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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > 1453-1553 2/5 L’humanisme

1453-1553 2/5 L’humanisme

Ce deuxième article qui évoque brièvement quelques grandes figures de l’humanisme de la Renaissance fait suite à celui concernant les grandes découvertes maritimes dont le lien est ici : Les nouveaux mondes et précède trois autres à paraître : 3/5 Les conflits ; 4/5 L’art ; 5/5 Renaissance et monde contemporain.

À tout seigneur tout honneur : l’italien Jean Pic de la Mirandole (1463-1494) est l’un des pionniers qui ouvre la voie d’une intense période de renouvellement d’une pensée en quête de vérité. Proche de son maître Marsile Ficin, un néoplatonicien, il fait preuve très précocement d’une érudition considérable tout en menant une vie souvent romanesque de prince fortuné, comme son ami Laurent de Médicis.

Mais la publication en 1486 des Neuf cents thèses philosophiques, théologiques et cabalistiques, qui est un appel à une controverse publique, lui attire bientôt les foudres du pape Innocent VIII qui l’accuse d’hérésie et le conduira même en prison. Admirateur de Platon et d’Aristote il cherche la synthèse de ces philosophies avec la foi chrétienne : « La philosophie recherche la vérité, la théologie l’invente, la religion la possède. » Mais l’homme occupe pour lui une place singulière dans l’univers en raison de sa liberté : « On ne peut rien voir de plus admirable dans le monde que l’homme » car celui-ci est l’artisan de son propre destin : « l’homme ne naît pas homme, il le devient ». Ce« créateur de lui-même » transcende donc les déterminations de sa nature et s’il se soumet au divin, c’est par un acte librement accepté, ce qui implique que l’histoire n’est pas un plan immuable fixé à l’avance. 

A la même époque naît à Rotterdam Érasme, vers 1469. Fils cadet d’un prêtre et orphelin à 17 ans, rien ne le prédestine à devenir celui qui sera bientôt la figure majeure de l’humanisme de la Renaissance. Après avoir reçu une éducation chrétienne et acquis une bonne connaissance des auteurs antiques il devient prêtre à 25 ans avec la ferme ambition de débarrasser l’Eglise du carcan sclérosé de la scolastique du Moyen-Âge. Durant toute sa vie il ne cessera de voyager en Europe malgré sa santé fragile en approfondissant sans cesse sa connaissance des auteurs antiques, notamment auprès des savants byzantins réfugiés à Venise. Il noue aussi des contacts amicaux avec la plupart des grands esprits de son temps, particulièrement Thomas More qui, dans Utopia (1516), critique le capitalisme naissant de l’Angleterre entrainant la misère d’une partie du peuple pour lui opposer la théodicée idéale d’un « pays de nulle part » organisé autour d’une collectivisation des moyens de production et bénéficiant d’une large tolérance religieuse.

L’œuvre d’Érasme la plus connue, son Éloge de la folie (1511), d’ailleurs dédiée à Thomas More, est une audacieuse satire où la déesse de la folie se moque des théologiens, des courtisans et du clergé en parlant à la première personne pour s’autoriser à tout dire, même la vérité. Grâce à cet astucieux procédé Érasme formule une critique osée pour l’époque des institutions civiles et religieuses dans le but de restaurer une religion centrée sur la charité et les textes sacrés et débarrassée des rituels inutiles comme de l’imitation servile du passé. A un ritualisme sans âme, il oppose une religion de l’homme osant s’adresser directement à Dieu, sans rejeter la foi ni négliger le salut de l’âme. Pourtant les théologiens intégristes ne lui pardonneront pas ses audaces et lui reprocheront d’avoir provoqué la réforme de Luther, ce qui l’oblige parfois à fuir à l’autre bout de l’Europe. Profitant de ses nombreuses étapes il rédige beaucoup d’autres ouvrages, dont les Antibarbares, un plaidoyer pour la culture antique, et ne cesse de critiquer l’obscurantisme de son temps pour œuvrer en faveur de la tolérance, de la paix et du refus des dogmes. Pour Érasme l’humanité doit abandonner l’état de nature, proche de l’enfant comme de l’homme sauvage, pour s’éveiller à la culture.

