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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > 1386 : un « Jugement de Dieu » emblématique

1386 : un « Jugement de Dieu » emblématique

Dimanche soir s’est achevée dans la cité médiévale de Dinan la 22e édition de la très populaire « Fête des Remparts ». Marquée par un nombre toujours plus élevé de participants en costume d’époque, cette manifestation haute en couleurs a ravi les visiteurs venus découvrir le mode de vie, les techniques artisanales, l’art du combat et la musique de nos ancêtres. Mais comme l’on pouvait s’y attendre, c’est le spectacle de tournoi donné sous les murs du château qui a constitué le sommet de cette édition 2016. Au programme, un « combat judiciaire » à mort : celui qui, le 20 décembre 1386, a opposé Robert de Beaumanoir à Pierre de Tournemine...

Si les représentations du « combat judiciaire » entre les deux chevaliers bretons n’ont pas été très fidèles à la vérité historique – ce n’était pas une reconstitution –, du moins ont-t-elles illustré de manière spectaculaire la manière dont se déroulait au Moyen Âge un « Jugement de Dieu » destiné, en l’absence de preuves, à départager deux justiciables de la noblesse d’épée impliqués dans un crime de sang. À cet égard, le spectacle a atteint son double objectif : distraire de manière insolite nos contemporains et rafraîchir leurs connaissances sur le fonctionnement de la justice médiévale. Un avis très largement partagé par les plus jeunes spectateurs, débordants d’enthousiasme durant les assauts des chevaliers. Mais foin de « fiction inspirée de faits réels », retour au 14e siècle :

Le 14 février 1385, Jean V de Beaumanoir est assassiné dans des conditions obscures. Très vite, deux responsables de ce meurtre sont pointés du doigt : d’un côté, le chevalier Pierre de Tournemine, seigneur de La Hunaudaye, par le clan Beaumanoir ; de l’autre, le chevalier Robert II de Beaumanoir, accusé par les Tournemine d’avoir occis son propre frère. La justice ducale est saisie. Or, malgré un long temps d’instruction marqué par de nombreuses arguties juridiques et manœuvres dilatoires des Tournemine, il appert qu’aucune preuve recevable ne permet à quiconque de faire valoir de manière irréfutable ses droits sur la partie adverse. Dès lors, conformément aux usages du temps, ordre est donné par Jean IV, duc de Bretagne, de s’en remettre au « Jugement de Dieu » sous la forme d’un « combat à outrance* », la bonne foi de l’innocent ne pouvant déboucher sur un injuste trépas.

C’est ainsi que, le 20 décembre 1386, a été aménagé dans la bonne ville de Nantes un « champ clos » sur la place du Bouffay, non loin du château ducal. À l’heure dite du Jugement de Dieu, le duc est présent dans la tribune avec les membres de son Conseil sous le regard de la population nantaise venue en nombre assister au combat singulier qui doit opposer les deux chevaliers s’accusant mutuellement d’assassinat. Un cercueil de bois recouvert d’un drap mortuaire confirme la sentence du duc : il accueillera le corps du vaincu, qu’il soit occis par le vainqueur ou, en cas d’aveu libre ou contraint durant le combat, exécuté par le bourreau également présent sur les lieux.

Une peine infâmante

Les deux adversaires se présentent à cheval face à la tribune, accompagnés de leurs « pleiges » (témoins). La tenue de combat des chevaliers et le caparaçon de leurs chevaux sont comme le veut l’usage aux couleurs respectives des Beaumanoir (billettes d’argent sur fond d’azur) et des Tournemine (écartelé d’or et d’azur). Après avoir mis pied à terre, une inspection de leurs armes et de leurs équipements est exécutée par le maréchal de Bretagne Geoffroy de Kerimel afin de contrôler l’équité du duel. Cette formalité accomplie, Beaumanoir et Tournemine jurent sur les Évangiles et les Saintes reliques que leur cause est juste. Ce serment fait, ils remontent en selle et gagnent chacun une extrémité du champ clos pour attendre l’ordre du maréchal de Bretagne.

