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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > 15 juillet 1410, Tannenberg ou la chute de l’Ordre Teutonique

15 juillet 1410, Tannenberg ou la chute de l’Ordre Teutonique

Il y a maintenant exactement 600 ans, le 15 juillet 1410 s’est tenu au lieu dit Tannenberg situé dans la partie Nord est de la Pologne autrefois dénommée Prusse Orientale une bataille voyant l’affrontement d’effectifs gigantesques pour l’époque et dont l’issue allait avoir des conséquences considérables pour les siècles à venir.
 
Le nom de Tannenberg résonne assez peu à des oreilles françaises, il en va tout autrement pour des oreilles allemandes, polonaises ou lituaniennes, pour ces peuples d’Europe de l’Est le déroulement de cette bataille fut bien plus capital que pour nous Crécy ou Azincourt, une sorte de conflagration devant marquer à jamais l’histoire !
 
A noter que Tannenberg est le terme le plus souvent retenu en français et en allemand, en polonais on emploie généralement l’appellation de Grunwald et les Lituaniens utilisent le terme de Zalgiris (traduction de Grunwald).
 
1) un conflit vieux de plus de 2 siècles
 
L’histoire de l’ordre des Chevaliers Teutoniques se confond avec celle de la Prusse et pour une grande part avec celle de l’expansion germanique dans l’actuelle Pologne et les états Baltes, elle est à l’origine une conséquence indirecte des Croisades, en effet lorsqu’il semblait de plus en plus évident que les Croisés n’avaient plus d’avenir en Terre Sainte, de nombreux Ordres à la fois militaires et religieux dont le fameux Ordre des Chevaliers Teutoniques (fondé en 1198) se trouvèrent en quelque sorte comme « mis au chômage » et en quête d’une nouvelle mandature. Une occasion allait justement leur être fournie par le duc polonais Conrad de Mazovie qui invita l’ordre des Chevaliers en 1226 à venir lui prêter main forte contre les incursions des « Prussiens » peuple balte encore païen à l’époque qui effectuait de fréquentes razzias sur son duché chrétien. Cette date marque le début de l’implantation des Chevaliers Teutoniques dans les terres baltes, ceux ci du fait de leur supériorité militaire viendront assez rapidement à bout des « Prussiens » ou Baltes de l’ouest, lesquels curieusement donneront ensuite leur nom aux futurs colons allemands de la région.
 
Puis dans un mouvement naturel d’expansion, les mêmes Chevaliers pensaient naturellement assujettir les Baltes de l’est ou Lituaniens, pris en tenaille avec les Chevaliers Porte-Glaive partant de Riga, or le destin allait en décider autrement ;
En 1236 les Chevaliers Porte-Glaive (de Riga) sont gravement battus à Saulé (nord de la Lituanie) par les troupes lituaniennes coalisées ce qui oblige les tenants de cet ordre très affaibli à fusionner un an plus tard avec les Chevaliers Teutoniques pour ne pas disparaître, en 1260 nouvelle défaite des Chevaliers Teutoniques cette fois contre toujours les mêmes Lituaniens coalisés à Durbé dans la province de Courlande (sud ouest Lettonie), il s’agit de combats n’opposant guère plus que quelques milliers d’hommes mais où les Lituaniens démontrent une bravoure et un sens tactique mettant en échec ces guerriers endurcis que sont les Chevaliers Teutoniques, ainsi jusqu’en 1410, en dépit d’incessants raids les forces teutoniques ne parviendront jamais à bout des irréductibles seigneurs de guerre lituaniens, pourquoi cet échec constant face aux Lituaniens après cette victoire totale face aux Prussiens ?
 
