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19 nouveaux phares bientôt classés

Au lendemain des journées du Patrimoine, coup de projecteur sur... les phares. L’information date du mois de juin mais, hormis dans la presse locale des régions concernées, elle n’a pas été relayée dans les grands médias. 15 phares étaient classés à l’inventaire des monuments historiques. 19 autres vont les rejoindre. Une excellente nouvelle pour tous les amoureux de ces émouvants témoins de l’histoire maritime de la France...

Il y a deux ans, seul était classé le phare de Cordouan, la prestigieuse vigie de la Gironde dont la construction avait été entreprise sous le règne d’Henri IV. Un classement intervenu dès 1862, eu égard à l’étonnante richesse patrimoniale de ce prodigieux édifice dont les surnoms, « le Versailles de la mer » ou « le phare des Rois », sont significatifs de l’attrait, voire de la fascination, qu’il a toujours exercé.

Les autres phares étaient restés dans l’ombre de ce glorieux précurseur mis en service en 1611. L’automatisation accélérée des systèmes, la disparition concomitante des gardiens de phare, la généralisation du GPS dans la navigation maritime et les difficultés budgétaires de l’administration des Phares et Balises, se sont en outre traduits au fil des ans par une dégradation de ce patrimoine particulièrement exposé.

Après des décennies d’inertie, changement de cap en l’an 2000 : une campagne d’inventaire et de protection des phares est initiée. En 2010, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, conscient de la sous représentation de ces édifices dans l’inventaire des monuments historiques et de l’urgence de les pérenniser dans leur splendeur ou leur fonction de « témoin », soutient les propositions des experts du patrimoine pour valider une 1ère phase de classements. Le 22 novembre de cette année, sur proposition de la Commission nationale des Monuments historiques, il signe l’arrêté entérinant le classement de 14 phares destinés à rejoindre Cordouan dans l’inventaire. Neuf d’entre eux sont situés en Bretagne, un en Normandie, trois dans le Nord-Pas de Calais et un en Corse (cf. liste ci-dessous).

Les nouveaux classements annoncés avec une évidente satisfaction par Aurélie Filippetti le 25 juin 2012 s’inscrivent dans la suite logique des classements de 2010. La 1ère phase était consacrée aux côtes du nord et nord-ouest de la France ainsi qu’à la Corse. La 2e phase est centrée sur le reste des côtes françaises métropolitaines, de l’Atlantique à la Méditerranée, ainsi que sur le littoral de La Réunion et de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Les nouveaux phares classés seront officiellement connus lorsque Mme Filippetti signera les arrêtés ministériels. Tous les édifices concernés n’appartenant pas au domaine public, il importe en effet d’obtenir l’accord préalable des propriétaires. Un accord dont la ministre pourrait toutefois se passer, le cas échéant, mais à la condition expresse d’obtenir un feu vert du Conseil d’État.

Quels seront les monuments dont le nom sera entériné par la signature de la ministre de la Culture ? La liste est encore confidentielle, mais du Cap Ferret atlantique au Cap Ferrat méditerranéen, en passant par Béar et ses murs d’opaline bleue, le Planier sur son îlot marseillais, ou la lointaine vigie réunionnaise de Bel-Air, les jeux sont ouverts...

Il est toutefois possible d’en savoir d’ores et déjà un peu plus en se rendant au Musée de la Marine où se tient depuis le mois de mars et jusqu’au 4 novembre 2012 une formidable exposition consacrée aux phares de France et du monde. Pour tout savoir sur leur architecture, sur les lentilles de Fresnel, sur le ravitaillement en mer, et sur tous ces gens qui, au fil des siècles et parfois au péril de leur vie, les ont servis pour guider les navires et prévenir les naufrages, une seule adresse : 17 place du Trocadéro à Paris.