Devenu conseiller de Charles Quint, il compose en 1516 Une institution du prince chrétien dans laquelle il écrit que « Le tyran administre son État par la violence, par la ruse et par les moyens les plus perfides : il n'a en vue que son intérêt particulier. Le vrai roi s'inspire de la sagesse, de la raison, de la bienfaisance, il ne pense qu'au bien de l'État. ». Cet avis proche de l’idéalisme platonicien est à l’opposé du réalisme cynique de Machiavel dans Le Prince (1515) qui explique au contraire comment le chef d’un État peut obtenir le pouvoir et le conserver. Selon lui, la vertu du prince est davantage politique que morale. Il peut donc mentir à son peuple pour lui donner le change, ou trahir sa parole, et ne pas hésiter à utiliser la force comme la séduction car pour se maintenir au pouvoir la fin justifie les moyens, d’où le nom de machiavélisme, qui survivra à son auteur.

Fidèle à ses choix Érasme refuse les offres de François 1er de s’installer à la cour de France et continue de défendre sur le plan religieux l’idée de la liberté du chrétien face au salut avec Du libre arbitre. Luther, qui avait tenté de l’enrôler au début sous sa bannière se fâche alors avec lui, l’accuse d’impiété, et réplique avec Du serf arbitre. Parallèlement la publication des Colloques (1526) très critiquée par la censure de l’époque, le divorce d’Henri VIII avec Catherine d’Aragon, qui aboutit en 1531 au schisme de l’Eglise anglicane d’Angleterre, et l’exécution de son ami Thomas More en 1535, rendront difficiles les dernières années de ce « prince de l’humanisme  », erasmos signifiant l’aimé en grec, qui meurt en 1536 à Bâle.

Grand admirateur d’Érasme, le tourangeau François Rabelais (1494 ?- 1553) défendra lui aussi des idées de paix et de tolérance. Il fait des études de théologie avant de devenir curé de Meudon, médecin, philosophe, écrivain et poète. Sous l’anagramme Alcofribas Nasier il publie ses premières œuvres : Pantagruel (1532) et Gargantua (1534) dans lesquelles il met en scène sur le mode du conte ou de l’épopée, mais toujours de manière paillarde et humoristique, des géants débonnaires dont la gloutonnerie colossale est à l’image du désir de savoir des lettrés de l’époque. Par le biais de ces personnages hors du commun cet artiste du langage qui est inventeur génial de la contrepèterie (« femme folle à la messe »), n’hésite pas à s’en prendre aux « ténèbres gothiques » du Moyen-Âge pour rechercher toujours « la substantifique moelle » de la connaissance. Mais parallèlement il critique avec férocité les abus des princes et des hommes d’Église, surtout les théologiens de la Sorbonne qu’il appelle dans son langage fleuri « hypocrites, bigots, matagots, marmiteux, boursouflés, cagots, cafards empantouflés, gueux emmitouflés, frappards écorniflés, bafoués, enflés, avaleurs de brouillards, papelards, maniaques pistolets, sorbonards, sorbonicoles… » … ce qui lui vaudra une mise à l’index en 1544.

Le rire est donc ici le moyen associé à une morale souple, dont le « Fay ce que voudras » de l’abbaye de Thélème est l’écho, visant à affranchir l’homme des traditions sclérosées qui l’empêchent de penser librement. Mais cette attitude nouvelle n’est nullement une invite à mal se comporter, quoi qu’en pense Calvin qui traite Rabelais de libertin, car elle se fonde au contraire sur une éthique, exprimée sans ambages dans le Pantagruel, qui résonne encore très fort de nos jours : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Et, dans la lignée du traité d’Érasme sur « L’éducation libérale des enfants » qui conseillait de « former les enfants à la vertu et aux lettres dans un esprit libéral (…) dès la naissance », Rabelais s’insurge contre les châtiments corporels infligés couramment aux élèves, ce qui fait de lui un novateur en matière éducative.

