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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > 100 ans de musique russe : Tchaïkovski

100 ans de musique russe : Tchaïkovski

Alors que Moussorgski et le Groupe des Cinq privilégiaient la musique russe, Tchaïkovski, qui était d’origine française par sa mère, parlait le français, et voyageait énormément, intégra la musique occidentale dans son oeuvre. Contrairement au Groupe des Cinq, il ne dédaigna pas la musique de chambre. Il lui donna, au contraire, ses lettres de noblesse russes ainsi qu'au ballet, considéré jusque-là comme genre mineur. Fort de tout cela et des opportunités qu'il sut saisir, il devint un compositeur de renommée mondiale. Sur le plan privé, nous savons aujourd’hui que Tchaïkovski était homosexuel mais il n’existe pas de certitude absolue que cela soit la cause de sa mort. Un certain mystère subsiste sur ce point.

A la fin de sa vie, Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840 - 1893) sera devenu un compositeur "officiel". Mais son homosexualité dérange le pouvoir. Aussi, certains historiens pensent que sa mort par empoisonnement aurait été arrangée en haut lieu, voire par le tsar lui-même. Sans preuve, cette thèse relève pour l'instant du pur fantasme. Ce dont on est sûr aujourd'hui, c'est qu'il n'est pas mort accidentellement du choléra mais qu'il s'est lui-même empoisonné sur l'injonction d'un tribunal d'honneur lui reprochant sa sexualité déviante. A la

Il n’a que quatorze ans, en juin 1854, quand sa mère meurt du choléra. En souvenir de celle qui toujours l'encouragea dans la voie musicale, il se mit à composer. C’est aussi l'époque de l'éclosion de ses penchants homosexuels - platoniques - auprès d'amis...

Tchaïkovski dans la sphère des Rubinstein

On ne peut évoquer Tchaïkovski sans parler de sa dette envers Anton Rubinstein (1829 - 1894), pianiste, compositeur et chef d'orchestre russe, et de son frère Nikolaï Rubinstein (1835 - 1881).

Les frères Rubinstein ont été élevés musicalement en Allemagne, leur mère s'étant établie à Berlin en 1844. Anton y étudie la musique auprès de Siegfried Dehn, et au contact de Felix Mendelssohn et Giacomo Meyerbeer. Pour cette raison, la musique d'Anton Rubinstein (son frère ayant peu composé) a des consonances plus européennes que slaves. Le Groupe des Cinq et d'autres musiciens lui reprochèrent de n'être pas assez russe. 

Mais les Rubinstein ont joué un rôle décisif dans le renouveau musical russe et les institutions. Quand Alexandre II arrive au pouvoir en 1855, il veut lancer des réformes pour rattraper l'Occident. Sa tante allemande, la grande duchesse Elena Pavlovna, le persuade de rénover aussi la vie musicale. Or, il se trouve qu'elle connaît bien Anton Rubinstein qui fut son musicien attitré à partir de 1848. Quand elle fonde la Société de musique russe, c'est donc tout naturellement à lui qu'elle en confie la direction. Pour la raison aussi qu'il est expérimenté en culture musicale allemande, modèle dominant à l'époque.

Tchaïkovski, qui a été l’élève d’Anton Rubinstein, bénéficie d'un contexte favorable. Peu enthousiaste à l'idée de faire carrière dans l'administration, il donne sa démission pour se consacrer à la musique. Son père, bien que ruiné, n'y voit pas d'objection. Inscrit aux cours du Conservatoire de musique de Saint-Pétersbourg, il va ensuite rejoindre la section de la Société de musique russe qui s'ouvre à Moscou sous la direction de Nikolaï Rubinstein et qui devient le Conservatoire de Moscou.

Nikolaï Rubinstein et Tchaïkovski sont liés d'une grande amitié. Tchaïkovski lui dédia son Premier concerto pour piano, que Rubinstein refusa d'abord de jouer, mais qu'il accepta par la suite. Tchaïkovski lui confia la première de son ouverture fantaisie Roméo et Juliette en mars 1870. La mort de Nikolaï Rubinstein affecta beaucoup Tchaïkovski, qui dédia à sa mémoire son Trio op.50.

La querelle musicale

Tout juste diplômé du Conservatoire, Tchaïkovski fut invité à y dispenser des cours de musique. Deux écoles s’opposent alors. Tandis que Rubinstein est féru de qualité allemande, Balakirev, au sein de l'école libre de musique, privilégie le chant choral et la musique russes.

