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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « A Tort et à Raison » Michel Bouquet sur un plateau Ô « Hébertot » (...)

« A Tort et à Raison » Michel Bouquet sur un plateau Ô « Hébertot » !

En passant d’un titre « pluriel » au Théâtre Montparnasse devenu « singulier » seize années plus tard au Théâtre Hébertot, Michel Bouquet assume donc présentement les torts et les raisons en une défense unique où Tort et Raison pourraient se fédérer en une « bonne foi » exemplaire.

Si ainsi, face à lui d’antan, Claude Brasseur, en commandant américain, se voulait particulièrement inquisiteur devant tant de fausses postures supposées, notre valeureux comédien nonagénaire interprétant Wilhelm Furtwängler affronte, aujourd’hui, un Steve Arnold davantage soucieux de mener contradictoirement l’interrogatoire plutôt que de bannir a priori le prestigieux chef d’orchestre.

En effet, comment apprécier la volonté collaborationniste avec le régime nazi du grand musicien si ce n’est en sondant ses motivations et la sincérité de son état d’esprit ?

A plusieurs reprises, au cours de ces confrontations successives, Michel Bouquet aura l’occasion de monter au créneau en exposant avec fierté blessée, l’étroite marge de manœuvre qui lui permettait de concilier, de concert, grandeur d’âme et haute ambition artistique !

C’est Francis Lombrail, le directeur actuel du Théâtre Hébertot, qui endosse ainsi, dans sa propre salle, la manœuvre à charge contre le maestro.

En hôte tellement respectueux et admiratif de l’acteur renommé, son rôle d’opposant systématique pourrait apparaître comme quelque peu schizophrénique mais que nenni !

En effet, arborant la décontraction, style Amérique profonde, le militaire US se veut à la fois rusé et joueur mais laisse à son fabuleux partenaire une grande opportunité de répondre selon son aisance et son état d’âme !

Le spectateur peut ressentir implicitement et presque physiquement l’immense empathie et l’extrême compassion qui semblent diriger son jeu si subtil consistant, avant tout, à permettre et même susciter l’excellence de Michel Bouquet.

En outre, symboliquement, lors de la succession des rappels applaudissant l’équipe des six comédiens, Francis Lombrail se positionnera au centre du groupe, tout en s’extrayant peu à peu au second plan, de telle façon que devenues seules, ses mains fassent se rejoindre celles de Michel Bouquet à celles de Juliette Carré, son épouse.

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visuel affiche
A TORT ET A RAISON

A TORT ET A RAISON - ***. Theothea.com - de Ronald Harwood - mise en scène Georges Werler - avec MICHEL BOUQUET, FRANCIS LOMBRAIL, JULIETTE CARRE, DIDIER BRICE, MARGAUX VAN DEN PLAS & DAMIEN ZANOLY - Théâtre Hébertot 


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1 réactions à cet article    


  • jack mandon jack mandon 22 janvier 2016 10:36

    Theothea.com

    Le spectateur peut ressentir implicitement et presque physiquement l’immense empathie et l’extrême compassion qui semblent diriger son jeu si subtil consistant, avant tout, à permettre et même susciter l’excellence de Michel Bouquet.

    90 ans et habité par une multitude de personnages. Je n’ai pas vécu votre expérience pour cette pièce en particulier. Les facultés d’empathie véhiculées par le monde du spectacle ont pu générer la méfiance chez Platon qui dénonçait le sophisme, point de vue qui n’engageait que lui.
    Pourtant, à la vue des performances des grands acteurs comme Michel Bouquet...
    L’amour de la sagesse et la faculté de s’investir et s’abandonner dans un autre recouvre le même amour pour la vie. Les messages délivrés ont une portée éminemment philosophique.

    Une pièce, à mon avis qui pourrait couronner la vie de ce grand comédien pourrait être celle qu’il interpréta récemment.
    Pièce de Ionesco, le roi se meurt. Cela nous concerne tous car elle donne à voir trois attitudes possibles à l’Hiver de notre vie : La dénégation, la révolte et la résignation. Au fond selon notre caractère et notre état de santé nous vivons les trois tour à tour.
    Une belle leçon de philosophie de vie sur l’écoulement du temps et sur la perception du réel.

    Merci pour cet intermède qui permet la méditation dans ce concert assourdissant d’actualité.

    Au plaisir.

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