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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Apocalypto : il était une fois la peur

Apocalypto : il était une fois la peur

Porté au rang de quasi-chef-d’oeuvre par certains, rabaissé à celui de navet par d’autres qui s’acharnent manifestement sur son réalisateur controversé, le dernier film de Mel Gibson, Apocalypto, fait l’événement. Il nous ramène dans l’Amérique centrale du XVIe siècle, au crépuscule de la civilisation maya, peu avant la conquête espagnole.

Une tribu de chasseurs, locataires harmonieux d’une forêt aussi luxuriante que mystérieuse, est victime d’une terrible attaque portée par des guerriers mayas. Après la destruction de leur village et le meurtre d’une partie d’entre eux, les habitants sont faits prisonniers, ligotés par le cou à une longue tige de bois qui les relie tous. Ils partent alors pour un long et périlleux périple à travers la jungle, jusqu’à la cité de pierres de ces Mayas.

Le contraste entre les deux civilisations - celle, paisible, sage et rieuse des chasseurs de la forêt, et celle, grouillante d’agitation, inégalitaire, hyperreligieuse et pleine d’excès, en un mot décadente, des puissants Mayas - est saisissant. L’arrivée des humbles chasseurs enchaînés dans la cité maya débridée est le point culminant du film. Leur longue route de souffrance dans la jungle est comme une Passion pour ces hommes, arrachés à leur village, à leur forêt, à leur élément, ligotés non pas à une Croix, mais à une longue tige qui les étrangle, et tout se finit pour eux comme pour le Christ, sur le Calvaire, la colline du supplice, ici un temple-pyramide, au sommet duquel ils vont être sacrifiés aux dieux et à la liesse populaire.

Des coeurs sous le soleil

C’est sans doute là la scène la plus marquante du film de Gibson. Celle des sacrifices humains, des arrachages de coeurs encore battants. Sous l’oeil du roi et de sa famille, vêtus des parures les plus somptueuses, les prisonniers, un par un, sont portés sur un autel, où un grand prêtre, armé d’un poignard, leur ouvre la poitrine pour en extraire le coeur encore vivant, et l’offrir aux dieux assoiffés de sang. Avant de les décapiter et d’envoyer rouler leurs têtes et leurs corps sur les marches du temple, jusqu’en bas, jusqu’au peuple rassemblé là, qui hurle sa joie et sa reconnaissance.

Le carnage est interrompu par une éclipse solaire, interprétée comme une intervention divine, le signe que les dieux sont satisfaits et repus. Le héros du film - car il y a un héros - est ainsi épargné. Les survivants du cruel rituel servent alors d’objets pour un jeu macabre. On leur ordonne de courir vers un champ de maïs, au-delà duquel se trouve leur forêt. Mais une fois entamée leur course vers la libération, ils servent de cibles aux guerriers mayas, qui les visent de leurs flèches et de leurs lances. Un guerrier est même placé à l’orée du champ pour achever les prisonniers transpercés. Mais le héros parvient, lui, à s’échapper. S’entame alors une course-poursuite mémorable dans la jungle verte.

Une forêt nommée Renaissance

Patte de Jaguar, c’est son nom, court à en perdre haleine, dans le but de retrouver sa jeune femme enceinte et son petit garçon, qui se sont réfugiés au fond d’un puits, pendant l’attaque de leur village. On verse alors bien davantage dans le film d’action que dans la fresque historique et le réalisme le plus strict. Mais qui a prétendu que nous avions affaire à un documentaire ? Nous sommes bel et bien au cinéma. Tandis que la jeune compagne de Patte de Jaguar donne la vie à son second enfant au fond du puits, alors que celui-ci est en train de se remplir dangereusement d’une eau de pluie abondante, son valeureux mari élimine un à un ses terribles poursuivants.

Patte de Jaguar conservera donc, contrairement à ses pauvres compagnons, son coeur bien accroché au fond de sa poitrine, et retrouvera, saine et sauve, sa petite famille. A la fin de cette course-poursuite endiablée, alors qu’un calme trompeur est revenu, on voit débarquer, sur la plage, derrière la forêt, les Européens, sortis de leurs caravelles, et armés pour le moment de leurs seuls crucifix. Après l’extermination du peuple des forêts par les Mayas, on pressent déjà celle des Mayas par les conquistadores... Patte de Jaguar voit arriver ces hommes blancs, se demande un instant s’il doit aller à leur rencontre, et décide finalement de s’en retourner dans sa forêt, tenter de recommencer sa vie à zéro.