Au « Laissez aller » lancé par Geoffroy de Kerimel, les deux chevaliers s’élancent l’un vers l’autre, épée en main. Tournemine, persuadé de sa puissance, a manifestement l’intention d’en finir au plus vite et cherche d’emblée à porter un coup fatal à son adversaire. Tel n’est pas le cas de Beaumanoir qui veut seulement blesser son rival et le contraindre à avouer publiquement l’assassinat de son frère Jean. Entre les assauts fougueux de Tournemine et les évitements calculés de Beaumanoir, c’est le premier nommé qui se fatigue le plus vite : ses mouvements se font moins précis et offrent des opportunités à son adversaire. Dès lors, Beaumanoir prend l’avantage et réussit à jeter Tournemine au sol.

Sautant de son cheval, Beaumanoir relève alors la visière du bassinet de Tournemine et lui pointe sa dague sur la gorge en le conjurant d’avouer la vérité sous peine d’être égorgé sur le champ. Le vaincu avoue avoir commandité l’assassinat de Jean de Beaumanoir, ladite tuerie ayant été accomplie à coups de cognée par le nommé Roland Moysan, un métayer des Beaumanoir. Moyennant quoi le duc de Bretagne ordonne, malgré les appels à la clémence des pleiges de Tournemine que celui-ci soit traîné sur une claie infâmante jusqu’au gibet afin d’y être pendu tel un vil criminel.

Au soir de ce 20 janvier 1386, aucune dépouille ne se balance pourtant à la potence de la place du Bouffay : le vainqueur du Jugement de Dieu, Robert de Beaumanoir, sensible aux arguments des amis du vaincu, eu égard aux éminents services rendus par la famille Tournemine au côté de Bertrand Du Guesclin lors de la Guerre de Cent ans, a en effet décidé d’accorder sa grâce au meurtrier de son frère. La décision, entérinée par le duc de Bretagne, Pierre de Tournemine garde la vie sauve, mais perd définitivement son titre de chevalier. Une dégradation qui, dans le monde nobiliaire du Moyen Âge, équivaut à une mort sociale.

Combat à mort

À lire également, en rapport avec l’histoire médiévale de la Bretagne :

Un duel légendaire : Du Guesclin contre Cantorbery

Un affrontement mémorable : le Combat des Trente

 


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42 réactions à cet article    


  • invino invino 28 juillet 2016 09:08

    Merci pour cette intéressante narration.

    Pour en apprendre plus sur ces formes de noble ’’justice’’, on peut se plonger dans les Discours sur les duels, de Pierre de Bourdeiile, seigneur de Brantôme.


    • Fergus Fergus 28 juillet 2016 09:20

      Bonjour, invino

      Il m’est arrivé de lire naguère des extraits de textes de Brantôme sur les « grands capitaines », mais je ne connaissais pas l’existence de ce « Discours sur les duels ». Merci pour ce conseil de lecture.


    • Neo Neo 28 juillet 2016 19:50

      Salut,

       Pour ce qui est de Bourdeilles deux châteaux et un magnifique donjon ... À ne pas manquer pour ceux qui auraient l’opportunité de traverser le Périgord ... La Dronne à leur pieds ... Une magnifique rivière avec une eau fraiche, propre et claire qui est bien sauvage ... Puis pas loin de Bourdeilles se trouve la ville de Brantôme à voir aussi ...

      Le Périgord c’est 1001 châteaux !

      Sinon, merci Fergus pour ce récits d’une autre époque ! smiley 


    • Fergus Fergus 28 juillet 2016 20:50

      Bonsoir, Neo

      Incomparable Périgord ! Je partage sans réserve votre enthousiasme. Et je confirme que Bourdeille et Brantôme sont de charmantes localités. Avis aux visiteurs de Périgueux : elles ne sont qu’à une vingtaine de kilomètres.

      Merci à vous pour le détour par le champ clos de Nantes.


    • Le p’tit Charles 28 juillet 2016 09:09

      Intéressante histoire..mais à l’époque, les chevaliers étaient équipés de lourdes armures il me semble, et pour monter sur un cheval avait besoin d’une « grue » pour cela.. ?


