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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > A-t-on des nouvelles de Monsieur de La Pérouse ?

A-t-on des nouvelles de Monsieur de La Pérouse ?

La Grande Histoire relate que Louis XVI, très peu de temps avant sa mort, peut-être le matin même de son exécution, le 21 janvier 1793, posait la question à son conseil aulique.. Ceci nous amène à Bougainville, dont le comité au nom éponyme tenait réunion au Château de Chailly en Bourgogne, jeudi dernier. Pour une fois, je quitte la plume polémique pour revêtir celle du journaliste, comme aurait dit Goncourt, celle du scrupuleux chroniqueur qui vous doit quelques mots sur les riches heures de Bourgogne et d'ailleurs. Le Comité Bougainville s’est donné comme mission de faire rayonner la France.. en passant par les régions. Bourgogne est son premier projet de décentralisation.

Lorsqu'on parle Bourgogne, on prend rang naturellement dans le "concert" des "nations".. Bourgone, France, Philippe, Louis, Dijon, Paris, l’Europe du milieu, l'Histoire à longtemps hésité, doit encore réfléchir et peut-être se re-prononcer.

La Pérouse, Louis XVI, Bougainville, Buffon, Chevalier d'Eon, Bossuet.. La France pouvait alors s'enorgueillir de compter, parmi ses fils, des figures dont l'obsession n'était pas de compter des chiffres, ni de se battre pour un triple A ou une place subalterne dans les extravagantes constructions frauduleuses de Wall Street, ni d'intervenir au spectron pour une rixe ayant mal tourné à Mazamet ou à Grignon, ni de compter de la fausse monnaie et d’administrer d’abyssales infortunes..

L'époque était naturellement grande, n'est-ce-pas, tournée vers d'autres "valeurs". Du fond des siècles qui doivent nous contempler avec un brin d’amusement, un rien contempteurs, s'était forgée dans l'effort et dans le sang, dans l'intelligence et la volonté, dans le sillage d'aspirations tournées vers le spirituel et l'exigence morale, dans l’orgueilleuse éducation, la figure d'une France qui jusqu'au bout, c'est à dire la "révolution", méritait pleinement son titre de mère des Arts, des Armes et des Lois..

Bah.. ! Reste Bourgogne !

"Je veux que l'on sache que je l'eus été si je l'eusse voulu" disait Phillipe le Bon..

Roi.

La France à quasiment disparu de nos jours, mais le château de Chailly est toujours là, image de l’austère et fastueuse puissance des Ducs de l’Occident en leur temps, spectre réhabilité et étonnement vivant des grandeurs passées, bien vivant, pour nous rappeler tout cela.

Vous me pardonnerez aisément cette vision stylisée, holistique, qui rassemble en une poignée de pensées, l'œuvre des Grands Ducs de l'Occident, étagée sur les siècles éblouissants du Moyen-âge chrétien et le tragique 18eme siècle où, en quelques puissants élans, la France devait simultanément accoucher l'Amérique, courir des Indes au Canada, et, sans s'en apercevoir, déroger à sa mission divine, préparer son sépulcre, et enfanter les monstrueux trois siècles suivants, ratifiant à jamais le règne des quadrupèdes décérébrés, des producteurs de marchandises forcenés, des marchands de bêtises et des « consommateurs » aliénés.

La France, qui n'est plus qu'une région de l'esprit à l'heure qu'il est, partant, et fort heureusement, non contingente, à besoin, pour survivre avec ce qui lui reste, de ces seigneurs d'antan, de leur fantôme que rien ne pourra anéantir, de son bon peuple enivré de la course à Dieu et au Ponant, de ses routiers, de ses soldats, de ses coureurs des mers et des bois.. de l'Ile Bourbon à Saint-Pierre et Miquelon, de la Gaspésie aux bords mystérieux de la Polynésie..

Il y a, comme en aucun autre pays, dans la moindre parcelle du territoire de France, la présence de la multitude des trésors matériels et spirituels du monde.

Vous avez voyagé.. 

Mais il n'empêche, Chailly en Bourgogne vous impressionnera, bien plus que le Mandarin à Singapour, Marina Bay, ou le Sands Hotel ou le Kaiser Palace Las Vegas..

Je m'en voudrais de faire œuvre de réclame, mais je vous incite.. regardez, envisagez.. Chailly.. si vous ne l’avez déjà fait, allez-y, vous me direz merci. A vous pasmir, j’en réponds..

Je pourrais en dire autant de Paray, de Cluny-Manhattan, de Vézelay, d’Autun-Capitale, de la constellation de Chambres d’hôtes où vous dormirez en la présence des anges nous assurait Bouillot, l’égal de Dûrer.

Demeure Bourgogne !

