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Commentaire de Christian Labrune

sur Les ROBOTS seront-ils l'avenir ou le tombeau de l'Humanité ?


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Christian Labrune Christian Labrune 28 octobre 2016 00:56

@oncle archibald
Non, l’intelligence artificielle qui est actuellement visée par les spécialistes de ces questions n’est pas une « programmation plus complexe ».
On distingue deux sortes d’intelligences artificielles : l’IA dite « faible », qui simule des fonctions intellectuelles en exploitant des bases de données. C’était le cas des moteurs d’inférences dans les systèmes experts. SImulation du diagnostic médical, par exemple, ou contrôle des processus industriels complexes.
L’IA forte entend faire parvenir la machine à un niveau de conscience équivalent à celle de l’homme. Ce qui signifie qu’à partir de l’émergence de ses capacités cognitives, elle se connaît et peut travailler elle-même à sa propre transformation. Elle peut modifier sa structure matérielle et se programmer « librement », comme vous et moi. La notion d’émergence est fondamentale : il y a longtemps qu’on a remarqué que dans des colonies de robots rudimentaires, des comportements apparaissaient qui résultaient des interactions et qui n’avaient jamais été prévus et strictement programmés. L’émergence de l’intelligence paraît liée à l’augmentation de la complexité. Le cerveau humain est actuellement ce qu’il y a de plus complexe sur la planète, mais cela ne durera pas : la loi de Moore continue à rester vraie, qui prédit un doublement de la densité des composants dans les processeurs tous les 18 mois à peu près. Ce qui n’augmente plus guère, c’est la f’réquence d’horloge des systèmes, mais cela ne constitue pas un véritable obstacle.

L’article de Victor est très intéressant, pose d’excellentes questions, mais je ne vois pas ce que viennent faire là les « lois de la robotique » d’Asimov. Cette fantaisie littéraire n’a plus aucun sens aujourd’hui ; elle pourrait s’appliquer à l’IA faible, mais pas à l’IA forte.
On a longtemps douté de la possibilité de l’IA forte. J’ai encore des bouquins des années 80 où des gens qui sont pourtant des informaticiens mais trop marqués par la tradition spiritualistes pensent encore qu’en dehors de l’homme il n’y a point d’intelligence possible. On n’en est plus là, fort heureusement, et plusieurs projets engloutissent des sommes considérables actuellement pour aboutir à la réalisation d’un véritable cerveau artificiel dans peu d’années. L’erreur de beaucoup me semble quand même de vouloir calquer l’intelligence artificielle sur le fonctionnement du cerveau humain. Simulation de gigantesques réseaux de neurones, par exemple. Alain Cardon, dans un de ses bouquins, proposait même de mettre au cahier des charges de la réalisation d’une machine pensante l’implémentation d’un inconscient(!) artificiel. Il faudrait d’abord, pour ça, prouver la pertinence de la théorie freudienne ! Et pourtant, c’est un auteur extrêmement compétent dans ces domaines, et dont les travaux font autorité.


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