      • Fergus Fergus 28 juillet 2016 09:38

        Bonjour, Le P’tit Charles.

        Cela a été vrai à certaines époques, et notamment durant la période féodale. Mais les très lourdes armures du 13e siècle présentaient des inconvénients rédhibitoires, en mettant notamment les chevaliers tombés à terre à la merci de la dague du premier fantassin venu.

        C’est pourquoi l’on est allé progressivement vers des accessoires plus légers et moins défavorables à la mobilité, du type cotte de maille et plastrons de cuir.

        Dans le cas de ce duel entre Beaumanoir et Tournemine, j’ignore de quelle manière étaient protégés les combattants, mais la probabilité de terminer le combat à pieds aux seules épées et dagues excluait des équipements trop lourds.

        Cela dit, je ne pas, loin s’en faut, spécialiste de la question. smiley


      • Le p’tit Charles 28 juillet 2016 10:47

        @Fergus....Hollande en armure partant pour 2017...combattre ses ennemis..ça aurait de la gueule non.. ?


      • Fergus Fergus 28 juillet 2016 11:31

        @ Le p’tit Charles

        Cet inconscient est déjà bien trop alourdi par le poids de ses échecs, il serait occis dès les premiers assauts. smiley


      • ITman (---.---.201.70) 28 juillet 2016 14:26

        @Le p’tit Charles

        Il a eu chaud lors d’une visite a l’étranger (Cameroun ou Centrafrique je ne sais plus). En tout cas un missiles et passé pas loin de son avion au moment d’atterrir.

        Pendant les attentas de Paris, une des bombes, celle qui a pété sur le glacis vide devant le stade, lui aurais peut être été destinée. Il a été évacué en hélico, pas en voiture donc il a stressé.

        Je ne crois pas qu’on ne puisse reprocher quoi que ce sois au gros quant au fait de soutenir les troupes et d’obtenir le soutien des population a l’étranger.

        Non ce qui est honteux, c’est qu’il parle aux populations alliés, mais qu’il nous évite nous !^^

        ++


      • gaijin gaijin 28 juillet 2016 15:38

        @Fergus
        les études modernes sur l’art du combat médiéval tendent a démontrer que les chevaliers pouvaient tout a fait se relever et se battre en armure mais que ça relève d’une vraie technique et de beaucoup d’ entraiment .......
        on a beaucoup réduit le moyen age a des idées simplistes pour rendre plus brillantes les lumières ( alors que plus ça brille et moins ça éclaire ) mais c’était loin d’être le cas



      • Fergus Fergus 28 juillet 2016 16:24

        Bonjour, gaijin

        En effet, les chevaliers pouvaient se relever et combattre en armure, mais au prix, malgré les entraînements, d’une grande fatigue qui les rendait vulnérables. D’où les évolutions des armures destinées à faciliter le combat à pied en cas de nécessité.

        D’accord avec vous sur les réalités du Moyen Âge, période infiniment plus raffinée que les caricatures qui en ont souvent été faites. Au Moyen Âge l’on comptait en outre dans les villes nettement plus d’étuves pour le lavage corporel que sous Louis XIII et Louis XIV où le bain fut plus ou moins délaissé - jusqu’à la Cour -, à charge pour les parfums de masquer les odeurs ! 


      • Fergus Fergus 28 juillet 2016 16:32

        @ Gaijin

        Merci pour cette vidéo instructive. A noter qu’il s’agit là d’armures du 15e siècle, mieux articulées et plus légères que leurs homologues féodales des 12e et 13e siècle.