Mais j'allais vous égarer encore, reprendre mes travers ironique et mes manies, mes allégories, faire abus de guillemets tant les mots du moments le méritent, me semblent dévoyés..

Tenez, tourisme.. une industrie ce serait.. ? ben.. ! 

Une passion plutôt, un travers, une addiction, une vocation, un ministère..

Nous étions à Chailly donc, le Château, en Bourgogne, pour une soirée d'échange, comme dit la novlangue, de speed dating, entre professionnels du "Tourisme" ( quel "incontournable" mot, par quoi le remplacer, creusez-vous la tête Grandiou.. !), pourvoyeurs d'idées neuves, investisseurs.. Une centaine nous étions.

Tout le staff de Monsieur Sata, l’heureux propriétaire japonais, était là pour nous accueillir.. Claudine Babonnet, Anne-Laure Mortier, Philippe Lapique, plus tout un ballet de jeunes de l’hôtellerie, stylés, agréables, jolis en diable, attentionnés.. Vous verrez vous-même quand vous irez.. Thierry Bégaud, président du Comité Bougainville, l’organisateur, avait su mobiliser les stratèges bourguignons des CRT, des CDT, des CCI, des agence de « développement », des Offices de « Tourisme »..

Précisément, excellente idée des organisateurs, je me vis remettre un badge "je ne suis pas un touriste".. Je me suis prêté à l'accrochage à mon veston sans récrimination.. et cela me mit en excellente disposition.. en pensant à tous ces gens intelligents je veux dire, en leur nom, qui traversent, visitent, jouissent.. de notre région, l'admirent, la pensent, la regardent, la vivent, la lisent, l'écoutent, la connaissent, la boivent, la touchent, la dévorent, la chantent, la caressent, la sondent, l’arpentent, la croisent, la vénèrent.. la donnent en pâture à leur imaginaire, la livrent à leurs infinis appétits de la chair, aux caprices de leur esprit.. Bourgogne est nourricière et charnelle.

Pour compléter cet aréopage, cette belle assemblée de personnes réunies pour débattre d'affaires relevant de leur compétence et de leurs attentes, on notait en outre la présence de nombreuses entreprises dont la vocation est la réception et la satisfaction des clients qu’ils accueillent en la Région, telle Bourgogne Jeep Découverte, mais aussi de spécialistes de l’Internet sans lesquels la communication ne fait que s’enliser dans les ornières du local sans jamais avoir la moindre chance de toucher la planète.

La Bourgogne est avant tout lieu de rendez-vous

..le lieu de rendez-vous de toute une Aristocratie européenne de la Tête et du Gosier..

Je me suis même laissé dire que fortunés Américains, repentis Anglais, cultivés et riches Chinois, Russes, Australiens, Japonais, Africains, en multitudes, y viendraient aussi anoblir et éclaircir ici leurs idées, à grands coups de vin, à grosses franches et bonnes bouchées, à grands traits d’émerveillements partagés, s’offrir quelques élixirs de jouvence, prendre quelques bains d’intelligence que seule Bourgogne sait si bien artriquer depuis l’aube de la civilisation – et avant qu’elle ne s’abîme ailleurs..

Nul besoin de convoquer ici les têtes d’œuf des officines de l’industrie de la réclame pour en rajouter, nul besoin de céder à leurs modernes travers et de se plier à leurs injonctions rudimentaires, mais autoritaires, nous conduisant tout droit à desfacier nos icônes, à transformer des trésors immenses accumulés au fil des siècles en pacotille..

Des exemples ?

Je ne reviendrai pas sur l’histoire obombrée des terres secrètes, tellement secrètes que je doute qu’à l’autre bout de la planète, un avide aventurier de la gastronomie et du culte à Dionysus ne mette jamais « terres secrètes » dans son Google en .cn ou en .ru ou en .bi..

Burgundy, Bourgogne pourvoyait amplement.. Nec Pluribus Impar.

L’escargot.. ! contestable affiche aux arches des autoroutes en Bourgogne qui mettent sous le nez de millions d’automobilistes l’image d’un nuage avec des cornes.. Même en mode subliminal, on se demande de quelle idée géniale le préposé aux inventions extravagantes à voulu nous gratifier.. quel service a-t-il rendu à Bourgogne ce benêt brebis de bonne foi ?

Qu’on soit adepte de la mystique du gastéropode pour l’étrangeté de ses mœurs ou pour la succulence de sa chair quand elle est bien accommodée, naturellement sans sang – mais pas pour autant Kasher – on se souviendra que le mystérieux animal jouit, tout comme Mahomet, d’un insigne privilège : on ne le représente pas.. en tout cas pas comme ça.