Apocalypto fait indiscutablement partie de ces films qui laissent une empreinte en vous. Qui, sans prétendre au statut de chef-d’oeuvre, peuvent être considérés comme des grands films. Les rares critiques qui parlent de "navet" ont des comptes à régler avec l’homme Gibson, qu’ils détestent, mais ne peuvent pas, honnêtement, qualifier ainsi son film. Tourné dans un cadre majestueux, dans la langue yucatèque, par souci d’authenticité, avec des acteurs tous illustres inconnus, mais néanmoins merveilleux, ce film est habité d’un souffle qui donne au cinéma une grandeur pas si commune.

Le retour du refoulé

L’un des principaux reproches qu’on lui fait, c’est une prétendue complaisance dans la violence, dans l’horreur. Il est vrai que nombre de scènes sont dures, à la limite du soutenable. Il eût été possible de nous les épargner. Mais précisément, n’est-ce pas là l’un des principaux mérites de ce film ? Nous faire subir une violence terrible, à laquelle nous ne sommes plus habitués aujourd’hui, en particulier en Occident, mais qui était le lot commun de nos ancêtres durant des millénaires, une violence qui a fait la vie des hommes partout sur la planète jusqu’à très récemment ? Nous faisons partie, nous l’oublions peut-être, des premières générations qui peuvent envisager de passer leur vie entière sans avoir recours à la violence physique, au meurtre, d’hommes ou d’animaux.

Tuer de ses mains des animaux pour manger a constitué le quotidien des hommes durant des millénaires - comme nous le rappelle la scène de chasse inaugurale du film, assez crue ; ces combats dangereux, ces corps à corps avec nos proies, ce rapport à leur chair, à leur sang, cette nécessité de les mettre à mort, avec un poignard ou une lance, nous avons oublié tout cela, nous nous en sommes débarrassés, laissant ces activités vitales à quelques professionnels pas toujours bien vus ; nous avons déréalisé la violence, elle nous est devenue abstraite, nous avons oublié sa nécessité, nous avons oublié que notre survie passait par le meurtre d’autres créatures, nous, hommes modernes, allant à la chasse dans des supermarchés, confrontés à des plats cuisinés, à des produits, à des marques, à des pubs, à des couleurs, voulant oublier la violence et la mort dans notre assiette.

Même oubli de la violence entre les hommes, de ces guerres permanentes qui ont fait l’Histoire depuis toujours. Combats aux armes blanches, où une lame devait pénétrer dans un corps pour le détruire, et pas combats à distance, au pistolet, au canon, ou aux missiles, comme ils le sont depuis si peu de temps. Ce film nous rappelle que la violence est toujours là, qu’on n’y échappe pas, mais qu’on l’a oubliée, au moins dans les coins de ce monde qui peuvent se permettre cet oubli. Et c’est pour cela que ce film peut nous gêner.

Leçons élémentaires

Mais le grand thème d’Apocalypto, c’est la vie et la mort des civilisations. C’est le darwinisme appliqué aux civilisations. Les petits se font manger par les gros. Et ceux qui se croient les plus gros (ici, les Mayas) finissent par trouver encore plus gros qu’eux (les Espagnols). Les civilisations qui paraissent les plus éternelles, les plus hégémoniques, sont, elles aussi, mortelles, et vivent, jusqu’au dernier moment, dans l’inconscience des dangers qui les feront périr. Il n’y a rien à y faire. C’est une loi de la nature.

Et le pressentiment de la fin crée la peur, l’acteur central d’Apocalypto au final. La peur contre laquelle il faut résister. La peur qui est le vrai ennemi. Celui qui entraîne la chute d’une culture, son asservissement et sa perte. Celui, surtout, qui trouble le coeur de l’homme, qui lui fait perdre sa dignité. "Ne te laisse jamais envahir par la peur, ne la laisse jamais triompher en toi". Telle est la leçon qu’inculque sereinement le père de Patte de Jaguar à son fils, alors même qu’il s’apprête à mourir, exécuté, égorgé par un guerrier maya. Ne pas avoir peur. Demeurer son propre maître. Sagesse des chasseurs de la forêt, sagesse éternelle, que l’on retrouve aussi chez les Grecs. Elle n’empêche pas de disparaître. Mais elle permet de garder intact le coeur de l’homme.


