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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Adolf Hitler – La séduction du diable » : l’emprise de la (...)

« Adolf Hitler – La séduction du diable » : l’emprise de la haine

S’il est un homme de nature à symboliser le fanatisme et la perdition, c’est bien Adolf Hitler. Non content de porter un coup significatif à la démocratie allemande en instaurant une dictature totalitaire, il tissa fil par fil un régime fasciste et impérialiste caractérisé par l’antisémitisme, l’anticommunisme et l’« hygiène raciale ». Sous le joug nazi furent commis des crimes parmi les plus abominables du siècle passé : des exterminations de masse, dont le génocide des Juifs – la Shoah – ; le dépeçage barbare de la Pologne, purgée et morcelée dans l’horreur la plus absolue ; de vastes programmes d’euthanasie destinés aux handicapés physiques et mentaux ; un Lebensraum prophétique et obsessionnel au nom duquel furent sacrifiés quelque vingt millions d’officiers et civils soviétiques, voire davantage encore. Comment l’Allemagne a-t-elle pu sombrer corps et âme dans un national-socialisme ethnocentrique et sanguinaire ? Comment un individu de la trempe d’Hitler, d’apparence lâche et d’envergure modeste, de surcroît inapte aux relations sociales et affectives, a-t-il pu engager une grande nation civilisée d’Europe occidentale dans un nouveau conflit mondial ? Par quels moyens ce même homme a-t-il pu accaparer le pouvoir au point de s’adjuger toutes les fonctions stratégiques de l’État (chancelier, président, Führer, chef du parti unique, ministre de la Guerre) ? Quelles étaient les motivations intimes de ces millions d’Allemands qui ont accordé leur suffrage à l’auteur du sinistre et boursouflé Mein Kampf ?

Historien et producteur à la BBC, Laurence Rees apporte des éléments de réponse qui, ensemble, forment un faisceau factuel jetant un filet de lumière sur le nazisme. L’ascension d’Adolf Hitler ne s’explique pas seulement par les traumatismes induits par la Première Guerre mondiale, le Traité de Versailles, et une dépression économique qui mit six millions d’Allemands au chômage – et presque autant de familles dans l’indigence. Au-delà de ces considérations sous-jacentes, la figure tutélaire du NSDAP revêtait surtout un charisme tel que celui théorisé par Max Weber, dont la pleine mesure se faisait jour au cours d’allocutions publiques exaltées, durant lesquelles il galvanisait des foules hypnotisées en désignant des boucs émissaires triés sur le volet et en flattant quelques bas instincts auxquels tout peuple défait cèderait volontiers. Ce qu’il susurrait alors à l’oreille des Allemands était clair comme une Nuit de Cristal : trahison des élites d’autrefois ; complot judéo-bolchévique ; mesures réparatoires injustes et offensantes ; économie mise en coupe réglée par la Triple-Entente ; devoir impérieux de sursaut national. Mieux que quiconque, Hitler parvenait à capturer les frustrations latentes et à les convertir en suffrages exprimés, le tout dans des élans irrépressibles d’orgueil et de passion communicative. Auréolé d’une aura quasi divine, sacralisé par Joseph Goebbels et Leni Riefenstahl, il donnait l’impression d’échapper à la politique conventionnelle et de se hisser au-dessus des guerres de chapelles, à l’abri des joutes stériles et des postures fallacieuses. Mais on ne saurait tordre les faits : depuis toujours et à jamais, le père du nazisme aura mastiqué des concepts plus ou moins fumeux – ceux de Paul de Lagarde, de Gottfried Feder, d’Arthur Schopenhauer ou de Friedrich Nietzsche – avant de recracher à la face du monde des politiques proprement terrifiantes – exterminations planifiées, velléités expansionnistes, camps de concentration, nations disloquées, Plan Nisko, Solution finale, etc. Le tout enrobé d’un darwinisme doctrinaire du pire effet.