Mais, notez-bien, tout comme le Galiléen, on le mange.. avec le vin.

Elles sont impénétrables les voies du Divin.

Le grand péril, c’est l’iconoclastie, la profanation et la destruction de ce que nous ont légué nos pères.

La Bourgogne n'a pas le Mont-Blanc

Dieu merci. La Bourgogne, n'a pas la mer méditerranée ni les calanques de Cassis, pas Disney, Touropark, Central park, bric-a-brac park, Walibi.. Question de (mal) chance et de vision du monde combinée..

"Walibi doit être un parc où le rêve et l'insouciance sont maîtres. Et pour cela, tous doivent s'amuser en pleine liberté sans contrainte et sans tracas" disait son fondateur un certain Meeus, qui devait songer à des images que je dois ici censurer pour donner à mon papier quelques chances de passer.. mais avec des sous quand même, les hamsters.

Pour rien du tout, en Bourgogne, vous développerez vos appendices pedibusaux de la plus belle façon qui soit, bien mieux que vous ne pourriez le faire à Walibi, ou thalasso, ou Mongolie, qu’on ne fait que survoler en hélicoptère comme chacun sait, avec Hulot ou Tartuffe, à la télévision..

En Bourgogne, on marche. Le galbe est l’apanage du mollet bourguignon, qu’il soit viril ou féminin, velu ou mignon, pain grillé ou éburnéen.. tant il faut ici pouloper, marcher, arpenter, arquer tout au long des chemins tant longs ils sont..

« Que Dieu préserve le roi et ses mignons des chemins bourguignons, car iceult tant longs sont, font pendre langues jusque ès chaussons.. » disait Rabelais, qui avait aussi, pour les trésors de Lorraine, des mots assez jolis.

Vous voyez, la réputation ne date pas d’hier, bien établie. Quant à l’esprit, pas du tout le même qu’à Walibi, vous aviez noté. Quelques légères différences.. on peut ?

Comment exprimer notre gratitude devant tant de bénédictions ! Quelles actions de grâce nous affranchiront jamais de la dette contractée, immense.. ! qui a pour contrepartie cette constellation magnifique d'églises, de logis et de temples, de prés de ruisseaux et de bois qui, depuis les Gaulois, s’offrent à la contemplation de centaines de générations..

Emile Mourey m'a mis martel en tête l'image des communautés esséniennes installées ici bien longtemps avant le temps du Galiléen.. le berceau d'un judaïsme en Bourgogne.. ? Est-ce allez trop loin, trop pousser le voyage dans la nuit et dans le temps ? En tout cas, le temple dit de Janus à Autun, Suétone chantant la Saône en Latin, Bibracte, Vercingétorix et les Eduens , l’Atlantide, mentionnée par Platon, qui serait ici.. témoignent d’une très-lointaine grandeur et de très-anciens charme de nos pays.

Imagine-t-on des milliers de juifs newyorkais débarquant en Bourgogne à la recherche de leurs racines authentiques et du temps perdu ? Vous exagérez Montagnais, vous allez nous attirer des ennuis avec vos berlues..

- Oui, mais.. la manne.. ! céleste.. l’enrichissement.. spirituel.. ? Et si c’était vrai.. ? Relisez Mourey.

Dette immense qui a pour contrepartie une nature si préservée, si bien façonnée respectueusement, chef-d’œuvre de vision écologique avant l'heure, qui a pour contrepartie des trésors de littérature, un immense patrimoine vernaculaire, des objets inanimés qui ont une âme et qui nous force d'aimer.

Tout cela fut évoqué, les conversations allèrent bon train, prodigues de plaisir partagé. Sans pour autant pouvoir ne rien épuiser. Le journal régional fera ses choux gras de quelques phrases tracées supra, ajoutant que l'ambiance fut très bonne et que, vers minuit, les participants n'ayant plus rien à ajouter, se quittèrent avec promesses de recommencer..

Cela fut solennellement décidé.. Mais j'y reviens, je ne vais pas vous quitter comme cela.

La Bourgogne est grande comme la Belgique a rappelé à fort juste titre Sophie Ollier, la directrice de l'Office, office qui, malgré tout, continue de naviguer sous le sobriquet de "tourisme". La France en général ne manque pas d'espace, comparée à ses voisins de l'Europe, Sainte-Russie exceptée, la Bourgogne non plus, ce fut noté. Par chez nous, Nature - presque intacte - offerte, garantie.. La Bourgogne ne manque pas d'espace, ça l'atout.. ça qui ne se payera jamais assez.

Par voies de conséquences, les Français ne manquent pas d'air, les Bourguignons non plus, ça qu'on aime bien chez nous.. Nos prétentions naturellement anoblies et comprises par tous, largement attestée et justifiées par l’Histoire et la Géographie.. l’air pur, les sommets.. de la pensée.

