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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Avatar...esque !

Avatar...esque !

Jake Sully, un ancien marine paralysé des jambes, est recruté par une entreprise qui s’intéresse de près à un précieux minerai se trouvant sur une planète luxuriante mais hautement toxique, Pandora, habitée par les Na’vi. Grâce à un corps hybride, un avatar (corps contrôlé à distance constitué à partir d’ADN humain mélangé à celui des autochtones), ce soldat infiltre un clan de Na’vi, faisant obstacle à l’exploitation de ce fameux « or bleu ». Mais bientôt, la Nature, face à la cupidité des hommes, trouve un passage, reprend ses droits et, alors que les marines high-tech et les extra-terrestres proches de la nature se livrent à une guerre intergalactique sans merci, le cheval de Troie qu’est Jake Sully rencontre l’amour auprès de la jolie Neytiri, une très belle Na’vi…
 
« Entrez dans le monde Avatar » nous dit la phrase d’accroche de l’affiche française. « Une expérience magique, envoûtante et sensorielle » nous dit la publicité vendant le jeu vidéo adapté du film de James Cameron. Le dernier film de ce cinéaste gros calibre (Aliens, Terminator 1 & 2, Abyss, True Lies, Titanic) est l’objet des excès en tous genres et de tous les superlatifs : on sait qu’il a coûté 300 millions de $, qu’il fait un carton au box-office hexagonal (6 millions d’entrées en quelques jours) et qu’il avance, telle une lame de fond qui emporte tout sur son passage, dans le box-office américain (déjà 250 millions de $ engrangés, avec un démarrage encore plus fort que Titanic) ; « le truc le plus incroyable que j’aie jamais vu » (Steven Soderbergh à une avant-première), « titanesque », « insubmersible », « abracadabrantesque », peut-on lire ici et là dans la presse, et puisqu’on n’a pas envie de rester en reste quant à cette surenchère langagière qui cherche à se hisser aussi haut que les ambitions pantagruéliques du blockbuster, on a envie de qualifier ce film d’… avataresque. Je m’explique. Puisque ce film – et ceci n’est pas un scoop – est suffisamment singulier pour s’imposer telle la force de l’évidence (un monde imaginaire créé de toutes pièces, enfin à quelques nuances près), il est fort possible qu’à l’avenir tout film qui s’aventurera dans les contrées bio-écolo-chlorophylles d’Avatar pourra être qualifié d’« avataresque », adjectif employé qui invitera ainsi à soupçonner l’objet en question d’empiéter gravement sur les plates-bandes d’un tel film-mastodonte risquant de faire école ; d’autant plus que, vu tout le merchandising et le marketing mis en branle par Cameron & Cie, une ou des suites sont fort possibles, voire inévitables.
 
Alors, allons droit au but, il est comment Avatar ? Face au succès fulgurant du film et à la ferveur populaire qu’il entraîne, il serait de bon ton de le regarder de haut, de jouer au filmologue patenté ou au snob à la bouche pincée et de l’accuser d’être faussement révolutionnaire (la 3D existe depuis belle lurette au cinéma), d’être trop américain, trop coûteux, trop naïf quant à sa vision fleur bleue et rousseauiste du Bon Sauvage et d’être un énième film hollywoodien se donnant une bonne conscience de gauche - non à la loi du profit - en surfant sur l’air (victimaire) du temps : poids de la culpabilité écologique et libérale : on a vu ça récemment dans les pensums filmiques, à l’hygiénisme moralisateur pesant, signés Arthus-Bertrand, Hulot & Co. Certes, ces accusations sont loin d’être erronées, et il y en aurait bien d’autres encore à formuler (la critique est aisée lorsqu’il s’agit de tirer à boulets rouges sur un blockbuster US attendu depuis des lustres), mais force est de constater qu’Avatar a une puissance de frappe filmique et lyrique indéniable. Cameron est un cinéaste hors pair. Maîtrisant parfaitement tous les rouages de la fabrication d’un long métrage, son film de 2h50 se suit sans ennui, il combine tout ce que sait faire Cameron : la création d’un univers (Aliens), d’extra-terrestres (Abyss), des scènes de combat dantesques (Terminator), la monstration des failles du facteur humain ou encore une histoire d’amour impossible (Titanic). Et, de ce mix, naît pourtant un continuum crédible, ce qui n’était pas gagné, tant mieux. La découverte de Pandora, planète fourmillant de grands oiseaux préhistoriques, de méduses volantes translucides, de bêtes féroces à la peau dure de rhinocéros et de plantes exotiques rétractiles, est un pur plaisir pour la rétine, c’est le meilleur du film. Puisque Cameron est dans la logique du gros film qui cherche à épater la galerie, il répond à son cahier des charges et remplit donc son contrat haut la main. Au rayon imagerie numérique, Avatar réserve de belles surprises. Tout ce qui concerne les envolées aériennes (le domptage d’oiseaux géants à la Jurassic Park, les scènes d’action de la bataille finale) étant, selon moi, le plus épatant. On décolle vraiment et, malicieusement, son film, cultivant les avatars (à savoir des personnages représentant des utilisateurs sur le Net, dans les jeux vidéo et au cinéma - ou de l’art de s’identifier à un héros de film), vient redoubler à l’écran l’expérience même du film et de la projection en salle – avouons-le, on vient aussi au cinéma pour ouvrir la boîte de Pandore et pour aller outre les mornes plaines du quotidien. Et, comme Jake (excellent Sam Worthington), on préfère se plonger dans l’inquiétante étrangeté de Pandora plutôt que d’avoir à se taper l’esprit rationaliste, et sans mystère, de marines décérébrés.
 
