• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > America « is going Galt »

America « is going Galt »

Atlas Shrugged, le livre-culte et fleuve d’Ayn Rand, est paru fin 2011 aux éditions Les Belles Lettres. Aux Etats-Unis, il est, depuis les années cinquante, le plus gros tirage de l'édition après la Bible.

Qui est John Galt ? peut-être le fruit le plus pourri de l'Amérique contemporaine. Le personnage principal d'Atlas Shrugged. le roman-culte et fleuve d’Ayn Rand, icône intellectuelle de l’Amérique ultra-conservatrice, est un véritable archétype du rêve américain trahi et retourné. Il est le reflet d’une inculture philosophique navrante, celle de l’auteure et celle de ses millions de lecteurs fanatiques américains.

La philosophie d'Ayn Rand, dite « objectivisme », présente également dans ses nombreux livres et conférences, ne trouverait pas grâce aux yeux d’un bachelier du Vieux continent : formée de quelques bribes indigentes d’Aristote et de Thomas d’Acquin mal digérées, mal comprises, mal lues, et de quelques plagiats inavoués de Nietzche, elle ne prend forme et consistance que par son cynisme et sa brutalité marketing.Son expression achevée est le « fameux » discours de John Galt, sorte de Zarathoustra cocaïnomane, que l’on peut qualifier de plus longue et de plus ennuyeuse leçon de philosophie de l’Histoire.

Comment la résumer ? La raison est tout, l'égoïsme est roi, toute entrave à la liberté de l'égo un scandale. Et puis ? Dans le roman, quelques individus, prédestinés, n'ayant plus d'autre Dieu qu'eux mêmes, s'estimant exploités par la multitude, décident d'organiser leur petite apocalypse et de « stopper le moteur de la société ». La raison de la révolte de Galt, dans cette saga industrielle interminable, est le refus, par la société vulgaire, du Progrès technique et scientifique. Celui-ci est représenté par un matériau révolutionnaire, le « Rearden Metal », capable de bouleverser le système économique établi, ce que les couards ne sauraient accepter. Le Progrès, à ce stade, n'est compris que par une élite, ne doit profiter qu'à une élite. (lire la page Ayn Rand sur Wikipedia, et notamment le résumé des critiques qui lui sont adressées)

Dites qu'une telle vision ne mènerait qu'à une jungle dominée par quelques prédateurs et qu'elle nous ferait retomber rapidement dans la barbarie, et vous serez taxé de « communisme »,voire peut-être accusé d'être « français », ce qui est bien pire, par les nouveaux puritains névrosés du Tea-party.

Car Atlas Shrugged n'est pas une dystopie, une vision de cauchemar qui pousse à réagir comme 1984, Fahrenheit 451 ou Le meilleur des mondes. Non, c'est un idéal de vie, qui a fait fantasmer des millions d'américains, persuadés d'être du camp des Saints, des prédestinés. Le parasite, c'est toujours l'autre. Car telle est l'astuce commerciale d'Ayn Strand, et telle est la clé d'un succès phénoménal : faire croire au moindre cow-boy analphabète qu’il est un être supérieur, exploité par plus ratés que lui. Atlas, brûlot matérialiste paru en 1957, serait le livre le plus vendu dans toute l'histoire de la pieuse Amérique, après la Bible. Faire plus d’argent avec la haine de Dieu qu’avec Dieu lui-même n’est qu’un paradoxe apparent, aux Etats-Unis, puisque depuis longtemps c’est l’argent lui-même qui a pris la place de Dieu.

Atlas est presque inconnu en Europe, et n'a été traduit officiellement en français qu'en 2011 aux Editions des Belles Lettres, ce qui en dit long sur le gouffre qui sépare les deux pans de la civilisation occidentale, en dépit de la mondialisation et d'Internet. Ce livre est donc un révélateur parfait de l'état de la société et de la culture outre-Atlantique.