Les traités de nouvelles pédagogies se multiplient d’ailleurs à cette époque. Des écoles humanistes, véritables antithèses de la Sorbonne, se développent alors partout en Europe dès l’aube du XVI ème siècle : Alcala de Henares en Espagne, Deventer aux Pays-Bas, Saint-Paul à Londres, et le futur Collège de France, fondé en 1530 à Paris par François Ier sur les conseils de Guillaume Budé, qui a pour devise « Docet omnia » - il enseigne tout -. De leur côté Jean Dorat (1508-1588), Ronsard (1524-1585), et Joachim du Bellay (1522-1560) fondent La Pléiade dont le manifeste « Défense et illustration de la langue française » est publié en 1534. Peu après, l’ordonnance de Villers-Cotterêts édictée en 1539 par François Ier rend obligatoire la tenue des registres de l’état civil et promeut le français comme langue officielle du droit et de l'administration, en lieu et place du latin. Et parallèlement les écrits des philosophes poètes et savants de l’antiquité se diffusent partout avec le développement de l’imprimerie. Platon, Plutarque, Pythagore, Lucrèce, Aristote, Archimède, Apollonius, et d’autres qui sont déjà parvenus en Occident grâce aux traducteurs arabo-musulmans de la péninsule Ibérique, et plus récemment grâce aux expatriés byzantins, sont à nouveau traduits et enseignés ou commentés.

Mais la pensée scientifique et technique n’est pas en reste et participe à ce renouveau. Paracelse (1493-1541), un alchimiste suisse qui a travaillé sur le mercure, fonde les principes de la toxicologie moderne : « Toutes les choses sont poison, et rien n’est sans poison ; seule la dose fait qu’une chose n’est pas un poison. » L’arquebuse apparaît vers 1520, la mécanisation envahit l’industrie textile, les verriers de Murano produisent du verre blanc et transparent, la faïence se perfectionne avec Bernard Palissy, et d’imposants hauts-fourneaux apparaissent, avec toute une industrie sidérurgique. En 1543 Vésale publie De humani corporis fabrica - sur la construction du corps humain – un traité d’anatomie illustré et précis fondé sur l’observation et les dissections patientes de corps humains. C’est le début de la méthode scientifique et celle-ci rend caduque la pensée de Galien qui prévalait pourtant depuis des siècles. Amboise Paré appliquera avec succès ces découvertes.

La même année le chanoine polonais Nicolas Copernic (1473- 1543) rédige à Cracovie son traité De la révolution des orbes célestes sur l’héliocentrisme qui ébranle tout le savoir aristotélico-ptoléméen et ouvre la voie à Galilée, Kepler et Newton. Comme l’avait déjà supposé le grec Aristarque de Samos au III ème siècle av. JC la Terre n’est pas le centre du monde, elle tourne autour du soleil, et non l’inverse. Mais cette nouvelle représentation, qui en réalité mettra beaucoup de temps à s’imposer, n’est pas en accord avec la Bible, d’autant que le concile de Trente (de 1545 à 1564) affirme que seule l’Eglise est habilitée à dire le vrai, y compris dans le domaine scientifique. Quelques années plus tard l’italien Giordano Bruno l’apprendra à ses dépens. En proclamant que l’Univers est infini, que notre monde est une poussière dans l’espace, ou qu’il existe d’autres mondes habités, il sera condamné à mort par l’Inquisition, à Rome, en 1600. Un autre humaniste, Étienne Dolet (1509-1546), éditeur de Rabelais et symbole de la libre pensée, sera lui aussi attaqué pour ses opinions. Accusé d’hérésie, d’athéisme, et de matérialisme il périt sur le bûcher à Paris en 1546, tant il est risqué à cette époque de s’opposer à la doxa dominante, celle du Prince comme de l’Église.

Mais nul ne peut arrêter la pensée et toutes les anciennes représentations mentales vont bientôt vaciller. La terre n’est plus le centre de l’univers, mais on en connaît mieux les limites et l’homme devenu maître de son destin peut s’émanciper de la tradition, de la nature, et de Dieu. Et si les dogmes religieux combattent la science, on peut leur opposer la raison, et devenir pédagogue. Rien ne semble donc pouvoir briser cet élan vers un monde nouveau, en dépit ou grâce à nombreuses luttes.  

À suivre… (1453-1553 : 3/5 Les conflits)


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18 réactions à cet article    


  • voxagora voxagora 26 février 2013 12:40

    Merci pour cette série .. sans commentaires parce qu’elle ne fera pas polémique.


