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Accueil du site > Culture & Loisirs > Il porte un joli nom Saturne...

Il porte un joli nom Saturne...

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Il porte un joli nom Saturne ! Un nom aux sonorités de sifflante, de dentale, de gutturale, consonnes contrastées emplies de douceur, d'éclats, de rudesse !

Le maître du temps, Saturne chez les romains, a inspiré une chanson pleine de charme et d'humour à Georges Brassens...

 

Qualifié de "morne", de "taciturne", au début du texte, le dieu Saturne apparaît froid, impitoyable, lointain, inaccessible au commun des mortels.

 

"Dieu inquiétant", mystérieux, tel est bien ce maître du temps qui passe, malgré son joli nom.

 

On le voit s'amuser à "bousculer les roses", jeu cruel, car le dieu joue à blesser, de sa marque, des fleurs fragiles, symboles et raccourcis saisissants de la vie humaine.

 

Un jeu de mots subtil apparaît alors : "le temps tue le temps, comme il peut"...L'expression "tuer le temps" semble prendre, ici, tout son sens, car Saturne s'amuse à pousser les roses vers le déclin et la mort...

 

Soudain, le poète s'adresse à la femme qu'il aime, de manière familière, avec une apostrophe élogieuse "ma belle ". Et, il prend conscience de la fuite du temps : c'est elle, la victime du temps... D'une manière imagée et somptueuse, Georges Brassens évoque un changement subtil : "Toi qui as payé la gabelle / Un grain de sel dans tes cheveux."

 

L'expression répétée suggère bien l'action inexorable du temps, mais le poète commente, aussitôt, en associant la "belle" à "l'automne" et affirme, familèrement, la beauté de sa bien-aimée : "c'est pas vilain, les fleurs d'automne."

 

L'image de la fleur réapparaît et sa splendeur semble inaltérable.

 

L'invitation qui suit est pleine de charmes et d'insistance, avec l'impératif répété "viens", avec l'apostrophe, "ma favorite" qui magnifie la femme, avec cette demande pressante, pour visiter le jardin et "effeuiller la marguerite."

 

Le poète réaffirme l'idée de beauté, en employant le pluriel : "je sais par coeur toutes tes grâces..." Et, à la fin du poème, par une belle inversion, Saturne, si puissant, apparaît vaincu...

 

Belle parodie de ces poèmes d'antan, où le temps est victorieux, où les poètes essaient de convaincre de toutes jeunes filles de les aimer, car le temps presse et détruit inexorablement toutes beautés !

 

Et la jeune fille en fleur, appelée de manière amusante "la petite pisseuse d'en face", est invitée à aller "se rhabiller".

 

La mélodie, assez lente et pesante, semble mimer le rythme du temps qui passe.

 

On perçoit, dans cette chanson, tout l'art de Georges Brassens : le poète mêle, harmonieusement, des références littéraires, un langage familier, un humour plein d'élégance...

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/article-il-porte-un-joli-nom-saturne-123508345.html

 

Vidéo :

 


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27 réactions à cet article    


  • Laconique Laconique 13 avril 12:49

    Victor Hugo a écrit un poème intitulé « Saturne », et Verlaine aussi.


    • Saturne, le grand maléfique (satan) se fête le samedi (shabbat). Maléfique, et pourtant,.... Le Saphir, en grec SAPHEIROS, vient du sanscrit Cani-Pria-M qui veut dire « aime de la planète saturne ». Saturne, de SAT = l’être manifesté. Saturne est le principe de condensation de la conscience par le feu, de la matérialisation par l’immatériel esprit qui, par le désir de créer, se voile pour devenir matière, première étape vers l’individuattion. Si Vénus est l’aimée de saturne, c’est qu’elle est précisément l’énergie du désir, « germe du monde » (Saturne ou Dieu des semailles), le magnétisme universel qui attire sur tous les plans les pulsions contraires (jeunesse-vieillissement,...) en vue de leur fécondation réciproque.


      • Loatse Loatse 13 avril 13:21

        N’a t’il rien d’autre à faire que passer ce Saturne (« le temps passe ») et d’abord pour aller ou ?

