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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Au sujet d’Alésia

Au sujet d’Alésia

Le texte de César est précis, encore faut-il le traduire correctement.

Exprimant l’opinion courante, voici l’information qu’a diffusée le journal télévisé de TF1 le 1er août de cette année : « ...Alésia, l’endroit où Vercingétorix s’est rendu à César après lui avoir résisté pendant quarante jours. On sait assez peu de choses de cette défaite... » Vient ensuite un commentaire : « ...une localisation difficile car la description de César n’est pas très exhaustive... » On peut revoir l’émission en vidéo sur le site Internet de la chaîne.

Pour ma part, je dirais exactement le contraire.

Alésia est la bataille la plus longuement décrite par César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules (dix-neuf pages dans l’édition des Belles-Lettres). Témoignage sans pareil, de toutes les batailles de l’Antiquité, c’est la seule qui ait été relatée avec autant de soin. Et j’ajoute que la description du lieu est suffisamment précise pour que n’importe quel légionnaire ayant participé au combat s’y soit retrouvé.

Oppidum d 'Alésia Garenne
Oppidum d ’Alésia Garenne

Il n’y a rien à reprocher au texte césarien. Bien qu’écrivant pour la postérité, César ne pouvait pas se douter un seul instant que les historiens allaient perdre la mémoire au point d’hésiter sur l’emplacement de cette immense bataille qui eut lieu, comme il le précise, au pays des Mandubiens. Inimaginable !

Mont Auxois coupe
Mont Auxois coupe

Après plus d’un siècle de tergiversations et avant que nos descendants ne perdent définitivement la connaissance de la langue latine, il est temps de reprendre le texte traduit par l’universitaire Constans en 1926, et d’essayer une meilleure traduction.

Après son attaque de cavalerie contre la colonne des bagages de son adversaire, Vercingétorix se replie ; César le poursuit. Le surlendemain, le descendant de Vénus dresse ses camps devant Alésia. Comme c’est le soir et qu’il est trop tard pour lancer une action de combat, en bon général qu’il est, il fait une reconnaissance de terrain. Que voit-il sur la hauteur ? Réponse : des troupes gauloises en plein tumulte et... une ville (urbs). Impossible d’échapper au texte ! Les Gaulois sont sur le mont Auxois et sur ce mont Auxois, il y a une ville. Les vestiges de cette ville ont bien été retrouvés mais, décision surprenante, les archéologues les ont datés de l’époque gallo-romaine. Pour eux, aucune trace d’un village gaulois antérieur.

Ensuite, César décrit la position. Il écrit textuellement : « Quant à l’oppidum proprement dit d’Alésia, il se trouvait en haut du versant (in colle summo) à un endroit qui ressort tout à fait (admodum edito loco).  » Cette description est précise ; il s’agit de la pointe Ouest du mont Auxois. Dans les années 1860, l’avocat Xavier Garenne y a observé des vestiges de fondations en forme d’ovales, mais il n’a pas compris qu’il s’agissait de l’oppidum décrit par César... un oppidum de 60 ares seulement... oppidum-refuge à la mesure de l’effectif de la population mandubienne qui vivait sur le plateau, dans sa ville, à quelque 350 mètres seulement. (Je n’ignore pas que le dictionnaire Gaffiot traduit le mot collis par colline. Je préfère le traduire par versant. En effet, ce qui intéresse César, c’est ce qu’il voit, et ce qu’il voit, ce sont des versants. Quand il veut désigner une montagne dans sa totalité ou un mont, il utilise le mot mons.)

Sur les deux côtés, des cours d’eau baignaient les racines de ce versant (L’Oze et l’Ozerain). En avant de l’oppidum s’étendait une plaine ...la plaine des Laumes, sur une longueur d’environ 3000 pas (jusqu’à lisière de bois de l’époque). Sur les autres côtés, l’oppidum était entouré à peu de distance de versants d’égale hauteur. Au pied du rempart, dans la partie qui regarde le soleil levant, les troupes gauloises recouvraient tout le versant (du mont Auxois). Ce rempart, ce ne peut être que la muraille de l’oppidum de Garenne et non le mur de pierres sèches qui ceinture le plateau. Vercingétorix, à son arrivée à Alésia, n’a pas installé ses troupes sur les pentes plus à l’Est du mont Pennevelle, comme on le prétend, mais sur le plateau même du mont Auxois, ce qui est conforme à la logique militaire.