    • Castel Castel 26 février 2013 15:17

      J’aime beaucoup cette époque, elle est tellement haute en couleur !


      • astus astus 26 février 2013 15:58

        @ Castel 


        Certes l’époque était haute en couleurs, mais je ne suis pas certain pour autant que beaucoup de monde souhaiterait revivre dans ce temps là pour des raisons très pragmatiques car avoir un simple abcès dentaire au XV ème siècle ne devait pas être une sinécure ...
        Mais plus sérieusement, il est frappant de constater de ceux qui ont « agrandi » la planète par leurs découvertes maritimes, ou qui ont promu des représentations nouvelles de l’homme, comme je le rappelle dans ce texte, l’ont souvent fait au péril de leur tranquillité, et parfois même de leur vie, ce qui peut faire réfléchir sur la question de la liberté si l’on en croit Benjamin Franklin qui écrit : « Une société qui est prête à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité, ne mérite ni l’une ni l’autre, et perdra les deux. » 

        Bien à vous

      • Castel Castel 26 février 2013 16:14

        La renaissance, c’est la multiplicité des représentations. Après la renaissance, il y a une sorte de « refroidissement de la pensée » qui passe notamment pas le cartésianisme. C’est assez rare de voir une époque aussi aventureuse, avec des conflits politico religieux étranges comme par exemple comme ce qui s’est passé avec Jean de Leyde ou Savonarole.


      • astus astus 26 février 2013 16:42

        @ Castel : merci pour ces associations intéressantes vers Jean de Leyde et Savonarole  qui montrent que la Renaissance a bien été la période de tous les possibles, y compris celle de prédicateurs illuminés, et parfois tyranniques. Les moments de grands bouleversements historiques, comme ceux de cette époque là ou du XXème, sont certes propices à des idées nouvelles, mais favorisent aussi l’avènement de personnages pas toujours recommandables capables de séduire les populations en détresse et de les mener à leur perte.

        Cordialement.

      • Castel Castel 26 février 2013 16:54

        D’une certaine manière, notre époque ressemble à la renaissance. La science est en train d’arriver vers un nouveau paradigme, les personnages à l’échelle mondiale sont souvent assez « haut en couleur » et la chute de DSK notamment nous a montré que tout était possible, malgré la fixité de la société. Enfin et surtout, l’utilisation d’Internet permet une réappropriation du savoir aux citoyens.


      • astus astus 26 février 2013 19:41
        @Castel

        Il y a en effet des points communs, notamment le souci des hommes de la Renaissance, comme ceux d’aujourd’hui, de s’affranchir de la nature, mais peut-être qu’il serait préférable sur ce point précis que les hommes de notre époque ne privilégient pas exagérément une culture qui les priverait de toute humanité en étant de plus en plus dépendants des systèmes artificiels. C’est un point que j’aborde dans mon dernier article à paraître. Mais il y a aussi de profondes différences entre ce temps lointain et le nôtre pour ce qui concerne l’information et l’accès au savoir. Car à la Renaissance le savoir ne concernait qu’un cercle très restreint de personnes alors qu’à présent une diffusion considérablement plus large est possible pour des populations énormes, mais peut-être au détriment de la profondeur, car le savoir n’est pas identique à la connaissance. Quant à DSK, c’est un fait divers qui fait diversion comme le disait Bourdieu.

      • Richard Schneider Richard Schneider 26 février 2013 15:52

        Bel effort de synthèse pour présenter la Renaissance. Je lirai la suite avec attention.


        • astus astus 26 février 2013 15:59

          @ Richard Schneider : merci pour vos encouragements.


        • Hervé Hum Hervé Hum 27 février 2013 01:06

          Merci pour cette synthèse.

          Je commenterai juste le dernier paragraphe :

          Mais nul ne peut arrêter la pensée et toutes les anciennes représentations mentales vont bientôt vaciller. La terre n’est plus le centre de l’univers, mais on en connaît mieux les limites et l’homme devenu maître de son destin peut s’émanciper de la tradition, de la nature, et de Dieu. Et si les dogmes religieux combattent la science, on peut leur opposer la raison, et devenir pédagogue. Rien ne semble donc pouvoir briser cet élan vers un monde nouveau, en dépit ou grâce à nombreuses luttes. 

