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AgoraVox à l’Usine

Le 24 mars, AGORAVOX tiendra « les premières rencontres du cinquième pouvoir » à l’Usine. Pas d’inquiétude pour ceux qui viendront : Le bleu de chauffe ne sera pas obligatoire et ils n’auront pas à subir de cadences infernales.

AGORAVOX a choisit de tenir « les premières rencontres du cinquième pouvoir  » à L’Usine qui appartient au groupe SOS . Le groupe SOS est l’un des membres les plus actifs et influents de l’économie sociale et solidaire en France.

Même si l’expression économie sociale et solidaire est connue de plus en plus de français, il m’a semblé intéressant d’en rappeler quelques principes :

  • Partout en Europe, on trouve des entreprises, des organisations dans lesquelles prévalent le principe de non-domination du capital et celui du contrôle démocratique : il y aurait d’ailleurs 248 millions de membres de coopératives, de mutuelles ou d’associations sur 370 millions d’habitants en Europe.
  • Ces structures agissent dans les domaines les plus divers : social, culturel, financier, agricole, industriel ou de la pêche... Elles sont encore trop mal connues. Face à de grands défis comme la mondialisation, la transformation du travail et la crise sociale, elles représentent une chance particulière de voir établies les conditions d’une croissance à dimension humaine et, au-delà, de changer la donne en affirmant la primauté du civique et du social sur l’économique et le monétaire.
  • Il existe bien un " troisième secteur ", à côté des entreprises de statut capitaliste mais également à côté de l’économie publique (l’économie sociale est privée et indépendante de l’Etat).
  • Depuis plus d’un siècle, l’économie sociale (associations, mutuelles et coopératives) démontre qu’il est possible d’entreprendre autrement. Un des points communs entre les organisations de l’économie sociale.
  • Cette économie ni capitaliste ni publique, fondée sur des principes démocratiques, pèse aujourd’hui plus de 12% du PIB en France.

Trop peu de français connaissent le travail du groupe SOS. Que ce soit sur les exclus et leur réinsertion, le commerce équitable ou le développement durable ses associations effectuent un travail indispensable mais peu médiatisé.

Pourtant, dans une période ou tous les candidats à la présidence de la République essayent de trouver des « gisements d’emplois » le groupe SOS coordonnait il y a peu le premier "Forum de l’emploi dans l’économie sociale" qui lui est synonyme d’emplois nombreux et durables.

Le groupe SOS organise également une fois par mois les « Jeudis Solidaires  » qui visent à présenter des initiatives économiques alternatives. Le but des « Jeudis Solidaires », est pouvoir poser toute question, dans un cadre convivial et informel, à des représentants d’organisations de l’Economie Sociale et Solidaire.

Forts de toutes ces informations, nous sommes allés interviewer un de ses responsables : Nicolas FROISSARD.

Nicolas, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs d’AGORAVOX ?

Je travaille au sein du Groupe SOS depuis 7 ans où je m’occupe de la communication et des relations avec le monde de l’économie sociale et solidaire.

Le Groupe SOS, composée d’associations et d’entreprises d’insertion, intervient dans de nombreux domaines (sanitaire et social, éducation, insertion, logement, développement durable et solidarité internationale...) en se fondant sur des valeurs qui sont celles de l’économie sociale ; mon rôle est donc, entre autre, de tisser des relations avec le secteur associatif, mutualiste et coopératif en France pour défendre et promouvoir notre modèle économique, cette « autre façon d’entreprendre ».

Combien de personnes travaillent au groupe SOS ?

Ce sont près de 2000 personnes qui y travaillent. Au sein du Groupe SOS, on trouve des gens de tous horizons. Sur le terrain, il s’agit surtout de travailleurs sociaux, de médecins, d’infirmiers, de psychologues qui assurent des missions de prise en charge des plus exclus, le cœur de métier de notre organisation.

Au siège, on trouve des personnes d’origines très différentes mais toutes très bien formées à leur métier qu’il s’agisse des ressources humaines, des finances, de la comptabilité ou du droit...

Nous revendiquons un très grand professionnalisme à tous les niveaux de nos interventions mais un « professionnalisme militant »

SOS est un des membres de l’économie sociale et solidaire. Qu’est que cela signifie en termes d’engagements ?

Cela signifie d’abord qu’au sein du Groupe SOS, aucune personne physique n’est détenteur de quoique ce soit. L’ensemble de notre organisation repose sur le statut associatif avec des membres et des administrateurs bénévoles. Personne n’est rémunérée autrement que par le travail qu’il fournit ; pas de capital et pas d’actionnaire... c’est déjà beaucoup dans une société où la notion de rentabilité financière à tendance à prendre le pas sur tout.