Les 14 phares « Mitterrand » : Cap Fréhel (22 Plévenon), Créac’h (29 Ouessant), Eckmühl (29 Penmarc’h), Grand phare de Belle-Ile (56 Bangor), Les Héaux de Bréhat (22 Bréhat), Ile Vierge (29 Plouguerneau), Pontusval (29 Brignogan), Saint-Mathieu (29 Plougonvelin), Stiff (29 Ouessant) ; Fatouville (27 Fatouville-Grestain) ; Calais (62 Calais), La Canche (62 Le Touquet), Risban (59 Dunkerque) ; La Giraglia (20 Ersa)

Photo : le phare du Créac’h par Hervé Inisan


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42 réactions à cet article    


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 18 septembre 2012 07:23

    Ia orana Fergus ,un petit phare du bout du monde ,avec une anecdote comique :
    http://www.tahitiheritage.pf/fiche-phare-de-la-pointe-vnus-teara-o-tahiti-23606.htm.


    • Fergus Fergus 18 septembre 2012 09:17

      Bonjour, Aita Pea Pea.

      Très joli, ce phare dans les cocotiers. L’anecdote racontée dans le lien est savoureuse. Merci de l’avoir rapportée ici.


    • Société Nationale pour le Patrimoine des Phares et Balises SBPB 18 septembre 2012 09:22

      Quelques points d’histoire...
      Il est dommage que cet article passe sous silence le rôle déterminant de la Société Nationale pour le Patrimoine des Phares en Balises depuis 10 ans. Fondée en 2002, elle a régulièrement alerté les pouvoirs publics sur l’état de ce patrimoine, notamment celui des phares en mer. C’est en effet quelques temps après la manifestation qu’elle avait organisé en présence de la presse autour du phare d’Ar Men en 2008, que les pouvoirs publics ont décidé de nommer un chargé de mission pour le patrimoine des phares. Puis à la suite du Grenelle de la Mer (2009) auquel la SNPB a fourni une liste de propositions, le patrimoine des phares a été reconnu comme patrimoine maritime national à préserver. Les classements et la remise progressive de 60 phares au Conservatoire du Littoral en sont la suite annoncée. Déjà, en 2003, la SNPB avait obtenu que le site du phare du Stiff (Ouessant), désormais classé, soit remis au Conservatoire du Littoral évitant ainsi son démantèlement programmé par le service technique l(es maisons devaient être remises aux Domaines pour vente publique). Si bien des actions - ou inactions- sont a regretter pour les atteintes, irrémédiables parfois, qu’elles ont porté au patrimoine, il convient de constater que l’avenir des phares à terre, pour l’essentiel du moins, semble désormais sous bonne surveillance. Mais le patrimoine des phares et balises contient bien d’autres centres d’intérêt à commencer la les phares en mer, tous patrimoine emblématique très connu, mais dont l’état parfois critique préoccupe particulièrement la SNPB. Depuis 2011, elle a d’ailleurs obtenu le droit de restaurer le phare de Tévennec (Raz de Sein), projet primé par le Cluster Maritime Français. Enfin, le focus de la préservation de ce vaste patrimoine doit être aussi mis sur ce qui reste de l’ancienne génération, les baliseurs océanique « Charles Babin » et côtier « Roi Gradlon »,quelques vedettes de service et les anciennes bouées métalliques remplacées par du matériel de nouvelle conception. La liste serait longue... Déjà beaucoup de chemin a été parcouru et la SNPB entend poursuivre et amplifier ces efforts en liaison avec les partenaires qui soutiennent son action.


      • Fergus Fergus 18 septembre 2012 09:41

        Bonjour, SBPB.

        Je vous dois en effet des excuses. J’avais pourtant projeté de mentionner le rôle important joué par la SNPB dans la protection de notre patrimoine côtier, mais, quelque peu pressé par le temps dans la journée d’hier, j’ai oublié de faire référence à l’action déterminante des militants de cette association. Votre commentaire rend donc justice à la SNPB et apporte de surcroît des informations intéressantes sur son rôle, ce dont je vous remercie bien sincèrement.


      • Société Nationale pour le Patrimoine des Phares et Balises SBPB 18 septembre 2012 10:02

        Bonjour
        Merci de votre compréhension. Nous venons de nous inscrire et aurons donc l’occasion de vous adresser d’autres articles.
        Cordialement


      • Fergus Fergus 18 septembre 2012 10:39

        @ SBPB.

        Bienvenue sur le site. C’est avec un grand plaisir que le Breton d’adoption que je suis lira vos articles.