Aujourd'hui, dans l'Amérique en proie à ses propres sorcières et ses fantômes originels, la philosophie « objectiviste » d'Ayn Rand, suivant une pente assez voisine de celle de la scientologie de Ron Hubbard, tourne à la secte organisée et rentabilisée (voir par exemple le site du "Ayn Rand Institute"). Sa pénétration dans les sphères politiques, économiques et universitaires n'est plus à démontrer (en dépit des réactions consternées des véritables intellectuels américains). Elle peut servir de justification idéologique, par exemple, à la destruction de l’économie réelle et des classes moyennes par les surdoués de la Finance ultra-spéculative, se persuadant ainsi de mener la juste croisade des forts contre les faibles.

Surtout, bien que née en Russie, Ayn Rand a su rencontré la fibre profonde de l'âme américaine, en la retournant comme un gant. Le terme « going Galt », devenu proverbial, signifie se révolter, au nom de la libre entreprise, contre l'emprise de la bureaucratie et de l'Etat fédéral. Il est le mot d'ordre des ultra-conservateurs qui gagnent du terrain et regrettent que le mormon Romney soit trop "modéré".

America is « going Galt », far away from it's european roots.
 


Moyenne des avis sur cet article :  4.71/5   (28 votes)




Réagissez à l'article

59 réactions à cet article    


  • BA 5 février 2012 11:24

    Etats-Unis :

    Civilian labor force participation rate = taux de participation de la population active.

    Quel est le pourcentage de la population des Etats-Unis qui travaille réellement ?

    Janvier 1948 : 58,6 %.

    Février 1966 : 58,8 %. A partir de février 1966, le chiffre monte, monte, monte.

     

    Juin 1968 : 60 %.

    Octobre 1973 : 61 %.

    Mars 1977 : 62 %.

    Mai 1983 : 63,7 %.

    Octobre 1985 : 65 %.

    Août 1988 : 66 %.

    Janvier 2000 : 67,3 %. Ce chiffre de 67,3 % est un record dans l’histoire des Etats-Unis.

    Ce plateau a duré quatre mois : janvier, février, mars et avril 2000.

     

    Ensuite, à partir du mois d’avril 2000, c’est une chute.

    Le chiffre baisse, baisse, baisse.

     

    Janvier 2012 : 63,7 %.

    Avec ce chiffre de 63,7 %, les Etats-Unis sont redescendus au niveau de mai 1983.

     

    http://data.bls.gov/timeseries/LNS11300000

     

    Sélectionnez les années 1948 et 2012, puis cliquez sur GO.


    • Galekal 5 février 2012 11:46

      ... un auteur manifestement à la con dont peu d’agoravoxiens auraient entendu parler sans votre article. smiley

      En plus, ce serait du premier degré. De la sorte, les dystopies auxquelles vous faites référence (984, Fahrenheit 451 ou Le meilleur des mondes) ne seraient plus perçus comme des repoussoirs mais au contraire comme des modes d’emploi ou encore « manuels de l’utilisateur ».

      Vous avez probablement raison de prendre les devants, au vu du fait qu’il y en a bien qui lisent du Hubbard en trouvant cela génial.

      Décidément, la Littérature est en souffrance.
      Publié aux belles lettres, le truc ? On aura tout vu.


      • morice morice 5 février 2012 11:58

        Surtout, bien que née en Russie, Ayn Rand a su rencontré la fibre profonde de l’âme américaine, en la retournant comme un gant.


        Elle n’a rien retourné du tout !! l’égoïsme US est déjà chez les cow-boys ! et ces propos prônant l’égoïsme dans La Vertu d’égoïsme (The Virtue of Selfishness) sont bien des propos fascisants, c’est cela qu’il faut écrire ! 

        Ce n’est pas l’égérie des libertarians pour rien ! 

        Ayn Rand est considérée comme la théoricienne d’un capitalismeindividualiste ainsi que d’un libertarianisme refusant toute forme de coercition et prônant les valeurs de la raison, du travail et de l’« égoïsme rationnel », son concept central. Figure de l’anti-communisme radical, Ayn Rand prône également l’indépendance et le « laissez-faire » face à toute forme de collectivisme ou de religionétablis.