          Non, on n’oppose pas la raison aux dogmes établis, l’histoire enseigne qu’elle y est impuissante. Ce qui s’oppose aux dogmes, c’est tout simplement la cupidité insatiable et irrépressible de l’homme. La cupidité est la véritable maitresse des hommes de pouvoirs. C’est pour elle que les puissants de l’époque ont pris le parti de la science et de la raison contre le dogme religieux, car ils avaient plus besoin de la technique pour assouvir leur soif de richesse que de la religion. Si les voies maritimes n’avaient pas ouvert tout un monde de richesses à conquérir, le dogme aurait eu raison de la.. Raison !

          L’histoire se répète lorsqu’elle fait appel aux mêmes ressorts de l’âme humaine....


          • astus astus 27 février 2013 09:02

            @ Hervé Hum


            Votre remarque concernant la cupidité qui mène le monde est frappée au coin du bon sens, et je vous invite à lire le dernier article à paraître (5/5 Renaissance et Monde contemporain) dans lequel j’aborde très directement ce thème. Mais il arrive toutefois que la raison puisse s’opposer au dogme et l’emporter sur lui : je pense à la réhabilitation récente de Galilée par l’Eglise, mais il est vrai que cela a pris quatre siècles. Il ne faut donc pas désespérer de la vérité.

            Bien à vous.

          • Hervé Hum Hervé Hum 27 février 2013 12:41

            Merci Astus,

            entre parenthèse, si la cupidité est bien la maitresse de l’homme de pouvoir, qui le mène au sommet pour le jeter à bas ensuite, on peut croire qu’il en sera de même pour les ploutocrates actuels. Cependant, si on considère que le virus de la cupidité fut injecté avec la même vigueur dans l’esprit de toutes les classes sociales, en faisant son dogme absolu, alors, c’est toute notre société qui sera détruite. Car si ’humain d’aujourd’hui se recommande de la raison, la prudence qu’elle préconise est bien peu écouté face à la cupidité. Si peu écouté que la cupidité est devenue la raison première de l’humanité. Partout le gain est loué et encensé.

            Mais peut être qu’entre l’un et l’autre manque le coeur. Car si la cupidité est un coeur sans raison appelé aussi passion, la raison sans coeur est une « science sans conscience (et) n’est que ruine de l’âme » Autrement dit, coeur et raison sont indissociables. Le coeur est l’essence de la raison, corps par lequel le coeur exprime son humanité. On peut alors écrire, « raison sans coeur (science) et coeur sans raison (cupidité), ne sont que ruine de l’humanité ».

            Veuillez excuser cette distraction !.

            Bien à vous.


          • astus astus 27 février 2013 13:18

            @ Hervé Hum,


            Au moment où j’apprends le décès d’un des (rares) humanistes de notre époque : Stéphane Hessel, je souscris sans réserve à vos remarques empreintes de sagesse.

            Bonne journée.


          • ffi ffi 27 février 2013 01:18

            Je trouve que cela fait plutôt mythologie qu’autre chose,

            Pour Copernic, pourquoi ne pas dire que le géocentrisme fut déjà critiqué par la scolastique (Thomas d’Aquin et Nicolas Oresme) ? Il semblerait que l’invention de l’imprimerie a surtout permis à certains de s’attribuer des idées déjà exprimées dans les manuscrits de la scolastique (Nicolas Oresme ...).

            Quelle référence pour le concile de Trente qui affirmerait une prétention de l’église en matière scientifique ? (Avec le texte, SVP)

            Pour Étienne Dolet, pourquoi ne pas dire que ce fut l’évêque Tulle qui l’aida à s’enfuir une première fois ? Ensuite pourquoi taire le fait qu’il assassina le peintre Compaing suite à une querelle ? Il implora le Pardon à François Ier, qui lui accorda. Cependant, il fut emprisonné à Lyon et le parlement de Lyon mit 6 années à enregistrer ce pardon.
            Ensuite, il édita des ouvrages déjà convaincus d’hérésie et en fut accusé puis livré au bras séculier. Il demanda à nouveau le pardon à François Ier qui lui accorda de nouveau, mais à condition d’abjurer. Mais il continua de diffuser des écrits interdits via la Suisse. Il fut alors arrêté puis condamné, après deux années de procédures, par le parlement de Paris.

