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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Ale, le mec qui fait Jerry Stobbart

Ale, le mec qui fait Jerry Stobbart

Jerry Stobbart est le personnage de bande-dessinée créé par Ale. Ale, c’est « le mec qui fait Jerry Stobbart ». Nommé comme cela parce que son personnage a dépassé sa propre notoriété. Dans l’univers de la BD, Ale touche un secteur peu fréquenté : l’absurde.

C’est le 26 juin 2006 ; il y’a un peu plus d’un an, qu’Ale a créé le premier strip de Jerry Stobbart.

Plus d’une année durant laquelle, avec assiduité, il nous a gratifié tous les deux jours de la suite des aventures de son héros, Jerry, un inspecteur de police aux capacités limitées et à la maturité d’un enfant de 10 ans.

Il existe nombre de dessinateurs dans le monde de la blogosphère BD.

L’ennui, c’est qu’ils sont très nombreux à faire plus ou moins la même chose : de l’intimisme, une succession d’anecdotes vécues pas toujours drôles et souvent juste récitées.

Ceux qui sortent du lot, qui opèrent dans un registre différent sont rares, et ils le sont d’autant plus quand ils ont un réel talent humoristique ; quand plutôt que de ne faire que sourire, il font rire avec la bouche à coup de "Ha Ha Ha" .

Si vous aimez l’absurde façon Les Robins des bois, alors vous aimerez les aventures de Jerry Stobbart.

(Si vous n’aimez pas, alors lisez Boule et Bill)

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Les aventures de Jerry Stobbart n’ont ni queue ni tête, pas vraiment de début ou de fin, l’histoire est facile à prendre en cours et les personnages sont tous extrêmement particuliers.

Accessoirement, (et c’est là la rançon du succès), le mec qui fait Jerry Stobbart a son propre blog, moins fréquenté mais tout aussi drôle.

C’est après avoir offert une grosse somme d’argent à Ale que ce dernier, très occupé, a accepté de me consacrer un peu de son temps pour une interview exceptionnelle, puisque la première !

_________________


Eugène : Bonjour Ale , Alors, ça fait quoi de se faire questionner par Eugène ? Emu ?

Ale : Salut Eugène. Se faire interviewer par Eugène ? C’est un peu comme se faire torturer par Klaus Barbie. Mais ne t’inquiète pas je ne suis pas mufle comme Jean Moulin et c’est de bon cœur que je vais répondre à tes questions.

Eugène : Après la phase sentimentale, passons aux questions sur ta personne (je suis sûr qu’au fond tu aimes parler de toi). Depuis quand dessines-tu et comment cela t’est venu ?

Ale : Comme tous les gens qui dessinent un peu j’ai commencé tout petit. Mon parcours est assez classique, j’ai d’abord essayé d’imiter Franquin, puis plus tard Moebius, heureusement je n’ai pas persévéré. Mais à une époque j’ai vraiment pensé que je pouvais y arriver, j’étais jeune, j’étais fou.

Eugène : De quoi ou de qui t’es-tu inspiré pour créer le personnage de Jerry Stobbart ? As-tu imaginé une série américaine à parodier en particulier ?

Ale : Ce n’est pas moi qui ai inventé Jerry Stobbart, mais mon ami Pierre Pierre qui aujourd’hui fait de la musique dans des groupes comme les Fouisseurs et Brice et sa pute.
On était au lycée ensemble et il avait fait une bande dessinée improvisée case par case d’une dizaine de pages avec un personnage s’appelant Jerry Stobbart. J’ai moi aussi tout de suite fait pareil, une BD case à case improvisée avec un policier. Par la suite j’ai mixé les deux histoires pour n’en faire qu’une, ça donnait une BD de 48 pages potache et loufoque.
L’année dernière j’ai ressorti de mes cartons cette histoire pour me lancer dans la bande dessinée sur internet. C’est en voyant White Ninja et tous les blogs que j’ai voulu moi aussi en faire. On peut rapidement conclure que je ne suis qu’un suiveur et un récupérateur.
Au départ je voulais faire plus dans le non-sens comme White Ninja, mais c’est plus facile pour moi de suivre une histoire. C’est le contexte dans lequel se trouve le personnage qui m’inspire et je peux filer comme ça des gags sur le thème de la police américaine comme on en voit dans les séries télé. Mais les strips ne fonctionnent pas en référence directe aux séries américaines, je ne parodie pas frontalement. Les séries américaines me servent surtout d’inspiration.

Eugène : L ’humour « absurde » s’est-il imposé à toi ? Ou as-tu travaillé sur un style d’humour bien particulier ? Autrement dit : ton style est-il inné ou travaillé ?