        En plus il est sans gêne : t’as beau mettre des serrures à ta porte, fermer tes volets, il s’invite te laissant les traces de ses méfaits.. quelques cheveux blancs de plus, un éventail autour des yeux et l’impression d’avoir été rouée de coups parfois pendant son sommeil...

        nan nan, c’est pas un type sympa...

        L’un d’entre nous, pauvres humain à sa merci, tenta tout de même de mettre fin à ce petit jeu là... un certain Einstein... il l’attendit de pied ferme, sans dormir, des nuits durant (l’autre se méfait) puis ; arrivant on ne sait comment à le coincer dans les couloirs, lui assena tout de go :

        Le temps n’existe pas !!!....

        L’autre, le saturne, il a vacillé dites donc, l’a même commencé à s’estomper...lorsque, par malheur, celui ci avisa un miroir (serviteur du temps qui passe) oublié là sur une commode..

        Saisissant l’objet, notre maléfique plaqua ce dernier (avec le peu d’energie vitale qu’il lui restait), devant les yeux de notre savant qui ne put que constater les dommages.. 

        et prit la fuite

        C’est dire s’il est rusé le bougre !

        Enfin, ce n’est que partie remise... ;)

        Merci pour cette belle chanson de brassens, rosemar.


        • @Loatse
          Saturne a castré son père pour préserver sa mère des assauts chaotiques d’URANus (le ciel). Instaurant ainsi le temps, les saisons (un temps pour chaque chose,....). Il est vrai qu’à son tour, il subit le même châtiment. Le jour des GJ est le samedi (tiens, tiens) ceux qui bloque les avancées de Jupiter (dit autrement, ils le castre). Saturne est représenté avec une faucille. Jupiter, c’est la vie, l’abondance, mais aussi l’hubris et la crise de foi(e). Wiki : 

          Jupiter-Zeus, caché en Crète, grandit, et revint se venger de son père. Grâce à une potion, il lui fit vomir ses frères et ses sœurs, et, après une longue guerre de dix ans contre lui et les Titans (la Titanomachie), il le chassa du ciel.

          Saturne-Cronos fut alors recueilli par Janus. C’est le commencement de l’Âge d’or.


        • rosemar rosemar 13 avril 23:31

          @Loatse

          Merci pour ce message !


        • IL est souvent dit des parents pervers-narcissiques qu’ils sont saturniens (revue PSYHOLOGIE) ce qui n’est pas tout à fait exact. Cela peut aussi être aussi une chance pour les enfants qui doivent puiser en eux leur propres ressources ou les fruits intérieurs. 


          • Fergus Fergus 13 avril 17:23

            Bonjour, Rosemar

            Très beau poème chanté. Merci à notre illustre Sétois !

            Hélas ! écrire ceci « Un nom aux sonorités de sifflante, de dentale, de gutturale » aurait effrayé ce bon Georges.


            Certes, il ne se fichait pas complètement de la grammaire, mais il l’accommodait volontiers à sa sauce : « Si la grammaire a ses règles, la chanson, véhicule populaire s’il en est, a également les siennes qui, traditionnellement, sont moins inflexibles ».


            Quant à la linguistique, très franchement, je ne sais pas si Brassens y attachait quelque importance. Mais cela m’étonnerait si je me réfère à ce propos de notre brave moustachu : « Je ne peux m’empêcher de penser à celui qui disait que les ornithologues en savent beaucoup plus sur les oiseaux que les oiseaux eux-mêmes, mais que jamais on n’a vu un ornithologue voler » !


            • rosemar rosemar 13 avril 23:35

              @Fergus

              Je pense que vous êtes effrayé par les sonorités et leurs noms, mais je suis sûre que Brassens était sensible, lui, à la musique des mots et des sonorités...

              La poésie, vous connaissez ?


            • Fergus Fergus 14 avril 09:14

              Bonjour, rosemar

              Vous confondez les sonorités et leurs noms !

              La citation de Brassens sur l’ornithologie montre bien que Brassens n’attachait aucune importance à l’étalage, hors contexte spécialisé, des désignations techniques des mots qu’il utilisait. En cela, il était comme la faucheur qui fauche avec précision et talent dans son art paysan sans se préoccuper un seul instant qu’un physicien vienne nommer la forme de parabole qu’il réalise avec son outil !