Cela signifie aussi que le Groupe SOS prend des engagements en faveur d’un monde plus juste et plus respectueux de son environnement. Les entreprises qu’il créé, comme l’Usine qui reçoit les « premières journées du 5ème pouvoir », son toutes des entreprises d’insertion. Il s’est aussi engagé aussi en faveur du commerce équitable avec Alter Mundi et la Compagnie du Commerce Equitable. Plus récemment, notre organisation a initié une démarche visant à intégrer les principes du développement durable dans l’ensemble de ses actions.

Pouvez vous nous parler d’actions récentes initiées par le Groupe SOS ?

Régulièrement et partout en France, nous ouvrons de nouvelles structures à destination des plus exclus (hébergement d’urgence, soins des plus démunis, protection de l’enfance...).

Le Groupe SOS vient aussi de lancer, à travers l’entreprise la Compagnie du Commerce Equitable, sa propre marque de vêtements équitables, Article 23. Ces vêtements sont fabriqués en Inde au sein d’une manufacture agréée par FLO (Fairtrade Labelling Organization) et sont certifiés SKAL ECO (réglementation européenne pour la production de coton biologique).

Du logement d’urgence au commerce équitable, les activités du Groupe peuvent paraître très diversifiés. Nous voulons d’abord faire la preuve par l’exemple qu’il est aujourd’hui possible d’entreprendre autrement. La recherche du profit, de la rentabilité du capital ne sont pas l’alpha et l’oméga de l’entreprenariat. L’économie sociale est pertinente et performante !

Et enfin, pouvons nous connaître votre opinion sur le journalisme citoyen ?

Grâce à Internet les citoyens sont passés du rôle de récepteur à celui d’émetteur... C’est une tendance intéressante car elle permet de faire émerger des sujets ou des thèmes peu traités par les médias traditionnels. L’économie sociale et solidaire en est un bon exemple.

Le journalisme citoyen n’a pas forcément vocation à remplacer le journalisme classique mais il va l’obliger à se renouveler et à mieux identifier les nouveaux enjeux de société.

Merci Nicolas et Rendez-vous aux :

Premières rencontres du Cinquième Pouvoir

L’Usine
379, avenue du Président Wilson
93210 La Plaine-Saint-Denis
Tél. : 01 55 87 55 01
Fax : 01 55 87 55 57
info@lusine-evenements.com

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10 réactions à cet article    


  • HASSELMANN (---.---.65.161) 9 mars 2007 14:55

    Merci, pour ce coup de projecteur sur le Groupe SOS, car il permet de pointer un vrai gisement humain et économique. C’est là que le social ethique et responsable peut se marier avec l’économique, pour fournir l’un des leviers permiers de la politique de demain. L’ESS c’est la FORME ALTERNATIVE de L’ENTREPRISE, l’endroit ou le travail et l’homme sont des valeurs absolues, ou l’anonyme quand il est necessaire, garde sa place et ou le mamagement se nourrit de notions telles que l’écologie des collaborateurs, le management éthique, ou le KM (pour khowledge management), c’est a dire le respect des idées des collaborateurs....le vieux : « rendons a césar ce qui appartient... ». Le cinquiéme pouvoir est certainement en capacité de relayer simplement ces quelques réalités.


    • JC BENARD (---.---.92.11) 9 mars 2007 15:04

      Merci Hasselmann

      j’espère avoir le plaisir de vous croiser le 24.

      Cordialement

      JC BENARD


    • Manuel Atreide Manuel Atreide 9 mars 2007 16:25

      @ l’auteur ...

      Merci pour cet excellent papier sur le groupe SOS. J’avais entendu parler de l’usine, je suis même passé devant plusieurs fois. Joli exemple de reconversion d’un bâtiment industriel qui permet de continuer à faire vivre un patrimoine que trop veulent condamner à la démolition ou à l’oubli silencieux d’un espace « de mémoire ».

      On imagine encore trop souvent l’économie solidaire comme des regroupements de vieux hippies un peu défraichis, aux couleurs passées, sentant l’antimite bio. Vous nous affichez un exemple qui montre qu’au contraire, les entreprises de ce secteur peuvent à la fois être efficaces et professinnelles, tout en laissant de coté - ou n’étant pas obnubilées par - le profit et la rentabilité.

      Cela ouvre des portes pour agir dans un cadre « capitaliste » tout en préparant ce qui pourrait être l’étape suivante. Non pas l’appropriation collective des moyens de production, mais la création de groupes de gens soudés et responsables pour travailler dans le cadre d’une économie ouverte.

      En tout cas, je suis heureux que les premières rencontres soient placées sous cet auspice. Nos hôtes seront, je pense, plus proches de nos préoccupations que ne le seraient des loueurs de salle « lambda ».

      Manuel Atréide.