Formidable directeur d’acteurs, excellent storyteller, cinéaste démiurge ayant la capacité de créer un monde fascinant (on se souvient encore de l’apocalypse futuriste flippant de la franchise Terminator, de la planète LV-426 infestée d’Aliens ou encore du bleu nuit aquatique et hallucinogène d’Abyss), Cameron, via Avatar, n’en reste pas qu’à l’image illusionniste séductrice, la forme perspectiviste - ou de l’art de creuser l’espace de la toile blanche - s’allie à un fond qui s’inscrit au carrefour des mythes. Comme un Seigneur des Anneaux ou la saga Star Wars qui parvenaient à revisiter des mythes anciens (par exemple pour La Guerre des étoiles la quête d’Ulysse dans L’Odyssée ou le sabre-laser de Luke Skywalker comme dérivé de l’épée Excalibur), Avatar tire sa force (mais aussi sa faiblesse car certains clichés sont parfois au bord du risible) du recours au mythologique : c’est un western intergalactique, avec Neytiri en Pocahontas, les marines étant ici les pauvres hommes blancs qui tuent les animaux et cherchent à posséder la terre pendant que les Na’vi, eux, à l’écoute de la nature (pas de propriété sur la terre et les animaux sont égaux aux humains et aux extra-terrestres), incarnent les Indiens face à l’Amérique blanche crapoteuse. Ils sont ceux qu’on a dépossédés de leur terre, manu militari. Et ceux qu’on a honteusement exterminés au napalm : la machine de guerre qu’est le chef des marines dans Avatar rappelant furieusement le lieutenant-colonel Kilgore d’Apocalypse Now. Ainsi, Avatar se rapproche d’un Little Big Man dans le cyberespace, d’un Danse avec les Schtroumpfs (variante possible d’un Danse avec les loups !) et surtout du Nouveau Monde (2006). Cependant, moins onirique et délirant qu’Apocalypse Now (je pense aux dérives hallucinantes de Kurtz à la frontière du Cambodge), nettement moins poétique et mystérieux que le sublime New World du chamane Malick, Avatar, dans sa description de la civilisation très ancienne des Na’vi, n’évite pas par moments le niaiseux et le kitsch New Age quelque peu embarrassant. Ses Indiens de Montmartre peinturlurés et emplumés, lorsqu’ils dansent au coin du « feu » de l’Arbre des Ames, font un peu Heroic Fantasy de BD passe-partout.
 