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104 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 22 janvier 2007 09:56

    je dois aller voir ce film demain soir , chat m’interesse ! mel Gibson a de nombreux détracteurs , mais ses films , même s’ils sont sanglants sont bien faits et sûrement dérangeants . J’ai adoré the patriot , j’espère que mel gibson m’en apprendra de bien bonnes sur des mayas encore forts méconnus


    • Captain Flint (---.---.17.100) 23 janvier 2007 14:01

      Je voudrais juste un peu réagir à l’article et au commentaire. J’ai eu, trop souvent, l’impression que vous confondiez Histoire et histoire. N’oublions pas qu’il ne s’agit là que de cinéma et qu’il ne faut, sans recherche plus poussée, rien prendre au premier degré. Prenons Gladiator par exemple : alors que ce film a été décrit comme une grande fresque historique et que les producteurs ont défendu le fait d’avoir fait des recherches, il est honteux de constater que l’armement ne correspond pas à celui que portaient réellement les gladiateurs de cette époque. Hélas, Gladiator n’est pas le seul film a être tombé dans cet excès et l’on pourrait citer de très (trop ?) exemples.

      Alors, que vous aimiez, ou non, ce film, là n’est pas la question. Arretez simplement de croire que tout ce qu’on vous montre est la vérité. Le dernier canular de la TV belge ne vous a-t’il pas appris à vous méfier des médias (cinéma, TV, radio ou Internet compris) ?

      A bon entendeur, salut.


    • Mardraum (---.---.156.241) 23 janvier 2007 14:30

      @flint « Alors, que vous aimiez, ou non, ce film, là n’est pas la question. Arretez simplement de croire que tout ce qu’on vous montre est la vérité. Le dernier canular de la TV belge ne vous a-t’il pas appris à vous méfier des médias (cinéma, TV, radio ou Internet compris) ? »

      Personnellement, je me mefie tjrs de ce que je vois a la télé, mais egalement ce que j’entends a la radio et dans les journaux !!! D’ailleurs, je ne suis pas sur que les americains aient réellmeent attéris sur la lune !!!  smiley Cpdt cela fini par me poser des soucis, car du coup je me mefie de tout...j’en viens meme a me mefier de moi !!!  smiley smiley


    • (---.---.5.68) 22 janvier 2007 10:09

      Le problème de ce film, c’est que Mel a dit qu’il était réalisé en accord avec des historiens, et étant donné qu’il n’existe pas deux historiens qui ont la même vision d’un fait, surtout dans ce cas là où l’absence de preuve écrite sur la vie des Mayas poussent les historiens à faire des extrapolations, il a été simple pour beaucoup de détracteurs de Mel, de trouver des historiens pour casser son film.

      Il aurait mieux fallut qu’il dise que c’était une fiction, au moins il pouvait découper qui il voulait.

      La seule chose que l’on ne peut pas lui reprocher, c’est d’avoir parler d’un peuple, dont le monde du cinéma, c’était contre balancé pendant des années.


      • LE CHAT LE CHAT 22 janvier 2007 10:19

        C’est exact , et trop peu de films parlent des peuples des cilivisations précolombiennes commes les aztèques, olmèques et autres incas ......


      • ropib (---.---.27.229) 22 janvier 2007 11:19

        Le choix du sujet est nécessairement symbolique, il y a manifestement chez Mel Gibson l’envie de véhiculer un message. Lequel ?


      • Christophe (---.---.252.125) 22 janvier 2007 14:32

        Certes, il existe peu d’écrits ; mais parler des incas pose problème parce que c’est un peuple qui avait dépassé le stade de la décadence quand Cortes a débarqué sur le continent. Les lettres entre Juan de Zumarraga (premier Archevêque de Tenochtitlan-Mexico) sont formelles sur ce point ; la seule civilisation avancée était les aztèques. Pour les Toltèques, c’est une histoire encore plus ancienne ; Teotihuacan (la vallée des Dieux) leur est attribuée.


      • Christophe (---.---.252.125) 22 janvier 2007 18:13

        Les lettres entre Juan de Zumarraga (premier Archevêque de Tenochtitlan-Mexico) sont formelles

        Je parle des correspondances entre Zumarraga et Charles Quint ; j’ai oublié le second personnage.