        Vous avez mentionné le Créac’h. A toutes fins utiles, voici les liens avec deux de mes précédents articles consacrés l’un à cette superbe île du ponant (Superbe et sauvage : l’île d’Ouessant), l’autre à l’une de ses figures légendaires, Rose Héré (Une héroïne au pays des naufrages).

        Bonne journée.


      • jako jako 18 septembre 2012 10:44

        Superbe sujet Fergus, merci à vous, ne pas oublier les « menteurs » (les phares pas les politiks).
        J’ai deux articles en modération sur les phares de type humains, dommage que cela ne passe pas
        bonne journée.


        • Fergus Fergus 18 septembre 2012 10:55

          Salut, Jako.

          Merci pour ce commentaire. Je vais prendre connaissance de ces textes dans les heures qui viennent.

          Bonne journée.


        • ZEN ZEN 18 septembre 2012 10:57

          Salut Fergus

          Illustre phare de la pensée... smiley

          Les phares m’ont toujours fasciné
          Ma préférence va à celui-là


          • Fergus Fergus 18 septembre 2012 11:14

            Salut, Zen.

            Les phares de la pensée autoproclamés ne manquent pas pour ne pas ajouter de nom au ridicule qui les caractérise trop souvent.

            La vue du sommet d’Eckmühl est superbe sur la côte de Penmarc’h et des environs. Bon choix. Ma préférence va toutefois à deux autres phares bretons : le Créac’h à Ouessant et le modeste mais si charmant Pontusval à Brignogan.

            Bonne journée.


          • Fergus Fergus 18 septembre 2012 16:32

            Pour le plaisir des yeux, liens sur Google images : phare du Créac’h et phare de Pontusval. J’étais encore les pieds dans l’eau à proximité immédiate de ce dernier il y a huit jours ; avec un plaisir toujours aussi grand !


          • Gasty Gasty 18 septembre 2012 17:24

            Petite visite en photos à Ouessant....et ses phares. Phare de la jument ou semblerait-il une fissure soit apparu et qui inexorablement risque de s’agrandir au fil des tempêtes.


          • Fergus Fergus 18 septembre 2012 18:11

            Bonjour, Gasty.

            Merci pour cette balade ouessantine. Le phare de la Jument a fait l’objet de travaux de consolidation en 2010 (et notamment d’injection de béton dans le socle de l’édifice). Les fissures auxquelles tu fais allusion sont-elles antérieures ou postérieures à ces travaux ?


          • Gasty Gasty 18 septembre 2012 20:51

            Bonjour fergus,

            C’est une bonne nouvelle. Je crois que c’était en Avril 2010,un insulaire m’avait dit qu’il voyait la fissure lorsqu’il pêchait à proximité.


          • Grattounette 19 septembre 2012 13:43

             smiley Merci Fergus pour l’article et les commentaires qu’il a amené. C’est aussi un sujet que j’aime, et ça tombe bien justement pour ces journées du patrimoine je me « suis fait » Eckmülh, ça faisait longtemps que j’en avais envie, en + grande marée, basse à l’heure où je suis passée c’était superbe. Il ne faudrait pas grand chose à celui-là pour lui réparer quelques outrages intérieurs qui donnent un petit pincement au coeur en montant les fameuses marches (championnat de la montée cette année : 52,09 secondes ! ) 


          • Fergus Fergus 19 septembre 2012 19:05

            Bonjour, Grattounette.

            Eckmühl, déjà cité dans ce fil, est superbe, bien qu’en proie à quelques dégradations que son classement de 2010 devrait aider à réparer. Par chance pour vous, il a dû faire beau ce jour-là, comme sur l’ensemble de la Bretagne à l’occasion de ces Journées du Patrimoine. Puisse la qualité de la lumière avoir été au rendez-vous...


          • JL JL 18 septembre 2012 12:01

            Bonjour Fergus,

            merci de publier ces infos.

            Pour Cordouan, je connaissais l’appellation : « Le roi des phares, le phare des rois ».

            Le phare de Belle Ile mentionné est connu par les marins sous le nom de Goulphar.

            Quant au phare de la pointe Saint-Mathieu, s’agit-il vraiment de celui situé à Pougonvelin, ou bien de Les Pierres Noires, situé bien plus à l’ouest, sur la commune du Conquet ?

