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A l’ombre d’un poète maudit...

Blogbesson


Les jours fragiles
, sorti cet automne chez Pocket, c’est le roman de Philippe Besson que je préfère. Il y raconte, à sa façon, les derniers jours d’ Arthur Rimbaud, dont on a fêté récemment le 150e anniversaire de la naissance.

C’est à partir d’une solide documentation biographique que Philippe Besson a bâti Les jours fragiles. A seize ans, il découvre Rimbaud : un choc littéraire, qui le poursuit. Le projet de ce livre est ancien, mais pendant longtemps, il ne sait comment « approcher » son sujet. Il choisit de s’intéresser au Rimbaud inconnu et malade, celui de la fin. Et il donne une voix à sa soeur Isabelle, restée sa vie entière dans l’ombre d’un frère de génie. Le roman prend forme sous la plume imaginée de la jeune femme qui raconte le calvaire de son aîné. Philippe Besson n’a pas pris de liberté avec les dates, les lieux. Mais il a donné chair à un personnage féminin qui fut le seul à accompagner le poète à la mort. Le roman est construit sur des regards croisés : le regard d’une soeur sur un frère, le regard d’une femme sur un homme, d’une personne valide sur un agonisant, d’une vierge sur un individu au passé sexuel chargé, d’une chrétienne sur un être qui a fui Dieu.

Philippe Besson a choisi de se glisser dans la peau d’Isabelle Rimbaud, soeur cadette d’Arthur, et c’est le journal de la jeune femme qu’il invente ici, et qui raconte le retour du frère, autrefois adulé, après dix ans d’exil en Afrique. Celui qui revient parmi les siens est un homme affaibli, amputé d’une jambe, rongé par la gangrène, un fils insaisissable au passé scandaleux, répudié par une mère froide, distante. Un "jeune vieillard" qui n’a plus rien à voir avec le poète adolescent flamboyant qu’il fut à dix-sept ans. Isabelle va le soigner, l’écouter, l’accompagner jusqu’à sa mort, et retourner à sa solitude étouffante. Oui, certes, ce n’est pas d’une gaieté folle, mais ça se lit avec plaisir, et on est happé par ce huis clos étrange.
Une plume sobre, sensible et mélancolique. Rien de tapageur ni de branchouille chez cet écrivain, dont l’écriture reste classique, et tourne inlassablement autour du secret, du non-dit, du mystère. Une plume que certains détracteurs pourraient trouver trop sage, justement, trop retenue. J’ai moins aimé son dernier roman, Un instant d’abandon, dont la fin m’a déçue. Je pense que Les jours fragiles reste le livre avec lequel il faut découvrir Philippe Besson.
En attendant le prochain ? ;)

François Dupeyron (La Chambre des officiers) a écrit et s’apprête à tourner une adaptation des Jours fragiles, avec Julie et Guillaume Depardieu dans les rôles d’Isabelle et Arthur Rimbaud.

Site Web de Phlippe Besson


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