      • gaijin gaijin 28 juillet 2016 17:41

        @Fergus
        « Le 14 février 1385 »
         smiley
        c’est plus proche du 15ème siècle que du 12ème
        et au demeurant au XII ET XIII l’armure a plaque n’existe pas encore on est dans le cadre de la cotte de maille plus bouclier et c’est le début du heaume complet ( au XIII éme )
        http://bit.ly/2acANgS

        comme quoi les mythes ont la vie dure smiley
        il faut comprendre une chose les guerriers sont des gens pragmatiques a toutes les époques sinon ils sont morts ! imaginer des types qui partent faire les guerre sans se rendre compte que leur équipement les conduit au désastre c’est possible mais si c’est arrivé personne n’en a entendu parler parce que s’il y a eut des survivants ils n’ont pas lancé la mode
        ( je ne parle pas ici des actes héroiques et suicidaires délibérés comme la charge au sabre contre des panzers ......)

        il a pu il me semble exister des armures spécialement pas pratiques mais alors c’était des armures de joute ( je connais pas le sujet ) et pas des armures de guerre


      • Fergus Fergus 28 juillet 2016 17:54

        @ gaijin

        Vous avez raison, les armures complètes ne sont apparues qu’au 14e siècle. Et le fait est que les armures de guerre n’étaient pas conçues pour conduire celui qui les portait à l’abattoir. A cet égard, s’il est arrivé que des chevaliers porteurs d’armures aient été massacrés, c’est sur ordre (exemple : Azincourt), mais la chose a été rare tant il était plus rentable de faire des prisonniers échangeables contre rançon.


      • gruni gruni 28 juillet 2016 09:15

        Bonjour Fergus


        Dans le passé comme aujourd’hui, le pauvre bon Dieu se consomme sans modération et à toute les sauces. Sait-il au moins toutes les horreurs accomplies en son nom. Je voudrais pas l’accuser de laxisme, mais il serait temps qu’il se bouge un peu. Maintenant s’il sait et ne fait rien, il faudra qu’il m’explique, si j’ai la chance de le rencontrer un de ces jours.
        Merci pour tous ces détails sur le « Jugement de Dieu ».

        • Fergus Fergus 28 juillet 2016 09:49

          Bonjour, gruni

          Depuis qu’elles existent, les divinités sont effectivement appelées en renfort « sans modération » par les hommes et mises « à toutes les sauces » idéologiques. Parfois pour le meilleur, mais malheureusement trop souvent pour le pire, comme l’illustre l’actualité.

          De nombreux sportifs eux-mêmes font appel à Dieu pour les aider à conquérir un titre, ce qui dénote un formidable manque d’humilité relativement aux adversaires. smiley

          Merci à toi pour ce détour par la place du Bouffay de Nantes.


        • covadonga*722 covadonga*722 28 juillet 2016 09:22

          yepFergus , marrant je vous préfères dans ce domaine 

          sinon comme vous dites sous la broigne et cotte de maille ça ne sentait pas la violette
          mais la sueur , quand on sait que le moindre chevalier était le survivant
          d une portée de 5/7enfants qu il avait survécu a 5/ 6 années d écuyer , a fréquenter
          coutilliers et autres archers on sent bien la une éducation pour de pur esprit
          évanescent chaste et et tout lol.
           Dans les reconstitution « le fourbi » est passablement
          allégé par les matériaux moderne ,pourtant ça pèse quel-qu un a une idée des campagnes
          dans les Flandres boueuses ou sous le soleil de Syrie ?
           Mon fils adorait l histoire les chevalier l honneur le Graal et tout le saint saint-frusquin
          le certifié fin d étude primaire que je suis lui avait donné une méthode simple pour étudier l Histoire
          qui as écrit le compte rendu le vainqueur le vaincu ?
          un ex participant ou un gus assis au chaud dans son monastère 
          chargé de la propagande ad majoram gloria dei ou rex c est selon
          je lui disait cherche :le pouvoir le pognon ou la femme et tu aura 80/100 des 
          tenant et aboutissants des castagnes chevaleresques de l époque ,


          je vais envoler encore un peu de rêve quand je dis la femme je ne pense
          pas amour gloire et beauté vous avez remarqué qu a l instar d Alienor
          les femmes pour lesquelles nos héros se bastonnent sont d abord des héritières
          des tenantes de fiefs et autre instrument de pouvoir.

          YEP
          asinus


          • Fergus Fergus 28 juillet 2016 10:00

            Bonjour, covadonga*722

            Merci pour ces réflexions de bon sens sur le vécu et les motivations de ces hobereaux en quête de titre dans la noblesse militaire.