Les écrits de Laurence Rees mettent cependant en lumière les limites du charisme hitlérien. S’il opérait pleinement sur les nervis et cadres nazis – Hermann Göring, Heinrich Himmler, Adolf Eichmann, Joseph Goebbels, Julius Streicher ou encore Albert Speer –, certains, en haut lieu, échappaient toutefois à l’emprise du Führer. On trouve parmi ces sceptiques des gradés de l’armée teutonne comme Hans Oster, Ludwig Beck, Werner von Fritsch ou Franz Halder, mais aussi des personnalités politiques de premier plan, à l’instar de Lord Halifax, Neville Chamberlain ou Paul von Hindenburg. D’autres, comme le diplomate amateur Birger Dahlerus, s’interrogeaient même sur l’état de santé mentale du chancelier, invariablement inflexible, forcément mégalomane, et en proie à des crises de démence. Le peuple allemand demeura quant à lui longtemps attaché à son « Guide », considéré comme une émanation de la « Providence », un leader extralucide tout entier voué à son pays, par ailleurs initiateur de succès politiques majeurs : la purge nécessaire de la Nuit des Longs Couteaux, le redressement économique précédant l’entrée en guerre, l’Anschluss, les accords de Munich, l’expéditive débâcle française faisant suite au Plan Jaune ou encore la confiscation de vastes territoires en Tchécoslovaquie et en Pologne. Signe d’un aveuglement absolu, dans la conscience collective, tout travers était systématiquement porté au crédit de fonctionnaires hérétiques ou de subalternes officiant en sous-main dans l’appareil nazi : les hommes d’Heinrich Himmler et de Reinhard Heydrich, ceux d’Ernst Röhm, ou de la Wehrmacht. Adolf Hitler est longtemps resté intouchable, insoupçonnable, faisant au besoin profil bas, et se contentant alors de dégager en amont quelques lignes directrices que des officiers zélés allaient obstinément poursuivre en aval.

Laurence Rees portraiture un dictateur mentalement instable, aux ambitions démesurées et au passé trouble (ses exploits fantasmés d’estafette, ses actes ambigus sous la République socialiste de Kurt Eisner). Un nihiliste jusqu’au-boutiste, prêt à tout pour exercer une emprise ferme et solitaire sur le pouvoir. S’en remettant à son instinct plutôt qu’aux notes des experts, insensible aux mises en garde et allergique à l’indétermination, Adolf Hitler s’est taillé un costume immaculé de prophète, uniquement préservé par l’étouffement méthodique des scandales, dont une relation tumultueuse avec sa nièce Geli Raubal, et un héroïsme surfait rapidement devenu inattaquable. Les témoignages inédits de contemporains du IIIe Reich explicitent clairement la mégalomanie paranoïaque d’un homme aveuglé par ses obsessions – le siège de Stalingrad, la pureté raciale – et par une outrecuidance à toute épreuve – les scènes de déni ou d’hystérie dans son QG en Prusse-Orientale, dans le bunker berlinois ou au Berghof bavarois. Avec fluidité et limpidité, on revit l’ascension du Führer : son arrivée à Munich, ses rapports avec Karl Mayr et Erich Ludendorff, la naissance de ses convictions les plus profondes, son opposition larvée à Gregor Strasser, son mépris tenace pour Joseph Staline, son admiration immodérée pour Benito Mussolini, l'incendie du Reichstag aboutissant à la suspension des libertés individuelles, les opérations clandestines du commandement de l’Abwehr et du comte von Stauffenberg, les attentats desquels il réchappe miraculeusement, le pacte (trahi) de non-agression germano-soviétique, les manœuvres sur le front russe, la conférence de Wannsee, puis la lente agonie des nazis, matérialisée par des pénuries de biens et de matières premières, des plans lâchement avortés (Wintergewitter, Lion de mer) et le déchiffrage par des cryptologues du code de la marine allemande Enigma. Une plongée vertigineuse et révélatrice au cœur d’un national-socialisme où s’enchevêtrent les haines les plus primaires et les doctrines les plus extrêmes. Passionnant et très documenté, le tour d’horizon se veut en outre intelligible et accessible aux profanes.

