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21 mars 2017 : journée mondiale de la poésie - célébration en Afrique par Ulrich Talla Wamba

Le 21 mars dernier, les villes et villages du continent sont entrés en symbiose avec le reste du monde pour célébrer la journée mondiale de la poésie. Occasion de faire valoir les « Chants et vents poétiques ». Échos d’ici. Échos d’ailleurs. Les spécificités de cette année…

BURKINA-FASO

Les vents poétiques ont soufflé dans le pays des hommes intègres, pendant la célébration de la journée mondiale de la poésie 2017. De nombreux évènements généralement isolés, se sont produits dans plusieurs coins du pays, à l’exemple du Festival du Grand Micro de Bronze qui met en symbiose à la fois, les arts de la parole, les arts de griots et du slam. Organisé par Sindi Slam Inter, premier collectif de slam né en 2009 à Bobo-Dialassou, cette célébration ouverte, explore les différentes métamorphoses de la poésie : de la chanson parlée, de la parole chantée…

Pendant plus d’une semaine, les organisateurs ont multiplié des ateliers de formations et de renforcements des compétences dans la pratique de la déclamation du texte slam, (qui est une courte représentation d’environs 03 minutes, d’un texte poétique original, beau à l’écoute et fortement rythmé-rimé) et les talents de parolier.

Fortement imbriquée dans les traditions orales (Sindi : renvoie à la poésie orale), la journée du 21 mars (journée mondiale de la poésie) a été expressément consacrée à de l’imprégnation poétique et à un concert de grande facture. Au cours de toute l’après-midi, les spectateurs (et autres curieux) ont eu l’occasion de se frotter de plus prêts aux paroliers invités. Pendant une dizaine de minutes, ceux-ci ont pu découvrir les livres, les littératures orales autrement à travers la séquence « Bibliothèque vivante ». La soirée s’est achevée par un grand concert d’Alexandra B., d’Harouna Traore, Tartare et de bien d’autres dans la salle des spectacles de l’Institut français de Bobo-Dialassou sur un satisfaisis du public connecté et comblé.

Le Festival du Grand Micro de Bronze, c’est également une grande compétition de plusieurs dizaines de poètes d’où le slogan « 50 poètes – 01 semaine – 01 trophée ».

CAMEROUN

Au Cameroun, pays de René Philombe, de Francis Bebey, d’Eno Belinga et de Fernando d’Almeida, le rendez-vous du 21 mars n’a été célébré que par une faible poignée, mordue par la chose poétique. Aucune mobilisation de très grande ampleur des poètes (pourtant plus d’un millier dans le pays).

Le ministère en charge de la Culture, MINAC, a organisé autour de quelques associations de promotion de la lecture et de la littérature une soirée de récitals musico-poétiques avec des invités de marque, à l’exemple de Werewere Liking (qui évolue en Côte d’Ivoire). L’élan de célébration des années passées s’est encore effrité au cours de ce mois de francophonie et de poésie, même si (et heureusement), cette petite poignée y croit comme fer, à cette volonté de rendre à la poésie, une dignité confortée.

Les poètes de la « ronde des poètes du Cameroun », du Cercle littéraire des jeunes du Cameroun, ou du collectif « 237 Paroles », associés à la manifestation de célébration de la poésie au Centre Culturel Camerounais, se sont prêtés à l’exercice en faisant distiller sur les planchers de la scène, des volontés versifiées et des émotions de grande nature. Werewere Liking, Jean-Claude Awono, Dr Nana Tadoum, Fleury Ngamele, HugoPoet, Symplice B. Mvondo, etc., ils sont une vingtaine de poètes à s’être produits successivement sur l’estrade. En français, en anglais ou alors en langues africaines, les textes dits étaient tournés généralement sur les problématiques du recours aux sources, de l’amour, ou de la paix.

Le président du Cercle littéraire des jeunes du Cameroun (Ulrich Talla Wamba) a profité de l’occasion, pour remettre solennellement le prix « Cauris d’Or 2017 », du festival international de littérature « KAMEROON Festi-jeunesse de Littérature », à Jean-Claude Awono. Écrivain, poète, enseignant, éditeur, chroniqueur, critique littéraire, directeur du festival des 7 collines « Festi7 » ou encore chef traditionnel, il œuvre avec son équipe depuis près de trois décennies pour la promotion et la valorisation de la poésie, de la littérature dans son pays. Il est par ailleurs, le président de la « Ronde des poètes du Cameroun » (principale association de poètes du pays), ou encore directeur de la revue littéraire « Hiototi » etc.

Ce mordu et passionné de la poésie est auteur de nombreux recueils de poèmes publiés localement et a signé plus d’une trentaine de préfaces de recueils de poésie, de nouvelles, ou de contes. Il a été fait récemment Chevalier de l’ordre du mérite camerounais par le gouvernement de son pays.

La soirée de célébration s’est achevée sur quelques souhaits des uns et des autres, notamment de l’invitée spéciale de la soirée, Werewere Liking, qui à notre microphone, a souhaité « voir les célébrations de poésie beaucoup plus populaires » et pour cela, elle a appelé les autorités et regroupements compétents à mettre la main à la pâte et à « penser de nouvelles formes de célébrations littéraires qui consisteraient à se rapprocher de plus en plus du public ». 