Devant, ces troupes gauloises avaient mené à bien un fossé et un mur de pierres sèches de 1 m 70.

Remarquons tout d’abord la précision du vocabulaire de César. Ce mur de pierres sèches (maceria) n’a rien de comparable au rempart de l’oppidum de Garenne (murus), lequel était construit en solides pierres cimentées au mortier de chaux. Quant au fossé, les fouilles de Napoléon III l’ont bien mis à jour mais, tragique erreur, on l’a identifié au fossé de six mètres de la ligne d’investissement décrite par César. Pour éviter une erreur aussi grossière, il eût fallu raisonner dans la logique militaire. En réalisant cet obstacle, Vercingétorix a établi une ligne de surveillance et de défense en avant de son oppidum, en bas de la pente du mont Auxois. Il est absurde de penser que César ait fait creuser un fossé dans une position aussi défavorable, sous la menace des archers gaulois et d’un assaut dévalant de la hauteur. Malgré la reprise des fouilles, cette erreur perdure encore de nos jours, et a pour conséquence de fausser toutes les interprétations. C’est dans la plaine, en avant de ce fossé et de ce mur en pierres sèches, qu’a eu lieu le premier combat de cavalerie. Après ce combat perdu, ceux qui étaient en avant d’Alésia, désespérant de la victoire, se replièrent dans l’oppidum. Il s’agit des Gaulois courageux qui défendaient encore le fossé après ce premier engagement, donc d’un effectif limité. Quant aux Gaulois qui avaient précédemment abandonné leurs positions alors que rien ne le justifiait, Vercingétorix leur avait tout simplement fermé les portes... de cet oppidum. Bref, ces portes sont bel et bien les portes - les deux battants - de l’oppidum de Garenne, et non de simples brèches dans un murus gallicus ( ?!) qu’on a imaginé tout autour, sur le pourtour du mont Auxois.

Pour protéger contre les harcèlements gaulois ses légionnaires qui travaillent dans son chantier, aux abords de ses grands camps, César fait creuser un fossé à 120 mètres de là - le fossé de 6 mètres de large -, puis, dans un deuxième temps, il revient sur ses pas pour renforcer les obstacles que j’ai décrits dans le croquis de mon article précédent, intitulé "Travaux de César autour d’Alésia".

Arrivant à Alésia et s’étant emparées d’un versant extérieur (la montagne de Mussy), les troupes gauloises (de l’armée de secours) prennent position à un peu moins de 1500 mètres de nos retranchements. Il s’agit là des retranchements des grands camps, et non de la ligne d’obstacles.

Il y avait, du côté du Nord, (septentrionibus  : littéralement, du côté des sept étoiles de la Petite Ourse) un versant - pour nous c’est une montagne, pour César c’est un versant (collis) - qui, en raison de son étendue, n’avait pu être englobé dans l’ouvrage. On n’avait pu faire autrement que d’établir les camps dans une position un peu défavorable sur un terrain légèrement en pente. Cette description ne peut s’appliquer qu’à la montagne de Bussy, et non aux pentes du mont Rhéa, que César qualifie un peu plus loin d’abruptes. Les 60 000 hommes d’élite qui ont contourné les retranchements romains pendant la nuit n’avaient pas la mission de prendre à revers le mont Rhéa mais la montagne de Bussy. J’ai expliqué dans mes ouvrages que seule cette montagne dont le sommet ressemble à un plateau permettait une attaque sur un large front.

Pendant ce temps-là, dans la plaine des Laumes, la cavalerie (gauloise de l’armée de secours) attaquait la ligne de retranchement extérieure tandis que le reste des troupes gauloises (de l’armée de secours) se déployait devant et autour des camps... romains de la plaine, et non devant les camps gaulois (de la montagne de Mussy), comme Constans l’a traduit, ce qui est un énorme contresens. Vercingétorix, de son côté, attaquait la ligne de retranchement intérieure dans la plaine des Laumes.