Il y a les russophiles et les pro occidents. Parmi ces derniers, Anton Rubinstein ne croit pas en la possibilité de développer sur des thèmes russes du folklore. Les russophiles sont d'un avis contraire et, prenant comme modèle Kamarinskaïa de Glinka, pour grand orchestre, ils en copient la recette mais en rallongeant la durée de leurs compositions "à l'allemande" : Borodine "Dans les steppes de l'Asie centrale", Rimski-Korsakov "Ouverture La Grande Pâque russe", Tchaïkovski "Deuxième symphonie", Moussorgski...Tchaïkovski reprend la construction typiquement russe de Glinka avec donc une suite d'orchestrations différentes d'une même mélodie, et et non pas par des variations ou juxtaposition des thèmes comme font les allemands.

L'homme qui n'aimait pas les femmes

Tchaïkovski projeta un moment d'épouser la cantatrice Désirée Artôt qu'il admirait. Mais c'était un projet sans passion. Il était, en effet, épris d'un jeune homme. Le personnage de Juliette dans l'œuvre "Roméo et Juliette" du compositeur ne semble pas donc inspiré par la cantatrice.

Pas plus que son oeuvre "Tatiana" n'est inspirées de la femme qu'il épousa pour de vrai. En 1876, le compositeur annonce dans une lettre à son frère Modeste, homosexuel comme lui, qu'il veut se marier pour se ranger. Il épouse une admiratrice, Antonina, qui lui déclare sa flamme. Mais très vite, il trouvera toutes sortes de prétextes pour la fuir et s'éloigner de cette vie commune qui va contre sa nature. Antonina restera néanmoins Madame Tchaïkovski jusqu'à sa mort.

A la fin de l'année 1876, Tchaïkovski reçoit une lettre d'une autre admiratrice : la veuve du riche industriel Karl von Meck. Cette dernière lui apportera soutien financier et moral. La relation sera qtrictement épistolaire. En effet, la correspondante pose comme condition qu'ils ne se rencontrent jamais. C'est sans doute ce qui fit que cette amitié dura des années. Même quand, de 1787 à 1885, Tchaïkovski voyage de lieu en lieu grâce aux dons de Mme von Meck et que celle-ci réside au même endroit que lui, ils respecteront cette règle, allant jusqu'aà s'écrire plusieurs lettres par jour !

C'est déjà Mme von Meck qui avait financé son mariage et permis à Tchaïkovski ses escapades à l'étranger loin de son épouse Antonina. Elle est devenue son mécène et, lui, libéré des soucis financiers, est devenu compositeur à temps plein. Une chance que n'avaient pas Mahler, Berlioz, Chopin, qui sont obligés de travailler à côté.

Il lui dédicacera sa 4 ème symphonie.

Les ballets de Tchaïkovski

- La Belle au bois dormant

Tchaïkovski dit son admiration pour la conception du joli selon Edvard Grieg et Bizet dans Carmen. Le directeur des spectacles lui suggère pour son ballet tiré de l'oeuvre de Perrault, une mise en scène dans le style de Louis XIV et des mélodies inspirées de Lully, Bach et Rameau. Tchaïkovski exploite de façon inventive les timbres pour les portraits musicaux : clochettes et piano en staccato pour la Fée d'argent, valse à cinq temps pour la Fée Saphir, éclairs électriques aux cordes pour la Fée Diamant, flûtes et clarinettes pour l'Oiseau bleu, etc. La structure musicale est différente de celle du Lac des cygnes : successions de pièces courtes très intenses et contrastées. Une construction à la manière des suites baroques. D'ailleurs, Tchaïkovski avait déjà composé trois suites pour orchestre avant ce ballet. La Quatrième suite "Mozartiana" est exceptionnelle. Elle est la simple orchestration de quatre pièces de Mozart.

A écouter (vidéo) : La Belle au bois dormant : Valse

- Casse-noisette

 A 51 ans, Tchaïkovski connaît une gloire internationale et collectionne les honneurs. Il écrit des œuvres d'enfance : l'opéra Iolanta et Casse-noisette. C'est une version édulcorée de la version d'Alexandre Dumas du conte d'Hoffmann, toute ambiguïté ayant été gommée. Casse-noisette est devenu, depuis sa création en décembre 1892, un véritable symbole musical. L'histoire est merveilleuse : le soir de Noël, Clara reçoit de son oncle un casse-noisette. Pendant la nuit, une merveilleuse féerie commence : dans le salon, les jouets s'animent et le Casse-noisette se transforme en prince...