      • Titouan (---.---.253.92) 22 janvier 2007 19:12

        J’ai vu ce film récemment et je dois avouer qu’il m’a bien plu malgré les réticences que j’avais à son égard. On le disait barbare, violent, sans réel travail au niveau du scénario... Certes certaines scènes sont assez violentes mais elles sont distillées au long du film, faisant avancer l’histoire. Et puis cette quete d’un homme pour retrouver sa femme et son fils est belle et prenante. Je vous conseille donc d’aller le voir.

        Par contre d’un point de vue historique ce n’est pas forcément tout à fait véridique. Ce qui est encore plus faux ce sont les critiques cinématographiques qui parlent de « l’effondrement de l’empire maya ». Tout d’abord s’il y eut effondrement ce fut au IXème ou Xème siècle et non en 1521 comme dans le film, et ensuite cet effondrement est tout à fait hypothétique. La civilisation maya en temps que telle s’est certes effacée mais ses populations se sont assimilées aux toltèques. Les civilisations dominantes à l’arrivée des espagnols étaient les azteques au nord et les nahuas au sud. Au XVIème siècle les sacrifices humains n’étaient plus très courants et les villes mayas moins grandes, le modèle de ville maya qui nous est présenté dans le film, peut être tikal, est plutôt celui d’une ville de l’apogée de l’empire maya, en 800-900. Pour ce qui est des incas, leur territoire était l’amérique du sud. Par conséquent le film utilise des éléments historiques mais brouille un peu la chronologie. Mais on ne peut pas trop en vouloir à Mel Gibson, qui a réalisé une fiction et non un documentaire.


      • Eoredd (---.---.240.40) 22 janvier 2007 21:45

        Vous m’excuserez, mais l’écriture maya est déchiffrée à 80%, la civilisation maya est étudiée depuis deux siècles et le travail de Mel Gibson sur elle se fonde sur de sérieux documents, tout comme sa Passion résultait d’un travail historique et linguistique très approfondi.


      • Christophe (---.---.58.18) 23 janvier 2007 02:11

        Comment expliquer, alors, puisqu’il fait référence à l’histoire, que la civilasation maya, débute en -1500 par la sédentiration des Olmèques ; vivant principalement de la culture du maïs ; nous n’avons jamais trouvé la moindre cité olmèque. C’est ce qui est appelé la période préclassique de la civilisation maya.

        En -600 commence la période classique ; la trace la plus évidente est Teotihuacan. En +500, cette cité était plus grande que Rome ; avec toute l’influence que cela comporte.

        La civilisation Maya a évolué par la suite, dans l’aire centrale au cours de la période classique entre 300 et 900 de notre ère. C’est durant cette période que les mayas connurent leur âge d’or. Ils développèrent l’architecture, l’écriture, les sciences, les mathématiques, et élaborèrent un calendrier de 365 jours grâce a leurs observations astronomiques.

        La fin de la civilisation maya de l’aire centrale s’est produite au cours du neuvième siècle. Durant la période de déclin, les mayas ont subi des invasions toltèques ; ces derniers occupant durablement Chichen Itza. Les premiers chichimèques, se sont installé en 865 dans la vallée de Mexico en fondant la ville de Tula. Cette dernière prospéra dans ce que les historiens appellent la civilisation Toltèque. En 1165, Tula fût ravagée par un incendie et les toltèques se dipersèrent dans diverses tribus.

        Vers 1168, d’autres chichimèques sont arrivés dans la vallée de Mexico ; Ils étaient appelés Mexicas ou s’appelaient Aztecas (la légende faisant référence à leur île d’origine Aztlan). C’est le début de l’aire méso américaine et de l’avènement de la civilisation aztèque jusqu’à l’arrivée des espagnols.

        Les mayas n’étaient absolument pas une civilisation influente au moment où l’Espagne a découvert l’Amérique centrale. Si Mel Gibson a repris des traductions d’écrits maya, je me pose des questions sur sa capacité de lecture ; comme des capacités d’historiens de ceux qui l’ont informé.


      • Bill Bill 22 janvier 2007 10:20

        « C’est le darwinisme appliqué aux civilisations. Les petits se font manger par les gros. Et ceux qui se croient les plus gros (ici, les Mayas) finissent par trouver encore plus gros qu’eux (les Espagnols) »

        Tel que je connais Mel Gibson, il voulait surement mettre le point sur le fait que les Chrétiens débarquant, c’est la fin des sacrifices humains, et le début de la compassion pour le « prochain ». En effet, les Espagnol débarquent avec leurs crucifix, l’image n’est pas innocente chez Mel Gibson...