L’idée de manœuvre des Gaulois est conforme à la logique militaire. Les 60 000 hommes d’élite de Vercassivellaunos avaient la mission principale d’enlever le retranchement de la montagne de Bussy, tandis que la mission du reste de l’armée de secours était d’empêcher la cavalerie germaine de sortir de ses camps extérieurs "romains". La manœuvre a failli réussir. Ce n’est qu’en fin de journée que la cavalerie germaine a réussi à desserrer l’étau. Contournant les montagnes du Nord, prenant à revers les troupes de Vercassivellaunos, elle décida du sort de la bataille.

Vercingétorix a-t-il commis une erreur en attaquant dans la plaine des Laumes au lieu de diriger son attaque en direction de la montagne de Bussy ? C’est possible. N’ayant pu enfoncer le retranchement dans la plaine, César écrit que les assiégés montèrent à l’assaut en gravissant les lieux abrupts. Ces lieux abrupts, ce sont les pentes du mont Rhéa. Le bouleversement du terrain à cet endroit, le nombre relativement important d’armes qui y ont été retrouvées illustrent encore plus que le texte césarien la férocité de l’affrontement.

Il est possible que Vercingétorix ait mené, lui-même, ce combat. Il est possible qu’il ait quitté un peu trop tôt son observatoire, d’où il aurait pu comprendre l’enjeu de l’attaque de Vercassivellaunos sur le front de Bussy. Cet observatoire d’où Vercingétorix pouvait voir toute la bataille, César nous donne son nom : la citadelle d’Alésia. Xavier Garenne en a retrouvé les fondations à l’intérieur de son oppidum ovale, mais il n’a pas compris l’importance de sa découverte.

Voyant, depuis l’oppidum, le désastre (sur le front de Bussy), les assiégés ramenèrent leurs troupes tandis que dans la plaine des Laumes où combattait le reste de l’armée de secours, fit ex castris gallorum fuga. Voilà la phrase-clef des Commentaires ! En traduisant par : elle se fit hors de (leurs) camps la fuite des Gaulois, Constans a laissé entendre qu’après s’être déployée (devant ses camps), l’armée de secours se serait enfuie sans combattre. La bonne traduction est la suivante : elle se fit, la fuite des Gaulois, hors des camps... évidemment romains. Ceci signifie qu’ils les avaient investis après un très dur combat. L’ensemble du texte césarien va dans ce sens : dans la plaine des Laumes, les cris de guerre s’entendaient des deux côtés.

Bref, d’une armée si nombreuse, bien peu s’en retournèrent sans blessure.

J’ai expliqué dans mes ouvrages, et en détail, le déroulement de cette étonnante bataille, le mouvement des troupes, l’habileté de César, son art d’utiliser ses réserves locales et générales, la puissance de feu de ses lanceurs de javelots, le coup de poing et les charges furieuses de la cavalerie germaine... ainsi que l’incroyable courage des Gaulois.

La bataille d’Alésia fut, pour le monde antique, un événement considérable. Au Ier siècle après J.-C., elle était encore le symbole de la confrontation entre deux conceptions de la société toujours à construire ; d’une part, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, d’autre part, un monde centré sur Rome et en paix ; d’un côté, le génie de César, de l’autre, la grandeur et la dignité de Vercingétorix, premier homme politique européen à parler au nom de la Liberté. Voilà pourquoi Alésia s’inscrit en lettres de sang dans la mémoire de notre Histoire. Pour localiser d’une façon certaine le site et pour bien comprendre le déroulement de la bataille, il suffisait de traduire correctement le texte de César.

Il reste maintenant à convaincre les responsables du futur parc archéologique d’Alésia que ce n’est pas en minimisant l’importance de cette bataille qu’on attirera les touristes (cf. le commentaire du Journal de TF1 précité : une bataille parmi tant d’autres et L’archéologie face à l’imaginaire de M. Reddé : à l’échelle des historiens, un épisode totalement secondaire).

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42 réactions à cet article    


  • tartator (---.---.52.177) 15 septembre 2006 11:50

    quid de la polémique sur l’emplacement exact d’Alésia, à Alise Sainte Reine ou à Chaux les Crotenay dans le Jura ? Il semblerait, selon toute vraissemblance, que les Armées de Jules César, sur le chemin du retour pour hiverner après la campagne éprouvante qu’il venait de subir, et ayant emprunté le chemin traditionnel passant par le Jura et la Suisse actuelle, aient été poursuivies par le jeune Vercingétorix ayant pu rassembler une armée impressionnante afin de défaire une fois pour toute cet envahisseur. Les fouilles préliminaires entreprises sur ce second site ont mis à jour des vestiges correspondants aux descriptions faites par César, y compris ce fameux torrent qui ne peux exister sur les pentes plus douces des monts d’Auxois.


