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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Alfredo Arias libère « Les Oiseaux » à La Comédie Française

Alfredo Arias libère « Les Oiseaux » à La Comédie Française

Alfredo Arias prend un malin plaisir à mélanger le fond et la forme pour mieux prendre ses détracteurs au piège de la fidélité à l’auteur.

Cependant, globalement, si la critique concède qu’il était nécessaire d’adapter la pièce d’Aristophane dans une perspective contemporaine, celle-ci admet difficilement qu’une version « cabaret » puisse s’être substituée à la fable du poète Athénien.

Sachant que la mise en scène lui fut confiée tardivement en raison de la défection de Luca Ronconi et, dans la mesure où la distribution pressentie serait respectée, Alfredo Arias eut, évidemment, carte blanche par Muriel Mayette pour mener à bien sa création.

Imaginer le lieu onirique de la cité idéale que "Camarade Constance" et "Belle Espérance" vont convaincre "La Huppe" de concevoir, à elles trois, en fondant "Coucou-sur-scène", est une gageure déterminante que le réalisateur résolut d’un trait de fulgurance : « La place Colette », elle-même, serait le miroir de la Comédie Française, installant ses tréteaux au coeur d’une métaphore volage et drôle.

Dans un monde peuplé exclusivement de comédiens, ceux-ci seraient en charge de se transformer en de multiples oiseaux, incarnant les plus grands rôles du répertoire classique, afin d’échapper au diktat d’un pouvoir abusif.

A partir de cette thèse initiale, la puissance magique de l’auteur pourra se confondre avec l’humour de son adaptateur occasionnel, faisant ainsi d’un larron circonstanciel, le démiurge d’un spectacle de toute beauté, à ne surtout pas prendre au pied de la lettre antique.

Ainsi, vont se surpasser la scénographie de Roberto Platé, les costumes de Françoise Tournafond, les lumières de Jacques Rouveyrollis et la musique originale de Bruno Coulais, se mettant à l’unisson d’un projet transgressant l’esprit de sérieux et de conformité.

Et ce n’est pas désormais la sociétaire honoraire, Catherine Hiegel qui, démentant l’immense plaisir de vagabonder, voire même de s’envoler loin des volières du formatage, serait la dernière à jubiler dans un rôle, initialement masculin, pour le transfigurer sous son aile porteuse.

Même statut pour Catherine Salviat et belle complicité de Martine Chevallier qui ne rendront pas davantage manchots leurs inventifs camarades de jeu, Loïc Corbery et Hervé Pierre, pour ne citer qu’eux.

Qu’importe donc la pertinence des faits de société, à juste titre stigmatisés par Alfredo Arias, pourvu que le spectateur ait l’ivresse de se sentir oiseau, parmi ses collègues prenant leur envol, en bonne compagnie chantante du poète dionysiaque.

photo © Cat.S / Theothea.com 

 LES OISEAUX - *** Theothea.com - d’ Aristophane - mise en scène : Alfredo Arias - avec Catherine Salviat, Catherine Hiegel, Martine Chevallier, Alain Lenglet, Céline Samie, Loïc Corbery, Nicolas Lormeau, Shahrockh Moshkio Ghalam, Hervé Pierre et les élèves comédiens - La Comédie Française


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