GABON

Comme au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, ou au Maroc, l’aspect compétitif du slam se généralise et embrasse un public chaque jour plus conquis. Le Gabon, n’est pas épargné de ce virus du dire. Au cours de ce mois de la poésie, l’actualité du pays a été marquée par la finale de la 9e édition de la Coupe nationale de Slam-poésie qui s’est tenue le 25 mars dernier dans la capitale, Libreville.

Ils sont une quatorzaine de jeunes hommes et femmes à s’être produits tour à tour sur la scène de la salle de spectacles de l’Institut français du Gabon, sous l’œil très attentif du jury. L’art oratoire s’est mêlé à un tremplin de thématiques riches et lourdes de significations dans un contexte sociopolitique local agité. Corruption, amour, pauvreté, culture, ou politique…de nombreuses problématiques ont tenues en haleine les nombreux spectateurs ayant répondus présents au rendez-vous.

Vigilants sur la performance scénique, la qualité et la profondeur du texte, la durée du passage, l’art oratoire et l’interaction avec le public, les cinq membres du jury de la soirée ont ainsi, permis de départager la dizaine à l’issue de 05 niveaux tous aussi relevés les uns, des autres. À l’issue des différentes étapes, 03 slameurs bien meilleurs se sont démarqués : Joey, Mister No, Zifrid.

Un match final a suffit pour le champion en titre Mister No, à conserver sa casquette. La qualité de sa prestation et la profondeur de son texte, jumelées par l’adhésion entière du public conquis, ont été suffisants pour séduire les stylos du jury. Le poète confirme ainsi sa constante suprématie sur le ciel du Gabon mais appréhende au mieux la montée du talent de ses collègues, amoureux du verbe poétique. Pour le podium final, il a été suivi par Zifrid (2e) et Joey (3e). Avec cette victoire, il représentera une fois encore son pays, au niveau mondial en France très prochainement.

À l’initiative de Zorbam Productions avec le partenariat important de l’Institut français du Gabon, l’évènement se positionne comme le rendez-vous incontesté, à franchir pour ceux de jeunes slameurs qui rêvent de briller sur le toit de leur pays et du monde peut-être (à l’exemple de Tanguy, vice-champion du monde en 2013).

MADAGASCAR

À Antananarivo, à Madagascar, c’est l’Ambassade de Suisse pour Madagascar, les Comores et les Seychelles qui a organisé en prélude à la journée de la Francophonie et celle de la poésie une belle représentation, d’une heure, le 18 mars dernier sur « Regard noir et langue de feu » du poète-président sénégalais Léopold Sédar Senghor.

Après une première représentation à succès à Dakar (Sénégal) en mai de l’an dernier, ce spectacle était une mise en valeur de cette œuvre tant politique que poétique du poète. La représentation sénégalo-suisse, a été exécutée par Papa M. Guèye, jeune sénégalais de la Compagnie du Théâtre de rue à Guédiawaye à Dakar, de Mathieu Chardet, d’Ayser Vançin ou encore de Gilles Vuissoz du Théâtre Ad Hoc, de Genève (Suisse).

MAROC

À l’initiative du ministère marocain des affaires étrangères, de l’Agence Universitaire de la Francophonie Maghreb (AUF Maghreb) et du groupe des ambassadeurs francophones de Rabat, le Maroc a accueilli pendant deux semaines de nombreuses activités festives et culturelles à travers « La Fête de la Francophonie ». Du 13 au 26 mars derniers, la langue française, utilisée par près de 300 millions de locuteurs au monde, a été à nouveau au centre des attentions de la célébration placée cette année sur le signe de la création et du partage.

C’est dans cette lancée, que la poésie et le slam ont été au cœur des objets créatifs (et ludiques) des artistes venus de plusieurs pays notamment du Canada, de la Belgique, ou de la Suisse. Humours, fictions, assonances, rythmes cadencés et mélodieux, jeux de scène, jeux de mots, concerts de slam, lectures poétiques croisées, concours (Graines de poètes, Prix de la lecture juridique), projections…Bref, c’est un cocktail d’activités présentées autour du français qui ont aidé encore plus, à l’émergence de la poésie dans ses différentes formes d’expression.

Les slameurs Yao (du Canada) et Lisette Lombe (de la Belgique), ont eu l’occasion de briller sur la scène de l’Institut français de Rabat dans la soirée du 13 mars. Un des temps forts de cette Fête de la Francophonie était également, ces improvisations théâtrales et un match entre deux pays : le Maroc et la Suisse. Pour terminer, signalons qu’en marge de ces festivités, les représentants de la Francophonie ont souhaité faire des dons de livres à une association de la capitale. Et cette année, c’est l’association « Écoles pour tous », qui les a reçus par les mains de sa directrice et en présence de Sylvie Ogou  : grande conteuse africaine.

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Cet article a été publié premièrement dans le magazine des littératures africaines "CLIJEC, le Mag'" de mars 2017. Par Ulrich Talla Wamba (sous la direction de)

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Remerciements à Apsatou Bagaya (Niger). Crédit image - Rencontres littéraires.


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