        Je n’ai pas vu ce film, je tacherai d’y aller. Dans la Passion, ce qui m’avait marqué, c’était les têtes de brutes stupides et méchantes, ou plutot bestiales des soldats Juifs et Romains qui vienent le chercher ou qui le flagelle.

        Bill


        • Pallaké Pallaké 22 janvier 2007 19:42

          @ Bill C’est une vision completement réductrice !!! Les espagnols qui débarquent ont un crucifix (pas au premier plan) évidemment ils avaient mission d’évangéliser les nouvelles terres !!! Mais l’espagnol montré en gros plan (avec la barbichette blanche) est vêtu d’une armure, c’est un soldat ! Et le personnage choisit de ne pas aller vers eux par méfiance. Si Gibson était vraiment dans la voie des chrétiens sauveurs les espagnols auraient pourquoi pas tué les deux poursuivants du héros... Nan Gibson c’est donné du mal pour reconstitué un univers (même si historiquement il n’est pas à 100% authentique) pour qu’on puisse l’accuser de faire passer un message aussi grossier. De même pour la phrase d’introduction au film, elle ne décrit pas que la décadence des mayas qu’on voit dans le film, elle est appliquable à bon nombres de situations, par exemple l’éffondrement politique de la France sous la IIIe république qui l’a mené à la défaite de 1940... éffondrement intérieur de la Russie Tsariste ou encore la décadence de l’Empire Romain... et j’en passe. Il ne faut pas réduire Gibson à ses excès. Scorcese aussi a filmé la fin du Christ, on ne l’accuse pas d’antisémitisme.


        • Bill Bill 22 janvier 2007 20:05

          @ Pallaké

          C’est bien possible !!!

          Je n’ai pas vu le film... Mais Mel Gibson est extrèmement croyant, catholique traditionaliste. Pendant le film La Passion, il avait un curé exprès pour prier tous les jours en latin.

          Mais j’ai pu ma tromper !!! Ce n’est ni la première, ni la dernière fois ! Et puis surtout je n’ai pas vu le film, je l’ai indiqué dans mon post...

          Merci de m’avoir lu.

          Bill


        • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 22 janvier 2007 10:42

          J’ai vu le film et je suis assez d’accord avec Taïké, ça nous renvoie à une période où seules les armes blanches et de jet existaient, et du coup, ça saigne un peu plus.

          Les critiques ont beaucoup glosé sur la violence du film, en renvoyant systématiquement les lecteurs au sanguinolent « Passion du Christ ».. Et les critiques depuis cet épisode « évangélique », détestent Mel Gibson. Ben personnellement, je ne l’ai pas trouvé plus violent qu’un western de Peckinpah ou que « l’Odyssée de l’espèce ». La scène de dépeçage du tapir au début est tout à fait anodine, franchement (ils se partagent le coeur, le foie, etc.), mais certains on hurlé au sadisme. Qui a déjà chassé le sanglier trouvera cette scène franchement rigolote.

          Historiquement ? C’est vrai, il y a un léger décalage dans le film, les scènes qu’on voit devraient dater du XIe siècle (mes sources : les numéros de revues historiques consacrées comme par hasard aux Mayas ce mois-ci, comme celui-ci et le hors-série très joliment fait du Figaro Magazine), et les conquistadores sont arrivés au XVIe siècle : quatre cent ans dans la vue ! Bof, dans « Braveheart », William Wallace engrossait la reine d’Angleterre, et personne n’a hurlé au scandale, on peut se laisser un peu de marge quand on raconte une belle histoire, non ?

          Je n’ai pas vu beaucoup de messages élaborés dans le film. Les Mayas sont les méchants, c’est clair, les gentils, c’est Patte de Jaguar et ses copains, et honnêtement ça ne va pas beaucoup plus loin. Le prêtre et le roi sont complètement shootés, on voit qu’ils sont très très méchants. Les guerriers mayas (méchants) ont une tête à faire peur, ils tuent leurs propres hommes si ils désobéissent, enfin, bref, c’est l’attirail complet du méchant.