Tchaïkovski était moins satisfait de la partition du Casse-noisette que de celle de la Belle au bois dormant. D'après Modeste Tchaïkovski, son frère Piotr avait toujours eu beaucoup d'estime pour le conte d'Hoffmann, et c'est ce qui l'aurait poussé à composer la musique, bien que le scénario très édulcoré ne lui ait pas plu du tout. 

Particulièrement connu dans le solo de la Danse de la Fée Dragée (pour un spectacle ravissant !) ou pour une meilleure écoute , le célesta apparaît dans d'autres passages de l'acte II. Le célesta est un instrument hybride entre le glockenspiel (sorte de carillon) et le piano. Le son enchanteur de l'instrument suscita l'admiration du public. Pour reproduire le caractère insolite du deuxième acte, il essaie de trouver des effets originaux de timbre.

A écouter et regarder : La célèbre valse des fleurs

Les symphonies de Tchaïkovski

- La 4ème symphonie (dédiée à Mme von Meck.)

Tchaïkovski explique sa symphonie à Mme von Meck : le 1er mouvement exprime le fatum, cette impossible réalisation du bonheur. La musique évoque la navigation entre la réalité pénible et les rêves fugitifs dont cette réalité vous tire brusquement. Le 2ème mouvement évoque la mélancolie du soir. Le 3ème mouvement n'exprime pas de sentiment particulier ; il s'agit d'images insaisissables et sans liens les unes avec les autres, comme le rêve. Des impressions et pas de narration. Le 4ème mouvement : si tu ne trouves aucun motif de joie en toi-même, regarde vivre les autres. Avec sa 4ème symphonie, Tchaïkovski trouve sa voie. Se sentant mal à l'aise avec ce qu'on lui a appris (exposition du thème, développement, réexposition), il écrit une exposition gigantesque qui dure plus de la moitié de la pièce. L'abandon au rêve est brutalement interrompu par les sonneries du destin. Le compositeur ne résout pas les tensions entre les thèmes, comme on le fait classiquement dans la composition allemande. La tension ne se libère pas. Dans le 1er mouvement, il veut que la musique finisse engloutie dans les profondeurs. Il y parviendra vraiment dans le 1er mouvement de sa 6ème symphonie.

- La 5ème symphonie

Tchaïkovski retient les critiques contre sa 4ème symphonie : elle n'était pas équilibrée, un vaste premier mouvement suivi de trois petits mouvements. Pour sa 5ème symphonie, il revoit la durée du développement du 1er mouvement et crée une mélodie qui sert de fil conducteur entre les mouvements. La 5ème symphonie est fondée sur une phrase unique dont les variations psychologiques n'affectent que le timbre et l'harmonie, mais très peu le rythme et pas les intervalles : manière très différente de celle de Liszt ou Wagner. La 5ème symphonie n'a pas de programme mais un sujet. Pour Tchaïkovski, la musique à programme ressemble au genre littéraire épique et la symphonie au lyrisme. Ses poèmes symphoniques seraient narratifs, au contraire de ses symphonies. Tchaïkovski répond à Mme von Meck qu'il respecte les formes de la symphonie pour la succession des mouvements mais pas pour les détails pour lesquels il prend toute liberté dans la construction du mouvement. Ainsi le 2ème mouvement de sa 5ème symphonie : la nostalgie exprimé par une longue phrase mélodique au hautbois, brutalement coupée, puis retour de la nostalgie une nouvelle fois interrompue. Double progression coupée dans son élan suivie d'un silence pesant (ou de la sérénité ?). Le 3ème mouvement est une valse mais fait encore partie du lyrisme avec son orchestration triste.

La Symphonie no 6 opus 74 "Pathétique"

La symphonie Pathétique est dédiée à son neveu dont il était épris. En 1893, le compositeur est à l'apogée de sa renommée. Il compose sa 6ème symphonie qu'il veut nommer "symphonie sans programme". Au lieu d'un final en allegro, il veut composer un adagio très lent. Il lui donne le nom de Pathétique et meurt une semaine plus tard en se suicidant par le poison que lui fit boire un tribunal d'honneur qui le condamna à mort pour son homosexualité. L'adagio lamentoso du 4ème mouvement constitue le sommet absolu de l'oeuvre : il exprime le désespoir et la musique s'éteint dans le néant. Quelques entorses aux règles formelles traditionnelles : la 1ère et la dernière parties se font écho. D'habitude le finale d'une symphonie est gai. Pour certains, la symphonie exprime les affres personnels du compositeur et sa prescience de la mort. Le compositeur était peut -être dépressif. Mais d'autres mettent en doute cette hypothèse, avançant qu'il est impossible de composer en état de dépression clinique et que Casse-noisettes, composée à une période proche, est une oeuvre gaie.