Je m’interroge sur : « Fini le temps où le tourisme bourguignon vivait sur ses acquis. Désormais, la Bourgogne est une « marque à faire fructifier et une destination à manager », selon l’expression de Didier Martin.

Les acquis.. ? les avons-nous valorisés assez avant de passer à d’hypothétiques nouveautés ? En dehors du remarquable –mais encore à compléter – site de pastourisme71.com et celui non moins remarquable de Eduard van Boxtel, jeune Hollandais, où trouver l’ouvrage Internet de toutes les églises romanes, images, histoires, lieux ?

On s’interroge aussi sur : « La campagne « Pas de touristes en Bourgogne », lancée en mars, a donné de premiers retours très positifs. « On ne s’attendait pas à un tel succès », rapporte la directrice générale de Bourgogne tourisme. Édith Gueugneau, vice-présidente du Conseil régional au tourisme »

Le positionnement est effectivement bon, mais, un tel succès.. ? Relançons l’idée d’un audit complet sur l’image de la Bourgogne telle qu’elle est véhiculée par le Net, en toutes langues.. si elle existe, cette image, bien en conformité avec l’héritage.. J’ai pu vérifier les ravages de quelques horribles Tripadvisor et consort, dont il faudrait nous occuper, et ne pas laisser Monsieur Lapique seul batailler..

Côté pourvoyeurs d’idées en attente d’investisseurs et de réalisation, l’ennui ne s’est pas installé au cours de la soirée !

- Création d’une flottille de mini-bateaux, canoës habitables, canoës-hôtel plutôt, qui permettraient aux amoureux de la solitude à deux, sur l’eau, de profiter de l’espace vierge qu’offre la rivière Saône. L’idée vaut pour toutes les rivières de France, encore si peu connues, parcourues, aimées..

- Circuits en jeep équipées de remorques habitables, de lieux de mémoire en lieux de mémoire.. ils sont nombreux en Saône-et-Loire en regard des événements liés à la Libération et au sacrifice des maquisards, ces lieux de mémoire

- Lancement d’un programme d’accueil d’entrepreneurs de type SOHO (Small Office Home Office) spécialisés en applications Nouvelles Technologies et Internet, qui seraient parfaitement adapté au cadre d’aménagement de la Bourgogne, à forte « valeur ajoutée », très-exportateur, semblable aux « electronic cottages », déjà vieux comme le monde, généralisés en maints pays, jamais en France, encore moins en Bourgogne, jamais compris

- Idée de former aux outils de développement Google un premier contingent de cent acteurs de l’économie de la Bourgogne.. pour quelques deniers on donnerait ainsi à la Région le moyen de monter sur les épaules du Géant, et on créerait un événement de portée internationale par-dessus le marché, gratuitement..

- Lancement d’un programme international pour vendre l’immobilier de Bourgogne aux étrangers les mieux intelligents, disant.. mais attention, pas n’importe comment ! Monsieur Sata de Chailly, Paxton l’historien, Caesar de Cambridge, le directeur du Rijksmuseum Amsterdam, notre voisine la Suisse, la danoise propriétaire du château d’Ancy-le-Franc sont déjà de l’avant-garde qui a ouvert la voie sans le moindre apport intellectuel ou financier des instances régionales

- Publication d'un concours, auprès des amateurs de formules ésotériques, pour trouver - ou retrouver - le monogramme qui soulignera, pour la communication future sur l'Internet, l'image universelle de la Bourgogne, l'équivalent du A.E.I.O.U avec lequel l'empereur Frédéric signait sa vaisselle, ses armoiries, ses châteaux, ses chevaux.. le père de Maximilien, qui épousa la duchesse Marie de Bourgogne, seule enfant et héritière de Charles le Téméraire, et recueillit ses titres et possessions.

- …

Mais nul n'étant prophète en son pays, ce qu’a rappelé un éminent intervenant lors de cette soirée, il y a fort à parier qu’aucune oreille ne sera jamais prêtée à ces vraiment géniales inventions.

On ne parla pas seulement du développement des affaires fort heureusement.. il fut aussi question d’histoire, de littérature, de religions, de culture, de vins, d’interrogation sur les temps présents, de Lamartine, calamiteux homme politique mais poète sublime, de Rolin et sa Vierge célèbre –a-t-il vendu l’autre Vierge, plus célèbre encore, l’autre ? - du Téméraire, de Marie de Bourgogne, de Grandson, Morat et Nancy, qui devait calciner, en moins d’une année, la construction d’une monarchie nouvelle quasi universelle.. Nous avons avec grand plaisir refait le monde, c'est-à-dire la Bourgogne.

