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Au cœur de la Commission belge de contrôle des films : les débuts (III)

(Pour lire les deux premières parties, cliquer sur les liens en bas de l'article)

Le faux départ n’est pas l’apanage du monde sportif. Si la Commission belge de contrôle des films entame officiellement ses activités en 1921, les objections de l’industrie du cinéma, auxquelles s’ajoutent des complications techniques, l’handicapent et mettent à mal son bon fonctionnement immédiat. Il faudra par conséquent attendre 1922 pour que l’instance soit définitivement sur les rails et puisse donner sa pleine mesure. Les producteurs se prêtent alors massivement au jeu et lui soumettent quantité d’œuvres.

Les chiffres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes : entre 1924 et la Seconde Guerre mondiale, environ 1000 films lui sont transmis chaque année. Dans la pratique, nonobstant la directive de 1921, qui vise pourtant à délimiter son mandat, la Commission s’adonne à l’occasion aux coupures strictement religieuses ou politiques. Un acte de censure pur et simple, qui tend à questionner un peu plus les réelles motivations de ses membres, nommés sur décision du ministère de la Justice.

À partir de 1941, et jusqu’en septembre 1944, l’instance publique, contrainte d’opérer depuis Londres, réduit fortement ses activités. La guerre bat alors son plein. Et les choses se gâtent encore après la Libération. La censure militaire vient en effet se juxtaposer à la directive de 1921, brouillant ainsi les cartes décisionnelles et refroidissant un peu plus une industrie déjà défiante. La Commission ne retrouve son rythme de croisière qu’en 1946, alors même que l’armée se résout à lâcher la bride.

 

Nouvelle directive : sévérité et ordre moral

Il semble que la Belgique ait décidé de se montrer intraitable. En 1951, une nouvelle directive, encore plus restrictive que la précédente, voit le jour. La Commission doit alors composer avec de nouveaux impératifs : sont désormais proscrits le réalisme trop criant, l’atteinte à l’ordre social et aux autorités, la promotion de l’amour libre et du libertinage ou encore les références au contrôle des naissances. Conforté par les nouveaux critères de contrôle, l’idéal chrétien met le cinéma en coupe réglée. Liberté d’expression et prescriptions religieuses ne font décidément pas bon ménage.

On imagine alors sans mal les industriels suer la peur. Car le texte de 1951, pensé par F. De Busscher, le nouveau président de la Commission, entrave largement leur marge de manœuvre. Pis, la proposition de loi – rejetée – de Jozef Jespers (CVP) entraîne un nouveau durcissement des positions politiques. En défendant l’interdiction d’accès aux salles aux mineurs de moins de 18 ans, le sénateur détériore encore davantage le climat délétère qui règne alors. C’est peu dire que l’entame des années 1950 n’augure rien de bon pour le septième art. Signe des temps : alors que les réalisateurs abordent des thèmes à tout le moins controversés, les distributeurs procèdent à des coupures préventives en vue de prévenir les risques de censure. Une sorte d’automutilation propre à freiner les ardeurs créatives.

 

 

Lire aussi :

Au cœur de la Commission belge de contrôle des films (I)

Au cœur de la Commission belge de contrôle des films : les origines (II)

J’ai fait le tour du monde en quelques films


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2 réactions à cet article    


  • Citoyen85 17 octobre 2013 13:49

    C’est plus subtil que ça, TOUS les films sont interdits au moins de dix-huit ans d’office. Pour obtenir le label « enfants admis » ou « enfants en-dessous de 16 ans non admis », il faut présenter son film à la commission qui accorde ou pas le sésame. D’où des coupures d’avance.


    • Ruut Ruut 17 octobre 2013 22:07

      c’est un bon moyen pour faire fonctionner les pots de vins.

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