 

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28 réactions à cet article    


  • Le p’tit Charles 26 janvier 2015 15:44

    dont le génocide des Juifs – la Shoah ...sauf qu’il y eu 12 millions de gens exterminés dans les camps mais jamais personne ne parle des autres 6 millions..profits et pertes.. ?..seul compte les juifs....bizarre la connerie des gens à bouffer n’importe quoi... ?
    ben moi je suis pour les 6 millions d’oubliés... !


    • Le p’tit Charles 26 janvier 2015 17:03

      tiens...les 3 premiers racistes.. !


    • charlie charlie 26 janvier 2015 17:49

      « je suis pour les 6 millions d’oubliés  »….


      Ceux qui sont « pour », tapez 1, ceux qui sont « contre », tapez 2.


    • OMAR 26 janvier 2015 18:18

      Omar33

      C’est bien de rappeler qu’il y a eu 12 millions de gens exterminés dans les camps.

      Mais c’est mal de n’en parler que d’une partie, car ils ont tous été d’innocentes victimes.

      Alors, Charles, par ton parti-pris, toi aussi, t’es vraiment petit.... .


    • raymond 26 janvier 2015 18:40

      ah ça y est on est déja arrivé à 12 ???? attention de ne pas dépasser le communistes, cela ne ferait pas sérieux hein ?


    • Le p’tit Charles 27 janvier 2015 07:53

      omar...non justement...je rappelle (comme vous le dites) qu’il y a eu 12 millions de gens exterminés et non (comme toute la planète le dit sans arrêt) 6 millions de juifs et basta...Vous tombez dans le piège habituel des seul morts juifs..désolé mais c’est une position déplorable de votre part et de ceux qui s’y associent...Sur terre il n’y a pas les bons morts (les juifs) et les mauvais morts (les autres)...Il serait temps que la planète se réveille.. ?


    • REPECAUD 7 mai 2016 15:15

      @Le p’tit Charles
      Oui il ne faut pas oublier le martyr des tziganes, des homosexuels et des dissidents politiques dans les camps de concentration ! c’est pourquoi je préfère nettement le terme d’Holocauste à celui de Shoah qui a tendance à ne prendre en compte que le martyr des juifs durant cette période tragique de notre Humanité .
      Cependant , je reconnais que les juifs ont raison de s’attacher au respect du Souvenir du martyr des juifs dans un moment ou des gens comme Jean Marie Le Pen remettent en cause son existence même !!!


    • gaijin gaijin 26 janvier 2015 15:54

      bon résumé mais vous oubliez une partie de l’histoire :
      il n’était que le produit d’une période.
      il n’a inventé ni les camps de concentration , ni l’antisémitisme, ni l’élimination de masse , ni les doctrines suprémacistes racistes.....tout cela existait et était répandu partout en occident
      des idées comme la stérilisation des « attardés mentaux » ( parfois simples dépressifs ) ont eut court au states jusqu’au milieu des années 70 .....inutile de parler bien sur de l’ afrique du sud ou de la façon dont les aborigènes australiens ont été « civilisés ».........
      hitler est un symbole mais il n’est pas le diable ( trop commode  : ça nous exonère du risque de l’être nous même )
      le diable est partout , il peut se voir a son mode d’action : le refus de reconnaitre a l’autre le droit d’exister en tant que tel .
      ce refus , cette mise au ban de l’humanité ne conduit qu’a une seule issue : la haine


      • César Castique César Castique 26 janvier 2015 16:41

        « il n’a inventé ni les camps de concentration , ni l’antisémitisme, ni l’élimination de masse , ni les doctrines suprémacistes racistes.....tout cela existait et était répandu partout en occident des idées comme la stérilisation des « attardés mentaux » ( parfois simples dépressifs )... »


        Et on omet souvent de préciser que, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, l’antisémisme, le racisme et l’eugénisme étaient solidement ancrés à gauche. Quant au génocide, on ne peut pas dire que les « colonnes infernales » étaient franchement à droite. 

        Et, pour autant que je puisse en juger, c’était la première fois qu’une doctrine portait l’idée que l’édification d’un monde « plus humain », devait passer par l’éradication de toute une population.