Bougainville prépare en secret les explorations, les grandes entreprises, les innovations qui contribueront à maintenir et magnifier l’image unique de la France et de Bourgogne. Armer les nouveaux navires n’est pas mince affaire dans les gros temps actuels, il y faudra du monde, habile, persévérant, « professionnel » !

A bientôt des nouvelles de Bougainville..

Je remercie tout particulièrement le personnel du Château de Chailly, ainsi que Thomas Chevalier, Bernard Lavault, Karine Hernandez, Maxime Vermeulen, Frédéric Briatte, Gilles Durand, Thierry Begaud, Caroline Millet, Jacques André, François Prévôt.. j’en oublie beaucoup, pour leur excellente compagnie.

A voir : Google comité Bougainville – une initiative française.


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22 réactions à cet article    


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 novembre 2012 14:35

    Bon ,pour La Pérouse ont peut l’avouer aujoud’hui ,les cousins de Vanikoro en voyant débarquer ce bourgugnon bien gras z’ont pas pu s’empecher ....
    Faut les comprendre ,c’était une année sans beaucoup de cochons ,et l’envie de charcuteries a fait le reste .......


    • Beauregard Beauregard 28 novembre 2012 15:31

      E-mea-haama aita pea pea ! 


      La Pérouse est pas Bourgugnon, pas du tout, il est de la régie d’albion.

      Mais aita pea pea, aita pea pea. Vanikoro, son soleil, ses plages font presque envie dans nos intempéries.

      NB : Maa tinito a apparemment remplacé les plats bien de chez nous, gourbignons, boeuf et la Perouse gourbignons.

    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 novembre 2012 15:40

      Ia Orana ,rien ne remplaçera un poissan cru au lait de coco ,pas meme te maa tinito !
      Bon ,un p’tit missionnaire de temps en temps ......
      Maururu


    • Montagnais Montagnais 28 novembre 2012 23:29

      Un escargot cru au lait de taureau ?


    • Beauregard Beauregard 28 novembre 2012 17:22

      Bien à vous, merci.. Mais.. je pense plus Bourgogne ou Wallonie que France, depuis..


      NB : à Żelazowa Wola.. Chopin, plutôt Polonais.. Mais l’amour, voir la simple amitié, nous rendent assez souvent aveugle.. là est le chic. y’a pas une parabole à propos ?

      Tenez, tout cela me ramène sur les bords de l’Ourthe, nostalgie.. et puis la petite chanson de Souchon, sur le chemin des dunes.. jugez ma fortune !



    • Romain Desbois 28 novembre 2012 17:05

      Bof le problème avec les mythes c’est que c’est plein de trous .... de mémoire .

      Mais le pire c’est qu’autour des mythes se nourrissent nombre d’historiophages


      • Montagnais Montagnais 28 novembre 2012 17:27

        Perspicace.. pour quelqu’un qu’a pas demandé à venir au monde..


        Les trous sont affaires de mites, de coprophages, de b.. ça nous en fera pas un deuxième au c..

        Merci bien à vous.

      • Emile Mourey Emile Mourey 28 novembre 2012 18:16

        @ Montagnais

        Merci d’avoir chanté la Bourgogne comme un barde l’aurait fait jadis. Il y a quelques vingt ans, étant interdit de médias à cause de mes contestations des sites de Bibracte et de Gergovie, faute de mieux, je distribuais des tracts avec pour titre « La Bourgogne et l’Auvergne possèdent tout ce qu’il faut pour devenir la première région touristique du monde ».

        • Montagnais Montagnais 28 novembre 2012 19:05
          Salut à vous Emile

          De plus en plus de gens - dont je suis - s’interrogent et commencent à penser comme vous que le Christianisme pourrait-être né en terres eduennes, en tout cas, il y a trouvé une terre d’élection.. Michel Bouillot y voyait une patrie des Anges, même l’étymologie s’en mêle..

          Le mont Carmel (en hébreu הַר הַכַּרְמֶל‎‎, Har HaKarmel, le vignoble de Dieu)

          Où donc ailleurs qu’en Bourgogne situerait-on le Vignoble de Dieu..

          Et puis, je sais des théologiens juifs qui viennent souvent par ici. Je leur demanderai..

          Bien à vous, à bientôt.

          Avez-vous vu les efforts que déploie François pour attirer en Bourgogne des gens sur des arguments pas très fréquents, le « Devoir de Mémoire » ?..


          Il sera excusé celui qui, avec un bonne volonté si touchante, a magnifié ses images.. mais massacré Chopin !