            « les femmes pour lesquelles nos héros se bastonnent sont d abord des héritières »

            C’est vrai, mais il arrivait que ces héritières soient réellement amoureuses de ces hommes d’arme pas toujours raffinés. L’un des exemples les plus fameux de cette époque étant celui de Tiphaine Raguenel, tout à la fois belle et lettrée, qui succomba au charme de Du Guesclin, malgré la laideur et les manières frustres du futur connétable. (cf. Un duel légendaire : Du Guesclin contre Cantorbéry)


          • flourens flourens 28 juillet 2016 10:34

            c’est comme dans les dialogues du film « un taxi pour Tobrouk » dieu soutient les grosses armées face aux petites, au 14e siècle un chevalier type Scharzenhegger qui défiait un avorton, qui dieu choisissait-il comme vainqueur, à armes égales bien entendu, pas de David terrassant Goliath à 100m avec sa fronde, c’était quand même bien pratique


            • Fergus Fergus 28 juillet 2016 11:46

              Bonjour, flourens

              Il est évident qu’en combat singulier, le chevalier Teddy Riner aurait une bonne chance de bénéficier du soutien de Dieu face au chevalier Elie Semoun. smiley


            • Abou Antoun Abou Antoun 28 juillet 2016 12:19

              Bonjour Fergus,
              Dieu est donc toujours du côté du plus fort.


              • Fergus Fergus 28 juillet 2016 13:06

                Bonjour, Abou Antoun

                Si l’on en juge par le train de vie des puissants relativement à celui des précaires, cela semble évident. smiley

                Et pourtant ces derniers continuent de croire. En l’occurrence contre toute logique car il suffit de regarder autour de soi comment vivent parents, amis et collègues pour constater qu’il n’existe pas de différence de comportement entre « ceux qui croient au ciel » et « ceux qui n’y croient pas », comme dirait Aragon.


              • Agafia Agafia 28 juillet 2016 18:26

                @Abou Antoun

                Non... Selon l’Ordalie, Dieu est du côté du pur et du juste, il est censé punir le coupable... Comme l’histoire de David et Goliath.

              • Abou Antoun Abou Antoun 29 juillet 2016 00:43

                @Agafia
                Principe de logique : Vous pouvez affubler un être qui n’existe pas de n’importe quelle propriété.


              • Jo.Di Jo.Di 28 juillet 2016 13:28

                Les burkinis s’en branlent (secrètement sous leur burqa de bains) de vos histoires souchiennes de kouffars grand remplacés
                 
                Naïade Vagino Bécassine a presque éradiqué l’histoire de France dans l’enseignement, et va promulguer l’arabe à la place .....
                 
                 
                « 30% de victimes musulmanes à Nice »
                 
                dit pute médiatique
                 
                « et sans compter les africains évangélistes ... »
                 
                « Mais non y a pas de grand remplacement »
                 
                Bobo le soumis est rassuré ....

                 


                • Fergus Fergus 28 juillet 2016 13:33

                  Bonjour, Jo.Di

                  N’êtes-vous pas fatigué de sortir à longueur de journée les mêmes commentaires sur un thème unique, quel que soit le sujet de l’article ?


                • leypanou 28 juillet 2016 17:45

                  @Fergus
                  La preuve non
                  Ne dites pas çà, il ne ne va plus poster !


                • Fergus Fergus 28 juillet 2016 18:00

                  Bonjour, leypanou

                  Je ne crois pas que mon interrogation soit de nature à freiner sa frénésie de commentaires aussi enflammés que redondants.


                • Agafia Agafia 28 juillet 2016 15:20

                  Bonjour ! smiley


                  La plus belle histoire d’ordalie (jugement de Dieu) que je connaisse est celle que représentait la statue qu’on pouvait voir jadis dans la grande salle du château de Montargis. Légende médiévale ou réalité historique ? Nul ne sait vraiment mais l’histoire est belle que je tenterai de vous résumer au mieux, d’après le récit de l’historien de Pierre Miquel.