    • Mourey (---.---.184.186) 15 septembre 2006 13:41

      Vu le fait que les archéologues d’Alise-Sainte-Reine reconnaissent eux-mêmes qu’il n’y a pas toujours concordance entre ce qu’ils trouvent et le texte de César, je comprends parfaitement que des érudits de bonne foi soient allés chercher une Alésia en Franche-Comté. J’ai fait la critique des arguments de Madame Danielle Porte dans mon article « Plaidoyer pour Alise-Sainte-Reine » que vous trouverez sur mon site internet. Je souhaite que Madame Porte l’étudie avec sérieux.


    • Serge (---.---.221.198) 15 septembre 2006 12:12

      Merci pour cet article. J’ai lu par hasard « La guerre des Gaules » il y a quelques années. J’ai apprécié le style de Jules César, sans fioritures, élégant, raffiné, classe en somme. Comme le personnage d’ailleurs, car il semble magnanime lorsqu’on le lit, voire sentimental, mais pas tellement dictateur (?). Du coup ça m’a poussé à m’intéresser à l’histoire antique : j’ai lu Hérodote, Tacite, Suétone, Florus, Plutarque. Dommage qu’on n’aborde pas assez ces textes au collège et au lycée.


      • Mourey (---.---.184.186) 15 septembre 2006 13:43

        Bien vu, bien dit.


      • Panama (---.---.198.59) 15 septembre 2006 12:51

        Excellent ! Relire à ce sujet « Asterix et le bouclier arverne » :

        « Alesia ? Chais pas où c’est Alesia. Personne ne sait où c’est »


        • Mourey (---.---.184.186) 15 septembre 2006 14:03

          Je suis étonné qu’Astérix ait fait cette déclaration en 1992 (date de la publication de l’ouvrage). En effet, c’est à cette date qu’une équipe allemande a retrouvé à Alise-Sainte-Reine la trace de tous les obstacles décrits par César. Il n’y a plus aucun doute pour l’ensemble des archéologues.


        • Panama (---.---.198.59) 15 septembre 2006 16:43

          "Je suis étonné qu’Astérix ait fait cette déclaration en 1992 (date de la publication de l’ouvrage). En effet, c’est à cette date qu’une équipe allemande a retrouvé à Alise-Sainte-Reine la trace de tous les obstacles décrits par César. Il n’y a plus aucun doute pour l’ensemble des archéologues

          Mais ce n’est pas une déclaration d’Asterix ! Relisez !


        • Mourey (---.---.184.186) 15 septembre 2006 19:02

          Bien vu, il faudra que je relise l’ouvrage.


        • L’absent (---.---.47.74) 17 septembre 2006 20:06

          Hé !!!!!!!!!! 1992 ça va pas la tête ???

          Astérix et ses amis avaient pratiquement tout dit avant la fin des années soixante...........Pffffffeu

          Bon, c’est pas tout ça , mais j’ai encore une demie dalle à balayer et ça me coûte

          Cordialement AVE mais n’y revenez pas , on peut se tromper sur une traduction de CAESAR mais pas sur le texte sacré du bouclier Arverne.


        • L’absent (---.---.47.74) 17 septembre 2006 20:14

          Hé !!!!!!!!!! 1992 ça va pas la tête ???

          Astérix et ses amis avaient pratiquement tout dit avant la fin des années soixante...........Pffffffeu

          Bon, c’est pas tout ça , mais j’ai encore une demie dalle à balayer et ça me coûte

          Cordialement AVE mais n’y revenez pas , on peut se tromper sur une traduction de CAESAR mais pas sur le texte sacré du bouclier Arverne.