            Je ne résiste pas au plaisir de citer le dictionnaire de la mer de Jean Merrien :

            Phare : /De l’île de Pharos, célèbre par son phare élevé, IIIè siècle av. J.-C.. Tour de maçonnerie, ronde, carrée, ou polygonale, portant une lanterne (coupole vitrée) dans laquelle sont logés l’’optique’ et le ’foyer’ lumineux qui constituent un feu. En marine, le mot ’phare’ n’est employé que sur les documents ; on dit ’feu’ pour la lumière, ’tour’ pour la maçonnerie ; on ne dit ’phare’ que de jour et quand on ne le connait pas ou qu’on ne le désigne pas nommément. De nuit on dit : « il est facile de naviguer de nuit le long de la côte toute bordée de feux. Quel est ce feu ? Eckmül. » De jour on dit : « Quel est ce phare ? C’est la tour d’Eckmül. nous virerons par le travers du pare. » Attention : sur les cartes marines, le chiffre figurant à coté d’un phare indique la hauteur du foyer au-dessus non pas du zéro des cartes marines, mais de la plus haute mer (marée de 120) ; de même pour le livre des feux, ouvrage donnant toutes les indications sur les feux.

            - Du coté de St Malo, ça fait 13 mètres de plus.

            - De nuit on peut voir l’éclat des phares les plus puissants, bien avant qu’ils ne soient visibles sur l’horizon.


            • JL JL 18 septembre 2012 12:06

              Les Pierres noires, très beau phare, très impressionnant par gros temps.


            • Fergus Fergus 18 septembre 2012 12:56

              Bnjour, JL.

              Merci pour ces précisions.

              Le Grand phare de Belle-Ile est effectivement appelé également phare de Goulphar, du nom de la baie parsemée de rochers qui donne l’un de ses cachets les plus spectaculaires à l’île avec le tout proche site de Port Coton. François Mitterrand était un amoureux de cette côte où il a séjourné à l’hôtel Castel Clara.

              Pour ce qui concerne le phare de Saint-Mathieu, il s’agit de celui qui est érigé sur la falaise, juste à côté du sémaphore et des ruines de l’abbaye. Superbe site, particulièrement par gros temps.


            • Nina K Nina K 18 septembre 2012 16:29
               
              Quand on voit ce que les phares se prennent dans la tronche les jours de tempête, il y a intérêt à ce qu’ils soient solides et bien entretenus : décembre 2007 Bretagne 

              ici, des photos de phares par temps calme, et agité...
               

              • Fergus Fergus 18 septembre 2012 16:39

                Bonjour, Nina K.

                Un grand merci pour ces liens. Je connaissais déjà le spectaculaire film de Kéruzoré, mais pas ce superbe album de photos servi par une musique qui me va droit au coeur. 


              • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 18 septembre 2012 19:25

                Superbe, Nina !
                Comme ma Méditerranée se fait petite, petite, petite, après ce clip...
                Et merci pour cet intéressant papier Fergus.


              • Fergus Fergus 18 septembre 2012 19:56

                Bonjour, Manu.

                La Méditerranée en furie, ce n’est pas mal non plus, et des fanfarouns et autres kékés, souvent descendus du nord vers la grande bleue, sont régulièrement surpris par la violence de ses colères.


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 18 septembre 2012 20:04

                Pour la fureur ,rien de mieux que le Pacifique ....


              • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 19 septembre 2012 12:33

                Re-salut,

                Concernant la mare nostrum, le problème n’est pas la hauteur des vagues et la profondeur des creux, c’est la vitesse à laquelle la mer se démonte, comme ça, sans prévenir. Selon le vent et selon leur compétence, les marins du monde entier savent s’ils sortiront ou non... Mais quand en 5/10mn tu passes d’une petite brise bien tranquille à un mistral de l’autre monde, t’as intérêt à pas avoir emmené ta belle mère...
                Mais rien de commun avec l’océan et le spectacle que nous a proposé Nina.
                Remarque qu’à Nice, des fois... la plage se vide.


              • Fergus Fergus 19 septembre 2012 12:56

                Bonjour, Manu.