D’abord les Lituaniens n’avaient pas subi le 1er choc germanique et avaient eu le temps de s’instruire grâce au désastre subi par leurs voisins, ensuite le XIIIème siècle voit l’effondrement de la Russie (chute de Kiev en 1240) sous le coup des hordes tartares ce qui a ouvert un immense noman’s land politique (en gros la Biélorussie et le nord de l’Ukraine) aux appétits des guerriers lituaniens, ceux-ci sauront en profiter comme une sorte d’Hinterland naturel, réservoir humain et abri stratégique face aux assauts des Chevaliers Teutoniques qui n’oseront pas aller se risquer aussi loin, cantonnés dans leurs forteresses de Königsberg ou de Marienburg, ils réussiront toutefois à s’emparer de la Samogitie, région balte correspondant en gros au tiers ouest de l’actuelle Lituanie mais qui n’était qu’une très faible portion de l’ensemble des territoires désormais contrôlés par les princes Lituaniens, en effet le Grand-duché de Lituanie (à ne surtout pas confondre avec la Lituanie actuelle) est désormais une zone immense que les Chevaliers Teutoniques seraient bien en peine d’espérer soumettre.
 
Le XIVème siècle voit le renforcement de ces différentes puissances, expansion à l’est et au sud du Grand-duché de Lituanie, affermissement de l’autorité des Chevaliers Teutoniques dans les territoires qu’ils contrôlent, enfin en 1386 un événement majeur allait sceller le destin de plusieurs nations : le grand duc de Lituanie Ladislas II Jagellon épouse Hedwige d’Anjou reine de Pologne en se convertissant au catholicisme et devint du même coup roi de Pologne, bouleversement géopolitique essentiel après lequel l’Ordre Teutonique allait se retrouver sur la défensive face à la pression slave et balte environnante, en plus les Chevaliers Teutoniques ne pouvaient plus se targuer du prétexte de la croisade, les élites lituaniennes s’étant à la suite de leur suzerain converti au catholicisme (à souligner ce fait tout à fait remarquable que jusqu’à la fin du XIVème siècle les Lituaniens étaient parmi les Européens le seul peuple encore païen !).
 
2) une bataille d’une dimension colossale
 
Il faut rappeler les circonstances qui présidèrent au déclenchement de la Bataille, depuis un demi-siècle la Samogitie, coincée entre Königsberg et Riga, était sous dénomination Teutonique, en 1409 les Samogitiens (très proches des Lituaniens de l’est) se révoltèrent contre les Chevaliers de l’Ordre, en dépit de traités d’alliance l’actuel roi de Pologne Ladislas II d’origine lituanienne ainsi que son cousin Vytautas actuel Grand duc de Lituanie (cette « répartition » de suzeraineté avait fait l’objet d’un accord entre eux qq. années plus tôt) ne purent que se manifester solidaires des insurgés de la province en révolte.
 
S’ensuit une période de flottement de plusieurs mois où chaque partie bat le rappel dans son camp, à ce niveau les Polono-Lituaniens basés sur un immense territoire ont un avantage, les Chevaliers Teutoniques sont obligés d’en appeler à « l’ouest » s’ils souhaitent des renforts, au printemps les armées se constituent, le 2 juillet les Polonais et les Lituaniens font leur jonction et commencent à avancer en territoire ennemi en vue de la prise de Marienburg (Malbork en polonais), l’armée teutonique se sert de la rivière Drewencz pour leur barrer la route, les armées coalisées remontent alors son cours qu’ils franchissent près du lieu dénommé Tannenberg où le Grand maître de l’Ordre Ulrich von Jungigen a concentré ses troupes, nous sommes le 15 juillet 1410 en territoire teutonique !
 