            Pour Giodano Bruno, quelles sont les preuves de son bucher à Rome ? Aucune archive ne le prouve. L’évènement est rapporté 50 ans après les faits, dans un ouvrage qui cite une lettre non authentifiée qui le relate.

            Pourquoi ne pas évoquer la figure de Léonard de Vinci ?

            Pourquoi cet oubli de la controverse de Valladolid ?
            Pourquoi occulter Bartolome de Las Casas ?
            Pourquoi occulter l’interdit de l’esclavage par l’église ?

            En fait, il me semble que vous plaquez sur la société de l’époque, la forme jacobine du pouvoir actuel. Or, en ces temps, les pouvoirs étaient clairement séparés. L’église avait ses pouvoirs. Le roi avait les siens. Les parlements avaient les leurs.


            • astus astus 27 février 2013 10:02

              @ ffi

              Je préfère personnellement regarder la direction de la route plutôt que les cailloux qui bordent le chemin, or cette direction est claire avec ceux que l’on appelle les humanistes, et elle a d’autant moins à voir avec une tradition laïque, voire jacobine, qu’ils étaient souvent des religieux, et que beaucoup d’entre eux ont risqué, et parfois perdu leur vie pour leurs idées. Mais je vous invite à écrire vous-mêmes et à exposer vos propres idées, en sachant toutefois que les textes qui paraissent ici ne sont pas des thèses historiques mais des articles de portée générale qui ne peuvent en quelques lignes prétendre à l’exhaustivité. Et pour ce qui concerne les manques  que vous soulignez avec gourmandise, je vous invite à lire la série entière des articles quand elle sera parue, car il sera question de Léonard de Vinci dans le 4/5 (L’art), de la controverse de Valladolid et de l’esclavage dans le 3/5 (Les conflits). 


              • Kookaburra Kookaburra 27 février 2013 10:24

                Merci pour ce texte intéressant.
                L’humanisme, dans le sens de la valorisation de la personne humaine individuelle, trouve ses racines dans le droit privé et la protection juridique développés par Rome, culminant dans le Corpus juris civilis de Justinien au VI° siècle. Mais le christianisme a aussi joué un rôle par la valorisation de l’individu dans sa particularité, créé et voulue par Dieu, et conservant cette singularité dans l’éternité même. Le christianisme est aussi en ce sens humaniste par le fait que Dieu est entré dans l’humanité par l’incarnation. Il n’y a pas d’opposition entre les valeurs humanistes et les valeurs chrétiennes, sauf l’idée Protagorienne que « l’homme est le mesure de toutes choses ».

                Sur ce point Heidegger considérait que lhomme ne peut être le dernier mot. Le dernier mot cest lEtre. Selon une des formules les plus connues de Heidegger, « l’homme est le berger de l’être », l’homme doit veiller à quelque chose qui le dépasse et qui est ce qu’il appelle l’Etre.


                • astus astus 27 février 2013 10:44

                  @ Kookaburra


                  Il est en effet indéniable que le christianisme a contribué à la valorisation de l’individu comme demeure divine depuis Saint Augustin avec l’idée que Dieu est dans l’homme et que l’homme est dans Dieu. Les humanistes comme je le rappelle étaient d’ailleurs pour la plupart des religieux et ils ont principalement réagi contre les excès d’une certaine Eglise de l’époque, au point d’être accusés d’avoir provoqué la Réforme, ce que j’aborde dans le prochain texte : 3/5 Les conflits.

                  Cordialement 

                • astus astus 27 février 2013 13:38

                  Et je souscris avec vous sur le fait que le droit romain issu de la loi des Douze Tables et parachevé avec le Code Justinien, qui fût au départ surtout appliqué en Italie et en Espagne avant d’être « redécouvert » vers le XI ème siècle en France, a eu une importante influence sur le mouvement de la Renaissance. On oublie toujours que l’héritage judéo-chrétien de notre pays est inséparable de l’apport gréco-romain.

                  Merci pour vos remarques 

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