        Son propos conduit à quoi : à la sauvagerie industrielle, à un capitalisme sans aucun contrôle comme le propose Ron Paul perçu ici par les crétins qui pensent que comme il critique les USA il est de gauche, alors qu’il est bien d’extrême droite : c’est de la frange des Soral par ici, les mecs qui envahissent les altermondialistes pour mieux les détourner des valeurs de la gauche !!! 

        il faut faire ce parallèle, pour que les gens sachent que sous un vernis il y a les pires thèses au monde !

        En 1957 est publiée sa principale œuvre, Atlas Shrugged (La Grève), aux éditions Random Houseroman de près de 1 500 pages qui met en scène des entrepreneurs qui décident de cesser d’être les esclaves d’un étatisme pré-totalitaire qui ravage la société à l’image du New Deal de Roosevelt

        aujourd’hui, une tarée complète, pro-israélienne surfe sur ce qui reste de ce pamphlet douteux devenu Bible pour décérébrés :

        Pamela Geller, dont le nom de site est un hommage direct.

        et celle-là, vous la connaissez : pendant trois ans elle a tenu une correspondance assidue avec Anders Breivik en l’encourageant dans ses préparatifs ;

        A quoi conduit l’égoïsme forcené d’une Ayn Rand ?

        A prendre son fusil d’assaut et à aller massacrer ceux qui ne pensent pas comme elle.

        la littérature d’Ayn Rand est excessivement DANGEREUSE, dans le sens où elle permet à tous de faire ce qu’ils veulent et le laisse CROIRE. Or c’est impossible : on est condamné à vivre en société.

        Venir ici parler de ses œuvres c’est faire preuve sans dénoncer fortement le contenu (vous le faites, mais avec beaucoup de mollesse !) d’une terrible irresponsabilité auprès des plus jeunes, qui vont boire ses propos car ils flattent leur penchant naturel à leur âge à se foutre des autres.

        J’aurais aimé une CONDAMNATION PLUS vive des propos de Rand, ce n’est pas le cas hélas dans ce texte, qui, certes, indique bien sa percée chez les ultras du Tea Party, mais en fait néanmoins publicité, car rien ne l’y prêtait : il n’y a pas d’édition française en vue de ses horreurs.

        Bref, ce texte rate sa cible, en ne demandant pas aux lecteurs de fuir comme la peste les propos de Rand. Dommage. Cela semblait partir d’un bon sentiment il semble au départ....


        le terme « going Galt », devenu proverbial, signifie se révolter, au nom de la libre entreprise, contre l’emprise de la bureaucratie et de l’Etat fédéral. 

        Bien, mais vous auriez dû faire le lien avec les indignés, dont certains se sont fait bouffer par le concept, hélas ! Ou lier les propos de Ron Paul qu’ici les alter encensent sans se rendre compte de ce qu’il raconte exactement !!! 

        encore une fois, dommage....

        • Scorsonère noire géante de Russie 5 février 2012 12:32

          A quelle heure se fait la relève aujourd’hui « Morice » ? 


        • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 5 février 2012 13:27

          Dire que j’attaque mollement Ayn Rand est stupide. Vous êtes un extrèmiste comme elle, et vous ne savez pas lire.


        • Aldous Aldous 5 février 2012 13:47

          Morice extrémiste ?


          Doux euphémisme smiley


        • COVADONGA722 COVADONGA722 5 février 2012 14:03

          yep dix minute que le monsieur à croisé Morice et déja un diagnostic parfait ! 


        • morice morice 6 février 2012 09:47

          Vous l’attaquez mollement , je maitiens : dire que c’est un extrémisme que de dénoncer une extrémiste, c’est cautionner cette dernière.


          je ne LIS aucune condamnation franche des thèses de Rand dans votre texte.