      • gaijin gaijin 26 janvier 2015 17:40

        césar
        droite ou gauche on s’en tape .....pures abstractions sémantiques ......ça change quoi pour les victimes ?
        « c’était la première fois qu’une doctrine »
        a bon ? on a pas exterminé les amérindiens au nom de la liberté ?
        on n’a pas réduit des civilisations a néant au nom du christianisme ?
        bien sur a chaque fois on peut trouver telle ou telle originalité qui permet de dire : a oui mais c’était différent .....
        alors qu’au fond c’était pareil .....pour les victimes ......
        l’industrialisation du processus commence avec la gatling se continue avec le gaz moutarde se poursuit avec les camps et s’achève en apothèose avec hiroshima
        avec comme point commun la réduction de la vie humaine a quelques chiffres sans intérêts dans la bataille des maitres du monde


      • César Castique César Castique 26 janvier 2015 18:26

        « droite ou gauche on s’en tape .....pures abstractions sémantiques ... »

        J’ai la faiblesse de penser que la marche des idées est une composante importante de la compréhension de l’histoire du monde.

        « Ça change quoi pour les victimes ? »

        Rien, et d’autant moins qu’à l’heure actuelle, elles seraient mortes quand même.

         «  bien sur a chaque fois on peut trouver telle ou telle originalité qui permet de dire : a oui mais c’était différent ... »

        La différence, car elle existe, c’est quand même l’extermination des hommes au nom des droits de l’homme.

        « …avec comme point commun la réduction de la vie humaine a quelques chiffres sans intérêts dans la bataille des maitres du monde…  »

        Je crois qu’on en est tous là. A quelques exceptions près, nous sommes plus touchés par un accident de train qui fait trois victimes à côté de chez nous, que par une catastrophe ferroviaire qui fait des centaines de morts en Inde. Et c’est humain.

        Mitterrand, de son côté, a dit qu’un génocide dans un pays comme le Rwanda, ce n’est pas « trop important », mais peut-être le placez-vous au rang des maîtres du monde…


      • gaijin gaijin 26 janvier 2015 20:12

        «  l’extermination des hommes au nom des droits de l’homme. »
        oui c’est un prétexte comme un autre
        combien en a t’ on tué pour les libérer , ou pour sauver leur âme ?
        sale besogne et nobles idéaux c’est la marque d’une époque ou l’hypocrisie règne en maitre......

        mitterrand ?
        oui parmi les maitres du monde .....( ou au moins un valet selon le point de vue )
        je ne connaissais pas cette citation , magnifique non ?
        les « élites » sont toujours d’un mépris infini envers ceux « d’en bas »

        la marche des idées ?
        oui c’est important je suis moi même très intéressé par l’étude de l’évolution de la pensée humaine mais droite et gauche ne sont que les deux faces de la même pièce et sont parfois interchangeables regardez par exemple les glissements actuels dans la politique française ....


      • Le Poilu Le Poilu 26 janvier 2015 23:58

        Bien d’accord, les camps c’est les anglais (pour la pratique) et le suprémacisme racial c’est français (pour la théorie)...

        http://marmitevingtieme.canalblog.com/archives/2013/10/05/28153793.html
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Race_sup%C3%A9rieure

        Toute mise au ban engendre la rage et la haine, on ne peut qu’être d’accord.
        Merci de votre com gaijin.


      • bourrico6 27 janvier 2015 12:03

        Et on omet souvent de préciser que, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, l’antisémisme, le racisme et l’eugénisme étaient solidement ancrés à gauche. Quant au génocide, on ne peut pas dire que les « colonnes infernales » étaient franchement à droite.

        Je recommence.

        T’aurais pas pu fermer ton claque merde ?
        Ca commençais bien, et il faut qu’un connard arrive avec des deux neurones et demi, et balance : droite=gentil gauche=méchants.
        Aga, agagaaaaaaaaa !!