        • (---.---.153.60) 15 septembre 2006 12:59

          Salut ! c’est marrant il me semble que des générations d’historiens, d’archéologues etc... se sont amusés (parfois pendant des décennies ) à essayer de trouver alésia, de confronter le texte antique à la configuration de différents lieux etc... et bien vous jetez tout aux orties en disant vous êtes tous débiles moi en retraduisant le texte initial (sic) je vous démontre que j’ ai raison !!!

          je ne nie pas vos qualités de latiniste mais croyez-vous vraiment que ce travail n’a jamais été fait avant vous ?


          • (---.---.28.99) 15 septembre 2006 14:22

            Non l’auteur a raison ! Il remet tout à plat, doute de tout ce qui a été dit sans respect pour les anciens. C’est bien.


          • Mourey (---.---.184.186) 15 septembre 2006 14:33

            Personne ne peut dire qu’il a retrouvé le site puisque le souvenir d’Alésia à Alise-Sainte-Reine ne s’est jamais vraiment perdu. Je pense, néanmoins que sur certains points, il y a lieu d’ouvrir le débat.


          • (---.---.153.60) 15 septembre 2006 17:10

            oh la vilaine chose !! comment pouvez-vous dire une telle ânerie ? je suis navré mais ce dernier commentaire réduit à zéro ma confiance en vos écrits, en tant qu’archéologue je m’insurge véritablement puisqu’aucune transmission orale ne peut traverser les millénaires (et ce n’est pas une assertion est le résultats de nombreux travaux sur l’oralité, réalisés par de vrais scientifiques)

            je viens de faire un tour sur votre site pour consulter vos références scientifiques et que vois-je ? des réflexions mystico-religieuses au milieu de congratulations politiciennes mais où sont vos articles scientifiques ? quels sont les historiens, les archéologues, les spécialistes de la rome antique qui vous soutiennent ? je ne suis pas qualifié vous juger vos écrits mais ceux qui le sont ne vous reconnaissent pas parmis les leurs....


          • Mourey (---.---.184.186) 15 septembre 2006 18:12

            Voilà ce qu’écrit l’archéologue Michel Reddé à la page 69 de son ouvrage sur Alésia : contrairement à ce que l’on croit trop souvent, Napoléon III n’a pas « inventé » la localisation d’Alésia. Depuis le Haut Moyen Âge, c’est à Alise-Sainte-Reine que les érudits... mais aussi en se fondant sur une très ancienne tradition. Mais le vrai débat n’est pas là, ni dans des congratulations politiciennes que vous croyez avoir découvertes dans mon site. Le vrai débat est de savoir si, en tant qu’archéologue, vous maintenez la datation gallo-romaine des ruines du village qui se trouve sur le mont Auxois et si vous refusez l’oppidum d’Alésia tel quil apparaît dans ma traduction.


          • Virgile (---.---.226.199) 15 septembre 2006 19:04

            Tu serais pas un troll toi ?


          • Darkfox (---.---.141.125) 15 septembre 2006 13:43

            Très bon article,

            Qui permet au moins de nous changer de notre marasme habituel (sarko - Sego..). Pourriez vous nos données des livres sur ce sujet ( vous avez piqué ma curiosité sur une période que je n’avais pas regardé depuis longtemps).


            • Mourey (---.---.184.186) 15 septembre 2006 14:40

              Voyez mon site internet. Entre 100 et 200 visiteurs par jour. Site classé dans les 60 èmes en Histoire et Actualité au Hit-parade.


            • (---.---.153.60) 15 septembre 2006 17:11

              ce qui n’en fait pas une référence scientifique !


            • Virgile (---.---.226.199) 15 septembre 2006 18:56

              IP....x34.153.60 t’es vraiment un gland... Tf1 ca c’est de la bonne référence scientifique. Pff..


            • (---.---.246.86) 16 septembre 2006 07:42

              Virgile, quelle plus-value ton commentaire apporte-t-il à la conversation ?


            • jipé (---.---.221.74) 15 septembre 2006 15:09

              ouf, c’est bon de suivre un article et un débat sensés smiley ; et non les délires ou éructations politico idéologiques (présidentiables, intégrismes..) smiley


              • (---.---.153.60) 15 septembre 2006 17:11

                mais où est le débat ?