          « Ayn Rand a su rencontré la fibre profonde de l’âme américaine, en la retournant comme un gant. Le terme « going Galt », devenu proverbial, signifie se révolter, au nom de la libre entreprise, contre l’emprise de la bureaucratie et de l’Etat fédéral. Il est le mot d’ordre des ultra-conservateurs qui gagnent du terrain et regrettent que le mormon Romney soit trop »modéré« . »

          vous dénoncez le fait que ce soit devenu un mot d’ordre d’indignés, pas le fait que la théorie elle-même est dangereuse. «  Ce livre est donc un révélateur parfait de l’état de la société et de la culture outre-Atlantique. »

          « Aujourd’hui, dans l’Amérique en proie à ses propres sorcières et ses fantômes originels, la philosophie « objectiviste » d’Ayn Rand, suivant une pente assez voisine de celle de la scientologie de Ron Hubbard, tourne à la secte organisée et rentabilisée (voir par exemple le site du »Ayn Rand Institute« ) » dites vous : certes, mais où est l’explication sur les thèses de Rand ? nul part. Ce que vous critiquez c’est l’aspect mercantile, pas le contenu. Pour moi, je le maintiens, ce texte n’est pas assez fort. Il faut dénoncer davantage ce contenu pernicieux, surtout auprès des plus jeunes.

          C’est « extrémiste » de le souhaiter ???

          Rien qu’en écrivant cela, vous laissez entendre qu’il y a quelque chose à retenir de ces thèses. Or il n’y a rien.

        • Emmanuel Aguéra LeManu 6 février 2012 10:11

          C’est pas complêtement con mais t’a raté un valium en route...


        • COVADONGA722 COVADONGA722 5 février 2012 12:16

          @scipion aprés les orgues de staline pardon de « morice » votre petite musique argumentée
          viens donner le contrepoint de l’article dont l’auteur par ailleurs assume et articule un discour fort clair .
          asinus


        • jacques jacques 5 février 2012 12:44

          Les cimetières sont plein de gens irremplaçables ,d’ailleurs qui se souvient des 50 derniers prix Nobel ,des 50 derniers Goncourt ,etc...
          En ces périodes ou les « élites » sont remis en cause ce genre de rappel montre bien leurs inanités.
          L’augmentation du savoir dans l’ensemble du monde ne leurs assure plus aucune domination intellectuelle de facto sur le reste de la populace .Ils doivent maintenant sans cesse la prouver.D’ailleurs Mélenchon à propos des salaires des grands patrons ,« icônes » des années fric,ne dit il pas qu’aujourd’hui à la tête d’une grande entreprise qu’une grande partie du « staff » est capable de remplacer le directeur.
          Un paquebot n’a qu’un capitaine ça ne veut pas dire qu’aucun des 3000 passagers n’est capable de le diriger.


        • Aldous Aldous 5 février 2012 13:51

          qui se souvient des 50 derniers prix Nobel


          50, non mais un, oui : Barak Obamma.


          Mais je n’arrive plus à me souvenir dans quel ommaine il l’a décroché...

          Littérature, non ?


        • Aldous Aldous 5 février 2012 13:51

          Dans quel domaine...


        • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 5 février 2012 13:55

          Mais ils peuvent avoir tort tous les trois...en outre, il faut replacer les oeuvres dans leur contexte.Les deux auteurs que vous citez (surtout le premier) n’appellent pas de leurs veoux une telle situation, ils l’évoquent, pour faire réfléchir. Les partisans d’Ayn Rand, eux, la consdèrent comme un idéal, une fin en soi.


        • morice morice 6 février 2012 09:48

           « Gustave Le Bon »


          a toutes les sauces, celui-là dans les sites de fachos

          le plus cité chez Breivik et les allumés de Gates Of Vienna !



        • adeline 5 février 2012 12:04

          Merci je ne suis pas étonnée, je suis de moins en moins d’accord avec le fait de séparer le peuple américain et ses dirigeants, je résumerais par : qui s’assemble se ressemble.


          • Galekal 5 février 2012 12:22

            Je n’y croyais pas trop mais ils l’ont effectivement fait. L’auteur est effectivement publiée aux Belles lettres :

            http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100896680

            Décidément, ils osent tout. Il parait que c’est même à cela qu’on les reconnaît. smiley


            • jef88 jef88 5 février 2012 12:40

              Comment la résumer ? La raison est tout, l’égoïsme est roi, toute entrave à la liberté de l’égo un scandale. Et puis ? Dans le roman, quelques individus, prédestinés, n’ayant plus d’autre Dieu qu’eux mêmes, s’estimant exploités par la multitude,

              Belle description du monde politique !