      • philouie 26 janvier 2015 16:51

        Et, pour autant que je puisse en juger, c’était la première fois qu’une doctrine portait l’idée que l’édification d’un monde « plus humain », devait passer par l’éradication de toute une population.

        non, on trouve ça dans un texte vieux de 2000 ans
        Esther grec. deux extraits d’une même lettre :

        « Je suis à la tête de nombreuses nations et ma puissance s’étend sur la terre entière. Pourtant je ne veux pas me laisser emporter par l’orgueil du pouvoir, mais je veux gouverner toujours avec modération et bonté. De cette façon je pourrai offrir en tout temps à mes sujets une vie à l’abri des bouleversements, établir dans mon empire les bienfaits de la civilisation, y assurer la libre circulation des gens d’une frontière à l’autre et y entretenir la paix à laquelle tous les êtres humains aspirent."
        ....
        C’est pourquoi j’ordonne d’exterminer sans exception tous ceux que vous indique par écrit Haman, qui dirige les affaires de l’empire et qui est, après moi, le père du peuple. Ce sont nos ennemis. On les tuera tous, y compris les femmes et les enfants, sans pitié ni ménagement."

        Mais je vous rassure, les nazi sont toujours là. voici ce qu’en dit Noam Chomsky :

        , le pouvoir se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux. Dans les années 1930, les règles de la propagande nazie consistaient, par exemple, à choisir des mots simples, à les répéter sans relâche, et à les associer à des émotions, des sentiments, des craintes. Quand Hitler a envahi les Sudètes [en 1938], ce fut en invoquant les objectifs les plus nobles et charitables, la nécessité d’une « intervention humanitaire » pour empêcher le « nettoyage ethnique  » subi par les germanophones, et pour permettre que chacun puisse vivre sous l’« aile protectrice » de l’Allemagne, avec le soutien de la puissance la plus en avance du monde dans le domaine des arts et de la culture.

        l’histoire se répète.


        • César Castique César Castique 26 janvier 2015 18:25

          «  Je suis à la tête de nombreuses nations et ma puissance s’étend sur la terre entière. »


          De la part d’un type qui venait de se faire sévèrement correctionner par les Grecs, l’expression « terre entière » est un peu abusive. 

          Il convient d’ajouter aussi que le génocide des juifs n’a même pas connu un début d’exécution, suite à l’intervention d’Esther, selon le Livre homonyme, dans l’Ancien testament, dont l’historicité est considéré comme douteuse.

        • morice morice 26 janvier 2015 17:35

          Laurence Rees portraiture un dictateur mentalement instable, aux ambitions démesurées et au passé trouble (ses exploits fantasmés d’estafette, ses actes ambigus sous la République socialiste de Kurt Eisner)


          rien qu’on ne sache pas déjà donc.

          • César Castique César Castique 26 janvier 2015 18:29

            « rien qu’on ne sache pas déjà donc.  »

            Pour une fois, je suis de votre avis.

            Et selon moi, il serait temps de se pencher sur les caractéristiques de l’identité allemande, mélange de holisme, d’hégémonisme, de lourde démesure et de sombre romantisme, qui ont rendu possible un Hitler que Gustave Le Bon annonçait dès 1918 :

            «  Le rêve d’hégémonie de l’Allemagne ayant pris une forme religieuse restera pour l’Europe une source de conflits prolongés.  »

            …avant de prédire l’Allemagne du XXIe siècle :

            «  Les futures tentatives d’hégémonie industrielle de l’Allemagne seront aussi redoutables que son rêve d’hégémonie militaire. »

            Gustave Le Bon «  Hier et demain – Brèves pensées », éd. Flammarion, Paris – 1918 – pp. 16 et 107


          • Phoébée 26 janvier 2015 22:11

            Laurence Rees portraiture un dictateur mentalement instable, aux ambitions démesurées et au passé trouble ’

            Le portrait craché de morice quand il aura pris le pouvoir sur AV.