      • JC BENARD (---.---.92.11) 9 mars 2007 16:30

        Bonjour Manuel et merci de votre commentaire. L’économie sociale et solidaire est une autre façon d’entreprendre sans pour cela refuser la concurrence.

        J’espère avoir le plaisir de vous rencontrer le 24

        Cordialement


      • erickk (---.---.3.71) 9 mars 2007 18:23

        c est bien, c est tres bien. C’est l’avenir de la mondialisation je pense. une kyrielle d’entreprises solidaires au fonctionnement démocratique et surtout respectueuse : de ses membres, de l’environnement, de son fonctionnement...

        Ici, ca existe, un peu. Ici au québec, ca s appelle la coopérative de solidarité, mais ca peut être aussi une coopérative de distribution, de travail ou carrément d’habitation.

        Chacun est collectivement responsable de la marche de l’entreprise, chaque membre compte pour une voix, quelque soit le montant d argent investi. Ca n a rien a voir avec le communisme puisque la coop doit faire des profits, mais ce n’est pas non plus une entreprise gouvernée par le Capital.

        Et si c’était cela la solution ? La mondialisation de solutions locales, démocratiques et sociales ? Au lieu d’acheter (en auto dans un vaste centre commercial) un outil fabriqué au rabais par des enfants au srilanka acheminé par des portecontainer véreux et distribué par des grands groupes richissime, pourquoi donc ne pas prioriser un artisanat et une distribution locale répondant aux exigences d’une coopérative ? Moins de gaspillage d’énergie, moins de chomage et moins de profit. désolé pour ceux qui boursicotent. Reste que je prefere voir mon voisin avoir un emploi peut etre moins qualifié mais socialement mieux valorisé que de s’enfiler des bieres payées par le gouvernement...


        • Renaud D. (---.---.212.32) 9 mars 2007 18:25

          Merci à l’auteur pour ce zoom sur les coopératives.

          La Russie a connu une très forte expansion économique entre les années 1890-1914, essentiellement basée sur les coopératives. (Les fameux emprunts russes ont été surtout employés pour financer les infrastructures et l’industrie lourde). Lénine a tout balayé.

          La Yougoslavie de Tito fonctionnait également sur ce modèle. On connaît la suite.

          Il ne s’agit pas d’une « troisième voie » entre le capitalisme et le communisme, mais d’une mode économique très efficace en termes de résultats pour toutes les activités ne nécessitant pas de gros besoins en capital. Les coopérateurs renonçant le plus souvent à la rémunération du capital investi, la totalité des résultats est disponible pour financer la croissance.

          Son inconvénient majeur est de s’affranchir largement du pouvoir bancaire : politiquement incorrect.


          • HASSELMANN (---.---.65.161) 9 mars 2007 18:47

            Formidables réactions, par la lucidité et le caractère constructif des propos. Je vais essayer de me libérer pour le 24 à l’USINE, car il y a là un vrai enjeu.Il est impératif de rester centré sur cette réflexion, pour peser et l’imposer, au candidat le plus à même d’integrer cette donnée. il faudra ensuite le contraindre a un engagement ferme d’une chronologie et de moyens pour que l’ESS dispose de moyens et d’audience, en dehors des sentiers battus qui l’étouffent. R HASSELMANN


            • cedric chaux (---.---.128.8) 12 mars 2007 00:25

              Bonjour a tous.

              Cet article comme les commentaires qui l’accompagne est interessant.

              Souhaitant devenir entrepreneur, et particuliérement créer ce type de structure, j aurais aimé savoir quelles sont les démarches et contraintes a la création de coopérative comme SOS ou comment en tant qu entreprise solidaire, rejoindre une coopérative.

              Je pense que ces types d’entreprise doivent se regrouper pour pouvoir mettre en commun certaines de leurs activites. Des logiciles open source, des distributeurs par exemple. Ainsi elles pouraient devenir symbiotique et former des structures capable de faire face a la concurrence des grandes entreprises capitalistes.

              Le monde du business capitalisme est par définition impitoyable. On protége ces idées de peur de se les faire voler. On protége son capital pour survivre. Dans un monde tel que celui la comment une entreprise peut elle vraiment etre démocratique ?


              • (---.---.75.130) 12 mars 2007 12:09

                Vraiment nécessaire de cracher ainsi sur les anciens

                « On imagine encore trop souvent l’économie solidaire comme des regroupements de vieux hippies un peu défraichis, aux couleurs passées, sentant l’antimite bio »

                ça donne meilleure mine au 3ème millènaire ?


                • JC BENARD (---.---.92.11) 12 mars 2007 13:17

                  @ IP:xxx.x34.75.130

                  Du calme !!!

                  Ne pourriez vous pas plutôt exprimer votre point de vue ?

                  A vous lire

                  JC BENARD

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