              • JOJO JOJO 5 février 2012 12:40

                conclusion : ne pas acheter ce livre, pour ne pas enrichir cette secte d’ahuris nord américains. 


                • Antoine Diederick 5 février 2012 12:58

                  le fond de la question est sans doute et surement ICI


                  • Antoine Diederick 5 février 2012 13:01

                    ....et un petit tour par ICI aussi pour compléter.


                  • Antoine Diederick 5 février 2012 13:12

                    « On » nous prédit une nouvelle révolution industrielle qui a à peine commencé, la révolution des robots super intelligents.

                    Dès lors, les industries partout dans le monde produiront selon les mêmes modes, les quasi mêmes produits et sans délocaliser pour faire l’économie du coût de la main-d’oeuvre....

                    Tous le paysage social-productif et politique changera.....

                    Restera le traitement de la Nature qui ne pourra pas être robotisé, c’est là que se trouve l’espace vide en somme, ou en manque de trop plein.


                  • morice morice 6 février 2012 09:37

                    et hop, ce ne sont pas les USA qui sont en cause mais les chinois


                    quand allez-vpus vous rendre compte que l’on assiste à une crise profonde du capitalisme, rien d’autre ?

                  • morice morice 6 février 2012 09:49

                    « On » nous prédit une nouvelle révolution industrielle qui a à peine commencé, la révolution des robots super intelligents.



                    ne rêvez pas, le robot ne fera que ce que lui dictera l’homme.

                  • membre de l’ Humanité 5 février 2012 14:00

                    Bonjour, merci pour votre article.
                    Je tiens juste à contester vos propos selon lesquels ce livre soutiendrait la finance.
                    Voici une citation qui le montre (traduite par mes soins et dont l’original est en bas du commentaire) :

                    Les destructeurs s’emparent de l’or pour ne laisser que des piles de papiers contrefaits, tuant tout standard objectif, et livrant l’homme au pouvoir arbitraire de celui qui en fixe la valeur. Le papier est une hypothèque sur une valeur qui n’existe pas, soutenu par des armes pointées vers ceux qui produisent. Le papier est un chèque dessiné par des pilleurs légaux sur un compte qui n’est pas le leur : mais celui de la vertu de leur victime.

                    Bien que n’ayant pas lu ce livre (comme vous j’ai l’impression), d’après sa description sur wikipédia, je vois que ce livre défend les créateurs de richesses (les inventeurs, les créatifs) et honnit les financiers, qui n’ont de pouvoir que grâce à l’intervention des gouvernements (loi de 1973, article 123 du traité de Lisbonne) sous prétexte du bien de la population (lutte contre l’inflation) qui est exactement le genre de chose décriée dans le livre.

                    Après moi aussi, je trouve que la non-redistribution totale des richesses pronée par le livre est bien trop extrême.

                    version originale :
                    So you think that money is the root of all evil ?... Have you ever asked what is the root of money ? Money is a tool of exchange, which can’t exist unless there are goods produced and men able to produce them. Money is the material shape of the principle that men who wish to deal with one another must deal by trade and give value for value. Money is not the tool of the moochers, who claim your product by tears, or the looters who take it from you by force. Money is made possible only by the men who produce. Is this what you consider evil ? ... Not an ocean of tears nor all the guns in the world can transform those pieces of paper in your wallet into bread you need to survive tomorrow. ... Whenever destroyers appear among men, they start by destroying money, for money is men’s protection and the base of a moral existence. Destroyers seize gold and leave its owners a counterfeit pile of paper. This kills all objective standards and delivers men into the arbitrary power of an arbitrary setter of values... Paper is a mortgage on wealth that does not exist, backed by a gun aimed at those who are expected to produce it. Paper is a check drawn by legal looters upon an account which is not theirs : upon the virtue of the victims. Watch for the day when it bounces, marked.