                La survenue rapide d’un violent coup de vent, un phénomène que connaissent bien les Grecs des Cyclades, habitués aux sautes d’humeur parfois méchantes du meltem.


              • Fergus Fergus 18 septembre 2012 22:00

                Bonsoir, Complot.

                 ????


              • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 19 septembre 2012 12:34

                c’est rien, juste une éjaculation jubilatoire et inopinée...


              • Cassiopée R 18 septembre 2012 21:08

                Une anecdote qui a fait fermer un phare près de l’ Ecosse :

                 

                « Depuis décembre 1899 où il a été édifié sur l’île rocheuse de Eilean Mor, au large des côtes écossaises. »

                 

                « Quatre gardiens se relayaient par équipe de trois. Alors qu’il s’approchait en bateau pour rejoindre son poste, Joseph Moore fut frappé par le silence oppressant qui régnait aux alentours. »

                 

                « A l’intérieur du phare, tout lui avait semblé normal. Des plats de nourriture intacte étaient encore sur la table, une chaise gisait à terre et deux cirés manquaient au portemanteau. »

                 

                « En date du 15 décembre, l’un des gardiens avait écrit : »Fin de la tempête. Mer calme. Dieu est avec nous.« 

                 

                 »Mais, on n’a jamais retrouvé la trace de ces trois hommes." 

                 

                Source :

                http://www.dinosoria.com/insolite_phare.htm 

                 

                De nos jours, on ferme des phares pour licenciements économiques. 


                • Fergus Fergus 18 septembre 2012 21:58

                  Bonsoir, Cassiopée.

                  Merci pour le lien. La vie en mer était parfois périlleuise pour les gardiens de phare. Même par mer apaisée, le risque d’une vague scélérate, jusque près des côtes, était toujours présent, d’où la nécessité d’une vigilance permanente.


                • Gargamel 19 septembre 2012 12:10

                  Bonjour, et merci pour cet article.

                  La survie des phares demande bien sûr un lourd financement, mais le poids de ce dernier dépend lui-même de leur situation, les fameux « enfers » des anciens gardiens posant beaucoup plus de problèmes que les « paradis » (pour lesquels je ne me fais pas trop de souci) ou même les « purgatoires ».
                  Du temps pas si lointain des gardiens, une surveillance de tous les instants et l’entretien quotidien étaient assurés : ces hommes vénéraient leurs phares, bichonnaient la mécanique, grattaient la rouille, enduisaient et repeignaient sans cesse.- Depuis l’automatisation, c’est la mer qui ronge sans répit, avec selon tous ceux qui y ont été jeter un oeil (et qui les connaissaient auparavant) un sombre avenir à peu près garanti.

                  Mes racines personnelles sont proches de la Vieille et d’Ar Men.
                  La première a déjà perdu dans un coup de torchon la grande potence (bien visible dans le clip de J.R.Kéruzoré) qui portait le système utilisé pour la relève. Espérons que les touristes qui défilent sur la pointe du Raz donneront l’alarme quand ils verront des choses menaçantes...
                  Mais qui se préoccupera du second, situé bien au large de l’Ile de Sein ? Pourtant, il a été si long et difficile à construire, et il a tenu une telle place dans la navigation maritime dans ces parages, qu’il mériterait bien d’être sauvegardé. Même s’il ne peut guère faire l’objet de visites guidées ou de spectacles ’Sons et Lumières’.
                  Déjà en 2008, son aspect était honteux :
                   http://www.audierne.info/pagesphp/actualites/articles/phare_armen_en_peril. php

                  Mais pardon d’être un peu chauvin : il ne faut pas oublier non plus Kéréon, auquel ses origines ont donné une âme, ni tous les autres phares en mer...

                  Le fameux clip 2007 référencé par Nina K au début de ce fil est le meilleur pour réaliser ce qu’est vraiment une tempête, et pour imaginer un peu les forces auxquelles l’Ar Men doit résister. Chapeau à J.R.Kéruzoré et surtout à son pilote d’hélico pour avoir osé aller chercher de telles images...


                  • Fergus Fergus 19 septembre 2012 13:14

                    Bonjour, Gargamel.