Il s’agit pour l’époque d’une bataille d’une dimension colossale, selon les auteurs ou les sources, les chiffres des effectifs de chaque côté varient considérablement, de quelques 25 000 hommes jusqu’à plus de 100 000 hommes, quoiqu’il en soit chaque partie au conflit avait « mis le paquet », conscient que l’affrontement en question allait être la Bataille, ce qui est certain c’est que les effectifs coalisés des Polono-Lituaniens étaient nettement supérieurs en nombre à ceux des Chevaliers Teutoniques, de 1,5 à 2 fois supérieur, bizarrement on retrouvera ce même rapport au XXème siècle où lors de la contre offensive de Joukov contre les divisions de von Manstein, quelque chose comme 1,5 Russe sera nécessaire pour vaincre 1 Allemand (mieux instruit et mieux équipé), enfin à titre de comparaison au Moyen âge à Azincourt ou à Bouvines étaient présents environ 20 000 combattants au total. Pour en revenir à notre affrontement en question les sources les plus sérieuses sont celles des historiens allemands :
  • côté teutonique, jusqu’à 27000 combattants sous la direction de Ulrich von Jungigen
  • du côté des coalisés, il y aurait eu 39000 combattants soit 1,5 fois plus, pour l’époque compte tenu d’une densité de population très faible, de méthodes d’enrôlement aléatoire, il s’agit là d’effectifs absolument considérables, c’est la bataille des batailles !
Si les troupes teutoniques sont assez homogènes, les troupes coalisées sont nettement plus hétéroclites, d’abord le commandement est bicéphale, Ladislas II à la tête des Polonais se tient plus en retrait, Vytautas Grand duc de Lituanie est plus sur le terrain, il commande à la fois aux Lituaniens, à de nombreux Russes et à des Tartares (lesquels sont tantôt alliés, tantôt adversaires des Lituaniens), ces 2 armées gigantesques pour l’époque se font donc face en ce matin du 15 juillet 1410 ..
 
Sur le déroulement de la bataille on peut se reporter aux croquis (hélas en allemand) indiquant la disposition des troupes et leurs mouvements, durant plusieurs heures l’issue de la bataille sera incertaine, les Chevaliers Teutoniques auront longtemps l’initiative et la sensation de dominer, d’abord ils enfoncent les positions lituaniennes, puis isolent les troupes tartares et enfin se retournent contre les Polonais mais sans qu’à aucun moment ces attaques soient absolument décisives, avec la durée les coalisés qui s’étaient éparpillés mais n’étaient pas exterminés se regroupent et finissent par encercler, puis par avoir complètement le dessus sur les Chevaliers Teutoniques en nette infériorité numérique, enfin soudain les combats étant de plus en plus rapprochés, le Grand maître Ulrich von Jungigen est tué, à partir de là le sort de la bataille est scellé, (c’est comme à Hastings lorsque Harold le saxon prit une flèche dans l’œil) les troupes teutoniques cernées de toute part sont décimées ou faites prisonnières, seule une petite portion parvint à s’enfuir en direction de Malbork, le soir de ce 15 juillet 1410 certes au prix de pertes assez lourdes c’est une victoire totale pour les armées slaves et baltes réunies, de ce jour l’Ordre teutonique ne constituera plus jamais la menace qu’il représentait auparavant pour les souverains polonais ou lituaniens !
 
3) une victoire incomplètement exploitée
 
Dès le 17 juillet les Polono-Lituaniens vainqueurs partent à la conquête de leur but initial, la forteresse de Malbork (toujours visible de nos jours car très bien restaurée) devant laquelle ils mettent le siège le 26 juillet, espérant en finir définitivement avec cette menace germanique constante, dans la forteresse s’étaient réfugiés ceux qui avaient réussi à fuir le champ de bataille, quelques milliers d’hommes tout au plus, cependant ne disposant pas d’équipement militaire suffisant, les coalisés lèveront le siège le 18 septembre de la même année.
 
Un an plus tard, le traité de Thorn sera très favorable aux vainqueurs mais sans toutefois éliminer la présence teutonique des 2 places principales de Marienburg et Königsberg, la Samogitie est définitivement abandonnée (et ne sera plus jamais germanisée) la Prusse occidentale revient à la Pologne qui est désormais la grande puissance régionale, enfin une énorme indemnité dut être versée.
Cependant si la région de Danzig passe sous influence polonaise, la Prusse orientale avec Königsberg pour capitale demeure germanique, le duc puis roi de Prusse affirmera son autonomie puis indépendance progressivement au point de devenir avec la reconquête de la Prusse occidentale sous le règne de Frédéric II un royaume d’une grande puissance et le noyau fondateur de ce qui sera au XIXème siècle l’empire allemand.
 
Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que les Allemands population civile, seront définitivement chassés vers l’ouest manu militari de ces terres de l’Est qu’ils avaient colonisées durant des siècles, pourquoi a t il fallu attendre plus de 500 ans pour aboutir à ce résultat ?
 
Cette victoire écrasante de Tannenberg n’offrait elle déjà pas une telle opportunité ?
 
Très certainement si les Polonais et Lituaniens coalisés avaient voulu au XVème siècle totalement éradiqué la présence germanique de ces territoires, ils auraient pu y parvenir certes après encore d’âpres combats mais ils étaient alors dans une situation de supériorité écrasante, ils s’en sont abstenus à l’époque certainement en raison de rivalités internes, Ladislas et Vytautas se craignaient mutuellement et chacun se méfiait de la puissance de l’autre, aussi la présence d’un tiers persistant (l’Ordre Teutonique) permettait un jeu d’équilibre dans cette rivalité, et cette situation perdura au bénéfice des Allemands jusqu’au jour la Pologne fut définitivement dissoute lors du 3ème partage en 1795.
 
Cette bataille de Tannenberg ou Grunwald (ou Zalgiris) a fait l’objet de nombreux récits et représentations (surtout de la part des vainqueurs) à de nombreuses époques, cette monumentale peinture à l’huile de Jan Matejko (fin XIXème siècle) et conservée au musée de Varsovie représente le Grand duc Vytautas au milieu de la mêlée, elle correspond bien à l’exaltation des sentiments patriotiques de résistance du peuple face à l’envahisseur, beaucoup plus encore que les Polonais, les Lituaniens petit pays à l’histoire tourmentée sont farouchement attachés à l’évocation de ce haut fait d’armes de leurs supposés ancêtres, le terme de Zalgiris est pour eux plus qu’un symbole, c’est quasi le fondement de leur identité nationale !
 
 Hiéronymus, juillet 2010
 
 
Liens :
en français mais imprécis ;
version allemande beaucoup plus complète ;
un site original dû à un français résidant sur place ;

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37 réactions à cet article    


  • Cogno2 16 juillet 2010 10:12

    Je connaissais la bataille de 1914 qui porte le même nom, avec dans les rôles principaux Samsonov, Rennenkampf, Hindenburg et Ludendorff, mais pas celle-ci.


    • Hieronymus Hieronymus 16 juillet 2010 12:52

      en fait cette victoire allemande de 1914 face aux armees russes ne s’est pas deroulee exactement a Tannenberg meme si pas tres loin
      et ce fut la volonte du haut commandement allemand de denommer ainsi cette victoire pour « venger » en qq sorte la defaite subie 5 siecles plus tot par l’ordre teutonnique


    • Arunah Arunah 16 juillet 2010 12:18

      Bonjour Hiéronymus !

      Merci pour cette histoire pleine de bruit et de fureur !

      Et puis, c’est si bon quand des Slaves mettent la pâtée aux Teutons...


      • Hieronymus Hieronymus 16 juillet 2010 13:05

        « histoire pleine de bruit et de fureur, ne signifiant rien et racontee .. »
        mais vous devez connaitre la suite chere Arunah, enoncee par Macbeth en personne peu avant sa mort

        oui j’adore le Moyen age et la Chevalerie, je peux dire que je me suis regale avec cet tartik meme si ce fut fort long (bcp plus que je ne me l’imaginais) et publie avec presqu’un jour de retard (mea culpa)
        il faut absolument connaitre Tannenberg sur le plan historique, le lieu figure indique sur la 1ere carte en allemand de lartik, 1410 et 2 epees croisees, c’est assez petit mais visible au dessus de Konigreich Polen au sud est de Marienburg
        de grandes ceremonies commemoratives avec de tres nombreux figurants en armes de l’epoque y ont d’ailleurs lieu en ce moment et tout le week end


      • Arunah Arunah 16 juillet 2010 14:33

        Honnêtement, les batailles sont un peu trop gore pour moi... mais je m’éclate avec vos blogs lettons mis en lien... de vrais pépites...