Les opéras

- Roméo et Juliette

Roméo et Juliette est tirée d'une œuvre occidentale mais Tchaïkovski la traite à la russe : la mélodie du frère Laurence entendue au début se superpose à celle de la bataille, et la mélodie d'amour reste intouchable : en d'autres termes, l'introduction sert au développement et le deuxième thème, lui, n'est pas développé.

C'est Balakirev qui suggère à Tchaïkovski le thème de Roméo et Juliette ainsi que le mode d'emploi. L'œuvre sera donnée par Nikolaï Rubinstein à la baguette le 4 mars 1870 dans la salle de concert de la société de musique russe. Grâce à son amitié avec Saint-Saëns, Tchaïkovski verra aussi son « Roméo et Juliette » joué à Paris en 1876.

- Francesca da Rimini

Tchaïkovski ne retient pas le thème principal de Dante, la femme malheureuse de son mariage forcé mais la dualité d'un monde d'amour et d'un monde de tempête. Le thème cher à Tchaïkovski est ici : il n'est pas de plus grand malheur que celui de se rappeler, dans le malheur, tout le bonheur passé. Projet d'opéra, l'oeuvre s'est muée en poème symphonique. Inspirée par le 5ème chant de l'Enfer de la Divine comédie de Dante, l'oeuvre évoque l'histoire de cette femme, Francesca da Rimini, qui, mariée à Gianciotto, personnage bossu et despotique, aime le frère de ce dernier. Lorsqu'il surprend les deux amants s'embrassant, Gianciotto les tue tous les deux.

- Eugène Onéguine

Tchaïkovski veut quand même créer un opéra (plus durable pour sa, notoriété, que ses symphonies, pense-t-il) mais il rejette les opéras de Wagner qui ne peuvent pas plaire à un public russe. Et il y a la pression nationale : prouver que les Russes peuvent composer leur opéra. Il ne suit pas non plus la voie Moussorgski qui a publié Boris Godonov cinq ans plus tôt, avec une manière de chanter proche de la langue parlée. Il invente une autre voie et un opéra original. Ce sera Eugène Onéguine, tiré d'une nouvelle de Pouchkine.

Une intrigue basique, peu d'action et d'effets scéniques (pas de coup de théâtre) ; l'accent est mis sur Tatiana, une héroïne idéaliste qui voit la vie comme un roman. Tatiana, jeune fille de la petite noblesse russe de province, aime Onéguine, jeune dandy blasé de Saint-Pétersbourg. Il dédaigne son amour. Plus tard, Tatiana épouse un homme riche. Onéguine la retrouve et comprend alors qu'il l'aime. Mais il est trop tard. L'opéra se double d'une intrigue secondaire : Onéguine fait la cour à Olga, soeur de Tatiana, mais celle-ci est promise à Lensky. Ce dernier provoque Onéguine en duel et il est tué.

Tchaïkovski oppose les chants populaires aux romances de salon, les valses rustiques aux polonaises aristocratiques, pour caractériser musicalement les deux milieux et les personnages (dans sa 3ème symphonie, on retrouvera cette opposition valse / polonaise). A l'époque de Berlioz et de Moussorgski, un procédé consistait à faire revenir une mélodie dans des contextes différents pour en changer le sens. Tchaïkovski utilise ce procédé en faisant chanter par Onéguine le motif que Tatiana entonnait des années auparavant lorsqu'elle lui adressait sa lettre d'amour. De même, lorsqu'il exprime son amour, on retrouve le motif par lequel il avait autrefois refusé la déclaration de Tatiana.