Cherchant à montrer un monde inventé cohérent (et Cameron y arrive, c’est évident), celui-ci en vient à surligner, à surcharger la vision panthéiste et animiste des Na’vi au point de leur enlever une certaine opacité – ce que ne manquait pas de faire Malick en truffant son Nouveau Monde de zones d’ombre, de glissements contemplatifs et de flottements métaphysiques fascinants. A force de viser le film fédérateur et intergénérationnel qui brasse très large, Cameron livre avec Avatar un film un peu trop manichéen, un peu trop politiquement correct, un peu trop balisé. Il lui manque un certain mystère, voire même une certaine dose d’humour libérateur – alors que Cameron, d’habitude, via Terminator, True Lies et autres Aliens, sait habilement le distiller. Dommage. Mais c’est peut-être avec un Avatar 2, et maintenant que le décor est bien planté et connu de tous, que Cameron se lâchera plus complètement. A suivre donc. Au demeurant, Avatar reste tout de même un objet filmique hautement réussi (du 4 sur 5 pour moi), qui donne envie d’être revu et qui sait faire appel à l’enfant, petit ou grand, qui sommeille en nous - « Ce film a été fait pour l’ado de 14 ans qui vit en moi  » (Cameron) - sans jamais nous prendre pour des cons ou niveler l’enfance par le bas ; ainsi, et pour ne prendre qu’un exemple actuel, il y a selon moi un abîme entre les ambitions filmiques et narratives d’Avatar et la pauvreté visuelle et intellectuelle d’Arthur au pays des Minimoys de l’écurie Besson.  


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74 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 4 janvier 2010 10:38

    J’ai été le revoir en 3D pendant les congés , et c’était toujours un régal !
    si le scénario est classique et assez prévisible , il n’en reste pas moins que le film est vraiment une merveille , jamais on n’avait vu un univers de science fiction aussi luxuriant , aussi bien au niveau de la flore comme de la faune , la pluspart des films se déroulant sur des planètes stériles , rocailleuses ou désertiques , ils se sont vraiment cassé le cul pour réaliser ce nouveau biotope !
    j’attends avec impatience de pouvoir admirer la suite smiley


    • Talion Talion 4 janvier 2010 11:27

      Quelle suite ?!... De quoi tu parles là ?!...


    • LE CHAT LE CHAT 4 janvier 2010 11:35

      Vu le succès du film , on peut compter sur James Cameron pour nous faire rêver encore !


    • Ouallonsnous ? 4 janvier 2010 23:48

      A LE CHAT, avez vous compris que c’est une dénonciation du massacre des civilisations pluri-millénaires à la surface de notre planéte pour s’appropriez les richesses naturelles sur lesquelles elles se sont dévellopées ?


    • LE CHAT LE CHAT 5 janvier 2010 09:07

      @ouallons nous

      bien sûr , on peut par ex faire le rapprochement avec les indiens de l’equateur chassés par les compagnies pétrolières et les papous chassés par les chercheurs d’or .
      homo sapiens est cupide , c’est dans sa nature ! smiley


    • Bardamu 4 janvier 2010 10:58

      On la connaît la chanson ! l’intellectuel auto proclamé, l’esthète de service, le moderniste modernisant n’étant de facto qu’un énième « mutin de panurge » !... un rebelle au service de l’économie de marché !

      Sous couvert d’une prétendue critique -ici en l’article on cherche un peu la petite bête tout de même : pour la forme s’entend !-, notre clairvoyant finissant inéluctablement par se ranger parmi les thuriféraires de la « chose » moderne.

      C’est inscrit dans ses gènes cela : la moue prétendument dubitative suivie de la Grosse approbation... ça lui donne un genre réfléchi que d’hésiter un peu, des airs de profondeur de presque philosophe.

      Dès lors, esquissera-t-il le rictus de circonstance au regard des sommes colossales engagées en ce « chef d’oeuvre »... mais s’extasiera-t-il d’autant de sa réussite attendue car programmée -sous l’air entendu du « plus c’est c.., plus c’est bon » !

      Tartufe, va !


      Mais jamais, ô grand jamais, ne se posera-t-il une question pourtant évidente, essentielle tout du moins :
      -de tels films, finalement, n’ont-ils d’autres conséquences que de tuer le cinéma, le vrai ?

      Un peu le même rôle tenu par un « Da Vinci Code » sans grâce à l’encontre de ce qui reste de littérature.

