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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Ascenseur pour l’échafaud » : Midnight In Paris

« Ascenseur pour l’échafaud » : Midnight In Paris

Le souffle fiévreux d’Alfred Hitchcock et de Robert Bresson dans la nuque de Louis Malle. Un premier grand rôle dramatique pour l’immense Jeanne Moreau. Une Mercedes 300 SL aussi rare que clinquante. Deux jeunes amants tragiques, maudits, fermement conduits à craindre le cercueil et le cachot. Des plans nocturnes de la ville, bercés par des partitions jazzy enveloppantes, improvisées par l’étincelant quintet de Miles Davis. Vous l’aurez compris, Ascenseur pour l'échafaud n’a rien du petit film quelconque au plaisir fugace.

Teigneux et parfois méphitique, il se réapproprie avec talent les codes du cinéma noir, et narre par le menu un assassinat prémédité tournant en eau de boudin. Le meurtrier se trouve lamentablement coincé sur les lieux du crime, tandis que sa complice, laissée seule et sans nouvelles, en butte à la méfiance, se voit assaillie d’interrogations. Un couple insouciant et sulfureux viendra encore brouiller les cartes et complexifier le puzzle narratif.

Formellement captivante, cette adaptation d’un roman de Noël Calef relègue l’intrigue policière au second plan ; les relations psychologiques tiennent lieu de ligne directrice et permettent de sonder des individus aux desseins divers. Louis Malle confronte ainsi des psychismes parfois incompatibles, plongeant ses protagonistes dans un étau qui ne cessera jamais de se resserrer. Si la séquence d’ouverture projetait ouvertement Julien Tavernier sur le devant de la scène, l’ancien parachutiste ne sera finalement qu’un silence dans un bal de fantômes.

Œuvre d’un cinéaste à la maturité précoce, Ascenseur pour l'échafaud magnifie avec maestria le grain de sable qui enraye la machine criminelle. Il radiographie l’homme, à la poursuite du paradoxal et faisant front à des doutes en cascades. Surtout, il sonne et s’impose comme un drame hitchcockien ténébreux, imperturbable, à la grâce communicative.


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4 réactions à cet article    


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 juillet 2014 10:37

    « Jazzy » en parlant de Miles ... smiley
    Un reportage d’époque ,Miles et ses compères en impro :
    http://youtu.be/XQ4l4oRkh_8.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 juillet 2014 11:00

      ....en impro sur les images du film ... Où l’on peut voir ce qu’est un génie musical .
      Extrait Wiki :
      La séance d’enregistrement, organisée par Marcel Romano, eut lieu la nuit du 4 au 5 décembre, au studio du Poste ParisienJeanne Moreau, la principale interprète du film, accueillit les musiciens derrière un bar improvisé. Barney Wilen, René Urtreger, Pierre Michelot et Kenny Clarke, qui n’avaient pas été informés du visionnement tenu quelques jours plus tôt, furent surpris par le calme et l’assurance de leur leader, qui agissait comme s’il savait exactement ce qu’il voulait faire et ce qu’on attendait de lui. Louis Malle expliqua aux musiciens que la musique devait être en net contrepoint de l’image, et il les encouragea par conséquent à ne jamais chercher, à travers leur jeu, à traduire ou à refléter directement l’action. Des extraits de vingt à trente secondes du film furent projetés, sur lesquels le groupe improvisa très librement, à partir d’instructions sommaires de Miles Davis, visant surtout l’atmosphère à rendre. Trois heures à peine suffirent pour enregistrer une cinquantaine de minutes de musique, dont dix-huit furent utilisées pour le film. À en croire Miles, le seul véritable problème rencontré au cours de la séance fut de faire coller des séquences musicales à la démarche de Jeanne Moreau, qui manquait selon lui cruellement de rythme8..


    • Elisabeth A. Beretta Elisabeth A. Beretta 7 juillet 2014 11:13

      superbe film


      • xmen-classe4 xmen-classe4 7 juillet 2014 13:35

        sans la couleur, c’est déjà plus facile surtout qu’a l’époque il n’y avais pas de nuance dans les balances de couleurs. c’est hautement intellectuel le cinema.

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