      • dom y loulou dom y loulou 16 juillet 2010 12:37


        l’aigle bicéphale habsbourg, décidemment à cette époque on le retrouve partout.

        représentant gog et magog, les deux parties en conflit nourries d’armes par les mêmes familles et qui tirent leur pouvoir de la haine entretenue dans les populations.

        ce qui n’est pas dit non plus c’est que tous ces princes et ducs et rois et reines étaient tous de même famille et jouaient à la guerre, comme nous jouons aux échecs, dès que la famine ou la rébellion menaçait leur pouvoir.

        sauf que là et ceci depuis 4000 ans, des centaines de milliers d’hommes trinquent comme pions inconscients de cette lignée de manipulateurs d’histoire.

        Si ce ne sont pas six milliards de victimes aujourd’hui de leur folie de contrôle.

        Il y a d’autres jeux de société possibles que massacres, assouvissement des vengeances et des terreurs projetées.


        lulu.com - Ludus


        • Hieronymus Hieronymus 16 juillet 2010 14:52

          Dom
          j’avoue mon incompetence ds le domains des armoiries
          en representant l’aigle bicephale des Habsbourg qui est un blason
          plus tardif et nettement plus sophistique, j’ai voulu montrer la parente
          la filiation avec l’Ordre Teutonique, en particulier la Croix noire sur fond blanc

          l’Ordre Teutonique vaincu en 1410 est toujours reste un element mythologique
          fondamental ds la conscience allemande comme le mythe du guerrier heroique ..


        • zadig 16 juillet 2010 13:40

          A l’auteur,

          Merci pour cette brillante narration.
          Je suis un amateur d’histoire (grande et petite)
          Alors messieurs les auteurs au repos à vos plumes.

          Cordialement


          • fonzibrain fonzibrain 16 juillet 2010 13:43

            à l’auteur, vous avez acheté la revue carto ?



            • Hieronymus Hieronymus 16 juillet 2010 14:57

              pas necessaire, sur Internet on trouve de tout
              a condition d’avoir un minimum de patience


            • COVADONGA722 COVADONGA722 16 juillet 2010 14:43

              bonjour hieronymus , captivant et fort compréhensible « merci ».
              Plus techniquement cette bataille à l instard d ’azincourt et autre crécy« ne scelle telle pas
              la fin de la chevalerie comme »arme« unique face a la pietaille ?Dans votre comparaison des effectifs j imagine volontier 4/5 pietons armés de vouges et autres armes d hast jettant a bas des chevaliers teutonniques lourdement cuirassés mais maladroit comme des hannetons une fois cul par terre.Eisenstein dans son film insiste lourdement la dessus
               » la connotation politique y est évidente« mais furieusement crédible.Votre bataille en meme temps que la fin  un monde politique » pouvoir des ordres militaires" , expansion germanique vers l est signe aussi la fin d’ une superiorité militaire technique , il est d ailleurs intérréssant de voir que chaque fois que le monde germain recouvreras une telle superiorité technique et militaire la poussé vers l est reprendras.


              • Hieronymus Hieronymus 16 juillet 2010 16:17

                oui j’aime bcp le film Alexandre Nevsky d’Eisenstein
                qui represente cette bataille aupres du lac Peipus en 1242
                ou les Russes l’emportent contre les Chevaliers Teutoniques

                on est en plein a la fois ds le mythe et la propagande nationaliste tres kitch, A.Nevsky de Novgorod est tjrs le personnage le plus populaire en Russie, vainqueur la fois des Suedois et des Teutons, on oublie de dire qu’il s’etait quasiment allie avec les Tartares a l’epoque et qu’il avait souvent une attitude ambigue vis a vis des Russes
                bon mais au moins, il a evite la germanisation des terres russes ..

                sur les techniques militaires, j’avoue mon inculture
                je pense qd mem qu’un cavalier disposait d’un avantage de taille
                et la cavalerie etait necessaire pour exterminer les fuyards !