                    • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 5 février 2012 14:22

                      Si, je l’ai lu, en anglais, avant de découvrir qu’il était traduit et publié aux Belles lettres (ce qui est une bonne chose selon moi). Bien sûr je ne m’y retrouve pas toujours dans plus de mille pages de la saga industrielle fort ennuyeuse du livre, et j’ai du rater plusieurs pages. Mais il y a beaucoup de contradictions chez Ayn Rand, on y trouve même des passages respectueux des autres et des plus malchanceux. Je ne suis même pas certain de connaître sa véritable intention en écrivant ce livre.Une chose est certaine, dans les millieux de la haute finance, on invoque l’attitude « John Galt » pour justifier des opérations de destruction de l’économie réelle.La finance n’est plus la monnaie, que décrit d’ailleurs de manière absurde Ayn Rand, c’est un outil au service du pouvoir de quelques uns.


                    • membre de l’ Humanité 5 février 2012 18:19

                      Dans ce cas, mes excuses pour mes fausses présomptions.
                      Néanmoins, je trouve très juste et bien précoce cette critique de la monétarisation citée plus haut.
                      Si vous dites que dans ce livre, l’inverse est aussi écrit, je veux bien vous croire.


                    • Antoine Diederick 6 février 2012 00:48

                      a l’auteur, vous avez tout à fait raison à mon sens, il y a un déséquilibre total entre l’accumulation financière et l’économie réelle. Ce déséquilibre est tel qu’il produit des fantasmes populaires dangereux......De plus, ce déséquilibre sape les idéaux d’émancipation pour tous et la nécessaire répartition entre les classes sociales.


                    • morice morice 6 février 2012 09:50

                       Je ne suis même pas certain de connaître sa véritable intention en écrivant ce livre.


                      qu’est ce que je disais : pas de CONDAMNATION.

                      dans le doute, c’est elle qui gagne.

                    • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 7 février 2012 22:04

                      Damned ! I am desmasked.Pour morice, je suis une taupe de l’impérialisme. J’ai quand même dit que John Galt représentait peut-être l’un des fruits les plus pourris de l’Amérique contemporaine.

                      Je n’aime pas ces gens qui exigent des condamnations totales, qui ne sont jamais satisfaits des condamnations, toujours trop molles. On dirait Torquemada, le Grand Inquisiteur.

                      « tout ce qui est excessif est insignifiant » (Talleyrand)


                    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 12 février 2012 08:45

                      Tout à fait d’accord avec l’auteur dans sa critique de l’excès chez Morice qui malheureusement déprécie tellement la valeur de ce qu’il est capable de produire

                      Merci à membre de l’humanité pour la belle citation de Ayn Rand dont je dois dire que moi aussi je la trouve très juste au final lorsqu’elle évoque les destructeurs de la monnaie et relie les hommes de bonne volonté.

                      Tout y est dit de la situation actuelle et si Ron Paul avait été inspiré par Ayn Rand, je n’en serais pas étonné car son discours actuel vis-à-vis de la finance est excellent.

                      La morale de l’histoire est, pour moi, encore une fois, le fait que même le diable peut dire la vérité et qu’on sait qu’on est en enfer quand c’est le cas.

                      Quoi qu’il en soit, je ne comprends pas que l’auteur dise, dans le contexte de cette citation que Ayn Rand dise des bêtises sur la monnaie. Quelque chose m’échappe.

                      Enfin, pour revenir à Morice, j’ai toujours été de gauche, même d’ultra ultra gauche puisque lorsqu’en 2008 le benêt de service Olivier Besancenot était incapable d’évoquer une nationalisation des banques qui allait s’effondrer et qu’on aurait ramassé pour 1€ symbolique en récupérant à l’oeil toutes les dettes souveraines qu’on leur doit, eh bien j’étais pour une telle nationalisation et je le reste.

                      Que les banques s’effondrent, allez go, qu’on nationalise tout ça et que dorénavant, l’argent soit créé par le peuple et rien que le peuple.

                      C’est pas de gauche ça ? Ron Paul dit la même chose ? La belle affaire.
                      Changez votre cadre de pensée mon cher ami, il a toujours été surfait, il est à présent désuet.