          J’ai l’impression que Mel Gibson après un épisode assez chaud (le Christ) s’est offert un film à grand spectacle reposant, sans autre prétention que de distraire. Et c’est très réussi, avec une intrigue très simple, des oppositions bien tranchées, et une scène finale vaguement (mais alors très vaguement) morale : il vaut mieux vivre dans la forêt avec sa femme et ses enfants que de prendre contact avec ces étrangers suspects, avec leur grande croix.

          Un mot sur la superbe photo, et un sens réel de l’emphase bien placée dans la mise en scène, des acteurs bien typés, des costumes et des décors remarquables : j’ai passé un très bon moment.

          Je m’interroge quand même sur tous les critiques professionnels qui ont débiné ce film : « pas de message politique clair » (celui-là, c’est vrai, je vous jure, je l’ai entendu à la radio), « j’aime pas Mel Gibson » (et alors qu’est-ce qu’on en a à faire, c’est son film, le sujet), bref, l’attaque en règle. On dirait qu’ne France, si on ne fait pas (excusez le mot) chiant, on est descendu en flamme. C’est terrible.


          • LE CHAT LE CHAT 22 janvier 2007 11:03

            @frédéric mahé

            bien d’accord avec toi , frédéric , y’ en a qui veulent tout politiser . Samedi soir , y’avait les NRJ awards , et arhur n’a pu s’empêcher de placer un très déplacé « attention sinon c’est lepen qui va avoir le prix francophone cette année » ; il y vera sûrement la lepenisation des esprits , parce que sa remarque a fait un flop ! autant edouard baer avec son humour caustique , anthony cavannagh plus déjantés étaient à leur place , autant arthur était pitoyable ! on peut lui décerner un tocard ! c’est vraiment petit ! smiley qu’il invite le pen aux enfants de la télé pour discuter casseroles , mais pour ça il aura jamais les couilles ! c’est arthur , le mini-moi ( pour ceux qui apprécient austin power ) smiley


          • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 22 janvier 2007 11:29

            Chat

            « Arthur, le mini-moi » ! Excellent !!

            Dans le même registre (en aparté, rien à voir, mais quand même), une de mes filles habite Bruxelles, et a été voir récemment un concert de Diam’s. Et bien cette charmante rappeuse a tenu un quart d’heure à haranguer le public sur le danger que représente Le Pen. En Belgique, tu parles ! Il ne lui est pas venue à l’idée que les Belges ne votent que pour leurs propres élections (belges), et ensuite, à l’extrême droite, ils ont le Vlams Block, c’est autre chose que notre Neuneuil national. La France, pays des donneurs de leçons !


          • Mardraum (---.---.156.241) 22 janvier 2007 13:25

            @ Frederique Mahé « J’ai vu le film et je suis assez d’accord avec Taïké, ça nous renvoie à une période où seules les armes blanches et de jet existaient, et du coup, ça saigne un peu plus. »

            ca saigne un peu plus ??? Moué.... Chui pas sur qu’un pauvre civil Irakien qui se fait exploser par une bombe ou un soldat Irakien qui se fait dechiqueté par un canon mitrailleur americain soit plus beau a voir qu’un cadavre tué par arme blanche... mais bon...cela reste subjectif !!!!


          • Mardraum (---.---.156.241) 22 janvier 2007 13:28

            tjrs @ frederique Mahé « Les guerriers mayas (méchants) ont une tête à faire peur, ils tuent leurs propres hommes si ils désobéissent, enfin, bref, c’est l’attirail complet du méchant. »

            Arf..dommage que l’on ne puisse pas editer...du coup je remets un commentaire... Donc oué ils tuent leurs propres hommes s’ils desobéissent... Comme les Francais a Verdun et probablement des Allemands sous le Reich... Et comme très certainement chez les Russes, chez les Americains...enfin bref très certainement partout !!!


          • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 22 janvier 2007 13:43

            Je parle des méchants au cinéma, dans la vraie vie, ils sont beaucoup plus inventifs... Au passage, mon prénom, c’est Frédéric. Frédérique, c’est mon ex.


          • Mardraum (---.---.156.241) 22 janvier 2007 14:06

            « Au passage, mon prénom, c’est Frédéric. Frédérique, c’est mon ex. »

            oups...autant pour moi !!  smiley


          • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 23 janvier 2007 08:51

            Y a pas d’offense.


          • ropib (---.---.27.229) 22 janvier 2007 11:14

            La violence existe bien évidemment dans le monde réel. Cela devrait donc tout justifier vraiment ? Du coup pourquoi pas la pornographie ? Le sexe existe aussi.