              • Mourey (---.---.184.186) 15 septembre 2006 18:34

                Où est le débat ? Mais il est là, dans la confrontation du texte avec les interprétations des archéologues. Si ma traduction est fausse, qu’on me dise en quoi elle est fausse, arguments à l’appui. Si elle est exacte, il faut que les archéologues revoient la datation gallo-romaine des vestiges urbains qui se trouvent sur le mont Auxois et qu’ils revoient la définition qu’ils donnent de l’oppidum. S’ils veulent maintenir leurs positions,l’opinion est en droit de leur demander de les justifier par de véritables arguments et non par des invectives.


              • Virgile (---.---.226.199) 15 septembre 2006 19:00

                IP:xxx.x34.153.60 t’es navrant.


              • dionysos (---.---.246.75) 15 septembre 2006 17:45

                j’ai lu cesar dans le texte et dans la traduction belles lettres. j’ai ete à Alise Sainte reine ce site ne peut pas correspondre j’ai été à la Chaux de Crotenay, je n’ai plus de doute. en approchant par la route on voit le site de César.

                mais il ne faut surtout pas remettre en cause les thèses établies, les mandarins veillent.


                • Mourey (---.---.184.186) 15 septembre 2006 18:51

                  En fait, les « mandarins » dont vous parlez ne sont pas mécontents de la polémique concernant la localisation du site d’Alésia. Cela leur permet d’éviter le débat sur la localisation des sites de Bibracte et de Gergovie. C’est très habile de leur part de focaliser ainsi l’opinion sur ce faux problème mais sur le plan de la recherche de la vérité historique concernant la localisation de nos anciennes capitales gauloises, c’est une forfaiture.


                • dionysos (---.---.190.164) 16 septembre 2006 07:19

                  j’ignorais qu’il y avait une controverse pour bibracte et gergovie. j’ai visité plusieurs fois le site du mont beuvray, encore cette année à pentecote. les fouilles sont impressionnantes

                  je vais voir votre site pour en savoir plus


                • Mourey (---.---.184.186) 16 septembre 2006 09:18

                  Le mont Beuvray est un site de très grand intérêt.


                • benoit (---.---.54.51) 15 septembre 2006 22:55

                  alise sainte reine pfff

                  moi je pense pas que ce soit là

                  quand on regarde le relief il faudrait sévèrement atteint pour s’y réfugier et surtout pour prétendre y résister même avec une armée de secours.

                  c’est du suicide smiley


                  • Mourey (---.---.184.186) 16 septembre 2006 09:12

                    Les stoks de blé et la grande quantité de bétail qui se trouvaient sur place (DBG VII, 71) est un élément qui a très certainement pesé dans le choix de Vercingétorix.

                    D’autre part, si l’on s’en tient au texte de César, la bataille d’Alésia a été un certain moment très incertaine, je cite : il (César) se rend auprès des combattants (sur le front de Bussy). Il les conjure de surmonter leur défaillance. Il leur crie qu’en ce jour, à cette heure, ils tiennent entre leurs mains l’acquis de tous les combats précédents (DBG VII,86).

                    Enfin,contrairement à la traduction de Constans, César n’a pas parlé de « la force de la position (DBG VII, 68) », ni « de grande altitude (DBG VII, 69) ».


                  • re:Mourey (IP:xxx.x42.184.186) le 16 9 2006 à 09H12 (---.---.47.54) 16 septembre 2006 11:15