      Alors, grâce à nos critiques si experts et complaisants, bientôt n’aurons-nous plus que des films avec de superbes images mais... sans aucun contenu !
      Sitôt vus, sitôt oubliés !
      Sauf à s’esclaffer : « Oh, que c’était joli et rudement bien fait en effets si spéciaux ! »

      Alors, grâce aux mêmes, ne lirons-nous plus que des livres aux scénarios incroyablement complexes, mais... ne signifiant rien.

      Ah, il est bien loin De Sica et son « Voleur de bicyclette » !
      Loin, Céline et son « Voyage » !
      Revenez les enfants, on coule en ce Titanic !


      • MICHEL GERMAIN jacques Roux 4 janvier 2010 20:12

        A-t-on la possibilité de dire que l’on peut s’ennuyer à Avatar ? J’ose à peine. Depuis le premier « guerre des étoiles » sur la question des néo-technologies j’ai l’impression d’assister à une succession de films « body-buildés » . Je ressens comme une évasion, une dissolution du fond dans la forme depuis une trentaine d’années. Pour le fond, je citais, intervenant il y a peu sur un autre article du même auteur, « Danse avec les loups » et « Little Big Man » après lesquels tout était dit. Pour la forme tout ne me semble que gonflette technologique ; c’est je crois l’expression que j’employais... ?

         Mais une autre question me vient ; ne pourrait-on imaginer, très rapidement la disparition des acteurs à ce rythme ? Les moins stéréotypés dans celui ci étant les hommes bleus, loin s’en faut. Quant au scenarii, les livres pour enfants regorgent d’histoires de gentils et de méchants...les comédiens, les vrais, nous emmèneront, eux, au fond de nous mêmes comme dans Out Of Africa pour ne parler que de films Anglophones... L’Europe Latine, entre autre, produisant de magnifiques choses moins sucrées d’argent et d’esbroufe... 


      • Bardamu 5 janvier 2010 08:48

        C’est si vrai ce que vous nous dites là !
        On a l’impression de s’y déplacer avec un mode d’emploi en main dans ces films... un vade mecum en poche.
        Nos étonnements, nos frayeurs, nos rires, tout nous y est dicté.

        Sans oublier cette pensée unique qui en son règne nous oblige à aimer.
        Comme ici, si tu boudes ce « chef d’oeuvre », tu n’es qu’un pisse-froid !

         


      • M.Junior Junior M 4 janvier 2010 11:10

        On pouvait pas s’en empêcher comme tu le découvriras AVATAR c’est plus fort que toi, jeunes romains !


        • olivier cabanel olivier cabanel 4 janvier 2010 11:11

          @ l’auteur,
          j’y étais hier soir,
          ce film est une pure merveille,
          à ne manquer sous aucun prétexte,
          une véritable fable écologique comme on les aime,
          bien loin des pamphlets redondants du film de nicolas hulot,
          merci d’en avoir parlé.
          et bonne année


          • A. Nonyme A. Nonyme 4 janvier 2010 11:12

            « une puissance de frappe filmique et lyrique indéniable » : c’est bien ce que j’ai apprécié le plus. L’histoire est un peu convenue, un peu « Mickey », mais l’image vous transporte et vous accompagne bien après la sortie de la salle.
            C’est aussi ça le cinéma, n’en déplaise au pisse-froid Bardamu.


            • Bardamu 4 janvier 2010 11:16

              C’est toujours mieux que chier du consensuel !... des étrons sans odeur, en plus !


            • John Lloyds John Lloyds 4 janvier 2010 11:58

              Pas mieux, Tall, même si l’américanisation convenue du film était largement prévisible, il n’en demeure pas moins que le fond se démarque totalement des superproductions puantes hollywodiennes, ainsi que de l’écolo primaire à la YAB ou à la Hulot.

              C’est mes gamins qui m’ont traîné à voir ce film, malgré ma réticence, comme quoi les mômes ne sont pas toujours des boulets, sur ce coup je les remercie, car ce film vaut le déplacement, et le prix exhorbitant.

              On pourrait presque classer ce film comme un hommage aux amérindiens, voire une prophétie prévoyant leur retour, tant le parfum de chamanisme a été travaillé, Cameron ayant démontré sa véritable connaissance du sujet.