            Par ailleurs si je n’ai pas vu le film j’ai l’impression qu’il s’agit encore d’une vision moralisatrice de l’organisation de meta-sociétés nécessairement négatives au regard de micro-sociétés soit-disant pures car naturelles. Et j’ai envie de dire « non les micro-sociétés ont aussi leurs lois, leurs rites et traditions, leur brutalité arbitraire et l’articulation individu/collectivité n’y est pas triviale ».


            • (---.---.162.15) 22 janvier 2007 11:18

              Je ne suis pas cinéphile et je ne vois pas l’intérêt de faire dans le sanguinolant, même d’il y a un effort louable de reconstitution historique. Ce film ne m’intéresse donc pas.

              Par contre, j’ai acheté le hors-série du Figaro sur les Mayas et je l’ai fort apprécié. Il fait le point sur ce que nous savons aujourd’hui de cette civilisation et sur les interrogations que nous avons.

              Le meilleur du film y est sans doute, avec les photos jugées les plus représentatives. On y trouve aussi des dessins de Jean Torton, dessinateur de bandes dessinées grand spécialiste des Mayas (sous le pseudo de Jeronaton, il avait notamment dessiné Champakou dans Métal Hurlant).

              Am.


              • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 22 janvier 2007 11:30

                Ah Jeronaton c’était lui ? Et bien j’ai appris quelque chose aujourd’hui, merci du tuyau. C’était sympa, cette BD.


              • ka (---.---.30.12) 22 janvier 2007 11:31

                Mel Gibson est un habitué des films sanglants. J’ai adoré « Braveheart » et « The patriot » j’aimerais bien aller voir ce nouveau film aussi. Mais fallait pas nous raconter toute l’histoire ça gâche l’effet de surprise.


                • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 22 janvier 2007 11:53

                  Ne t’inquiète pas, Ka, même en sachant tout ça, il te reste encore plein de surprises ! On n’a donné que la trame.


                • ropib (---.---.27.229) 22 janvier 2007 11:54

                  Je n’ai pas vu the Patriot. Pour Braveheart je l’ai vu en plusieurs fois tant il était difficile de supporter le jeu des acteurs. Enfin grâce à ce film j’ai compris comment créer un héros charismatique à moindre frais au cinéma : faire grossièrement surjouer tous les acteurs qui l’entourent.


                • ka (---.---.30.12) 22 janvier 2007 11:58

                  Ok c’est cool de toute façon ça ne m’aurait pas empêché d’aller le voir.


                • ka (---.---.30.12) 22 janvier 2007 12:10

                  @ ropib

                  Oui c’est vrai que c’est pas super réaliste et que bon c’est parfois surjoué mais c’est du cinéma et le cinéma n’est pas censé toujours refléter la réalité même quand il s’agit de films qui traitent d’évènements historiques. Le héros que ce soit dans Braveheart ou dans The patriot est un héros à l’américaine, un mec qui vit dans l’action, qui surmonte des trucs invraisemblables, un mec juste même s’il est cruel et sans pitié, un mec qui en a quoi même si on y croit pas on est à fond dedans.


                • Mardraum (---.---.156.241) 22 janvier 2007 13:36

                  @Ka « Enfin grâce à ce film j’ai compris comment créer un héros charismatique à moindre frais au cinéma : faire grossièrement surjouer tous les acteurs qui l’entourent. »

                  Je rajouterais qu’il suffit qu’il ressemble a Ronaldihno pour que le film fasse des entrées !! Ils nous ont fait le meme coup avec Poutine qui joue un agent secret Britannique...si c’est pas inconcevable comme situation !!!  smiley


                • ka (---.---.30.12) 22 janvier 2007 13:48

                  @ Mardraum

                  « Je rajouterais qu’il suffit qu’il ressemble a Ronaldihno pour que le film fasse des entrées !! Ils nous ont fait le meme coup avec Poutine qui joue un agent secret Britannique...si c’est pas inconcevable comme situation !!! »

                  Moi perso je me fiche de la gueule des acteurs même si c’est pas désagréable de voir des belles gueules à l’écran du moment que l’histoire du film est intéressante et que les acteurs sont bons (c’est bien sûr très subjectif). Je me souviens d’une superbe Woopi Golberg (désolée pour l’orthographe si c’est pas ça) dans « La couleur pourpre », on peut pas dire que se soit un film de belles gueules et pourtant c’est un film génial je ne sais pas par contre s’il a fait beaucoup d’entrées.