          • Le Poilu Le Poilu 26 janvier 2015 23:41

            Estafette en 14-18 était un des poste les plus dangereux qui soit avec brancardier et porteur de gamelle... Hitler fut blessé 2 fois et décoré de la croix de fer de 1ère classe.
            Même s’il devint le dictateur que l’on connait, ce n’est pas une raison pour raconter des conneries sur le personnage, avec un passé trouble où pas.
            Il n’y a quasiment pas d’hommes de pouvoir avec un passé « limpide »...


          • non667 26 janvier 2015 17:47

            à jonathan

            complot judéo-bolchévique !

            sauf que c’est pas comme les armes de destruction massives , le complot judéo-bolchévique les allemands l’avaient sous les yeux  !


            • njama njama 26 janvier 2015 19:03

              « pour lui, le prototype du chrétien était Adolphe Hitler »
              -
              (...) Pour introduire le thème d’une façon brève et brutale, je raconterai une anecdote. Je me souviens de ma stupéfaction en 1954, à l’Université hindoue de Varanasi. Le professeur T.R.V. Murti, disparu aujourd’hui, mais indiscutablement l’un des meilleurs philosophes de l’Inde contemporaine, se défoula devant moi, après des heures de discussion (parce qu’il faut graisser la machine). A moi, l’Indien (et donc il était sans les complexes habituels quand on parle à un occidental) mais prêtre catholique (et pour cela, appartenant aux colonisateurs), il me révéla ce qu’il n’avait jamais dit à aucun occidental mais qu’il gardait en lui : pour lui, le prototype du chrétien était Adolphe Hitler. Et quand j’eus fini de protester (plusieurs heures passèrent), je commençai à voir que de son point de vue il avait raison. Quand je lui disais qu’Hitler était un mauvais chrétien, un mauvais catholique, un séminariste frustré, un paranoïaque, un monstre, il me réfutait en disant que si tout cela était exact, on l’aurait enfermé dans un asile et il ne serait pas arrivé aussi haut qu’il était arrivé. Et s’il n’y avait pas eu un bouillon de culture en ce monde dans lequel Hitler touchait les fibres les plus profondes et les plus inconscientes des chrétiens, il n’aurait pas obtenu tant de popularité et ne serait arrivé ni à l’antisémitisme ni à la guerre. Hitler avait osé tirer les dernières conséquences de l’absolutisme chrétien. Et, de fait, les églises chrétiennes à peu d’exception près, ne le critiquèrent pas trop. (...)

              Reflexions sur la religion et l’Europe
              Raimon Panikkar
              http://www.networkcultures.net/34/reflexions_f.html
              -
              ça laisse perplexe, non ?
              l’antisémitisme était une chose très partagée dans toute l’Europe avant guerre, Hitler a surgi sur les idées sulfureuse du XIX° siècle, les nationalismes, l’eugénisme ... 


              • Phoébée 26 janvier 2015 22:14

                Il s’est dit tellement d’âneries sur Hitler qu’on finirait par croire qu’il vivait dans un monde en noir et blanc et qu’il s’adressait aux gens avec des sous-titres.


                • njama njama 27 janvier 2015 09:36

                  effectivement Phoébée
                  Et s’il n’y avait pas eu un bouillon de culture en ce monde
                  ce bouillon de culture n’était pas propre qu’à l’Allemagne, il traversait l’Europe, mais il s’est trouvé qu’Hitler était allemand, que l’Allemagne était une nation puissante ...
                  J’ai tendance à voir qu’une conjonction de facteurs a permis l’émergence du nazisme. L’Allemagne n’était pas le seul pays d’Europe devenu fasciste, l’Italie de Mussolini, l’Espagne de Franco ... comme quoi l’espace politique était traversé à cette époque par ce même bouillon de culture


                • Enabomber Enabomber 28 janvier 2015 04:40

                  njama,
                  l’Espagne de Franco est un cas à traiter à part. Le « généralissime » n’a pas été porté au pouvoir par les foules, et c’est l’attitude couarde du reste de l’Europe qui a laissé le champ libre aux séides d’Adolphe, Benito et Joseph.


                • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 27 janvier 2015 10:40

                  FAUSSE RÉFLEXION !

