant les intégrismes, et les fondamentalismes rampants.


    Néanmoins, je trouve que c’est une erreur d’ inclure dans votre critique le sacré sans distinctions.


    Premièrement, Il ne faut pas sous-estimer le sacré sécularisé, dissimulé dans tout les recoins de notre quotidien, dans dans nos gestes, nos rituels, et pour abréger, la tendance à créer du symbole. 

    Nous avons la manie de rechercher du sens, de construire du sens même. C’est une manière de se relier au « réel », de l’organiser afin qu’il soit habitable en fonction de notre façon d’être au monde, en tant qu’humains. 

    En ce sens la science est une forme de sacré qui tente de donner, peut-être pas une finalité, mais des explications aux phénomènes, du sens au réel, théoriquement et pratiquement. D’ailleurs sa cosmogonie nous dit qu’il y a plus de 13 milliard d’années, l’univers est sorti d’on ne sait ou, comment, et pourquoi. Que la vie est une sorte d’accident extrêmement rare apparue sur une petite planète insignifiante dans l’immensité incommensurable du cosmos.

     Et en plus il nous faut mourir un jour, et peut-être ne me reste-t-il qu’un jour à vivre au moment ou j’écris ces lignes...

    Il faut admettre que c’est angoissant...

    D’ailleurs beaucoup de scientifiques ont été, ou sont croyants en quelque chose de « transcendant ». 

    Et en passant, religion et science ont toujours entretenu des relations extra-conjugales. David F.Noble dit des choses intéressantes à ce sujet, en particulier dans  :« The religion of technology, The Divinity of Man and the Spirit of Invention. » 


    http://en.wikipedia.org/wiki/David_...

     

    deuxièmement, on voit bien que le monde séculier moderne, baignant dans ses marées politico-scientifico-économiques, non seulement c’est révélé incapable de répondre correctement à ce besoin de sens dans un contexte de plus en plus chaotique, mais contribue, dans un causalité circulaire démente, à aggraver les choses. Le chaos , le néant, le désordre, la mort, ce sont les premières choses que le sacré essaie de conjurer. Donc des personnes ordinaires se tournent vers la religion, ou se crispent sur leur religion, pour trouver un dérivatif, une planche de salut, des pensées eschatologiques et sotériologiques ; et des personnes assoiffées de pouvoir instrumentalisent les cultes. D’autres personnes se tournent vers l’ésotérisme de pacotille, comme vous le dites très bien, ou...l’argent, bien absolu, sacrement absolu.






  • Par winston smith (---.---.---.94) 24 mai 2012 14:13

    Bonjour,

    Je suis assez triste de constater, en général, les lieux communs, ou la pauvreté des arguments contre la pub. Je suis moi même partisan de la disparition de la pub en même temps que le modèle industriel qui l’a engendrée. Cela dit, je pense que ce n’est pas l’endroit pour sortir les faits et chiffres accablants liés à la pub. le sujet m’intéresse beaucoup, j’ai lu bon nombre d’ouvrages sur le sujet, j’ai même parcouru le « publicitor ». Cela m’a inspirer un minimum de respect envers la pub et tant que phénomène social, et cela m’incite à ne pas penser à l’emporte pièce, si ce livre me tombe entre les mains je le lirai, et je remercie l’auteure de l’article d’avoir attiré l’attention dessus. Néanmoins je pense toujours que la pub est une nuisance à plusieurs niveaux, et je souhaite qu’elle soit complètement marginalisée. La publicité n’a pas été inventé pour des raisons « métaphysiques » mais pratiques. C’est fascinant de constater que sa puissance actuelle a, en fait, des fondements, même pas métaphysiques, mais irrationnels. Si un nouveau modèle de société voit le jour, la publicité a tout à fait sa place, elle jouerait un petit rôle, pour « rendre publique » l’existence de choses significatives qui ont peu de visibilité sur les réseaux.   
  • Par winston smith (---.---.---.94) 19 mai 2012 13:37
    Platon, Platon...
    Vous ne voudriez pas non plus d’une société édifiée par Platon.
  • Par winston smith (---.---.---.94) 18 mai 2012 10:04

    Bonjour,

    Merci pour votre article percutant. A mon avis la première grande offensive contre l’art en occident a été celle du monothéisme. Je reproche à ce dernier d’avoir au mieux essayé de circonvenir l’esprit humain par de la propagande artistique, au pire dénigré l’art y compris religieux, comme les protestants(évidemment je simplifie). D’ailleurs le monothéisme a beaucoup à voir avec la façon dont le créateur est perçu socialement à la fois maudit et sublimé. La grande ironie c’est que des artistes ont souvent réussi à dépasser le sujet pour produire des oeuvres expressives dans tous les domaines. Tout cela sur un très vieux fond d’appropriation « aristocratique » et « bourgeoise » de ce rapport au monde. S’approprier l’espace symbolique de l’art est une vielle intention des oligarchies. Et par exemple, en peinture, l’abstraction a été la première subversion moderne de cette endoctrinement, de cette codification à plusieurs strates, pour être récupérée après et, éventuellement, aboutir à l’art « content-pour-rien ».
     
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