                • Cosmic Dancer (---.---.174.48) 22 janvier 2007 11:49

                  Il me semblait pourtant que lorsque les Conquistadors ont débarqué, ils n’auraient trouvé que les ruines de la civilisation maya (mais exterminé les Aztèques, dont les pratiques sacrificielles n’étaient pas moins cruelles). En tout cas, j’irai voir ce film, bien que j’ai abhorré sa Passion. Une lecture - courte mais saisissante - : celle de « La nuit face au ciel » de Julio Cortazar in « Les armes secrètes » (recueil de nouvelles).


                  • Christophe (---.---.252.125) 22 janvier 2007 14:42

                    C’est exact, les mayas n’étaient plus qu’un peuple décadent quand les espagnols ont débarqué. Mais le cinéma peut utiliser des faits historiques totalement inventés et continuer à jouer sur ce type de confusion entre Maya et Aztèque. Quant aux sacrifices humains, ils n’étaient pas plus inhumains que nos guerres ; bien sûr au regard de la guerre fleurie, guerre sans mort des aztèques ; les prisonniers mouraient sur l’autel du sacrifice.


                  • miaou (---.---.2.254) 22 janvier 2007 12:02

                    Les thématiques des derniers films sont très girardiennes : l’extrême imbrication du sacré et de la violence, en distinguant notamment les religions archaïques sacrificielles et le christianisme, qui lui met en avant l’innocence du sacrifié.

                    D’ailleurs, René Girard est monté au créneau pour défendre « La Passion »


                    • Bill Bill 22 janvier 2007 12:15

                      Tout à fait d’accord Miaou !

                      Gibson est ultra religieux, et pas toujours précis au niveau historique : dans la Passion, il a très bien étudié la Suaire de Turin, et les marques sur le corps de l’acteur sont aux mêmes endroits ! On reproche un peu l’exactitude de l’hébreu (ou de l’araméen ?) que parlent les acteurs, c’est une chose, mais surtout, surtout, à l’époque les Romains ne parlaient pas latin... Ils parlaient grec ! Et puis il a utilisé des récits de « voyantes » sur le déroulement de la Passion.

                      La Passion en tous cas est une superbe fresque ! La violence n’y est pas gratuite, elle s’explique par l’angle religieux que Mel Gibson a voulu prendre. Ceci dit, j’ai eu du mal à le revoir une deuxième fois !

                      Bill


                    • LE CHAT LE CHAT 22 janvier 2007 12:56

                      il avait pas molli sur l’hémoglobine , ça me donne des suaires ! smiley


                    • Enorme Nanard (---.---.229.236) 22 janvier 2007 12:19

                      Oui, j’ai vu le film. D’un coté les gentils débiles (qui voient passer des réfugiers poursuivis prés de leur village sans s’alarmer outre mesure, et qui ne semble jamais avoir entendu parler de leur pote « maya »), qui sont spécialisés dans les blagues sur les couilles (ah.. ah.. ah.. Qu’est-ce qu’on rigole.. Ca déchire sa race grâve), de l’autre les méchants sauvages.

                      Bref, tous ca n’est que sauvagerie, peuple inférieur, et on a bien fait de passer au fil de l’épée ces barbares pour leur apporter la civilisation.

                      Vive Cortes !


                      • miaou (---.---.2.254) 22 janvier 2007 12:36

                        La monstrusité de Cortes et des conquistadores ne doit pas faire oublier les abominations d’avant colonisation. Il existe un effet de loupe sur la responsabilité occidentale dû à la masse de la documentation écrite (l’Occident, entre autres, est une civilisation de l’écrit). Mais combien de massacres perpéptrés dans différentes parties du monde et à diverses époques, sans que les historiens n’en puissent rien savoir ?

                        Le mythe du « bon sauvage » (ou de la civilisation non occidentale, forcémént innocente et pénétrée d’une sagesse immémorielle) n’est effectivement qu’un mythe.


                      • ka (---.---.30.12) 22 janvier 2007 12:42

                        Absolument les hommes qu’ils soient décrits comme sauvages ou comme civilisés portent tous la violence en eux et forcément un jour ou l’autre elle se manifeste. Les massacres ne sont donc pas imputables qu’à une partie de l’humanité.

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Taïké Eilée

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