        • Emile Mourey Emile Mourey 28 novembre 2012 21:10

          @ Montagnais

          Je sais qu’à priori, cela surprend.
          Il suffit pourtant de remplacer le mot Phénicien par Cananéen, ce qui signifie « ceux qui apportent la pourpre depuis les rivages du Proche-Orient » ou « venant des rivages de Canaan » et de faire venir ce courant « phénicien/cananéen » jusqu’au centre de la Gaule, puis de comprendre que le reste a suivi. Il n’y a pas de mystère. Tout cela pour dire que tous ceux qui se réclament tant soit peu de cette culture née dans le Proche-Orient, juifs et autres, se doivent, au moins une fois dans leur vie, de venir en pèlerinage se recueillir devant « l’étant roi des Juifs »(ENS REX IUDEORUM) du tympan de Sainte-Foy de Conques et devant le tympan du peuple élu d’Autun http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=115239.

          Quant à l’Atlantide, j’ai adressé ma nouvelle interprétation du texte de Platon à plusieurs philosophes, pensant que c’est le but de la philosophie que d’éclairer les pauvres citoyens que nous sommes.

        • Montdragon Montdragon 28 novembre 2012 19:47

          Mon cher Montagnais, amitiés dijonnaises..
          Auriez-vous quelques livres à nous conseiller à propos de la volonté de Charles V d’Espagne de faire de Dijon sa capitale une fois les Valois dégommés ?
          Il y aurait là de quoi faire un bon scénario de roman ou film..
          Jusqu’à Louis XIII qui, je ne sais plus où je l’ai lu, rentrait dans la ville des Ducs par la petite porte....150 ans après Nancy !
          Ville frontière non loin de la Saône et des pôchouses, mais ville au coeur d’une Europe recentrée, plus lotharingienne...ou bien Châlon pour faire plaisir au colonel, pourquoi pas.


          • Montagnais Montagnais 28 novembre 2012 20:06

            Salut et amitiés Montdragon, 


            Là, vous nous faites garder le change, me faut chercher, suivre les pistes.

            .. ça pour l’instant, seulement : http://www.editionsdufelin.com/o-s-chap-r-383.html

            Ayant grande obligation de courir à quelque service de cave, de cuisine et de salon, à l’heure qu’il est - les info’s au spectron, + l’heure des canons) je romps. Mais reviendrai.

            Dijon fera tout autant plaisir que Chalon au Colonel.. Mais pas n’en réponds..



          • Jason Jason 28 novembre 2012 21:42

            J’adore les images d’Epinal, les contes et les pastorales.

            Que c’est touchant. Malheureusement, toute cette grandeur passée (par pertes et profits) a été remplacée par un monde d’épiciers.

            Autres temps, autres moeurs.


            • Montagnais Montagnais 28 novembre 2012 23:26

              CQFD.


              À propos d’épicerie.. Je viens de voir que le powerball est à près de 600 millions : !

              Le CRT Bourgogne devrait prendre pour un million de billets..

              Imaginez, si on gagnait.. Las Vegas au M’ont Beuvray, Monaco détrône, casinos dans tous nos hameaux, Macao appellation contrôlée. 

              La réussite, le succès, la fortune sont des jeux d enfants de nos jours.

            • lulupipistrelle 29 novembre 2012 01:57

              Jolie rêverie... 


              Vous avez oublié les Huns bourguignons, rescapés des Champs Catalauniques, dont les Coréens viennent aujourd’hui étudier le patois...

              • Montagnais Montagnais 29 novembre 2012 04:46

                bien Lulupistrelle.. Bien.. je n’avais même pas utilisé le mot rêverie..celui du promeneur solitaire, celui de Bachelard..


                Gaston a lui tout seul dévoile presque tous les charmes bourguignon..

                Vous m excuserez, mais mon clavier d oreiller me permet pas les agilités dont je suis coutumier..

                Bonne nuit donc, j y reviendrai, .. Nous continuerons ? L air, l eau les songes, nos vieux pays gaulois faits de paraitriez, de forêts, de ruisseaux bondissants..

                J arrête, ma tablette. - de nuit. - rue sur le lit.



                .



              • Montagnais Montagnais 29 novembre 2012 04:53

                San to burdeing chte Coréens de v’ni ve nô p’appia not patoua..


                Au fait, à t on des nouvelles de Monsieur le Baron ?

                • Montagnais Montagnais 29 novembre 2012 09:04

                  Je me demande par quelle sorcellerie le commentaire de Lulupiîstrelle a été « replié ».. et comment le déplier définitivement, n’étant habitué ni à faire l’un ni à faire l’autre.


                  Il s’agit d’une capitale contribution, de nature à contenter et à rendre curieux tous les bons Bourguignons.

