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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Auguste Rodin (1840-1917) et Camille Claudel (1864-1943) : Pygmalion et (...)

Auguste Rodin (1840-1917) et Camille Claudel (1864-1943) : Pygmalion et Galatée ou l’Amour des dieux

Avant d’endosser la toge majestueuse du roi légendaire de Chypre, Auguste connut les affres d’une vie bien humaine. Il échoua trois fois au concours d’admission à l’école supérieure des Beaux-Arts et perdit sa sœur Marie. Il fut englouti dans une phase mystique et troublée, à la recherche de Dieu.

Chez les pères du saint sacrement, les voies du seigneur étaient pénétrables et le novice-moine-artiste réalisa que sa vocation passait par le tumulte de la création, également horizontale et charnelle.

En des temps moins prestigieux, il connut l’apprentissage auprès de Carpeaux et Barye et ne sut pas, qu’en ces périodes de galère, Camille, la belle Camille, venait de voir le jour pour la première fois. Dans ce climat d’incertitude profonde, il connut et se réfugia dans les bras protecteurs de Rose Beuret, terrible présage, qui imprima plus tard sa violence jalouse et son visage dramatique à Bellone, symbole de la République.

Sa première œuvre notable, L’Homme au nez cassé, fut refusée au salon. Son fils naquit, sa mère mourut, il semblait que la mort et l’amour occupaient le centre de sa vie et de son œuvre. Il était habité, malgré le mauvais sort, par un besoin irrésistible de création et dévoré par une soif de conquête et de reconnaissance.

Un séjour à Florence le place maintenant sur les traces de Michel-Ange qui devient l’un de ses principaux inspirateurs. L’Âge d’airain, Saint Jean-Baptiste prêchant, Le Penseur, ces belles anatomies, graves, sensibles, délicatement musculeuses et pures voient le jour à son retour de Florence.

Des amis célèbres, écrivains et poètes maintenant l’entourent. Le monde se dessine.

Dans une période dantesque, il reçoit la commande des Portes de l’Enfer, son père disparaît et la jolie Camille lui apparaît dans une seconde naissance. Sans doute obtint-il d’Aphrodite qu’elle donnât vie à son égérie, mais il ne l’épousa pas. Le roi et sculpteur célèbre cheminait maintenant dans son âme mature, mortelle et mythique.

Les Portes de l’Enfer ne seraient-elles pas la matérialisation de La Divine Comédie du célèbre poète latin. Sur cette toile de fond, le sculpteur animal saisit à pleins bras, tel un démiurge, la matière du limon originel. Ce créateur titanesque patauge dans le chaos, racontant Ugolin transformé en animal, Méditation avec bras, Fugit Amor, Faunesses convulsées, La Terre, La Danaïde, Andromède, les formes et les femmes tourbillonnent insaisissables. Les volumes simples et le traitement rugueux de la surface, les têtes informes, les amputations renforcent le caractère novateur et moderne.

Inspiratrice active, guerrière infatigable, Camille se déplace créative, dans « l’enfer de la porte », suggérant, contestant, proposant, affrontant son Auguste démiurge, le poinçon brandi comme une arme, le maillet imposant, agile et prompt.

Le talent et l’approche de l’art sculptural de l’un et de l’autre est si proche... mais cette époque lui est si peu favorable... jolie Camille et pourtant redoutable par son génie et l’imprévisibilité de sa nature... mythique... et réelle.

Camille si menue, Auguste, imposant et athlétique. Une admiration, un respect mutuel et des réalisations jumelles génératrices d’amour et de passion aux agapes antiques.

Naîtra de leur amour, la multitude prophétique de l’enfantement. La Jeune Fille à la gerbe de Camille et Galatée d’Auguste, Galatée, représentation originelle de Camille. L’Eternelle idole de Rodin, délicate et tendre retenue, Le sakountala de Camille, frémissante réplique en miroir. L’amour et la passion réuniront dans un creuset bouillonnant une alchimie vivante. La Belle Heaulmière, Clotho, La Vieillesse Pathétique, Le Psaume et La Pensée, l’illustration des Fleurs du mal, Les Bourgeois de Calais, Balzac, L’Eternel printemps.