              • LE CHAT LE CHAT 16 juillet 2010 14:53

                merci pour ce bel article ,

                la lituanie a gardé le chevalier comme emblème , le Belarus voisin également a été marqué par cette époque !

                m’est avis que Adolf devait encore l’avoir de travers et que sa detestation des slaves doit avoir aussi un peu de cette bataille de tannenberg dans ses désirs de vengeance....


                • Hieronymus Hieronymus 16 juillet 2010 16:04

                  oui le Chat, vous touchez la un detail captivant
                  la Lituanie et la Bielorussie ont exactement le meme blason !
                  pourquoi alors que ce sont 2 peuples differents ?
                  l’un parle une langue balte (le lituanien) l’autre une langue slave (le bielorusse mais en pratique plus souvent le russe)
                  sur ce sujet les Lituaniens a notre epoque sont etrangement peu loquaces
                  ma conviction est qu’au XIV siecle, les princes « lituaniens » qui detenaient ce Grand duche etaient en fait plus bielorusse que lituanien, comme la plus grande partie de leurs territoires etait peuplee de slaves, ils s’exprimaient le plus souvent en bielorusse ou vieux slavon qui est une langue slave proche du polonais, le « bielorusse » (s’ecrit en caracteres cyrilliques tres proches du russe) etait d’ailleurs la langue administrative du Grand duche
                  les Lituaniens a notre epoque qui sont de farouches nationalistes, ne veulent jamais admettre que leurs fiers souverains de jadis etaient tres « slavises »


                • bo bo 16 juillet 2010 15:04

                  La soeur de Ladislas Jagelion RACZA avait épousé KORLOT comte Radwan, dont un des fils Wolodko signa en 1401 le traité de paix et d’alliance entre la noblesse de Lithuanie et de Pologne.
                  C’est ce traité qui permit de rassembler les forces polonaises et Lituaniennes contre les chevaliers Teutoniques.
                  Pour la très petite histoire un descendant de ce Wolodko : Witold Henrik Wolodkowicz armera 2 régiments de lanciers polonais à ses frais et viendra aider en 1796 la révolution française. Il avait épousé Anne Fergusson-Tepper, fille du grand nationaliste polonais assassiné. appelé « Henry » par Napoléon, son nom figure sur l’arc de triomphe......


                  • Hieronymus Hieronymus 16 juillet 2010 16:22

                    merci Bo j’ignorais ces details
                    Ladislas Jagellon (Jogaila en allemand, voir carte figurant sur l’article)
                    est a l’origine de la dynastie des Jagellon qui furent les plus grands souverains de Pologne, amusant qd on pense qu’il est ne paien et d’origine lituanienne


                  • brieli67 18 juillet 2010 11:19

                    en effet peu connu

                    Henryk Walezy
                    avant de monter sur le trône de la France ( sans et de Navarre)
                     était Roi de Pologne.


                    • Hieronymus Hieronymus 17 juillet 2010 06:51

                      oui, j’ai ete voir, agreable et distrayant
                      cette version polonaise fait la part belle a leur Roi
                      Ladislas Jagellon, beau et vertueux comme un heros antique ..

                      j’ai retrouve (en 4 episodes) cette version sous titree en anglais


                    • Hieronymus Hieronymus 17 juillet 2010 06:55

                      pas evident de copier le lien


                    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 16 juillet 2010 16:17

                      Article pertinent et très inattendu. D’ailleurs il me rappelle que Marienburg (Malbork) était membre de la ligue hanséatique. 


                      Mais ça aussi on ne l’enseigne pas en France...

                      +1

                      • Yannick Harrel Yannick Harrel 16 juillet 2010 17:12

                        Bonjour,

                        Très appréciable focus sur cette bataille qui est effectivement célébré jusqu’au Belarus (n’oublions pas que ce territoire fut sous dépendance Lituanienne jusqu’aux trois fameux partages du XVIIIème siècle) comme j’ai pu m’en rendre compte par moi même. 