                    Un grand merci pour ce commentaire et ces précisions. Ar Men et Kereon sont deux phares de pleine mer porteurs d’une grande émotion, eu égard à l’« enfer » des gardiens qui les ont servi, et l’on ne comprend guère pourquoi ces deux-là, connus de tous les Bretons familiers des choses de la mer, ont échappé au classement de 2010.

                    Ils ne feront pas non plus partie - et c’est bien dommage - du classement à venir qui concerne d’autres régions, à moins d’une sorte de codicille imprévu au classement de 2010.

                    Il semblerait toutefois qu’au delà des 19 phares annoncés, une vingtaine d’autres fassent l’objet d’une « inscription » au patrimoine des monuments historiques, prélude sans doute pour quelques-uns d’entre aux à un classement ultérieur. Je croise peronnellement les doigts pour qu’il en soit ainsi d’Ar Men tant cet édifice est, dans sa position de sentinelle avancée, un tel défi aux fureurs de la mer qu’il est devenu l’un des symboles maritimes les plus forts de la Bretagne.


                  • Fergus Fergus 19 septembre 2012 16:42

                    Bonjour, Sabine.

                    Effectivement, le rôle joué par les gardiens dans des conditions parfois extrêmes pour guider les bavires et prévenir les naufrages devrait suffir à justifier le classement des phares de pleine mer.

                    Les vagues scélérates sont en effet observées en pleine mer, la plupart du temps par gros temps. Mais il arrive également que des vagues particulièrement dangereuses se forment par temps calme et déferlent de manière inopinée sur les côtes. J’en ai moi-même été victime un jour à Belle-Ile alors que j’étais descendu le long d’une falaise pour observer des plantes : j’ai vu soudain une vague énorme surgir en mer ; je n’ai pas eu le temps de remonter suffisamment : la vague a heurté les rochers en me submergeant de la tête aux pieds alors que j’étais à mi-hauteur de la falaise ; par chance, je m’étais agrippé à la roche, mais mon sac à dos, laissé quelques mètres plus haut, a été emporté... Ce jour-là, j’ai perdu mes papiers, mon fric, ma caméra et mon appareil photo, ce qui m’a valu de connaître l’un des gendarmes les plus obtus du territoire national : ce brave pandore voulait bien enregistrer ma déclaration de perte mais exigeait des papiers prouvant mon identité !


                  • Fergus Fergus 19 septembre 2012 17:52

                    @ Sabine.

                    Cette histoire est véridique, et elle a donné lieu à une grosse frayeur pour ma femme, restée en haut de la falaise. Cette mésaventure bien ennuyeuse nous a permis d’être dépannés financièrement par un marquis à l’ancienne qui passait dans le secteur en voiture avec sa belle-fille ; l’homme, très courtois, très friqué et très sympathique, n’a pas voulu tenir compte des avertissements de sa bru qui, manifestement, nous prenait pour des escrocs de basse extraction comme il s’en rencontre à l’évicence tous les 50 m sur la côte sauvage de Belle-Île ! Quant à nos rapports avec le gendarme, cela s’est arrangé dès que son chef a pointé le nez à l’accueil. 


                  • SANDRO FERRETTI SANDRO FERRETTI 19 septembre 2012 18:43

                    @ Sabine,
                    Moi, j’ai bien connu un phare de la pensée mondiale, mais je préfère rester discret ici sur son nom...
                    Du reste, son âme s’est dissoute dans le Danube de la pensée.


                  • Fergus Fergus 19 septembre 2012 19:07

                    Bonjour, Sandro.

                    Des phares de la pensée, ce n’est pas ce qui manque. Problème : ils sont en général autoproclamés !


                  • Georges Yang 20 septembre 2012 15:22

                    Bonjour Fergus

                    En Bretagne, vaut-il mieux piquer un far, ou un phare ?


                    • Fergus Fergus 20 septembre 2012 17:06

                      Bonjour, Georges.

                      Piquer un far expose à des ennuis avec les pandores, piquer un phare expose à un transfert rapide en réanimation.


                    • Georges Yang 20 septembre 2012 17:58

                      C’est vrai, quand on pique un far, fard ou phare, on devient tout rouge !


                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 20 septembre 2012 18:13

                      Souvent les très jeunes filles piquent un fard en voyant les bittes d’ amarrage .

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