Ces œuvres bourgeonnantes et fleurissantes se nourriront des ébats, des disputes et des réconciliations des amants, mais témoigneront de leurs influences réciproques et profondes, d’une intense recherche partagée, dans la même direction.

La vie sociale, le monde extérieur et les mondanités... les autres, interfèrent dans leur divine comédie, Dante les avait initiés, cela prend des aspects de tragédie.

Tel un incendie qui grandit, envahit et submerge l’humain et toute la collectivité, les œuvres fusent. Des amants triviaux s’enverraient des mots entre deux portes, peut-être des traversins dans un bref emportement.

Camille, Auguste charrient des matières pesantes et dures, des matières terrestres habitées soudain du souffle de la vie, Pygmalion, Galate, Adam et Eve... et Dieu dans tout ça impassible pendant que le duo exalte, explose et délire de tous les sens et en tout sens. C’est la sonate infernale, elle pourrait se nommer la sonate à kreutzer, sortir du crâne de génie de Beethoven, avoir été reprise par Tolstoï, dans un moment d’écriture, de ressentiment et de faiblesse humaine.

Auguste, le piano, posé, ancré, socialisé, naturellement incontournable en France et dans le monde. Il impose et martèle ses notes, puissamment avec rigueur et maîtrise, classiquement, dans l’esprit et les règles des trois unités érigées par ses pères spirituels.

Camille, l’alto, délicate, mais incisive et tellement libre, individualiste et romanesque. Son art est fait de mobilité, endiablé, exalté. Elle est fascinante, déconcertante... touchante.

Auguste le sait, car sa nature d’artiste lui révèle, elle est son essence, elle incarne cette partie de lui qui évolue merveilleusement hors de lui. Sa voix, sa finesse, sa délicatesse, son talent le plus pur, son éternelle jeunesse et son véritable génie... Camille-Galatée... Alea jacta est !

Dans cet univers infernal, par vocation tyrannique, la fusion artistique et humaine des deux amants me parle de l’amour passionnel, et peu m’importe les critiques artistiques masculines qui minimisent le rôle de l’idole pour faire émerger l’Auguste, ou le contraire chez les critiques féminines déçues par les hommes qui réduisent Rodin, déjà pas si grand, à la dimension d’un gnome possessif, égoïste et captateur.

Dans le monde des dieux en phase d’amour, la critique n’entre pas. Depuis l’extérieur, à la porte de l’Enfer voire du Paradis, selon la perspective, elle enrage et invente... elle parle et écrit, mais elle ment par ignorance ou par envie.

Nul ne sait mieux qu’eux, l’amour de l’autre, l’amour de l’art, l’amour de donner vie à la terre, à la pierre, au métal, à tout autre support... et quand deux êtres, par un éclair de génie, font jaillir de la matière la sensation holographique, qu’une partie infime de l’un est la représentation d’un ensemble existant chez l’autre, tous les sentiments, les bonheurs et les débordements traversent l’âme des protagonistes et le monde entre dans une nouvelle ère.

Il est alors permis de fuir dans le déni, apeuré, en cultivant l’empreinte, de celle qui poursuivra sa vie au fond de son âme... Auguste-Pygmalion... puis Auguste Rodin, artiste créateur, célèbre et adulé, protège dans le secret, sa plus belle œuvre de chair... Camille.

Pourquoi perdre la raison, jolie Camille, Galatée innocente, si petite et si grande, si fragile et si puissante, finie et pourtant infinie. Dichotomie fatale, mais éternel féminin, éternelle idole et pour toujours Galatée sous le regard protecteur et maternel d’Aphrodite.

Documents joints à cet article

Auguste Rodin (1840-1917) et Camille Claudel (1864-1943) : Pygmalion et Galatée ou l'Amour des dieux Auguste Rodin (1840-1917) et Camille Claudel (1864-1943) : Pygmalion et Galatée ou l'Amour des dieux Auguste Rodin (1840-1917) et Camille Claudel (1864-1943) : Pygmalion et Galatée ou l'Amour des dieux Auguste Rodin (1840-1917) et Camille Claudel (1864-1943) : Pygmalion et Galatée ou l'Amour des dieux Auguste Rodin (1840-1917) et Camille Claudel (1864-1943) : Pygmalion et Galatée ou l'Amour des dieux Auguste Rodin (1840-1917) et Camille Claudel (1864-1943) : Pygmalion et Galatée ou l'Amour des dieux Auguste Rodin (1840-1917) et Camille Claudel (1864-1943) : Pygmalion et Galatée ou l'Amour des dieux Auguste Rodin (1840-1917) et Camille Claudel (1864-1943) : Pygmalion et Galatée ou l'Amour des dieux

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21 réactions à cet article    


  • Alake Alake 22 avril 2008 11:52

    Joli texte, merci.

    A signaler, en ce moment l’exposition Camille Claudel au musée Rodin (http://www.musee-rodin.fr/accueil.htm voir dans la rubrique expositions )


    • jack mandon jack mandon 22 avril 2008 16:12

      Merci pour le charmant clin d’oeil en miroir, bonne visite et toute ma tendresse à Camille, je ne l’oublie pas.


    • jack mandon jack mandon 22 avril 2008 16:21

      Bonjour à Alake

      Merci pour le charmant clin d’oeil...printanier.

      Bonne visite, toute ma tendresse à Camille, je ne l’oublie pas.

      Jack


    • jack mandon jack mandon 22 avril 2008 14:04

       

      Laconien, laconien, quand tu nous tient !

      Si vous saviez Furtif, la passion qui anime mes articles !

      J’ai passé ma vie a aimer et étudier les personnages dont je vous parle, ce n’est plus de ma tête que cela sort mais de mes tripes. C’est mon intuition qui parle.

      J’en deviens, comme vous le savez, à l’intérieur de votre furtive apparition, à mon humble niveau, un Pygmalion des chimères.

      J’avance aussi, comme vous le voyez, à visage découvert, simplement parce que je suis heureux de communiquer ce qui fait toute ma vie.

      Il est des moments ou l’on a plus peur de rien, surtout quand on a perdu des êtres que l’on aimait et que l’on attend plus rien. Alors on se dévoile naturellement.

      Cordialement

      Jack


    • jack mandon jack mandon 22 avril 2008 14:08

      Que l’on n’attend plus rien,lapsus révélateur que j’attend toujours quelquechose,ça va mieux ?


    • Garance-Rafaella Garance-Rafaella 23 avril 2008 13:24

      Ciel ! Quel article ! J’en parlerai à mon mari !!

      Entre nous, vous qui me semblez être un spécialiste de l’excès de z’ailes, pardon de zèle, s’auriez pas un tuyau pour entretenir les miennes ????!!!! eh eh !

      A ciao

      Garance-R.


      • jack mandon jack mandon 23 avril 2008 15:24

        Garance-Rafaëla,

        Ne soyez pas en souci, vos ailes sont l’effet d’un mirage.

        Par une nuit agitée, Morphée vous révèlera la métaphore du miroir.

        Ayez confiance, allez en paix et ne pêchez plus.

         


      • NikeLaos NikeLaos 24 avril 2008 11:08

        Jack en père de l’église héhé. Bonne idée. Tant de culture passionnée pourrai presque faire peur à mon ignorance artistique coupable. Tu fais partie de ces rares auteurs qui nous parlent, non pas du temps qui passe sur l’actualité immédiate et populaire, mais des bases, des fondements du savoir commun qu’aucun ne devrait ignorer. En ce sens, tes articles sont voués à être moins lus que des titres plus opportunistes comme : "Sarkozy est en fait un extraterrestre du sysème Oth !" ou encore "Monsanto est un nom de code désignant les bases lunaires du gouvernement secret américain" !

        J’ai pêché mon père, pendant très longtemps. Pourtant, peu de belles âmes au bout de ma ligne après toutes ces années. C’est vrai qu’on a pas le droit de renoncer, même si on ne sait pas pourquoi.

        bien à toi.


        • jack mandon jack mandon 26 avril 2008 10:09

          Il me semblait aussi te reconnaitre, je t’ai aperçu au Guilvinec,l’autre jour, lors de la visite du président, tu semblais furieux. La solution à ton problème de pêcheur réside dans le renouvellement du matériel de pêche.

          Tu fais une confusion, je ne suis pas un père de l’église, mais un navigateur solitaire amateur du grand large et des grands espaces...intérieurs.

          Tu fais allusion aux mythes fondateurs de l’humanité, ils ne sont pas l’expression de la culture, proche ou lointaine, mais le fruit de la nature...psychologique de l’homme, et cela de toute éternité. Produit de l’intuition en tout temps mis en forme en partie à l’époque d’Homère.

          Les ignorer, c’est passer à coté de soi même sans se remarquer, c’est mal se connaitre, c’est ne pas s’aimer. C’est un non sens, cette fois culturel.

          « ignorance artistique coupable » Demande à l’enfant, au petit génie coiffé du chapeau rouge, dans l’angle du commentaire, il connait toutes les réponses, il a l’oeuil et l’oreille du monde. Au fond, tout ça, tu le sais, c’est même toi, à travers cet enfant qui me l’a confié.

          Merci pour ton intervention.

          Jack


        • Diane Diane 27 avril 2008 09:29

          Bonjour Jack Mandon,

          Pouvez-vous deviner le nom et la provenance de cette sculture ?


          • Diane Diane 27 avril 2008 09:30

            Désolée !! elle est un peu petite...je vais l’agrandir.....


          • jack mandon jack mandon 28 avril 2008 06:03

            Deviner, bien sur, mais je n’ai pas de microscope au bureau.

            Mon intuition me dit qu’il s’agit d’une sculpture ramassée, massive, en épaisseur.

            La signature est moderne, les formes puissantes sont stylisées et rondes.

            Aristide Maillol avait le goût des formes imposantes, le grand style, la simplicité, la force calme.

            Franchement j’aimerai voir l’agrandissement pour apprécier !

            Merci Diane, j’aime votre nom, Artémis-Diane


          • Diane Diane 29 avril 2008 10:26

            Bonjour Jack Mandon,

            Alors.....où en étions-nous ? Voici cette sculpture agrandie que je trouve magnifique. Etes-vous prêt à me donner son nom et sa provenance ?


            • jack mandon jack mandon 29 avril 2008 18:47

               

              @ Diane

               

              Oui il s’agit bien d’une sculpture d’Aristide Maillol , le catalan.

               

              Contrairement à Rodin, l’impressionniste aux formes tourmentées en mouvement, nous sommes ici dans l’immobilisme.

              La femme douce, calme, puissante, large, épaisse, installée dans sa paix de déesse, dans une vigueur animale contenue...la terre-mère, un symbole immémorial qui remonte de l’ancien orient.

              Il existe à la mairie de Perpignan une reproduction.

              Plusieurs tentatives, nu, femme assise, la pensée, thème sans doute récurant.

              La voilà installée dans le temps...autre éternelle féminin.

               

               


            • Diane Diane 29 avril 2008 19:33

              Bonsoir,

              Je pensais bien que ma question ne vous mettrait pas en difficulté...et je vous remercie d’avoir joué le jeu...

              C’est agréable de se sentir écouté, et de partager des sujets qui nous passionnent.

              Dans votre article, vous évoquez Beethoven, Toltoï et j’ai le sentiment que vous protégez ces deux sculpteurs ?

              Pouvez-vous m’en dire plus ?


              • jack mandon jack mandon 30 avril 2008 05:52

                @ Diane 

                 

                Beethoven a composé la sonate à kreutzer, cela fit scandale en son temps, compte tenu de la modernité romantique de la composition...excès, déchirements, démonstrations hystériques, outrances.

                J’ai fait ce rapprochement avec Camille et Auguste, car ils travaillent en duo, piano, violon, et que cela engendre naturellement une rixe, une querelle, un affrontement entre les deux instruments...entre les deux êtres et sculpteurs.

                Toltoï, un peu plus tard en tira un roman. Deux protagonistes, le professeur et son élève, interprétaient cette sonate, dans l’émotion du jeu musical ils s’éprenaient l’un de l’autre, sous le regard d’un mari qui n’entendait pas ce langage mais qui comprit plus tard et réagit brutalement.

                 

                Si je vous donne l’impression de protéger Camille et Auguste, c’est que j’observe, comme de coutume, que la critique « artistique » a démoli l’un ou l’autre des sculpteurs au gré du temps et des modes avec des variations tout aussi assassines...leur amour leur appartenait et son impact sur les oeuvres de l’un et de l’autre n’est plus à démontrer.


              • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 1er mai 2008 10:52

                Camille et Auguste, une passion qui s’est vite consumée, car deux génies ne peuvent cohabiter sous le même toit. D’autant qu’Auguste est déjà en ménage avec Rose et qu’il a de nombreuses liaisons, la plupart ne durent pas et sont liées à la transe d’une oeuvre, mais n’importe ! Camille est jalouse et en veut à son amant de se refuser au mariage à cause d’une femme bornée et vieillissante. Elle se vengera en faisant de Rose sa Clotho, hideux portrait de la vieillesse et, curieusement, alors qu’elle détruira la plupart de ses sculptures d’atelier, elle préservera intact ce plâtre de Clotho.

                Humiliée, elle décide de s’éloigner, mais cet éloignement l’anéantira. Eloignement radical à partir de 1895 où elle prie fermement Rodin de ne plus se présenter devant elle. Ame fière et tourmentée, elle ne peut accepter d’être la seconde derrière le maître et se persuade que ce dernier s’inspire de ses oeuvres, lui vole son inspiration, se nourrit de son génie. Auguste tente bien de l’aider, mais en vain ! La rupture est consommée et Rodin en sera profondément affecté, à un point tel que ses proches craindront un moment pour sa vie. Quant à Camille, elle est détruite. ce n’est plus que l’ombre d’elle-même, une femme auprès de laquelle ne rôde plus que la folie. Si son talent est reconnu - certains amateurs seront prêts à s’endetter pour acquérir l’une de ses sculptures - elle n’en demeure pas moins dans l’esprit de tous l’élève de Rodin.

                Pour une femme, comme elle, persuadée depuis l’enfance, que le génie est venu à deux reprises investir sa famille - oui, le petit Paul et elle, lui qui sculpte les phrases comme elle sculpte la glaise - c’est est trop : la seconde en amour après Rose, la seconde dans son art après Rodin !

                De son imaginaire, son seul et ultime refuge, elle fera surgir, pour derniers témoins, un Persée et une Gorgone, personnages mythiques qui représentent la tragédie qu’elle vit au quotidien. Cette Gorgone, n’est-ce pas elle Camille, une belle femme coupable d’avoir trop aimé ? Avec un regard terrifiant et captif comme l’est dorénavant le sien ?

                Camille s’est laissée couler, loin d’Auguste qui oeuvre loin d’elle, sans doute mal consolé de l’avoir perdue. Deux génies, dont l’un mourra dans les honneurs, l’autre emmurée dans un asile. Comme Mozart, elle sera ensevelie dans une fosse commune. Comme Rimbaud, elle tournera le dos à son art, laissant à la postérité le soin de la juger.
                 ARMELLE

                 


                • jack mandon jack mandon 2 mai 2008 09:41

                   

                  Beaucoup de puissance dans ce texte viril, merci Armelle.

                  Les réalités historiques et humaines ne masquent pas pour autant les déferlements romantiques pulsionnels et passionnels qui engloutissent les deux sculpteurs initiés.

                  Masses, volumes, formes et profils tourmentés, enlacés et jaillissants soudain, les saillis et profondeurs hurlantes nous transportent dans l’antre de Vulcain.

                  Au milieu du granit, du marbre, des pierres dures et coupantes, des coulées incandescentes et fumantes, nos deux héros façonnés à jamais dans leur histoire mythique et réelle, céleste et charnelle... l’ultime coulée d’Odin.

                  Amants-artistes attachants, broyés, anéantis dans la fournaise Dantesque emportés dans l’ultime irruption des portes de l’enfer.

                  Jack


                   


                • jack mandon jack mandon 2 mai 2008 18:00

                  @ Shawford

                   

                  Voilà mon ami, vous venez de faire le pas, vous montrez votre visage, c’est le premier geste structurant, regardez du côté de la "roue de médecine", vous sentirez tout à fait ce que je veux dire.

                  Nous pouvons aider à transformer ce site, trop de gens jouent un double jeu et projette sur les autres leurs peurs et leurs problèmes personnels.

                  Je compte sur vous pour un nouvel article, en attendant, si vous en avez le désir et le temps, donnez moi votre avis pour les quelques articles que j’ai sorti. Les échanges et les confrontations sont toujours enrichissants.

                  Un petit mot, une question, je vous répondrai avec plaisir.

                  Merci

                  Jack


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