                        Par la suite après cette bataille l’Ordre ne sera plus que le fantôme de sa gloire passée. Sous tutelle Polonaise (acceptant de devenir vassal du roi de Pologne lors du second traité de Thorn en 1466) et miné par des problèmes financiers endémiques. 

                        C’est surtout que l’Ordre était quasiment devenu anachronique à l’époque de l’éveil des nations et des structures étatiques remplaçant peu à peu les structures féodales. Mais il allait toutefois renaître avec le protestantisme et la sécularisation des biens du territoire.

                        Cordialement


                        • Hieronymus Hieronymus 16 juillet 2010 23:59

                          oui vous avez raison de souligner que le second traite de Thorn en 1466,
                          (apres le 1er en 1411) est vraiment decisif, car l’Ordre Teutonique se trouvera
                          reduit a sa partie extreme orientale, perdant Marienburg et n’ayant plus que
                          Koenigsberg comme citadelle fortifiee et capitale, le reduit germanique
                          aupres de la Baltique enclavee ds un espace polonais ..

                          curieusement aujourd’hui nous avons une enclave comparable
                          avec l’oblast (region) de Kaliningrad qui depend de Moscou
                          coincee entre la Pologne et la Lituanie !


                        • Georges Yang 16 juillet 2010 20:00

                          Excellent article ! Comme dit dans un commentaire, cette histoire ne fait pas parti des programme français. Cependant, une histoire européenne devrait être enseignée sans pour autant faire l’impasse sur les héros nationaux, mais sans tomber dans le nationalisme excessif.

                          Quelle est la source des cartes qui aident à la compréhension du texte ?


                          • Hieronymus Hieronymus 16 juillet 2010 23:48

                            bonsoir
                            j’ai trouve le maximum de cartographies, images, schemas, etc ..
                            en allant sur « google.de » (allemand) et en indiquant des mots cles
                            les Allemands font d’excellents films documentaires, tres pedagogiques



                          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 16 juillet 2010 23:55

                            L’auteur m’a devancé.


                          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 17 juillet 2010 00:03

                            D’ailleurs son article est bien plus riche que le pauvre compte rendu de Wikipedia.de.

                            Comme quoi.

                          • Hieronymus Hieronymus 17 juillet 2010 07:02

                            merci Peachy de vos aimables commentaires
                            cette source de Wikipedia allemand est a ma connaissance la plus riche sur le Web


                          • L'enfoiré L’enfoiré 18 juillet 2010 10:08

                            Hieronymus,
                             Article d’exception avec une documentation hors pair.
                             Je ne connaissais pas cette histoire.
                             Bien en accord avec George Yang, l’histoire serait bien plus intéressante si on sortaient de « nos ancêtres les Gaulois ».
                             Les ordres sont nés après les croisades.
                             Ordre de Malte, Hospitalier, des Chevalier du Temple...
                             Force qui a créé l’envie de Philippe le Bel et la fin, le vendredi 13 octobre 1307 à l’Ouest.
                             Lien intéressant
                             
                            Merci


                            • brieli67 18 juillet 2010 10:59

                              FAUX l’ Enfoiré !!

                              L’Ordre Teutonique a été créé pour « croiser » en terres slaves par Rome,
                              les agents provocateurs ( et rassembleur) l’ordre cistercien ( néo_ dominicain) à leur le « Saint »_ Bernard de Clairvaux.
                              une des dérives : on s’est fait un vil plaisir de rôtir du juif le long du Rhin avant de sabrer chez les slaves.

                              Dans cet Ordre, la noblesse querelleuse n’était pas que « allemande » du Saint Empire , il y avait du belge, du françois, du provinçal, de l’italien...
                              En somme, ce Tannenberg est la rencontre sur le terrain entre la fine fleur militaire « européenne » et la « masse » du bloc slave.

                              Malheurs à l’auteur : l’exercice du genre est toujours périlleux. Il faut être intransigeant avec l’usage des adjectifs qualificatifs teuton, germain, allemand sinon les dérives et ratiocinations vers le point Godwin sont inévitables.