                  Maintenant qu’elle l’a dit.. j’y pense, au pays, ces yeux bridés.. que je ne savais pas à qui attribuer, cette gueule de Gengis Khan de mon voisin, ces jambes encore arquées, marque des excellent cavaliers.. et la complexion safranée, la flavescente chevelure de son aînée..

                  On a envie de les voir ces Coréens, cousins des hordes d’or, descendant des épouvantables cavaliers, pour de si pieux mobiles culturels de nos jours.

                  On les préférera même aux hordes d’esclaves motorisés dont la seule vision de la Bourgogne se nourrit aux haltes des stations et des endroits pipi des autoroutes.



                  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 29 novembre 2012 10:08

                    Les huns et les hautres .......Tant qu’on ne m’inflige pas le Boléro de Ravel .....


                  • jean-jacques rousseau 29 novembre 2012 11:22

                    Quand j’entends « Bourgogne » je réponds : « ARMAGNAC ! » « Un pour tous, tous pour un ! »


                    • Jason Jason 29 novembre 2012 13:14

                      La Bourgogne des origines :

                      Les Burgondes  

                       Les Burgondes (appelés plus couramment Burgondions dans les sources contemporaines) sont un peuple appartenant au groupe ostique et proche parent des Gots. Leur premier habitat fut probablement situé en Scandinavie, peut-être dans l’île danoise de Bornholm (anciennement Borgundarholm) ; l’histoire les rencontre d’abord au Ier siècle de notre ère entre l’Oder et la Vistule. Ils glissèrent ensuite lentement vers le sud-ouest ; au IIIe siècle, on les retrouve au contact des défenses romaines, vers la Souabe actuelle, où ils restèrent fixés jusqu’à la grande ruée des Barbares en 406. Celle-ci les porta à l’ouest du Rhin dans l’ancienne province de Germanie, sans que l’on puisse préciser davantage ; la tradition poétique prétendra longtemps après que leur capitale était à Worms.

                       Préparés par leur long séjour sur les marges de l’Empire à s’entendre avec les Romains, les Burgondes entrèrent en 413 dans l’alliance officielle de l’empereur (foedus) et purent ainsi sans doute jouir du régime de l’hospitalité qui leur accordait une partie des terres des propriétaires romains. C’est vers cette époque qu’ils adoptèrent le christianisme ; quelle qu’ait été la forme sous laquelle il leur fut d’abord présenté - on en discute -, ils se rallièrent vite, comme les Gots, à l’hérésie arienne. En 436, le maître de la milice Aetius, désireux d’écarter les Burgondes de la Gaule du Nord, fit détruire cet État rhénan par des auxiliaires hunniques, mais il offrit bientôt aux survivants de se regrouper plus au sud, pour garantir le flanc de la Gaule romaine contre la poussée des Alamans. Le souvenir déformé de cet épisode se retrouve dans l’épopée allemande (Nibelungenlied).

                       Un second traité, conclu en 443, accorda donc aux Burgondes la Sapaudia, pays dont les limites exactes ne sont pas connues, mais qui comprenait sûrement l’ouest de la Suisse actuelle, le sud du Jura et sans doute aussi le nord de la Savoie. Une royauté s’y reconstitua, qui prit Genève pour capitale. Elle se montra l’alliée fidèle de l’Empire d’Occident expirant : des auxiliaires burgondes furent ainsi employés contre Attila en 451 ou contre les Suèves d’Espagne en 456. Cependant elle chercha à s’étendre : à partir de 457 commence l’expansion dans les pays du Rhône et de la Saône. Lyon dut être occupée vers 461 ; de là, on poussa à la fois vers le sud, où Vaison tomba avant 474, et vers le nord, où Langres fut atteinte avant 485.
                       
                        Dans sa forme définitive, à la fin du Ve siècle, le royaume burgonde s’étendait de la Champagne méridionale à la Durance et des Cévennes à la Suisse centrale. Lyon devint sa capitale, Genève et occasionnellement Vienne étant des résidences royales secondaires. L’avance des Alamans fut péniblement contenue en Suisse centrale, mais le contact avec les territoires romains bordiers du Danube fut vite perdu.