Ale : L’humour absurde s’est imposé tout seul. Les strips fonctionnent beaucoup sur le décalage par rapport à la situation ou aux rôles des personnages. Certains gags arrivent tout seul, ce sont souvent les meilleurs, pour d’autres il me faut un peu plus de réflexion. Jerry Stobbart a été commencé de manière innée et puis par la suite ça a été un peu plus travaillé.

Eugène : Dans la vraie vie (hors du strass et des paillettes du blog-BD) quel est ton métier ?

Ale : Dans ma véritable vie je suis encore plus dans le strass et les paillettes surtout durant mon stage de trois mois à Paris. J’ai rencontré Monsieur Le Chien et Wandrille, et certains auteurs de Warum, mais aussi Fabrice Tarrin sans parler de Gad et Karh. Je ne parlerai pas du cocktail où il y avait entre autres célébrités Marc-Edouard Nabe, Alain Soral et Dieudonné (La classe hein ? hein ? Comme je ne verse pas dans l’autobiographisme, je parle un peu ici de ma vie fascinante).
Mais sinon je suis étudiant à Grenoble dans une filière métiers du livre. Et en ce moment, j’écris un mémoire sur la bande dessinée sur internet mais au lieu de bosser je préfère répondre à ton interview.

Eugène : Aimerais-tu faire carrière dans la bande dessinée, et pourquoi pas... en vivre ?

Ale : Pourquoi pas, mais en vivre n’est pas mon objectif et ce n’est pas ça qui m’empêchera d’en faire. Je n’ai pas envie d’envisager le dessin et la bande dessinée comme un salariat. J’ai souhaite juste de faire les choses qui me plaisent. Ce n’est pas dessiner que j’aime, mais faire de la BD, et pas besoin d’en vivre pour en faire et pour être lu et même avoir un peu de reconnaissance. Tout ça grâce à internet.

Eugène : Qui sont les dessinateurs BD, dans la blogosphère, que tu préfères... Et ceux que tu aimes le moins ?

Ale : J’aime ce que font Boulet, Monsieur Le Chien et Robert Cash, j’envie leurs tics et leurs trouvailles.
J’aime moins ce que font et Nicolin ils ont un humour lourdingue de misogyne de base qui me met mal à l’aise, c’est le contraire de ce que j’ai envie de faire en BD.

Eugène : Tu n’aimes pas Gä ?! Salaud !... (J.. Je m’emporte... ) Combien de temps penses-tu que les aventures de Jerry Stobbart vont durer encore ? Improvises-tu ou as-tu déjà un plan de scénario, et envisages-tu une publication future ?

Ale : Je pense que Jerry Stobbart va durer jusqu’à 248 strips. Cette BD est semi-improvisée, je n’ai pas de plan, mais comme j’avais à un moment beaucoup d’avance je pouvais rajouter des strips pour étoffer certains passages.
J’envisagerais bien de le publier moi-même et de créer une petite structure éditoriale un jour ça serait bien, il faudrait monter un vrai projet éditorial et publier d’autres bouquins.

Eugène : As-tu des projets de créations futures ? Si oui, peux-tu nous en glisser le scoop ?

Ale : Oui, j’ai au moins trois idées, mais ça reste à développer. Probablement des BD moins humoristiques que Jerry Stobbart et plus appliquées dans le dessin, si j’y arrive.

Eugène : Que t’inspire à toi-même le personnage de Jerry Stobbart ?

Ale : Des comic-strips.

Eugène : Comment prends-tu le succès et l’engouement porté sur ce petit personnage que tu as créé  ?

Ale : Succès ? Engouement ? Ça serait plutôt un succès d’estime mais ça reste assez modeste. Tous les retours que j’ai pu avoir sont positifs, en tout cas ça me suffit et ça m’encourage à continuer. J’aime bien savoir qu’on me lit. Je considérerai que j’ai du succès quand j’aurai plus de lecteurs que Laurel.

Eugène : Si je posais la question à Jerry « Comment se passe l’enquête ? », quelle serait sa réponse ?

Ale : J’ai trouvé des tas d’indices mais je sais plus où je les ai mis.

Eugène : Si tu devais définir ta « forme d’humour » de quelle manière la qualifierais-tu ?