              Et pour ce qui est d’être sensible aux mots et à la sonorité, c’est une obsession qui m’a touché dès ma petite enfance et n’a cessé de m’accompagner, au point que, lorsque j’écris — qu’il s’agisse de romans, de nouvelles ou d’articles  je ne cesse de peser ces mots et ces sonorités dans un souci constant d’équilibre et de fluidité de lecture.

              C’est d’ailleurs pour cela, pour cet attachement viscéral à la littérature et à sa composante poétique, que j’éprouve une réelle proximité avec Brassens, un poète-chanteur pour lequel j’ai toujours éprouvé une grande admiration. Et ce n’est évidemment pas un hasard si, lorsque je vivais à Paris, je suis allé l’écouter 3 fois en concert à Bobino.


            • rosemar rosemar 14 avril 09:36

              @Fergus

              Mais les noms sont révélateurs et importants ! Quand on est sensible à la poésie, on doit être sensible aussi aux mots...
              Je ne fais aucun étalage, j’analyse un texte et ses composantes : les sonorités en font partie... les sifflantes sont douces, les gutturales plus rudes, etc.

              Il ne faut pas mépriser la phonétique !


            • Fergus Fergus 14 avril 14:04

              @ rosemar

              « Quand on est sensible à la poésie, on doit être sensible aussi aux mots »

              Aux mots, oui, mille fois oui, mais pas forcément à leur dépeçage technique ! L’ancien informaticien que je suis s’est d’ailleurs toujours appliqué à parler sans entrer dans le jargon professionnel, même pour expliquer des fonctionnements d’application.

              « Il ne faut pas mépriser la phonétique »

              Je ne la méprise en aucune manière. J’ai même eu un ami  hélas décédé  qui était grammairien de formation, et passionné de phonétique, pour qui j’avais le plus grand respect. Or, lui aussi prenait ses distances avec ce que vous nommez « l’étalage » qu’il nommait, hors des finalités d’expert, des « ratiocinations oiseuses » !

              Merci quand même pour le lien vidéo sur Brassens.


            • rosemar rosemar 14 avril 14:44

              @Fergus

              L’analyse d’un texte doit passer par l’étude des sonorités, surtout lorsqu’il s’agit de poésie... vous ne le savez pas ??


            • Fergus Fergus 14 avril 21:30

              @ rosemar

              OK, je n’insiste pas. Mais vous devriez visiter des sites spécialisés dans la,publication de textes poétiques, et vous constaterez que jamais il n’y est question de linguistique !


            • phan 13 avril 17:51

              Christian bouchait de l’extrait de Saturne, cria : « Saturne est bombée ! »


              • rosemar rosemar 13 avril 23:36

                @phan

                De quoi s’agit-il ??


              • phan 14 avril 08:13

                @rosemar

                Il s’agit du danger de décaler les sons avec 3 histoires d’Hubert Reeves :

                (*) C’est Dieu qui en marre de l’éternité et qui voudrait bien souffler un peu. L’Archange Machin lui dit :
                - « Allez vous reposer un peu dans le système solaire... »
                - « Mouais... pourquoi pas ? Mais où ça ? »
                - « Sur Pluton, par exemple. »
                - « Non, dit Dieu, c’est beaucoup trop loin, et puis on se les gèle, là-bas ! »
                - « Sur Vénus, alors ? »
                - « C’est le contraire, on y crève. »
                - « Sur Saturne ? L’Archange ne sait plus à quel sein se vouer. »
                - « Ah non, » dit Dieu. « La pesanteur est trop forte, tu sais bien que ça me fait mal au dos. »
                - « Bon, ben alors, sur la Terre ? »
                - « Tu n’y songes pas, » s’exclame Dieu. « J’y suis allé il y a vingt siècles, j’ai eu une petite histoire avec une locale, et ils en parlent encore ! »

