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yoeta

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  • yoeta 20 août 2009 20:32

    Bonjour à tous,
    Félicitation à l’auteur de cet article pour la justesse de son argumentation et pour sa clairvoyance.

    L’auteur critique le projet de construction d’une ligne TGV au Maroc. Dans un autre contexte, ce projet pourrait s’inscrire dans un plan d’aménagement du territoire utile pour l’économie marocaine, dans ce sens il ne serait pas en soi condamnable. Toutefois, le processus dans lequel il se présente au Maroc comporte plusieurs éléments caractéristiques des maux de ce pays :

    - Une description détaillée du projet, de son cout réel ( entretien compris ), du plan de financement, du plan d’aménagement du territoire dans lequel il s’inscrit, de la disponibilité d’une main-d’œuvre locale qualifiée et le transfert de savoir-faire sont autant de sujets absents du discourt politique et médiatique marocain. En bref, une communication claire et détaillée des tenants et aboutissants du projet est absente au Maroc.

    - Le DEBAT politique ou sociétaire est limité, la contestation est quasi absente. La majorité des Marocains ne savent pas ce qu’est un TGV et les assemblées politiques se contentent d’approuver les volontés de la monarchie. Au Maroc un trajet Casablanca-Tanger coute, 70 dhs en car classic, 130 dhs en car CTM et 120 dhs en train classique. Compte tenu de leur pouvoir d’achat, la majorité des Marocains préfèrent le moyen de transport le moins cher, le car classique. Pour beaucoup une différence de 50 ou 60 dhs représente une dépense difficile à supporter et surtout inutile. Le gouvernement marocain n’a pas communiqué les estimations des prix d’un trajet Casablanca-Tanger en TGV, la comparaison est impossible ; il est cependant difficile d’imaginer que le TGV serait moins cher ou aussi chèr que le train classique. Toutefois, la liberté d’expression est un concept que l’on ne connaît pas au Maroc.

    - L’industrie marocaine est lacunaire, les rares spécialisations industrielles marocaines tel que le textile, évoluent dans un climat de concurrence internationale difficile et plusieurs entreprises sont amenées à déposer le bilan. Malgré cela, les Marocains sont fiers d’avoir les derniers gadgets technologiques ou industriels, le parc automobile marocain change rapidement, et de nouvelles voitures, plus ou moins luxueuse arpentent les rues mal entretenues des villes marocaines. Certains Marocains en tirent un sentiment de satisfaction lié à une impression de modernité leur permettant d’oublier, également, la réalité politique et sociale du Maroc, une économie lente en périphérie de celle de l’Union européenne aux taux de chômage élevés. Ils peuvent le temps d’un instant penser que le Maroc est aussi moderne que l’europe et à défaut d’avoir un visa, consommer TGV au Maroc. Ils sont alors à l’abri du complexe d’infériorité qu’ils cultivent à raison vis-à-vis de la civilisation occidentale. Ce problème n’est pas lié au projet d’un TGV au Maroc ; de plus en plus de boutiques de grande marque de mode ouvrent au Maroc. Dans tous les domaines, construction, textile, équipement industriel, service public, télécommunication, art.... les Marocains ont décidé de consommer ce qu’il y a de meilleur, sans savoir le produire, ni même comment cela fonctionne. Pour ceux qui doutent, prenez le temps de demander sur un marché marocain le prix et la réputation des différents produits : l’espagnol est plus cher et meilleur que le marocain, le français encore mieux, l’italien parfois ..... Le produit marocain est généralement de mauvaise qualité et peu compétitif. Les Marocains ne sont pas capables de conceptualiser et de produire des motocycles, mais ils ont les moyens d’acheter un TGV. Pire que le manque de liberté d’expression, c’est la complaisance de certains Marocains face aux contradictions de l’organisation politique marocaine. Une complaisance à la fois forcée, acquise par manipulation de la propagande et par la corruption de la consommation ou du gain.

    - Une monarchie esclave des puissances occidentales, qui de peur de perdre une place malhonnêtement acquise, approuve les volontés occidentales tête baissée et répercute les difficultés sur le peuple du Maroc. ; elle tire, dès lors, son épingle du jeu et se contente d’amasser des fortunes considérables estimées à 6 % de la richesse du pays. Mais encore plus difficile que le TGV pour le Maroc, il y a quelque année un accord de libre échange a été signé avec les États-Unis d’Amérique. Le débat a été, comme à l’accoutumer limité, voir absent. Pourtant, ce projet est un évènement important pour le Maroc et les risques qu’encourt une économie faible qui produit et exporte peu sont importants. Comme pour le TGV l’absence de débat politique et sociale, la lâcheté de la société civile et l’intérêt qu’elle accorde uniquement au profit et à sa petite réputation mènent le Maroc droit au mur.

    Le Maroc s’intéresse au TGV alors que des autoroutes toutes neuves sont à peine achevées. En parallèle, il ne prête que peu d’intérêt aux nouvelles technologies écologiques et plus abordables, à sa dépendance énergétique extérieure, à sa justice moyenâgeuse, à son système de santé en ruine. La liste est longue et je serais surpris, qu’une personne, marocaine ou non qui à visiter le Maroc en dehors des sentiers touristiques ne partage pas cet avis.







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