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1962 ou Le dernier voyage.

Sur le quai de la petite gare de Marnia, sept personnages attendent le dernier train, celui du retour définitif, tels les protagonistes d’une "Cerisaie" à l’échelle d’un pays qui ne veut plus les héberger face à un autre qui n’a pas envie de les reconnaître.

A l’instar d’un Tchekhov d’Algérie, Mehdi Charef signe sa première pièce de théâtre dans le prolongement du César de sa première oeuvre cinématographique en 1985 pour "Le thé au harem d’Archimède".

Myriam Feune de Colombie, la directrice du Théâtre Montparnasse, accueille la mise en scène de Kader Boukhanef et Azize Kabouche dans la perspective d’un travail de mémoire engagé vers une complémentarité de cultures n’ayant pu trouver leur respiration commune pour cause de déni radical engendré par "Les Evénements" de l’époque !...

En effet, 1962 l’année de l’autodétermination aura suscité ce destin collectif où les repères des "Pieds noirs" s’est enrayé dans une valse hésitation entre la fuite obligatoire et l’acceptation impossible du déracinement.

Amidou, Nadia Barentin, Jean-Michel Dupuis, Stéphane Höhn, Julie Judd, Jean-Pierre Malo et Mounir Margoum donnent corps et âme à cette tranche de vie où les senteurs, les bruits, les couleurs du bled imprègnent leurs mots qui s’entrechoquent comme des couteaux rouvrant sans cesse les plaies à vif.

La sobriété du décor, de l’interprétation et de la réalisation impriment une pudeur et une retenue qui donnent le ton de la dignité mais qui, néanmoins, ont bien des difficultés à susciter l’intérêt théâtral.

Les spectateurs attendent en compagnie des comédiens ce train du désespoir qui ne saurait arriver tel un Godot de ferrailles éructant sa vapeur pour emmener ceux-ci vers des lendemains dénués de toutes illusions... à tort ou à raison !...

Sans doute la comédie musicale "Les enfants du soleil" au cours de la saison 04-05 permettait-elle une perception plus sensitive de la souffrance initiée par cet exode vers la France !... Ici, il semblerait que le texte et les dialogues de Mehdi Charef auraient nécessité une approche moins statique et plus en relief du jeu scénique. C’est toutefois le témoignage historique et sociologique d’une rupture identitaire violente qui fait la valeur de cette création dramatique.

Theothea- 1962- de Mehdi Charef - mise en scène : Kader Boukhanef & Azize Kabouche
- avec Tahar (Amidou) ; Léonie Canova (Nadia Barentin) ; Barnabé (Jean-Michel Dupuis) ; Dacquin (Stéphane Höhn) ; Marie (Julie Judd) ; Perret (Jean-Pierre Malo) ; El Dib (en alternance, Kader Boukhanef ou Azize Kabouche) - Théâtre Montparnasse.

Theothea.com


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