                  Par une froide nuit d’Octobre, un cavalier s’aventure dans la forêt de Bondy, réputée pour être infestée de brigands. L’homme est assassiné et son corps enterré au pied d’un chêne. 
                  Mais le cavalier n’était pas seul. Son chien et fidèle compagnon l’accompagnait. Durant plusieurs jours, le chien hurle à la mort et gratte au pied de l’arbre. Son manège demeure vain et personne ne prête attention à l’animal.

                  Par son instinct et son intelligence, le chien prend la route de Paris et se rend chez un ami de son maître, duquel il gratte la lourde porte. L’ami le reconnait et s’attend à voir son ami mais ne le voyant pas, il referme sa porte. Le chien hurle, jappe, tourne comme un fauve, aboie et saisit les basques de l’homme pour le tirer vers la porte. Alors l’homme comprend que le chien tente de lui faire comprendre quelque chose et sautant à cheval, il le suit... Jusqu’au chêne... Où il découvre le corps du chevalier Aubry de Montidier, son meilleur ami à qui il fait donner des funérailles solennelles et dont il recueille le fidèle animal.

                  Durant la sépulture, le chien d’Aubry saute à la gorge ’d’un homme, noble et proche de l’entourage de la Cour de France, nommé Macaire et rival connu du chevalier de Montidier. On fait lâcher prise à l’animal qui tentera encore plusieurs fois d’agresser l’homme, à chacune de leur rencontre. 
                  Le Roi lui-même s’inquiète de ce comportement, d’autant qu’on ne retrouve pas l’assassin du chevalier de Montidier. Il fait amener le chien au pied du trône, puis ordonne qu’on fasse entrer les courtisans. Au milieu des barons en costume de Cour ; le chien reconnait Macaire et à nouveau lui saute dessus, les crocs à découvert. On stoppe l’animal sous le regard impressionné du Roi pour qui la scène apparait tel un signe du Destin. Ayant recours à un vieil usage de la chevalerie, il ordonne un « Jugement de Dieu » : Le duel à mort entre le chien et Macaire. Selon la croyance du temps, il est impossible que Dieu laisse triompher un coupable. Si Macaire est coupable ; il mourra sous les crocs du chien.

                  Un pré clos de l’Ile Notre-Dame (l’actuelle île Saint-Louis) sera le lieu du duel.
                  A Macaire, on donne pour arme un gros gourdin noueux. Au chien, on accorde un tonneau ouvert dans lequel il pourra trouver refuge et se tenir hors de portée des coups si besoin. 
                  Le Roi lui-même donne le signal du combat. On fait sonner les trompettes devant toute la Cour présente et le peuple de Paris venu assister au spectacle de cette Ordalie.
                  Le combat est terrible. Macaire tente d’assommer le chien qui esquive adroitement les coups, il frappe sans relâche tandis que l’animal charge et ne recule jamais. Intelligent, le chien attaque de biais, mord d’un côté, mord de l’autre. Il fatigue son adversaire dont les signes d’épuisement deviennent visibles. Ivre de rage mais à bout de souffle, Macaire frappe encore à coups redoublés mais sa vigilance baisse et le chien lui plante ses crocs dans le mollet. Il se dégage pourtant et c’est au tour de l’animal de geindre en recevant un méchant coup sur l’épine dorsale. Le coup mal ajusté glisse sur le pelage et le chien peut aller se réfugier dans son tonneau. Macaire se précipite en boitillant et avec des coups de gourdin terribles, il explose le tonneau. Le chien ne fuit pas, il guette et dans un dernier effort, il bondit sur son adversaire qui lève les bras pour lui fendre le crâne mais le chien plus vif lui a sauté à la gorge. L’homme roule par terre, lâche son gourdin pour tenter de s’arracher à l’emprise des machoires. En vain. Le chien ne lâchera prise qu’au dernier hoquet de sang de Macaire.

                  Dieu a rendu Jugement.

                  Voilà... Une belle Ordalie que je voulais partager... 

                  • Fergus Fergus 28 juillet 2016 16:10

                    Bonjour, Agafia

                    Je connais cette légende, rapportée ici et là avec des variantes mais des personnages constants : Aubry de Montdidier, Macaire et le chien Verbaux, le plus souvent décrit comme un lévrier.

