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« A la mémoire d’Anna Politkovskaïa » de & par Lars Norén au Théâtre des Amandiers Nanterre

Un vaste plateau jonché d’un millier de feuilles d’un noir cendré métallisé, papier carbonisé par le feu ?

Tel un autodafé de la presse et, en particulier, des écrits d’Anna Politkovskaïa, cette journaliste russe assassinée par balles le 7 octobre 2006 à Moscou dont fait référence le titre de la pièce de Lars Norén mise en scène par lui-même, un vaste plateau d’encre sombre représente la rue, troisième partie de la trilogie "Morire di clase", nous plongeant, dès le premier instant et sans rémission jusqu’à la dernière minute, dans l’enfer terriblement réaliste de la violence à l’état brut.

La rue ici n’a pas d’échappatoire possible tel un huis clos social où les enfants et les adultes qui en abusent vivent comme des rats qui ont perdu tout repère et tout espoir.

Les maris tabassent les femmes, les femmes se prostituent, les enfants volent, se vendent à des diplomates internationaux pour quelques sous ou sont violés sans état d’âme.

Aucune explication psychologique, chez Lars Norén, tout passe par le corps, des corps malingres, décharnés qui, poussés à bout, bousculent, frappent à coups de pied, se déchirent, se vautrent bestialement, dépouillent et peuvent tuer et, cependant, dans cette noirceur d’ébène absolu, des gestes de supplication, des bras qui soudain enlacent, un merci murmuré, un enfant de 10 ans qui tend la main à celui qui ne voit pas, un pas de danse esquissé, des signes comme des lambeaux d’humanité et de lumière, des clairs-obscurs qui tamiseraient la désespérance totale.

La pièce la plus noire que Lars Norén ait écrite, en français, est un pur constat d’une brutalité d’un monde en guerre.

Il veut ébranler les consciences trop tranquilles et renvoyer en miroir les monstruosités d’existences laissées pour compte par d’autres hommes, dans l’attente de la mort.

Deux heures sans répit et pourtant la compassion est toute proche pour ces êtres acculés.

Son théâtre est "à l’image de la vie", une vie pour certains impitoyable. 
 
Photo © Véronique Vercheval
 
A LA MEMOIRE D’ANNA POLITKOVSKAÏA - ** Cat.S / Theothea.com - de Lars Norén - Mise en scène : Lars Norén - avec Gauthier Baillot, Georges Bécot, Alexandre Canavate, Laurent Caron, Malin Crépin, Patrick Donnay, Agathe Molière, David Murgia, Clara Noël, Christophe Odent & Nicolas Struve - Théâtre des Amandiers Nanterre


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3 réactions à cet article    


  • Adeline-Journet Adeline-Journet 24 octobre 2008 15:55

    Il me reste une place pour ce soir...quelqu’un d’interéssé ???


    • Theothea.com Theothea.com 25 octobre 2008 04:03

      Merci d’avoir eu l’idée de proposer ici votre place restante. 
      Qu’avez-vous pensé de la pièce ?
      cordialement
      JM


    • Adeline-Journet Adeline-Journet 25 octobre 2008 14:58

      Ma soeur m’a finalement accompagné. La pièce était fantastique et la mise en scène monstrueuse de génie. Lars Noren aurait pu peut-être plus nuancer les choses, car ce portrait est franchement trés sombre. Mais je pense que c’était fait exprés, afin de faire réagir les gens et de réveiller les consciences....

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