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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Abécédaire intimiste de Moscou (2) : A comme Alphabet

Abécédaire intimiste de Moscou (2) : A comme Alphabet

... cyrillique bien sûr !

Saint Cyrille a gardé le prestige du nom, mais saint Méthode est pour beaucoup dans son élaboration ! Le russe est une langue difficile, avec des déclinaisons et beaucoup de subtilités. Rien à faire, vous ne l’apprendrez pas en trois semaines ! Mais ce serait une sage décision d’apprendre les 30 lettres et les trois sons muets de l’alphabet cyrillique. Le métro combiné à la marche à pied constitue la meilleure formule pour découvrir la ville. Mais, si vous ne savez pas lire le nom des stations et des rues, ce sera un handicap certain dans la rapidité et la sûreté de vos déplacements. Le métro a fait récemment un petit effort en adoptant une couleur par ligne et un panneau d’affichage en lettres occidentales par station, mais vous risquez fort de ne pas le voir car les quais sont très longs... et souvent les noms diffèrent aux correspondances. D’autre part, beaucoup de mots rencontrés dans les rues commerçantes ont des racines semblables aux termes français ou anglo-saxons (parking, café, commerces...) et vous serez donc beaucoup moins perdus. Et puis, vous apprendrez vite des mots comme ruelle, rue, boulevard, thé, eau (péréoulok, oulitsa, bulvar, tchaï, voda...) et vous aurez l’impression amusante de devenir un vrai Moscovite. Pourquoi ne pas mettre à profit vos 3 heures d’avion (trajet direct) pour apprendre l’alphabet ?

La langue est le russe, point barre. A part les enseignes de pub et quelques inscriptions rarissimes rien n’est fait pour celui qui ne connaît pas l’alphabet cyrillique. Mais avec un bon livre-guide, un sourire - qui ne vous sera pas toujours rendu - et quelques mots-clés comme drasvoutié, davidsenia, pajaousta et spassiba (bonjour, au revoir, s’il vous plaît et merci), vous passerez un excellent séjour.

Pour vous dépayser immédiatement, prenons les 19 premières lettres de l’alphabet dans l’ordre russe en faisant semblant d’ignorer qu’il y a au moins trois sortes de « i », que les « e » sont eux aussi une trilogie et en oubliant délibérément les diphtongues et les signes dur et mou. Dans ce curieux alphabet, une syllabe peut donner un son différent de chacune des deux lettres qui la compose : l’alchimie du couple !

A comme ARRIVEE et comme AEROPORT de CHEREMETIEVO, du nom, paraît-il, d’un grand propriétaire terrien.

Avec deux heures de décalage par rapport à la France, vous voici à Moscou !

L’organisation de la douane y est plus fluide et on arrive à arracher un sourire à la dame des passeports avec un drasvoutié (bonjour) au mauvais accent : cette brèche de cordialité dans l’impassibilité revêche héritée du système communiste est le premier signe des changements opérés par rapport à un précédent voyage, il y a quelques mois.

Visa :il faut un visa pour la Russie et des dates bien fixées au départ pour l’aller et le retour. Si vous voyagez en groupe, aucun problème. Si vous partez en individuel et que vous n’êtes pas très patient, mieux vaut consentir un petit sacrifice financier pour faire faire votre visa par une agence spécialisée (prix d’environ 60 €) ; faire la queue à l’ambassade de Paris exige des nerfs solides.

Route aéroport-centre de Moscou

La route de 80 km qui conduit à la ville est un digest très représentatif de tout ce qu’on verra tout au long du séjour. Ce chemin est actuellement très embouteillé, on a donc tout loisir de regarder.

Normalement, il faut compter une heure pour le trajet aéroport-centre, mais, à cause des nombreux chantiers et de l’augmentation faramineuse des véhicules, selon les heures, cela peut-être le double ou le triple... par exemple, matin et soir quand Poutine fait le déplacement de sa datcha au Kremlin dans l’un ou l’autre sens.

Sur le chemin qui conduit à la ville, on longe d’abord quelques bois, premier aperçu des mythiques bouleaux et un de ces grands parcs qui font partie intégrante de la vie moscovite.

Plus tard, on verra les grands immeubles d’habitations de type soviétique, les nouvelles constructions de standing, des enseignes des supermarchés et grands magasins européens comme Auchan et Ikea qui ont eu tant d’influence sur la façon d’habiter et de se meubler de la classe moyenne moscovite.

Nous passons à côté du célèbre stade Dynamo et des premières gares de métro et nous entrons ainsi au cœur de la ville. Les boutiques traditionnelles, les pharmacies (apteka), les enseignes de couturiers, les casinos de jeux rutilants et les nombreux petits kiosques de marchands de fleurs (tsveti) se succèdent. Les Russes adorent les jeux et les fleurs.

On est surpris par le bon état des voitures, camionnettes et des camions. Il y a encore dix-huit mois, les véhicules brinquebalants antédiluviens étaient très nombreux, maintenant c’est l’exception. La circulation est devenue internationale, on croise des camions de toute l’Europe, même de PME françaises. Les plaques d’immatriculation sont toutes aux normes, bien visibles.

Poussière Toutes les voitures sont terreuses et poussiéreuses, témoignant ainsi de l’existence de sols friables et de pistes de terre dès qu’on sort de l’agglomération pour la campagne alentour. Moscou elle-même est terreuse, surtout après la fonte des neiges.