                    Voilà en effet une très belle ordalie, bien dans l’esprit du Moyen Âge.

                    Une ordalie si romanesque que depuis la chanson de geste initiale, elle a très souvent été reprise et enjolivée. Au 19e siècle, René-Charles de Pixérécourt  en a même fait une pièce qui, dit-on, aurait été représentée près de 400 fois sous le titre « Le chien de Montargis ». Pour en savoir plus sur les aspects littéraires, je vous invite à lire l’article que Gaston Leloup a consacré à ce « Chien de Montargis  ».



                  • Agafia Agafia 28 juillet 2016 18:13

                    @Fergus

                    J’aurais appris le nom du chien smiley 

                    Mais un lévrier... Pourquoi pas... C’est vrai qu’à l’époque, c’était un chien typique de la noblesse et souvent représenté sur les tapisseries et les peintures... Mais mon imagination le voyait plutôt comme les mâtins utilisés en chien de guerre, sorte de molosse, de dogue de combat que l’on bardait de cuir et de piques lors des batailles.

                  • Fergus Fergus 28 juillet 2016 19:32

                    @ Agafia

                    « C’est vrai qu’à l’époque, c’était un chien typique de la noblesse »

                    En effet, et ce n’est pas un hasard si, dans les rues de Dinan le week-end dernier, on a pu croiser nombre de lévriers en compagnie de maîtres costumés « à la mode qui trottait » au Moyen Âge ou durant la Renaissance.

                    Pour être franc, moi aussi je voyais naguère le chien de Montdidier, sinon en molosse, du moins en compagnon plus apte au combat qu’à la course.


                  • Agafia Agafia 28 juillet 2016 18:31

                    L’ordalie, on l’a beaucoup utilisé lors des procès de sorcellerie... On jetait la sorcière à l’eau, bras et jambes attachés, ou pas... Si elle ne se noyait pas, elle était innocente, sinon elle était sorcière...


                    Ou bien on lui plongeait la main dans l’huile et ou l’eau bouillante... Si la plaie guérissait dans les x jours, elle était innocente, sinon elle était sorcière... Mais comme les inquisiteurs étaient des fanatiques vicelards, ils supputaient également que si la blessure guérissait trop vite, c’est que le Malin était intervenu...

                    Bref, les pauvres femmes étaient toujours coupables.

                    • covadonga*722 covadonga*722 28 juillet 2016 19:31

                      @Agafia
                       en meme temps c’etait que femmes hein





                      aille ! non Agafia pas la tete aille !



                      asinus 

                    • Fergus Fergus 28 juillet 2016 19:42

                      @ Agafia

                      L’ordalie, sous ses différentes formes, a estropié et conduit à la mort nombre de justiciables, coupables ou non des faits qui leur étaient reprochés. Rien n’était pire que la foi aveugle en Dieu et la croyance qu’il pourvoirait à démontrer la vérité en donnant la force au justiciable de surmonter l’épreuve en guérissant de l’eau, de l’huile bouillante, voire du fer rouge.


                    • Agafia Agafia 28 juillet 2016 20:00

                      Bonsoir Monsieur covadonga*722

                      ^^ Non, non, pas la tête promis ! ^^ ça m’embêterai de l’abimer et de ne plus pouvoir lire votre prose unique.
                      Et puis, il y a bien d’autres zones sensibles auxquelles je m’attaquerais d’abord... ;-p

                      Bah quoi ??? Si, si !.... Un coup de pied dans le tibia, c’est douloureux ! ^^
                       :->

                      Bonne soirée à vous sous le soleil du Sud !

                    • Agafia Agafia 28 juillet 2016 20:03

                      @Fergus

                      La religion version fanatique -comme TOUT version fanatique - ne tend pas l’intelligence et le dicernement... Les siècles passent et rien ne change... Vous avez remarqué ?

                    • Agafia Agafia 28 juillet 2016 20:06

                      @Agafia-pas réveillée : Erratum

                      .... ne tend pas VERS l’intelligence....

                      Si il y a bien quelque chose que je regrette sur Avox, c’est de ne pas pouvoir éditer son message en cas d’erreur...

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