- La Dame de pique

Peut-être son chef-d’œuvre absolu. D’après Pouchkine. Tchaïkovski déplace l'intrigue au XVIIIème siècle sous Catherine II alors que chez Pouchkine elle est contemporaine. Cela lui permet de développer un esthétique néo-baroque, de recourir aux timbres de vieux instruments, de citer des auteurs de cette époque. Il cite Mozart (Concerto en ut majeur K 503 et Sérénade en ut mineur K 388) dans le duo entre Daphnis et Chloé. L'opéra est un drame de l'obsession qui habite un jeune officier amoureux de la fiancée d'un prince. L'histoire se termine par une partie de cartes contre le prince où la troisième carte tirée par l'officier est la Dame de pique, ce qui provoque son suicide, Lisa s'étant déjà elle-même suicidée auparavant. Présence du fantastique. La Dame de pique est orchestrée et non créée.

C'est à ce moment-là que Mme von Meck met fin à son aide financière par une lettre qui a été détruite. A la mort de Tchaïkovski, elle ne se déplace pas aux obsèques ; elle envoie une couronne. Elle meurt trois mois plus tard.

Autres œuvres majeures

- Quatuor no 1 opus 11

Ecrit en 1871. Le moderato débute par un premier thème qui préfigure celui de la Belle au bois dormant. Le second thème, plus linéaire, est toujours soutenu par les passages en gamme, lui donnant une perspective de mélodie accompagnée. L’andante cantabile fit couler des larmes sur le visage de Tolstoï. Le premier motif fut chanté au compositeur par un paysan ukrainien, le second est plus nostalgique. Le final est proche d’un rondo orchestral et s’achève par une brillante coda.

- Les sept mélodies opus 47

Le Grand Trio avec piano : inspirée par la mort de son ami Nikolaï Rubinstein en 1881, cette oeuvre est d’une grande force émotionnelle.

Le tsar Alexandre III sera son protecteur (Tchaïkovski est un conservateur monarchiste qui vit dans le milieu très protégé de la haute bourgeoisie). Tchaïkovski termine ainsi sa carrière comme compositeur professionnel et officiel. Et aussi international ! Il avait écrit une œuvre pour le mariage du fils du tsar. Après l'assassinat de ce dernier - Alexandre II - en 1881, il récidive avec une Cantate pour le couronnement d'Alexandre III. Sa protection impériale est alors accomplie et il se voit accorder une pension à vie, ce qui ne peut que renforcer sa loyauté...

Il est dommage que Tchaïkovski ne se soit pas entendu avec Brahms qu'il rencontra lors d'une tournée à Berlin en 1889. Les deux compositeurs vont s'opposer. Brahms reproche à Tchaïkovski son pathos facile, Tchaïkovski reproche à Brahms de confondre mélodie et thème : il ne sait pas se contenter d'une belle mélodie et veut à tout prix la complexifier.

Tchaïkovski meurt le 6 novembre 1893 à Saint-Pétersbourg, neuf jours après la création de sa sixième symphonie « Pathétique ».
 


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15 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 6 avril 2013 09:41

    Salut Paul,

     Je me demandais quand tu allais sortir un article sur Tchaikowsky.
     Les six symphonies, le concerto n°1 pour piano ont été mes premières musiques classiques.
      smiley

    • Taverne Taverne 6 avril 2013 10:49

      Salut Guy. Moi aussi je me demandais quand j’allais le faire cet article. Mais reconnaissons que c’est un gros morceau. Alors, j’ai pris le temps de consulter des (deux) ouvrages spécialisés et de peaufiner un plan et une histoire sympa pour présenter l’immense bonhomme.


    • L'enfoiré L’enfoiré 8 avril 2013 18:02
      Désolé pour le retard dans ma réponse.

      En effet, un gros morceau.
      Tu n’es pas sans savoir que nous avons le Concours Reine Elizabeth tous les trois ans pour piano. (Alterné avec le chant et le violon)
      Le Concerto n°1 pour piano est très souvent choisi est fait toujours plaisir au public.
      Merci pour le l’avoir fait ressortir.


    • L'enfoiré L’enfoiré 8 avril 2013 18:45

      Ce qui est bien dans le choix de tes articles, c’est que tu auras encore du beau travail de recherche.

      Il y a Rachmaninov qui vaut mieux qu’une messe.
      Chostakovitch, Glazounov, Prokofiev, Rubinstein, Stravinsky pour mes préférés russes.
      Sinon il y a Brahms que j’aime.
      Non, vraiment tu as le choix 
      @+

    • L'enfoiré L’enfoiré 9 avril 2013 16:39

      Un petit retour artéen temporaire sur la 4ème.