                              Pour bien se différencier, les historiens allemands usent et abusent de Prusse, prussien, baltique....

                              Le « Drang nach Osten » des peuples allemands/germains n’existe pas. Les Chefs slaves ont fait appel à l’immigration allemande des Saxons dès le Xe siècle en Transsylvanie, La Grande Catherine de Russie les Souabes de la Volga, Marie-Thérèse d’Autriche les Souabes du Banat.
                              De même pour les Sudètes, la Pologne « autrichienne » et russe et prussienne....

                              L’exception belliqueuse étant cet Ordre Teutonique


                            • L'enfoiré L’enfoiré 18 juillet 2010 19:13

                              Ach, so, Briel. Ich bin kein Teuton.
                               smiley


                            • L'enfoiré L’enfoiré 18 juillet 2010 10:09

                              Étonné que Finael n’est pas encore passé.  smiley


                              • ARMINIUS ARMINIUS 18 juillet 2010 14:55

                                Bonjour Hieronymus,
                                Merci pour ce bel article, vous me coupez un peu l’herbe sous le pied, j’ai en gestation un projet plus global sur le « Drang nach Osten » (l’expansion vers l’Est) et sur la quête du « Lebensraum » allemand.Une petite remarque tout de même : les Chevaliers Teutoniques sont à l’origine du renforcement territorial de ce qui allait devenir la Prusse et qui en 1410, n’existe que sous la forme de Principauté de Brandebourg.
                                Cette principauté avec le comté de Berge ( a peu près la Ruhr d’aujourd’hui),le comté de Hesse, le margraviat de Bade, les trois Bavière (Munich, Ingolstadt, Basse-Bavière et le Deutscher Orden (nom allemand des Chevaliers Teutoniques) sont les principaux électeurs du Saint Empire Romain Germanique, entité qui recouvre globalement ce qu’on pourrait appeler pour simplifier l’Allemagne de l’époque qui avait, aussi, d’autres chats à fouetter...
                                En clair, en 1410 les chevaliers teutoniques ne sont ni la Prusse, ni le Saint-Empire Romain Germanique, mais un ordre de moines-soldats, entretenant des liens féodaux avec les « colons » allemands, avec tous les excès que cela comporte...


                                • Hieronymus Hieronymus 18 juillet 2010 21:04

                                  oui Arminius l’emigration allemande vers l’Est, generalement pacifique d’ailleurs
                                  est un phenomene sensible des le haut Moyen age et dont les Francais « encastres
                                  ds leurs frontieres naturelles » n’ont le plus souvent aucune idee de son importance

                                  le cas Chevaliers Teutoniques est un peu a part, elimines politiquement de Lituanie
                                  apres Tannenberg, ils conserveront cependant une influence majeure en Livonie
                                  (qui correspond en gros a la reunion de l’actuelle Lettonie + Estonie) a preuve ces
                                  2 pays de nos jours sont en majorite lutheriens (tres marques par la presence
                                  allemande) alors que les Lituaniens de culture polonaise sont catholiques a 95%


                                • Waldgänger 22 juillet 2010 02:28

                                  J’avais lu cet article le jour de sa parution, même si j’ai des désaccords très lourds avec l’auteur sur d’autres sujets, il est excellent et d’un très bon niveau ; dense, très complet et très bien rédigé.


                                  • Hieronymus Hieronymus 22 juillet 2010 23:59

                                    merci Wald pour ce commentaire fort elogieux
                                    a l’evidence nos points d’accord majeurs ne sont pas vraiment a rechercher du cote
                                    du debat politique, mais on ne peut pas tjrs se cantonner ds le pur culturel smiley

                                    j’en profite pour adresser un mot de remerciement a tous ceux
                                    qui par leurs commentaires ont contribue a enrichir le fil de discussion,
                                    Tannenberg a marque la conscience des peuples pour des siecles
                                    a preuve l’insistance du commandement allemand pour denommer
                                    en 1914 leur victoire surprise du nom de cette defaite passee ..

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