                      Pour finir, un grand merci à l’auteur d’avoir attiré mon attention sur cet ouvrage dont j’ignorais tout pour n’être jamais voir de quoi il retournait malgré les références croisées ici et là dans la littérature.

                      Je précise que l’article m’est apparu sainement distancié de l’oeuvre en question de sorte que personne ne pouvait s’y tromper quand au caractère illusoire en même temps que dangereux des positions fondamentales de Ayn Rand.

                      Au demeurant on peut toujours compter sur les commentateurs pour en rajouter autant que nécessaire, et même parfois excessivement smiley


                    • easy easy 12 février 2012 11:18

                      «  »«  » une nationalisation des banques qui allait s’effondrer et qu’on aurait ramassé pour 1€ symbolique en récupérant à l’oeil toutes les dettes souveraines qu’on leur doit, eh bien j’étais pour une telle nationalisation et je le reste. «  »« 

                      S’asseoir sur les dettes, de cette manière ou d’une autre, est toujours séduisant. Quel endetté n’en rêverait pas !
                       
                      C’est un procédé qui peut marcher s’il est ponctuel et s’il reste très marginal dans le courant du respect des dettes.

                      Mais dès qu’il devient lui-même le courant principal, ce procédé conduit à la famine absolue.

                      J’évoque le mot famine parce que le principe de l’emprunt est né quelque part dans le secteur agricole où, globalement, surtout quand on élève des séquoias, il faut planter aujourd’hui et patienter 30 ans avant d’avoir un début de retour sur investissement.

                      Si nous tuons la confiance en généralisant le trait de plume qui annule nos dettes, plus personne ne nous prêtera de quoi préparer les fruits de demain.

                      Et dans ce jeu de dettes, qui est devenu particulièrement dangereux pour les prêteurs tant il est partout question de leur renvoyer leurs créances à la figure, il nous faut bien réaliser que ce sont celles de plus long terme qui sont les plus risquées.

                      Si donc le risque des prêteurs augmente, s’ils ont ne serait-ce qu’une impression de risque augmenté parce qu’ils lisent trop d’assertions comme la vôtre, ils viseront à n’accorder que des prêts de court terme. Et de toute manière plus chers

                      Ce qui fera que les entrepreneurs devront viser des entreprises à retour sur investissement les plus rapides. Ce qui est déjà largement le cas et ce qui, précisément, nous met dans la merde.

                      Vous ne semblez donc pas réaliser que cette ritournelle que l’on entend beaucoup ces temps-ci, même si elle ne reste qu’informelle, constitue une ambiance très menaçante contre le prêt et incite tous les entrepreneurs à des visions et perspectives à horizon extrêmement limités versant nettement dans le »Après moi le déluge« ou le »Ma pomme d’abord"



                      Vous seriez un Louis-Ferdinand Céline ou un Howard Hughes en fin de vie et haïssant le futur, je vous dirais que vous prêchez pour votre paroisse.
                      Sauf à me tromper sur votre compte, vous n’avez pas l’esprit de ces deux aigris. Par cette revendication à décapiter la dette, vous prêchez certes pour votre paroisse sur le très court terme mais contre elle sur le moyen et long terme.

                      Je ne dis pas qu’il ne faut jamais rediscuter d’une dette avec son prêteur ou protester contre ses abus, loin de là, mais je dis qu’il ne faut pas le prendre pour un salaud à ruiner ou exterminer et qu’il faut toujours rechercher un modus vivendi avec lui.


                    • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 13 février 2012 22:09

                      @ Luc Laurent

                      « Même le diable peut dire la vérité », c’est exactement cela, et cela s’applique à Ayn Rand plus qu’à tout autre.

                      Une illustration se trouve dans sa condamnation de la banque. Des gens qui travaillent dans la finance (et qui sont terrifiés de ce qu’ils y voient) m’ont confirmé que la philosophie de Rand inspirait bel et bien des financiers les plus spéculatifs et les plus fous, même si c’est en contradiction de tel ou tel propos de Rand sur la banque. Plus fort que tout est cette idée que vous avez trous les droits contre les « parasites » et les « assistés » de l’économie réelle. La finance n’est plus qu’un outil et une arme pour conforter votre avidité de pouvoir.