Ale : Je pense beaucoup jouer sur le décalage. J’aime bien les situations où les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être. Jerry Stobbart c’est un policier qui n’en est pas un. Il n’est pas policier quand il faut l’être, et il imite les policiers de temps en temps quand c’est le moins nécessaire.
Mais j’aime aussi beaucoup l’humour bête et méchant à la Hara-Kiri et Charlie Hebdo mais je manque de violence et de virulence pour atteindre l’efficacité que l’on trouvait dans certain des dessins de ces journaux.

Eugène : As-tu déjà signé des autographes à Angoulême ?

Ale : Oui sur le carnet de Gio, dans un bar. Le dessin a été encré par L’esbroufe parce que je suis feignant.

Questions ouvertes :

Eugène : Que penses-tu des dessinateurs suivant (en toute franchise et aussi bien sur le fond que sur la forme) ?


  • Laurel

Ale : C’est un des premiers blogs BD que j’ai lu. Comme avant je ne connaissais que les skyblog j’ai trouvé le sien vraiment bien. C’est vrai que par rapport à ce que font d’autres personnes en blog BD et en graphisme ce n’est pas le plus emballant mais son blog n’a pas la prétention d’être autre chose qu’un blog. Et puis elle dessine très bien.
Je suis très impressionné par son espèce d’impudeur à tout révéler à la légère presque au même niveau que les choses les plus superficielles. Entre deux dessins de Bob l’éponge, on a l’impression qu’il y a des monuments émotionnels jamais approfondis. Elle est son meilleur personnage.

C’est un bon caricaturiste, mais il a le même défaut que les très bons dessinateurs car tout repose sur son dessin, il n’a pas à être vraiment drôle. Il fait donc dans les facilités du jeu de mot et des potacheries à références très poussées.

Je suis très impressionné par sa capacité à donner de l’importance au moindre petits doutes qui peuvent être émis sur ce qu’il fait. Il est porté au pinacle par tout le monde, mais un petit commentaire à peine méchant, ça le flingue, je trouve ça fou. Sinon je ne connais pas bien son œuvre.

Les BD que j’ai lues de lui m’ont toujours paru comme une bouchée d’air frais. Il a fait très fort avec Frantico, faire à la fois le coup de Romain Garry/Marcel Ajar tout en faisant une BD avec le même thème principal que dans Houellebecq. Il a permis de faire rattraper à la BD un certain retard qu’elle avait sur la littérature. J’aime moins les petits riens. C’est un peu gonflant ce phénomène de mettre l’accent sur toutes ces petites chose de la vie sans intérêt et insignifiantes. Mises bout à bout la seule signification que ces choses prennent sont celle d’un grand vide, ce n’est pas très exaltant surtout pour quelqu’un qui doit avoir une vie passionnante comme lui et faire des tas de rencontres et avoir des idées et des points de vue sur toutes les choses qu’il vit.

C’est le Trey Parker et Matt Stone français.

J’aime bien son dessin, mais je ne connais pas plus que ça.

C’est une très bonne vitrine du Front national, il représente à lui tout seul beaucoup de courants de ce parti. Il reprend à son compte le discours d’Alain Soral tout en étant sioniste et pro-américain, c’est un beau tour de force je trouve.

Eugène c’est un troll de forum et un fumiste RMiste.

Et puis le canular sur sa mort ce n’était pas de très bon goût. Il n’y a rien de fantastique à faire croire aux gens des choses qui sont probables. Je n’aime pas les canulars parce que j’ai l’impression qu’il y a un mépris envers les autres. Les faiseurs de canular se donnent l’illusion de détenir une vérité dont les autres ne peuvent avoir accès que par lui, c’est très égocentrique. C’est pour ça que je hais Eugène.

Maliki

Je n’arrive pas à lire son webcomic. Sur la forme il faudrait interdire la mode de féliniser les gamines en chat kro meugnon c’est un peu écoeurant au bout d’un moment.

Eugène : Quelle question aurais-tu aimé que je te pose ?

Ale : Et Dieu dans tout ça ?

Eugène : Penses-tu créer une autre histoire sous cette même forme, mais avec une autre intrigue et d’autres personnages ?

Ale : Non, je ne pense pas refaire des strips racontant une histoire avec d’autres personnages que Jerry Stobbart. Mais je pense faire d’autres strips sans histoire avec d’autres personnages.

Eugène : Un scoop sur les prochaines épisodes de Jerry ?

Ale : Non, mais si toi tu en as ça pourrait m’aider.

Eugène : Merci Jerry de m’avoir accordé le temps de cette interview, maintenant que nous sommes hors caméra, on peut allumer nos cigares et sniffer nos lignes de coke.

Ale : Moi je me pique.

Eugène : T’es fou, c’est mauvais pour la santé ! ’Spèce de toxico...


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