    • citoyenrené citoyenrené 6 avril 2013 11:42

      merci pour cet article intéressant qui éclaire l’œuvre de Tchaïkovski par sa vie, vie et parcours que je ne connaissais pas...tout comme j’apprécie la musique de Dvorak sans connaitre ni sa vie, son parcours, ni le contexte de son travail
      c’est intéressant


      • jujubes 7 avril 2013 00:58

        « the music lovers » de ken russel, un pur chef-d’œuvres de 1970, est enfin disponible en DVD (en version anglaise non sous-titrée) . à visionner toutes affaires cessantes .


        • Taverne Taverne 7 avril 2013 11:59

          « De chez Molinau ! » « Et j’en profite pour dire à Dédé qu’il passe les clés du camion à Bébert... »

          Ben voyons.


        • Antoine 7 avril 2013 14:54

           A nouveau, mes compliments Taverne ! Ce compositeur était effectivement un excellent technicien et un orchestrateur de génie dont il est difficile de tout survoler en un simple article mais vous avez oublié tout de même l’une de ses oeuvres la plus jouée et tout à fait admirable, je veux dire son concerto pour violon qui fait partie de la poignée de compositions forgées à cet instrument. On lui a reproché la facilité et le sentimentalisme alors qu’il était capable d’audaces comme dans sa dernière symphonie. C’est pourquoi vos exemples ne sont pas, de ce point de vue, parfaits puisqu’ils conduisent à cette conclusion. Vous pourriez, par exemple, ajouter la scène de la lettre et l’air du prince Grémine d’Eugène Onégine, bien entendu son concerto pour violon, aisément accessibles à l’oreille commune.


          • Taverne Taverne 7 avril 2013 16:09

            Bonjour Antoine,

            C’est normal que j’ai « oublié » certaines oeuvres. En revanche, j’avais prévu les liens vers des extraits d’Onéguine, dont la lettre. Mais j’ai été pris d’une sorte de flemme. Tous ces liens à copier - coller ! Donc les voici :

            http://www.youtube.com/watch?v=jlY-XNbWPxY

            http://youtu.be/Xt7a4BVtTr0

            http://youtu.be/wg5z1qhWNfo

            La scène de la lettre : http://youtu.be/Lz_Z9Tp_FrY

            La scène finale : http://youtu.be/tSP0_jMgMPs

            Ma préférée : la « complainte » de Lensky par Placindo Domingo : http://youtu.be/loqbP-8gT14


          • Antoine 7 avril 2013 16:56

             Courage, ajoutez le concerto pour violon, ce qui doit être assez facile puisqu’il a été enregistré de très nombreuses fois par tous les violonistes avec cd sur rue...


          • jujubes 8 avril 2013 15:28

            @taverne . au lieu de railler, renseignez-vous ..
            je précise : « Music Lovers - La Symphonie Pathétique » est un film de 1970 sur la vie de tchaïkovski par le bouillonnant et génial ken russel .
            —tout comme vous, j’ai un faible pour l’aria de lensky avant le duel fatal, on ne s’en lasse pas .


            • Antoine 9 avril 2013 22:35

               Ok pour l’air de Lensky mais le personnage du film n’a rien à voir avec le « vrai » Tchaïkovski...


            • Antoine 10 avril 2013 22:50

               Ben, Jujubes, pas content que j’ai dit que le personnage du film était totalement différent du véritable Tchaïkovski ? Cela prouve que tu n’as pas beaucoup de culture et encore moins une connaissance approfondie de ce compositeur, même si au final ce n’est pas bien grave si tu apprécies sa musique, la plupart des boeufs n’en ayant pas la moindre idée.


            • jujubes 11 avril 2013 04:24

              antoine & co, désolée d’avoir fait irruption dans votre débat entre connaisseurs, il est vrai que je n’ai pas beaucoup de culture et encore moins une connaissance approfondie de cet auteur, pour vous citer .

              il n’empêche que ce film, vu en salle il y a fort longtemps, m’a totalement initiée au monde, à la musique et aux souffrances du compositeur .
              mille excuses, les béotiens de mon espèce ont les références qu’ils peuvent .
              quelle idée de vouloir discuter de tchaÏkovski avec des « spécialistes » !

               pour finir, ces mots célèbres de blaise pascal :« Feu. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, pas des philosophes ni des savants » .

              « comprenne qui voudra » .

              sans rancune aucune, antoine, et vous avez raison : l’important est d’apprécier sa musique .
              —point final—

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