                (*) Une brune, une rousse et une blonde sont candidates pour une mission spatiale. La sélection commence par un entretien avec le chef de projet d’Ariane espace. La brune passe la 1ère. Le responsable lui demande : 
                - « Si vous aviez la possibilité de partir sur une autre planète, laquelle choisiriez-vous ? »
                La brune réfléchit : - « Je veux aller sur Mars car j’ai lu dans un magazine que la vie extraterrestre existe peut-être sur cette planète. »
                Le chef de projet convie alors la rousse et lui pose la même question.
                - « Moi, j’irai bien sur Saturne pour observer les anneaux de plus près, explique la rousse. » 
                - « Très ambitieux ! » Reprend le responsable.
                Et il interroge la blonde. Cette dernière réfléchit plusieurs minutes et finit par répondre :
                - « Je veux aller sur le soleil ! »
                Avec un sourire en coin, l’homme remarque :
                - « Mais, vous serez brûlée vive avec la fusée avant même d’y arriver ! » 
                - « Vous me prenez vraiment pour une idiote... Je vais y aller de nuit, pas de jour. »

                (*) Deux belges vont en camping. Ils installent leur tente dans une clairière et se couchent pour dormir. Quelques heures plus tard, l’un d’eux réveille l’autre et lui dit :
                - « Regarde dans le ciel et dis-moi ce que tu vois. »
                - « Des millions d’étoiles ! »
                - « Et qu’est-ce que ça veut dire, selon toi ? »
                Le Belge interprète la question un instant, prend un air intelligent et dit : 
                - « Astronomiquement parlant, cela veut dire qu’il y a des millions de galaxies et des milliards de planètes dans le vaste espace. Astrologiquement, cela me dit que Saturne est en Verseau. Pour l’heure, je dirais qu’il est quatre heures du matin. Théologiquement parlant, il est évident que Dieu est tout puissant et que nous sommes petits et faibles. Météorologiquement, il semblerait qu’il fera très beau demain. »
                Après s’être fait dévisager par l’autre Belge pendant quelques minutes il reprend :
                - « Quoi, qu’est-ce que j’ai dit de mal ? »
                - « Triple idiot … et concrètement ça veut simplement dire qu’on s’est fait voler la tente ! »

              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 avril 08:43

                @phan

                Si on en est aux blagues sur les blondes ... Deux blondes discutent entre elles...L’une demande : Et toi ,tu fumes après l’amour ? L’autre de répondre : Je sais pas, j’ai jamais regardé. Ok ...je sors............


              • Jean Keim Jean Keim 14 avril 09:22

                Le temps existe quand on y pense, néanmoins pensé ou pas le chronomètre (tiens ! Pourquoi pas le saturnemètre ?) continue d’incrémenter le temps passé, il est d’ailleurs notable que la lecture du temps qui coule est impossible pour cela il faudrait le figer.


                • JC_Lavau JC_Lavau 14 avril 09:53

                  Article encore plus consternant que d’habitude.

                  Certains se sont vantés de faire passer les articles de Rosemar par pure malveillance : pour qu’ils achèvent la dégringolade du site.


                  • rosemar rosemar 14 avril 10:28

                    @JC_Lavau

                    Vous n’aimez pas la poésie ? Vous êtes à plaindre...


                  • JC_Lavau JC_Lavau 14 avril 11:22

                    @rosemar. On a déjà été contraints de chanter la Symphonie Funèbre et triomphale, de Berlioz.
                    En pleine guerre coloniale. Depuis les allergies restent.


                  • JC_Lavau JC_Lavau 16 avril 14:32

                    @JC_Lavau. Tandis que les nanas ne sont pas mobilisables, ne sont pas appelées du contingent, échappent aux guerres coloniales.


                  • Doume65 14 avril 12:11

                    C’est sur cette chanson que j’ai été interrogé pour l’oral du bac de français... Elle m’a permis de bien rattraper l’écrit. (Merci au passage à mon prof.)


                    • rosemar rosemar 14 avril 14:45

                      @Doume65

                      Magnifique ! 


                    • tobor tobor 14 avril 16:16

                      Le poète, l’anarchiste des plateaux télé, y en a d’autres depuis...


                      • Donatien Donatien 14 avril 22:07

                        Farceur à l’excès

                        Saturne vous a-t-il abusée

                        Au point d’oublier vos roses

                        Les faner sans les taquiner ?

                        Craignait-il de trop s’y ennuyer ?


                        • L'Astronome L’Astronome 15 avril 14:42

                           

                          Il ne faut pas oublier que Saturne correspond à l’Âge d’Or dans la mythologie grecque et latine, c’est l’Âge qui suit immédiatement la création de l’Homme. Saturne, un affreux vieillard qui avale ses enfants ? Mais non, un dieu bénéfique.

                           

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