                    En ce qui concerne maintenant la livraison de l’alimentation[CIBI] « [1]Ea quae secuta est hieme, qui fuit annus Cn. Pompeio, M. Crasso consulibus, Usipetes Germani et item Tencteri magna [cum] multitudine hominum flumen Rhenum transierunt, non longe a mari, quo Rhenus influit. Causa transeundi fuit quod ab Suebis complures annos exagitati bello premebantur et agri cultura prohibebantur. Sueborum gens est longe maxima et bellicosissima Germanorum omnium. Hi centum pagos habere dicuntur, ex quibus quotannis singula milia armatorum bellandi causa ex finibus educunt. Reliqui, qui domi manserunt, se atque illos alunt ; hi rursus in vicem anno post in armis sunt, illi domi remanent. Sic neque agri cultura nec ratio atque usus belli intermittitur. Sed privati ac separati agri apud eos nihil est, neque longius anno remanere uno in loco colendi causa licet. Neque multum frumento, sed maximam partem lacte atque pecore vivunt multum sunt in venationibus ; quae res et cibi(sic !) genere et cotidiana exercitatione et libertate vitae, quod a pueris nullo officio aut disciplina adsuefacti nihil omnino contra voluntatem faciunt, et vires alit et immani corporum magnitudine homines efficit. Atque in eam se consuetudinem adduxerunt ut locis frigidissimis neque vestitus praeter pelles habeant quicquam, quarum propter exiguitatem magna est corporis pars aperta, et laventur in fluminibus »[C. IVLI CAESARIS COMMENTARIORVM DE BELLO GALLICO LIBER QVARTVS]" de l’Antiquité à aujourd’hui des guerres sont gagnées par prendre des otages et la torture de ces otages et dans notre cas alors les Eduens(Celtes).En ce qui concerne maintenant la livraison de l’alimentation aux divisions romains les suisses affirment sur la bataille autour Bibracte dans un livre à la formation des légendes qu’un peuple celte, les Eduens, avait fourni l’alimentation des divisions romains et ce peuple celte avait tenu prêt pour Gaius Julius Caesar le vin Bourgogne-Morvan volontairement.


                  • Mourey (---.---.184.186) 16 septembre 2006 13:20

                    Je ne sais pas si, avant leur bataille contre les Helvètes, les Romains ont reçu des Eduens du vin du cru. En revanche, du blé, César l’affirme. Ce qui est certain, c’est que cette livraison s’est faite sous la contrainte, voire sous la menace comme vous le pensez. Quant aux Suèves d’outre-Rhin qui, dans leurs villages, se seraient nourris, d’après César, surtout de laitages et de viandes, il leur a bien fallu se mettre à cultiver du blé, après avoir occupé la Séquanie, pour ravitailler l’armée qu’Arioviste avait lancée à la conquête de la Gaule (DBG I, 31).


                  • re:Merci Monsieur E. Mourey ! (---.---.47.54) 16 septembre 2006 14:12

                    Merci Monsieur E. Mourey ! « En revanche, du blé, César l’affirme. Ce qui est certain, c’est que cette livraison s’est faite sous la contrainte, voire sous la menace comme vous le pensez »( par Monsieur E. Mourey, Agoravox France, 16.09.2006).


                  • pierrot (---.---.141.25) 16 septembre 2006 10:19

                    Excellent article, sur un sujet passionant. Merci


                    • Jean R (---.---.236.198) 6 octobre 2006 18:24

                      Bonjour,

                      Désolé, mais Alésia à Alise-Sainte-Reine est une supercherie dénoncée depuis le début par les experts les plus qualifiés. C’est indéfendable. Dans tous les sens : si Vercingétorix avait été assez stupide pour se réfugier là, César aurait été tout aussi stupide de ne pas l’attaquer directement, et encore plus, s’il y renonçait, de ne pas tenter de lui couper l’eau.

                      Plus de précisions : http://perso.orange.fr/daruc/divers/alesia.htm

                      Cordialement,

                      J


                      • Emile Mourey Emile Mourey 6 octobre 2006 22:34

                        Vous dites : L’ordre de marche des légions de César part du territoire des Lingons (alliés) pour traverser celui des Séquanes (neutres). Absolument pas ! La phrase est la suivante:Comme César faisait route pour aller chez les Séquanes par les frontières extrêmes des Lingons, ou mieux, comme César s’était engagé sur le chemin qui menait aux Séquanes par les frontières des Lingons. Vous dites : une colline escarpée de toutes part, impossible à prendre d’assaut. Absolument pas ! La phrase est la suivante:Quant à l’oppidum proprement dit d’Alésia, il se trouvait en haut de la pente (in colle summo) à un endroit qui ressort tout à fait (admodum edito loco). Cette description est précise ; il s’agit de la pointe ouest du mont Auxois. Vous dites:une plaine enclavée dans les montagnes, de 3000 pas (4,5kms) de longueur. La phrase est la suivante:en avant de cet oppidum, une plaine s’offrait à la vue sur une longueur d’environ 3000 pas. Rien ne permet d’affirmer qu’elle n’ait pas été longue de 3000 pas. En effet, qui peut dire aujourd’hui à quelle distance se trouvait, alors, la lisière de la forêt qui fermait cette plaine ? L’expression intermissam collibus, d’autre part, ne suggère absolument pas l’image d’une plaine encaissée, mais seulement celle d’une plaine s’étalant entre deux versants. etc... Là où je suis d’accord avec vous, ce sont les différences qu’il y a entre les interprétations des archéologues et le texte traduit par Constans. La raison en est simple : c’est que la traduction de Constans comporte beaucoup d’erreurs ainsi que les interprétations des archéologues.