              Le film m’a totalement emporté, j’ai eu bien du mal à revenir, pourtant dieu sait si je suis très mauvais public et critique peu complaisant envers les daubes américaines, mais je conseille ce film (à voir en 3D absolument, et aux premiers rangs) à quiconque a envie de déconnecter 2 heures


            • A. Nonyme A. Nonyme 4 janvier 2010 12:20

              Salut John, je ne suis pas Tall mais cette confusion n’est pas honteuse ! Bonne journée. Trash Titi.


            • Jean-paul 4 janvier 2010 13:33

              WAOUW ! John Lloyd reconnait que le cinema americain cree aussi des chefs d’oeuvre .


            • A. Nonyme A. Nonyme 4 janvier 2010 11:32

              Je préfère le consensuel mérité au con sans rien. Allez voir le film et revenez nous en parler.


              • Gabriel Gabriel 4 janvier 2010 11:34

                Cher Bardamu,

                Pourquoi en ce début d’année déverser votre fiel ? Quant aux étrons sans odeur, ils procurent du bons engrais sans gênes olfactives. Soyez positif, si vous n’aimez pas, laissez nous apprécier !


                • Bardamu 4 janvier 2010 13:14

                  Alors, un peu comme Carrefour qui prône le retour du positif, cher Gabriel !
                  C’est incroyable ça : dès que l’on égratigne « le moderne », il sort de ses gonds modernistes notre bonhomme... classique, si je peux m’exprimer ainsi !

                  Ainsi, serait-ce révisionniste que ne pas aimer le prêt-à-filmer ?

                  Oui, voilà une idée bien extravagante que de ne pas se contenter d’un brouet quand il y a tant de bouillons d’une toute autre culture à la saveur subtile -à goûter alentour !

                  Et des drôles aussi, An-onyme, pour le si peu pisse-froid que je suis !

                  Mais c’est vrai, critiquer c’est vilain, voire réactionnaire !
                  Ne pas aimer le moderne, c’est d’un ringard, voyez-vous !

                  Alors, disons « oui » à Amélie-la-pouliche, aux choristes-castra, aux cht’is moules frites !

                  Aimez, aimez, frères modernes la médiocrité que l’on vous sert !... elles sont belles les images, il est beau le dessin !... de Dieu, on a beau dire, l’on s’y croirait, c’est bluffant !... quelle poésie ! que de couleurs ! quelle finesse de l’image ! waouh, les pixels ! l’hypervirtualisation, l’autre monde, lisse, doux, infini !

                  Oui, chers bambins extasiés en la nursery monde, elle est si laide la réalité !
                  Retournons donc tous en enfance : saveurs, couleurs, odeurs, aux sens et caetera... il n’y a pas photo, que du bonheur !


                • Gabriel Gabriel 5 janvier 2010 05:42

                  Vous avez droit de ne pas aimer et cela ne me traumatise absolument pas et ne me fait, comme vous le dites, par sortir de mes gonds. Je m’interroge juste sur la virulence de votre critique. Si vous êtes aussi cool en ce début d’année vous risquez l’ulcère avant la fin de celle-ci.

                  Cordialement

                • Bardamu 5 janvier 2010 08:59

                  Gabriel, on peut être cool comme vous le dites... sans être c.. !
                  Avez-vous assisté à un concert de Noah pendant les fêtes, pour être dès lors aussi cucul, gentillet, et bêtement catégorique ?

                  Allez mon garçon, on se reprend, on sort de la crèche, celle où s’égaient les enfants !
                  Le monde, ce n’est pas une niaiserie filmée tout de sucre et de jolies couleurs... à l’image de cette autre idiotie cinématographique : « Les Ailes du désir » !


                • Gabriel Gabriel 5 janvier 2010 13:05

                  La sûreté de vos propos me consterne, votre ego n’admet pas le doute et à vous lire on sent que vous vous vautrer dans l’autosatisfaction mon cher. Le fait d’apprécier un tant soit peu ce que sa majesté « Bardamu » n’aime pas, offense son intelligence et fait de nous des attardés si j’ai bien saisi ? Votre aptitude à l’écoute et la compréhension est au même niveau que ceux qui nous gouverne. Il suffit d’en voir les brillants résultats ! Apprenez l’humilité, vous verrez, c’est assez salvateur et empêche la tête et les chevilles de gonfler. Un petit proverbe afin d’adoucir votre suffisance : »Le sage cherche toujours la vérité, l’imbécile lui, l’a déjà trouvé. »


                • Arno_ Arno_ 4 janvier 2010 11:47

                  J’ai vu le film en 3D. Pourquoi bouder son plaisir ? Si l’histoire est convenue, le divertissement est au rendez-vous et le monde imaginé est magnifique et les acteurs s’en sortent très bien (Sigourney, ça fait plaisir de la revoir).

