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Commentaire de Lucadeparis

sur Mélenchon engrange, Macron piégé par la Hollandie


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Lucadeparis Lucadeparis 31 mars 06:15

@wesson
S’il y avait eu un vote de valeur, Bayrou aurait été élu aux précédentes élections présidentielles, car plus consensuel. C’est la structure du scrutin majoritaire à deux tours et son bipartisme qui l’a éliminé.
Comme les primaires de cette présidentielle ont amené des candidats clivants, plus extrémistes (François Fillon le candidat des vieux riches, et Benoît Hamon le candidat des jeunes pauvres, plutôt que des centristes ambigus comme Alain Juppé et Manuel Valls voire Arnaud Montebourg), un gouffre s’est ouvert pour le « centre » (contrairement à la primaire de gauche/socialiste de la précédente présidentielle qui avait éliminé les candidats les plus radicaux : Montebourg puis Martine Aubry).
Le précédent candidat préféré de la ploutocratie, Juppé, étant éliminé malgré ses efforts médiatiques, tout son nouvel effort médiatique s’est reporté pour Emmanuel Macron, vainqueur du casting (comme si ce n’était pas le continuateur de la politique du décrié François Hollande : « Mon Emmanuel, c’est la finance. ») ; car Fillon a des aspects trop catholiques traditionnalistes, pas assez libéraux : il ne va pas autoriser qu’on loue les ventres des femmes pour faire des enfants comme les bras des ouvriers à l’usine, souhait d’un de ses rois mages, Pierre Bergé, copropriétaire du Monde  ; et il est trop pro-russe, pas assez atlantiste. Alors que l’immature Macron jouera le scénario qu’on lui dictera.
Avec Macron, le séduisant comédien de théâtre attrape-tout (de l’ultralibéral Alain Madelin au pseudo-communiste Robert Hue), un des deux candidats de la ploutocratie (Fillon celui de la droite conservatrice et Macron celui du capitalisme libéral-libertaire), déjà chantre en 2007 de l’ubérisation sous la présidence de Nicolas Sarkozy en tant que rapporteur général adjoint dans la Commission pour la libération de la croissance française de Jacques Attali, attendez-vous à l’ubérisation de tous les domaines de la vie (rappelons qu’avec Uber, on travaille 60 heures par semaine pour 1700€ par mois, sans « congés ni protection personnelle »).

La seule fenêtre réaliste d’alternative, c’est une concentration du vote sur Jean-Luc Mélenchon (qui s’est lui-même refusé au risque du quitte ou double de la primaire, lui qui s’est dit avoir été traumatisé et déprimé par l’accès du Front National au second tour de la présidentielle de 2002. Mais quelle triche y aurait-il eu contre lui ?), surtout car il propose une assemblée constituante pour une 6e République, et un protectionnisme solidaire. Hamon a la légitimité de son élection populaire (comme Fillon qui sinon aurait été destitué par son parti), a créé une surprise par le vote romantique et exaspéré des jeunes, sans Revenu de Solidarité Active / Minimum Jeunesse, alors qu’Arnaud Montebourg (mon préféré aux deux primaires) proposait un programme plus cohérent et plus proche de celui de Mélenchon : 6e République, protectionnisme solidaire, travail plus justement rémunéré plutôt que revenu à rien faire. Hamon patine sans programme cohérent, sans loyauté de son parti (comme Ségolène Royal en 2007 avec sa « démocratie participative » qui ébranlait la domination des vieux éléphants), sans charisme (au débat télévisé, Mélenchon était le meilleur, avec sa verve, son humour, suivi par Marine Le Pen, et Benoît Hamon le pire des cinq débattants). J’ai hésité avec des votes protestataires sans aucune chance (comme Nathalie Arthaud lorsque je l’ai vue face aux chiens de garde de la ploutocratie Vanessa Burggraf et Yann Moix qui trouvaient violent qu’elle ôte quelques milliards aux milliardaires, à On n’est pas couché du 11 mars ; ou François Asselineau pour retrouver une souveraineté face à l’Europe bancaire de Macron, celle qui trouve plus raisonnable qu’en Grèce « Des enfants s’évanouissent à l’école à cause de la faim »).

On ne peut pas se fier à des sondages issus de firmes privées elles-mêmes partisanes et tentées de manipuler, pronostiquant l’avant-veille du résultat Fillon à 30% devant Juppé et Sarkozy à 29%, alors qu’il aura obtenu 44,1% et eux 28,6% et 21,6%. Et à peine un mois avant cette élection primaire, Fillon était pronostiqué à 41% et Juppé à 12%... Elles pronostiquaient aussi dans l’autre primaire, deux semaines avant le premier tour, Valls à 36%, Montebourg à 23% et Hamon à 21%, alors qu’ils auront obtenu 31%, 18% et 35%. Et comme on ignore l’abstention, que Mélenchon peut encore faire la différence dans les débats, je préfère faire le choix parmi mes hésitations et ceux qui peuvent devenir présidents celui qui a la meilleure probabilité d’arriver au second tour, donc le choix de Mélenchon.


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