                  Tout est dans la démocratie ! Ou on comprend ce que c’est ou on ne comprend pas !
                  Ce n’est pas pour rien que je me suis donné la peine de redéfinir ce mot bâtardisé à outrance depuis ces dernières décennies !

                  La nature de l’endoctrinement d’un peuple donné produit toujours la démocratie conforme à cette endoctrinement et donc construit son État en le meublant avec les responsables qui répondent à cet objectif ! 

                  La Grèce embrigadée dans l’utopie européenne a été torturée comme le sont beaucoup d’autres ; étouffée par les milliards empoisonnés de Bruxelles, elle a été sommée d’affamer et de mettre le peuple grec au chômage (étrange cette façon de voir les choses de la part de l’Occident ) ! La période de souffrance ayant travaillé le peuple grec et l’ayant fait réfléchir, (sachant pertinemment sa part de responsabilité de cette faillite pour avoir accepté depuis longtemps des responsables corrompus et corrupteurs), il n’a pas tardé à produire le leader qui le sauvera en étalant ses promesses plus utopiques encore que celles de BRUXELLES !

                  Alors que les pays en difficulté n’osent pas augmenter les salaires de 1 pour cent, voilà que monsieur veut les augmenter de 30 pour cent pour les grecs, on se demande sur le dos de qui ???

                  Nous assistons à un vrai chantage politique de nature occidentale, à la hauteur de la culture du même nom qui a bien façonné ce monde insolite !

                  RAPPEL : J’ai lu vos réactions ignorantes, en voilà une conclusion qui va vous calmer :

                  La Grèce est le maillon faible de cette utopie européenne, ou les pays coalisés acceptent de payer pour elle ou elle sera la cause de l’effondrement de la Communauté Communiste européenne !

                  Si l’Europe veut la solution : Je la lui donnerais volontiers !

                  • Chamiot 27 janvier 2015 12:16

                    Bonjour,

                    Connais pas ce monsieur Rees. S’il a accès à la BBC en cette sombre année 2015, je suis certain qu’il a des opinions « conformes ». Aussi bien regarder la télévision française (ou Arte si on est vraiment masochiste) en ce jour de choa..ttitude forcée (avec pèlerinages et endoctrinement de la jeunesse qui doit...« savoir » - humour noir)

                    Je colle ci-après un récent commentaire que j’ai commis. Peut-être est-il ici un peu « décalé » ? Je ne sais...
                    A tout le moins lisez Benoist-Méchin pour comprendre, une bonne fois pour toutes que Hitler ne cherchait aucunement noise aux autres grandes puissances européennes. Idem pour le soit-disant Empire mondial, il voulait seulement les mains libres à l’Est pour donner au peuple allemand (qui le méritait autant - à mon sens bien plus- que les Anglais, les Américains et les Russes), à défaut d’une maîtrise des mers, l’espace continental, les ressources et...la sécurité qui résulte des 2 précédents éléments.

                     Le déroulement de la guerre lui a, malheureusement, donné raison. Confronté à 2 empires mondiaux ploutocratiques (maritimes) + un continental, privé de pétrole, dénué d’Hinterland inexpugnable, affronté à des adversaires barbares, même le meilleur des peuples ne pouvait « normalement » vaincre. Que Hitler lui-même (par ses structures mentales) ait fortement contribué à la défaite de son pays n’enlève rien à la pertinence de son analyse initiale : le Peuple allemand, pour sa sécurité à long terme, avait besoin d’espace et de ressources.

                    Il a perdu et, c’est évident maintenant, tous les peuples d’Europe avec lui . Il n’est que de voir la situation actuelle, avec le gouvernement « français » tel qu’il est : il est très peu probable qu’un gouvernement français de la Nouvelle Europe (sous bannière allemande) ait pu compter autant de non-nationaux. Qui plus est (c’est au moins mon avis) il eût mieux valu être les brillants seconds des Allemands que, comme aujourd’hui, les esclaves de la finance cosmopolite.