Publicité : tout au long du trajet vers la ville, fleurissent en rang serré des publicités en anglais et en russe vantant toutes les grandes marques rencontrées en Europe et aux Etats-Unis. Elles concernent surtout des voitures ou du matériel hi-fi, mais aussi des séries TV comme Sex and the city ou Guerre et paix (Boïna e Mir). Cette dernière est une excellente promenade-souvenir à travers les monuments de « l’Anneau d’Or » à quelques centaines de kilomètres de Moscou, car bien des scènes y ont été tournées, illustration d’un chef-d’oeuvre littéraire et images de monuments typiques comme la Maison de la Noblesse de la ville de Vladimir.
_____________________

Cet article fait suite à P comme Politique


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11 réactions à cet article    


  • finael finael 2 mai 2008 12:12

     

    Désolé de vous reprendre, mais au niveau prononciation on dirait plutôt : "boulvar" (il n’y a pas de son "u" en russe), "vada", "zdravouistié", en général abrégé en "zdrastié", "dasvidania" et "pajalousta" : Ничево !

     


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 4 mai 2008 20:00

       @ l’auteur : comme le sens profond de l’article me semble : "j’aime la Russie", je plusse. " J’ajoute qu’en traversant la rue, presqu’en face du musée, il y a ce petit restaurant avec une bien jolie terrasse à l’arriere.. et où tout le monde sourit ! Pour une assiette de zakouskis, avant d’aller voir le nouveau Saint-Sauveur..

      @ Finael : Dire que Saint-Petersburg est plus traditionnel que Moscou est une hérésie... mais on en discutera avec un mousseux de Crimée, chez Garçon, sur le bord du canal, en venant du Musée de l’Athéisme... oops pardon ! On l’a "rebaptisé... Nitchevo...

      Pierre JC Allard 


    • skirlet 2 mai 2008 13:50

      Je confirme. Ne confondons pas avec le "do widzenia" polonais smiley

      "Dans ce curieux alphabet" - eh oui, quand ce n’est pas latin, tout est curieux  :-P

      "La langue est le russe, point barre"

      Parfait !


      • zelectron zelectron 2 mai 2008 13:52

        Quelle ENORME nouvelle :

        La Russie se dote du double alphabet cyrilique/latin à l’instar des Serbes !pour se raprocher de l’Europe.

        ...hélas c’est faux, quoique...


        • fjr 2 mai 2008 14:56

          Qu’importent les approximations de transcription ?

          Merci de nous apporter ces petites images d’une Moscou que j’ai connue sous un autre visage et avec laquelle je serais curieuse de me refamiliariser. J’aime ces impressions de la vie ordinaire, ce qui fait les spécificités d’une ville...


          • Dudule 2 mai 2008 15:59

            Je dis plutôt "zdrastvouïtié" et "pajalouista", à proncer très vite ce qui assourdi pas mal certains sons, mais on les entend quand même et on doit les dire.

            La Russie gagne effectivement à être connue, et elle est très loin des clichés occidentaux (mafia, misère, etc...). C’est une nation de plus en plus prospère, dans laquelle la progression du niveau de vie a été spéctaculaire ces dernières années. Ce qui explique totalement la popularité de Vladimir Poutine, homme criticable mais qui a su sortir son pays de la misère dans laquelle l’avait plongée Eltsine, unanimement célébré par la presse occidentale en son temps... Allez comprendre...


            • Alexandre 3 mai 2008 16:43

               Eltsine était méprisé et célébré, l’un entrainant l’autre.


            • Trashon Trashon 2 mai 2008 16:18

              на здоровье


              • Trashon Trashon 2 mai 2008 16:19

                agoravox n’apprécie pas le cyrillique


              • finael finael 2 mai 2008 21:21

                 Здравствуй !

                  Effectivement Agoravox n’a pas l’air d’apprécier le cyrillique, c’est bien dommage ! Le russe est peut-être assez difficile pour nous français mais c’est une transcription du vieux slavon en lettres grecques qu’a fait notre bon "saint" Cyrille". C’est cependant une langue très agréable à entendre et qui permet une poésie remarquable.

                 Moscou n’est pas à l’image de la russie traditionnelle qu’il faut plutôt chercher à Saint Pétersbourg (Sanct Peterbourg = Санкт-Петербург) ou à Kiev !

                 Il y a 32 lettres dans l’alphabet cyrillique, 2 ne se prononcent pas : le "ь" son mou et le "ъ" son dur, 2 autres ne présentent pas de différences en français ; le "и" et le "й" (i), et il y en a une qui est vraiment quasi-imprononçable : le chtch :"щ". Mais personnellement c’est avec les nombres que j’ai le plus de mal !

                 До встречи !

                 

                 


              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 4 mai 2008 20:22

                 @ Leon : L’éblouissant est à Saint-Peterbourg qui, après Paris est à mon avis la ville la "grandiose" qui soit . Moscou, pour aimer, il faut y vivre quelque temps. C’est essayer d’ ’"en être".... Juste le contraste entre les filles du Novy Arbat et celles qui vont encore fleurir la statue de Yessenine... Et la sympathique horreur qu’est le vin georgien, qu’on finit par aimer, comme la retsina au Pelion...

                 

                 Pierre JC Allard

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