                      La toponymie (notamment l’extension des noms en -ingôts, en français -ens, du type Louhans, Echallens) et l’archéologie ont montré que les principaux établissements burgondes se localisaient dans le canton de Vaud, en Franche-Comté et au sud de la Bourgogne (qui leur doit son nom). Ils n’y représentèrent jamais qu’une minorité, mais une minorité installée aux postes de commande et très consciente de son originalité, qui fut préservée de façon durable même après la ruine de l’autonomie politique. Les Burgondes paraissent avoir été les seuls Germains fixés dans la France actuelle qui se soient servi de l’écriture runique (une inscription importante a été trouvée sur un bijou du cimetière de Charnay, en Saône-et-Loire). Ils persistèrent dans l’arianisme jusque vers 530, malgré des exceptions ; ainsi, la princesse Clotilde, épousée par Clovis, était catholique. Au moins à la première génération, certains aspects de leur civilisation semblent avoir subi l’influence des Huns. Cependant les Burgondes se montrèrent très bienveillants envers les Romains, même envers les évêques. Le droit burgonde est le seul des droits barbares à reconnaître l’égalité entre sujets germains et romains du roi et à autoriser les mariages mixtes. À en juger par le nombre relativement grand des inscriptions funéraires, les Burgondes adoptèrent vite des éléments de la culture antique. À Genève, le roi Sigismond fit construire vers 513-517, auprès de la cathédrale, un mausolée dynastique imité de celui de Constantin à Saint-Pierre-de-Rome.

                       Le plus grand des rois burgondes fut Gondebaud (vers 480-516). Officier supérieur de l’armée romaine, il avait dû l’abandonner quand son protégé Glycerius avait été renversé en 474. Gondebaud succéda à son oncle Hilpéric, fondateur du royaume de Lyon, et dut d’abord partager la souveraineté avec ses frères. Son souvenir est surtout resté attaché à la rédaction en latin de la loi des Burgondes, appelée de son nom loi Gombette, une des plus romanisées des lois barbares, qui règle minutieusement la coexistence entre Burgondes et Romains sur la base de l’« hospitalité ». Gondebaud, en revanche, n’est pour rien dans le texte appelé « loi romaine des Burgondes », qui n’est probablement même pas originaire de son royaume. Il se montra respectueux des prérogatives impériales et, réservant aux Burgondes les commandements militaires, il remit sur pied une administration civile de type romain, dirigée par des sénateurs, mais en plaçant dans chaque cité un comte burgonde à côté du comte romain. Parmi les États barbares son royaume est donc le meilleur exemple du type « dualiste ». Le problème majeur du règne fut celui des relations avec les Francs, alternativement cordiales et très tendues ; Gondebaud eut l’imprudence de coopérer avec Clovis pour détruire le royaume visigot de Toulouse en 507.
                       
                       Les successeurs de Gondebaud se débattirent dans des difficultés inextricables. Certains membres de la dynastie royale se convertirent au catholicisme (avant tout saint Sigismond, fondateur du monastère de Saint-Maurice d’Agaune, en Valais), tandis que d’autres s’appuyaient sur les Ostrogots ariens, encore maîtres de la Provence, qui cherchaient à s’étendre dans la région alpine. Les Francs en profitèrent bientôt : les fils de Clovis envahirent à plusieurs reprises les pays rhodaniens. Malgré une défaite assez grave essuyée à Vézeronce (Isère), en 524, les Francs finirent par enlever au roi Godomer la totalité de son royaume. En 534, l’ancien pays burgonde fut définitivement incorporé à la Gaule mérovingienne, après une crise terrible, dont témoigne l’enfouissement de nombreux trésors.
                       
                       L’empreinte des Burgondes sur la Suisse romande et les pays de la Saône fut cependant durable. À l’intérieur de l’État mérovingien, la Bourgogne, légèrement étendue vers le nord-ouest, constitua souvent un royaume autonome, sur le même plan que la Neustrie ou l’Austrasie ; elle retrouva en partie cette situation lors de la décomposition de l’empire carolingien. La civilisation de la Bourgogne mérovingienne garda une originalité certaine, sensible notamment dans le domaine de l’orfèvrerie (plaques-boucles à décor figuré), et la loi Gombette resta en vigueur dans la région lyonnaise jusque vers le milieu du IXe siècle.
                       
                      Ainsi, la première vague avait mis en place cinq royaumes germaniques autour du bassin occidental de la Méditerranée. Deux d’entre eux, ceux des Vandales et des Suèves, apparaissent comme l’œuvre assez informe de Barbares inexpérimentés. Dans les trois autres, ceux des Ostrogots, des Visigots et des Burgondes, s’élabora une synthèse remarquable des éléments romains et germaniques. Sans doute n’eut-elle guère le temps de se développer, car l’adhésion à l’arianisme fut un handicap considérable, mais les résultats obtenus, spécialement par Théodoric le Grand, furent la preuve que la symbiose du legs antique et des apports germaniques pouvait donner naissance à une nouvelle civilisation, qui sera celle du Moyen Âge. C’est aux peuples de la deuxième vague, aux Francs avant tout, qu’il allait appartenir d’exploiter pleinement cette possibilité, tout en achevant de balayer ce qui subsistait de l’Empire en Occident.

                       


                      • Hotelsavecvue.com 5 mai 2015 10:04

                        Merci pour votre article qui m’a beaucoup fait sourire !

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