                    Vous reproduisez tellement d’énormités sur la guerre (je suppose que Mr Rees parle)...mais, par pitié, informez-vous autrement que par des synthèses (forcément de propagande dans l’Europe actuelle)
                    Un seul élément presque cocasse : >>>>>des plans lâchement avortés (Wintergewitter, Lion de mer) >>>>>J’ai étudié en détails les 2 operations et ne vois, dans les 2, vraiment aucune lâcheté !

                    Faire de Hitler le Grand Méchant Loup...J’y ai cru enfant, en culottes courtes (mais je croyais aussi à l’époque que De Gaulle était un type bien et un « sauveur », c’est dire)

                    >>>>Admettez-vous que Dieu est mort depuis longtemps en Occident ? = l’Eglise en tant qu’entité structurante, violente, sûre de sa bonne Foi, avec 2 morales, une pour la masse des fidèles (obéissance ici bas, consolation au-delà), une autre, aristocratique, pour les prélats, partie de la Cité.

                    Avez-vous perçu que la Science et la civilisation technique ont créé un vide en Occident ? On ne peut plus croire comme on croyait, mais rien n’est là pour remplir ce vide. Toujours plus de biens matériels, toujours moins de sens. Le problème du renouvellement mythique dans une société post-religieuse, avec un ciel vide et un Homme affreusement seul et libre. Tout ne tenait que par le principe aristocratique (une identification au Prince, figure pérenne) La Grande Guerre l’a fait voler en éclat.

                    Il était normal que surgisse en Allemagne, de l’Allemagne quelque chose. Parce que le pays avait subi un traumatisme plus que tout autre : annexions, occupations, pillage organisé par le Traité, perte de tous les repères princiers, véritable guerre civile entre les bandes armées Rouges et ce qui restait d’ordre = la Reichswehr.

                    Lisez l’ouvrage admirablement documenté et si bien écrit de Benoist-Méchin « Histoire de l’Armée allemande ». En 6 volumes, de 18 à septembre 39, déjà de quoi bien tordre le coup à l’ignorance et à la propagande post-45. Les sources primaires existent, non détruites, à voir pour qui est capable de les voir. Sur le plan des images et des vidéos d’amateurs, elles sortent même en grand nombre des greniers. Elles montrent une population incroyablement heureuse (jubilatoire) et pour le moins consentante à ce qui est décrit comme une affreuse dictature (cf. aussi les résultats des divers votes et plébiscites, normalement organisés, tant qu’il y en eut). Dès lors, on peut commencer à se poser des questions, processus dangereux je l’admets. Vu ma profession, j’avais du temps (et des moyens), j’avais aussi une exigence intérieure (= propreté intellectuelle).

                    Si la couche « populaire » et politique du mouvement a conduit à des excès de tous ordres (mais comment combattre la violence sans violence ?), la superstructure idéologique constitue, pour ce que j’en vois et connais, la seule tentative délibérée de re-construction mythique dans l’Occident post-chrétien. Ou comment surmonter le hiatus mortel (l’individualisme) entre l’homme animal social et le rêve individuel (par nature stérile, qui isole) en donnant (créant de toutes pièces) un type (appelé l’Aryen) permettant le processus d’identification : un rêve commun, sanctifié, approuvé chaque jour par le regard des autres.

                    Si on en juge par l’adhésion massive de la population, son allégresse dans un très dur labeur social, la « mayonnaise » mythique commençait à prendre. Elle résista même presque jusqu’au bout d’une guerre ayant requis des efforts inimaginables (en vain) et s’étant achevé dans un océan de sang et dans la barbarie la plus totale (telle que l’Europe n’en avait plus vue depuis les incursions mongoles). On était loin de l’entrée des troupes allemandes à Paris en juin 40 (hommage allemand aux valeureux adversaires, Arc de triomphe, devant un parterre de civils vraiment très peu terrorisés)>>>>>>>


                    • soi même 28 janvier 2015 03:26

                      c’est bien raconter tous cela, c’est très propre très clins, au fond en lisant votre papier, il y a pas de doute, c’est à la force de ces dents, qu’il est arrivé au pouvoir !

                      A cette histoire officielle est comme une soupe mouliné,, lise à souhait !

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