                      Ayn Rand justifie tout et son contraire. Au nom de l’égoisme des prédestinés.


                    • Galekal 5 février 2012 14:50

                      L’inspiration nietzschéenne est à mon avis à éviter, quand bien même on serait simplement soucieux de littérature. De ce fait, un peu de Kant, cela ne peut pas faire de mal. smiley


                    • JL JL1 5 février 2012 14:50

                      Le tea party est-il à la finance, ce que la peste est au choléra ?

                      "En 2004, à la faveur d’une réunion du Fonds monétaire international (FMI), le conseiller économique de M. Vladimir Poutine, M. Andreï Illarionov, a abordé M. Alan Greenspan, alors président de la Réserve fédérale américaine (Fed), se réjouissant de pouvoir s’entretenir avec lui d’une femme que tous deux admirent et que M. Greenspan a longtemps côtoyée : Ayn Rand .« 

                      A lire dans cet article de François Flahaut publié en août dans LMD :

                      Ayn Rand, romancière fétiche de la droite américaine, Ni dieu, ni maître, ni impôts

                      extrait : »Très populaire aux Etats-Unis et vénérée par Ronald Reagan, la philosophe et romancière Ayn Rand (1905-1982) met en scène dans ses œuvres de fiction des héros solitaires en butte au conformisme borné de leurs semblables. Un tel éloge du créateur incompris permet d’accréditer la vision d’un individu existant en dehors de tout lien, ne trouvant son salut qu’en lui-même et ne devant rien à personne. Et puis, la célébration du génie prométhéen déboucha sur celle du moins d’Etat et des paradis fiscaux...
                      ...
                      ... John Galt, (qui) manque à l’appel, lui aussi. Une disparition d’autant plus surprenante qu’il laisse derrière lui, inachevée et inexploitée, une invention révolutionnaire, un moteur qui s’alimente à une source inépuisable, omniprésente et gratuite : l’électricité statique contenue dans l’atmosphère. « 

                      Bizarre bizarre, cette histoire d’électricité statique : cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ?

                      Citations  :

                      « l’altruisme, est la position éthique la plus immorale qui soit. L’altruisme conçoit l’individu comme une bête sacrificielle, n’ayant aucune valeur en soi. L’altruisme est en fait un collectivisme : un principe d’organisation sociale niant la liberté et l’indépendance individuelle. » (Ayn Rand) Tea party Tax enough already

                       »Robinson fonde son être sur le rapport aux choses, et non sur le rapport aux autres« . Même Vendredi est un objet, dans son scénario de vie. » (François Flahaut), Ainsi font les pervers et les prédateurs  (ce sont les mêmes).

                      F. Flahaut est l’auteur "Robinson Crusoé, capitalisme et société, publié aux Editions ds mille et une nuits.


                      • Galekal 5 février 2012 15:07

                        Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une affaire qui ne sent pas bon. Pervers et manipulateurs connaissent une irrésistible ascenscion...

                        D’autant plus qu’il savent s’adapter, et même éventuellement, lire Nietzsche, qui sait.

                        Qui sait si, de nos jours, les vrais ermites ne seraient pas en réalité les êtres les plus sociables qui soient, simplement soucieux de se préserver vis à vis de la prédation. C’est juste une question de philosophie au passage. smiley


                      • JL JL1 5 février 2012 15:16

                        François Flahaut est l’auteur de "Le paradoxe de Robinson Crusoé, capitalisme et société, publié aux Éditions des Mille et une nuits. (3€ !)


                      • Galekal 5 février 2012 15:24

                        3 euros ?

                        Bon, vu le prix du bouquin, cela ne vaut pas le coup de faire le radin. Du coup, je vais y jeter un oeil.


                      • JL JL1 5 février 2012 15:45

                        Bonne lecture.

                         smiley


                      • Galekal 5 février 2012 15:48

                        Je suis en train de jeter un oeil sur la fiche Wikipedia et il me semble qu’il s’agit d’une pensée de bonne tenue. Merci pour le partage. smiley

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès