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Avatar : du ravissement à la déception

"Avataaaarrrrrrrrr" entend-on un peu partout, comme si la sortie du dernier film de James Cameron allait pulvériser tous les records au box-office et ringardiser par là même Le Seigneur des Anneaux, Matrix, Star Wars ou tous autres films de science fiction ayant fait des effets spéciaux leur faire-valoir.

Non, Avatar ne m’a pas bluffée, même si les quelques centaines de personnes à mes côtés dans la longue file d’attente du Max Linder puis dans la salle m’avait, d’une certaine façon, conditionné par leur excitation. Pourquoi ?

Une histoire prévisible et très américaine : 
· Jake, un ancien marine paraplégique est recruté pour se rendre sur la planète Pandora (convoitée pour un minerai qui aurait des facultés telles qu’il résoudrait la crise énergétique sur Terre) et combattre les Na’vi, indigènes bleus, plus grands que des humains et très proches de la faune et la flore. Pour se faire, il devra sympathiser avec ce peuple et réussir à se faire accepter pour mieux les persuader de quitter leur lieu d’habitation qui sera ainsi exploité aisément par des groupes industriels. L’air de cette planète étant irrespirable par les humains, il liera son esprit au corps d’un avatar, conçu dans leur laboratoire.
Ainsi, il n’y a pas de réelle créativité dans le scénario, très faible car très prévisible : l’histoire d’un homme qui tombe amoureux d’une autochtone de Pandora et qui se retourne contre les humains...
· Le début de l’histoire est certes captivant car servi par un visuel très fort, mais elle devient vite fade et inintéressante car n’apporte rien de nouveau dans le cinéma américain. James Cameron ne nous épargne pas les machines de guerre US, les armes de feu invraisemblables et les robots à gogo... Clin d’oeil à Terminator (il en a réalisé deux) ? Les scènes de guerre sont si absurdes qu’Arnold Schwarzenegger aurait pu débarquer, cela n’aurait surpris personne !
· Toutefois, saluons la performance des acteurs qui ont réussi à faire passer des émotions authentiques et à animer des extraterrestres alors même qu’ils n’avaient pas vraiment idée du résultat lors du tournage : ils ont évolué sur un petit plateau, du fait de marqueurs sur leur visage et ont donné vie à leur avatar grâce aux capteurs qui enregistraient leurs expressions. Une expérience singulière selon Sigourney Weaver, qui endosse le rôle d’une scientifique attachante mais un peu trop absente de l’histoire.
· Enfin, que penser des valeurs véhiculées par James Cameron ? Dans le film, les humains sont des belligérants malsains, sans réelle sensibilité et sans scrupules, car prêts à tout détruire pour s’accaparer le bien d’autrui.
L’histoire d’amour qui naît entre deux personnages est quelque peu niaise et n’adoucit en rien le côté cataclysmique de la fin du film. L’histoire aurait pu se dérouler dans la forêt Amazonienne que le résultat aurait été le même. Les effets spéciaux font le film et c’est bien là ce que redoutait James Cameron : "que la 3D serve l’histoire". Le challenge est malheureusement perdu.

♣ Un visuel fort :
· Seul point positif pour Avatar, le décor conçu pour la planète Pandora, une flore irréelle et fantasmagorique qui captive, et des personnages virtuels bien imaginés et très esthétiques, qu’on confond très vite avec les acteurs. Là est la vraie "révolution" de ce film.

La 3D qu’on oublie et qui ne subjugue pas :
· "une nouvelle génération d’effets spéciaux", "la 3D stéréoscopique d’une qualité jamais atteinte pour aucun autre film 3D", etc. Ces critiques, visibles dans la presse spécialisée et générale surprennent à plus d’un titre. La 3D dans Avatar est à première vue d’assez bonne qualité mais cela n’empêche pas un inconfort visuel (vision floue à certains passages du film et manque de luminosité) et un très léger mal de tête en sortant de la salle. De plus, elle n’impressionne pas, si ce n’est au tout début du film lorsque le spectateur découvre la planète Pandora. On l’oublie donc bien vite et c’est bien là le reproche principal à faire alors même qu’elle aurait dû tout sublimer.

Avatar n’est pas un joyau de la science-fiction mais un film qu’on oubliera très vite car desservi par une histoire sans intérêt. Preuve en est : qui se souvient du nom des personnages à peine sorti de la salle ? Cependant, il aura peut-être le mérite de changer l’avenir du cinéma grâce à l’emploi intensif d’effets spéciaux de bonne qualité...

Anne Bouillis
www.artsmajeurs.fr


Renseignements :

Sorti le 16 décembre. Réalisé par James Cameron.
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver...
Durée : 2h41

Le site officiel


Mes conseils :

Acheter les places en avance et y aller le matin.
Aller au Max Linder (mezzanine) ou au Grand Rex pour le voir en 3D.
yahoo

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Les réactions les plus appréciées

  • vote :
    Par werther_original (xxx.xxx.xxx.66) 21 décembre 2009 18:24
    werther_original


    Comment savoir si un film était mauvais ?

    Simple, ecoutez les critiques à la sortie du cinéma.

    Si ce que vous entendez ressemble à : " WAouh , les effets spéciaux, sont trop bien faits"
    (cf star wars , terminator 3 , l’etrange histoire de benjamin button , spider-man , transformer......)

    ou

    "A un moment , j’ai cru apercevoir la culotte de la blonde" (cf taxi , james bond )

    Vous venez surement de visionner une chose que j’apparenterai à du remplissage. On à une histoire de base (nulle) , et il faut tenir 1h30 , alors on remplit. On remplit de l’inévitable bimbo , de la nécessaire scène de combat , de l’inestimable scène d’amour entre les protagonistes, "platonique ou sexuel", "chateaubriand ou katsumi". On mélange tout ça et on soupoudre de grandiloquent , de baroque, de mozart "l’opera rock".et le tour est joué.Tous les gogos de la terre applaudiront des deux mains, croyant vivre un instant exceptionnel.

    Les mauvais films ont cela en commun qu’ils vont chercher des histoires abracadabrantes (une autre planete , un tueur en serie qui collectionne les poils pubiens de 1973 blond vénitien , des mega-robots aux mega pouvoir) parce que les scénaristes croient apporter de l’émotion en offrant du sensationnel. Exactement de la même manière qu’un homme croit se construire une personnalité en ayant un iphone ou un mac G5 ou plein de trucs débiles.

    Je rejoins bardamu totalement (et encore une fois) (il faudra se faire un repas) , le cinéma reflete l’état de deliquescence artistisque ou nous sommes.




  • vote :
    Par Bardamu (xxx.xxx.xxx.109) 21 décembre 2009 14:18

    Prenez un écrivain, faites-lui écrire un scénario de science-fiction !

    Orwell vous concoctera "1984", quand, plus tard, Ruffin vous pondra un poussif "Globalia", étalant ostensiblement toutes les ficelles du genre en ce qu’il peut avoir de mauvais, de bien grosses ficelles aux allures de cordes -avec une idée prise ici, et l’autre là !

    On peut investir des fortunes en un film, il n’en soulignera que plus son indécence, l’exacte disproportion entre la débauche de moyens engagés et le piètre résultat obtenu.
    Si les gens apprécient, c’est qu’ils sont de plus en plus à l’image de ces crétins décrits dans le très bon film "Idiocracy" !
    Oui, nous atteignons le degré zéro de la culture et du talent !

    Spectateurs zombifiés, pataugeant dans l’apathie, réclamant sa dose de conditionnement, n’allant voir tel ou tel film que pour, à la manière des ados, en référer à telle ou telle scène devant ses collègues de travail, lui faisant dire :
    -ou, et quand chevauche le monstre,on s’y croirait vraiment !
    Là, j’imagine une remarque concerant un extrait du film qui d’emblée m’évoquait une énième daube !
    Allez voir "Le Limier" d’un certain Mankiewicz, "L’Aurore" de Murnau, "La Party" d’Edwards ! goûter à la qualité, aux saines nourritures intellectuelles et non à ces infectes Mac Do Hollywoodiens !

    Ou, car malgré toute la technique déployée, tant et tant d’argent gâché pour sauver cette affaire spectaculo-financière, nous nous enfonçons de plus en plus !

    Paris en carton-pâte d’Amélie !... des choristes fleurant mauvais un pensionnat trop reconstruit pour sembler vrai !... des cht’is si caricaturaux qu’ils en appellent aux rires condescendants, jetés non en éclats mais tels des oboles : rires du pauvre pour un film si peu riche de talent !
    Alors, si l’on arrêtait de consommer toute cette m.... !
    Si l’on avait plus honte du beau !
    Bref, si enfin, nous redevenions un peu humain, affecté, critique, jubilatoire, et non ces morts vivants par avance consentants !

  • vote :
    Par Inquiet (xxx.xxx.xxx.169) 22 décembre 2009 10:09

    Que dire de ce genre de critiques ?

    Normales, je dirais.

    Dès l’instant où le réalisateur "met les moyens", ne nous y trompons pas : ça sera FORCEMENT mauvais de la part de l’intelligence supérieure de nos Zemmour de Naulau en herbes.

    Le truc du "pléthore d’effets spéciaux cachant la pauvreté du scénario" est devenu de fait un "marronnier" : quelque chose d’attendu dont on pourrait retourner le compliment sur le caractère prévisible de la chose.

    En réalité il s’agit de se faire auto-mousser par une attitude ATTENDUE qui n’engage à rien en terme de posture, sauf celle du censeur offusqué de la bêtise des autres qui s’avère en fait une autre façon de voir les choses.

    Mais ne nous y trompons pas, j’ai peur.

    Oui j’ai peur, car il y a quelques chose de sacré chez les critiques acerbes : leur jugement est forcément de HAUTE teneur, et s’y opposer nous expose à une attaque en règle avec à la clef une condamnation sans appel pour "bêtise caractérisée".

    Et quoi qu’il en soit, il n’est jamais agréable, pour des gens argumentant de se faire traiter "d’idiot du village".
    Imaginez des réalisateurs travaillant 4 ans sans relâche ?

    Je ne dis pas qu’ils sont exempts de toute critique, je dis juste qu’a la lecture des critiques, on aurait tendance à conclure à un travail bâclé : un peu dur non ?

    Évidemment les critiques ont passé au moins 5 mois à fomenter leur diatribe pour émettre leur jugement, soit environ 10% du temps qu’à mis le film à être tourné.

    Maintenant sur le film : que des niaiserie ou des effets attendus masqués par les effets spéciaux ?

    Pas vraiment.

    Je passe vite sur la symbolique de l’Arbre de vie dont on comprend aisément la référence aux écritures religieuses, qui j’en conviens est une constante dans la symbolique de la culture anglo-saxonne.

    Dans un autre post d’av il me semble qu’on se moquait de l’amour entre un "incarné - avatar" na’vis et une véritable autochtone na’vis. Que ce serait-il passé s’il s’agissait d’une jument à 6 pattes comme on en voit dans le film ?
    Et c’est Cameron qui est limité ? Permettez moi de rire
    Tout le film est basé sur cette hypothèse de symbiose des espèces, des corps et des esprits.
    Pourquoi ne pourrait-on pas imaginer un instant que les préférences sexuelles (et autres) s’adapte en fonction de la chimie interne du corps qu’on revêtit ? Ca ne me semble pas abbérant .
    L’âme se situerait au delà de l’idée de préférence intellectualisé par le corps ?

    Vers la fin du film, le colonel désire s’attaquer à leur Arbre sacré. A ce moment, si vous avez bien écouté ce qui a été dit, vous avez forcément fait l’analogie avec la Stratégie du Choc de Naomie Klein.
    Excusez-moi je cite approximativement les paroles du colonel : "Détruire leur foutu arbre produirait un choc tel qu’ils en auraient pour des années avant de s’en remettre".
    Vous savez, l’exploitation des peuples en utilisant des chocs émotionnels provoqués (attentats - guerres ...) ou naturels (tsunami - pandémie ...).

    D’un autre coté, oui, Cameron n’a pas tant inventé de choses que cela, il s’est positionné avec son histoire, et il l’a bien fait.

    Je suis allé voir ce film en famille (tout public).

    Mes enfants, pendant 2h41 n’ont même pas daigner faire une pause pipi, et les adultes présents dans la salle non plus : drôle de navet.
    Il ne faudrait pas oublier le caractère artistique du cinéma (plaire, satisfaire ses sens ...) sous prétexte que ça ne plait pas à des intello du dimanche.

    Après être rentré, nos enfants nous ont posés pleins de questions sur l’homme sur terre, son rapport avec la nature, son rapport avec les indigène.
    Ce film est l’anti-independance-day : c’est nous les envahisseurs, parmi le public, dont mes enfants, il y a eu un certain malaise à voir les rôles s’inverser. On ne nous défendait plus, mais on défendait l’AUTRE.

    Bon j’arrête là, mais vous l’aurez compris, il y a un peu autre chose qu’une grosse machinerie hollywoodienne, et c’est pour ça qu’on est scotché à notre fauteuil pendant 2h41 smiley

  • vote :
    Par Patapom (xxx.xxx.xxx.251) 21 décembre 2009 15:43
    Patapom

    C’est marrant, je me sens vaguement insulté par votre commentaire.
    Hé oui, j’ai réellement adoré le film, je me suis laissé porter par le récit et le visuel est tellement bluffant que j’en ai eu les larmes aux yeux, plusieurs fois même !
    Suis-je pour autant un crétin décérébré comme vous semblez l’insinuer, sous prétexte que je n’ai pas les mêmes goûts que vous ?

    En parallèle d’Avatar, j’aime aussi les films français comme "Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants", ou intriqués comme le cinéma de Lynch. J’ai également vu et bien apprécié "Idiocracy". J’aime lire des bons bouquins de SF de Dan Simmons, ou plus casse-pieds comme Clarke. J’aime "Madame Bovary" autant que "Lettres persanes". Je lis même des traités de physique, c’est pour dire... Vous ne pouvez pas vraiment affirmer que j’ai un point de vue de consommateur débile de ce côté-là.

    Et pourtant, j’ai été totalement subjugué et porté par Avatar, que je vais retourner voir juste pour le plaisir (et un peu pour vous emmerder :)).

    Que dire de plus ? J’ai discuté du film avec des amis et on est arrivés à la même conclusion que les commentaires de cet article : 50% qui aiment, 50% qui n’aiment pas... Est-ce bien la peine de continuer à se "disputer" ?

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