                      • LE DOUTE (---.---.144.162) 16 octobre 2006 18:11

                        votre tentative désepérée de vouloir encore mettre Alésia à Alise,en prétendant certe que le texte de J César est mal traduit par LA Constant, il vous faut egalement traiter J César de menteur car pour mettre 80000 guerriers et la population de la ville et les animaux decrits par JC sur cette petite colline sans eau , il faut assurément beaucoup d’imagination archéologique.Si vous voulez rechercher le véritable site faites le sérieusement svp


                        • (---.---.184.186) 16 octobre 2006 21:46

                          Le Mont-Auxois n’est pas sans eau (voir la source de la Croix St-Charles). En outre, il y a l’Oze et l’Ozerain qui coulent au pied du plateau. Les Gaulois devaient très certainement s’y rendre, la nuit, car de nuit, tout combattant sait que les guetteurs - en l’occurence les Romains - voient mal ce qui est en contrebas.

                          En ce qui concerne l’effectif de 80 000 hommes que donne César, il faut savoir qu’il n’y a rien de plus difficile que de faire des estimations à vue quand il s’agit d’un effectif important (voir les estimations des manifestations dans notre société actuelle). L’affaire helvète prouve toutefois que César s’est appuyé sur des tablettes pour donner les effectifs des migrants. S’il a tiré les chiffres qu’il donne de documents, il ne peut s’agir que des plans de mobilisation de ses adversaires. Or tout le monde sait qu’entre les effectifs appelés sous les drapeaux et ceux qui rejoignent, il peut y avoir des différences. Ce qui laisse supposer que les assiégés étaient moins de 80 000, c’est le siège d’Uxellodunum où le chiffre des assiégés est très inférieur. Mais dans cette affaire, ce n’est pas César qui relate la bataille mais Hirtius Pansa.

                          Enfin, si vous pensez avoir des preuves pour situer Alésia à un autre endroit qu’Alise-Sainte-Reine, il faut en prévenir le ministre de la culture, vu qu’on est en train d’y dépenser des sommes très importantes pour y réaliser un grand parc archéologique.


                        • (---.---.184.186) 16 octobre 2006 21:48

                          > Au sujet d’Alésia (IP:xxx.x42.184.186) le 16 octobre 2006 à 21H46 Le Mont-Auxois n’est pas sans eau (voir la source de la Croix St-Charles). En outre, il y a l’Oze et l’Ozerain qui coulent au pied du plateau. Les Gaulois devaient très certainement s’y rendre, la nuit, car de nuit, tout combattant sait que les guetteurs - en l’occurence les Romains - voient mal ce qui est en contrebas.

                          En ce qui concerne l’effectif de 80 000 hommes que donne César, il faut savoir qu’il n’y a rien de plus difficile que de faire des estimations à vue quand il s’agit d’un effectif important (voir les estimations des manifestations dans notre société actuelle). L’affaire helvète prouve toutefois que César s’est appuyé sur des tablettes pour donner les effectifs des migrants. S’il a tiré les chiffres qu’il donne de documents, il ne peut s’agir que des plans de mobilisation de ses adversaires. Or tout le monde sait qu’entre les effectifs appelés sous les drapeaux et ceux qui rejoignent, il peut y avoir des différences. Ce qui laisse supposer que les assiégés étaient moins de 80 000, c’est le siège d’Uxellodunum où le chiffre des assiégés est très inférieur. Mais dans cette affaire, ce n’est pas César qui relate la bataille mais Hirtius Pansa.

                          Enfin, si vous pensez avoir des preuves pour situer Alésia à un autre endroit qu’Alise-Sainte-Reine, il faut en prévenir le ministre de la culture, vu qu’on est en train d’y dépenser des sommes très importantes pour y réaliser un grand parc archéologique.

                          E. Mourey

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