                  Ça m’a rappelé un certain nombre de BD de SF de Leo (Aldebaran, Betelgeuse)...

                  Bref, j’ai sincèrement adoré, et puis s’il y a un film a voir indéniablement en salle, sur écran géant plutôt qu’en DVD c’est bien celui-la.


                  • COLRE COLRE 4 janvier 2010 12:02

                    Bonjour l’auteur : ravie que vous soyez finalement allé voir Avatar ! 
                    Vous savez, ceux qui disent du mal du film sont ceux qui… ne l’ont pas vu ! smiley


                    • Bardamu 4 janvier 2010 13:27

                      ou simplement... ceux à qui on l’a déjà fait !... et qui comprennent, à l’inverse des autres, qu’on ne les y reprendra plus.

                      Ils connaissent la morale de la fable, ces perspicaces-là !... ils ont lu La Fontaine et ne boiront plus de cette eau -si peu potable !

                      Mais au fait, rassurez-moi, de quoii parle-t-on ici-bas ?
                      Du saint des saints ?
                      D’un incomparble chef d’oeuvre ?
                      Ah, de cette petite chose !... ouf, je m’inquiétais !


                    • Eloi Eloi 4 janvier 2010 20:47

                      Boah, COLRE, j’ai vu Avatar

                      La 3D met à peine du relief à un fil creux, déjà vu, déjà lu, déjà entendu

                      A part la technologie et un joli design (mais les jeux vidéo font encore mieux), il n’y a pas grand’chose d’inventé... Pas de surprise, une musique absente, des personnages vides, des idées classiques de la SF, mal exploitées...

                      franchement, plus j’en regarde, plus je m’aperçois que la technologie vide le cinéma de sa substance. On en restera aux bons vieux bouquins, là où les effets spéciaux valent si peu cher que ca laisse du temps pour travailler le scénario.


                    • Bardamu 5 janvier 2010 09:01

                      Eloi, vous parlez d’or !


                    • alphapolaris alphapolaris 4 janvier 2010 12:25

                      Autant j’ai adoré l’esthétique du film, autant j’ai vraiment détesté son histoire, dégoulinante de niaiseries et de pontifes :

                      • Il y a les bon sauvages, ils sont beaux et ce sont les gentils ;
                      • l’ex-marine est beau, et donc gentil, et comme dit dans le film, on a toujours besoin d’un marine ;
                      • le méchant est balafré et c’est un mercenaire. Un mercenaire est exactement comme un marine, sauf que c’est un méchant.
                      • les indigènes sont incapables de se prendre en main sans être pris en charge par l’ex-marine ;
                      • l’ex-marine est tellement fort qu’il est capable d’assimiler une langue, une culture totalement étrangère, et de devenir leader d’une planète complète en 3 mois... Ils sont trop forts ces beaux marines. En Irak, c’est légèrement plus long ;
                      • les méchants partent... non, il n’ont pas compris qu’ils mettaient en danger la planète. S’ils partent, c’est uniquement parce qu’ils ont reçu une raclée militaire dirigée par l’ex-marine ;
                      • Il n’y a pas d’autres solution à un problème que la loi du plus fort débouchant sur une guerre avec beaucoup de morts ;
                      • Mais heureusement, la guerre c’est bien car les gentils gagnent à la fin. Les gentils sont toujours les plus forts ;
                      • Les marines font partis des gentils.

                      Franchement, ça m’énerve de voir que le seul contact du grand public avec la science fiction se résume à un film d’effets spéciaux associé à une histoire débile pretexte à une propagande pro-militaire (et américaine) à peine voilée. Coupez le son, laissez votre cerveau à l’entrée et vous ne perdrez rien du film. Le scénario n’est aucunement en rapport avec les moyens dépensés pour ce film. Il aurait pu être un film d’exception ; ce n’est qu’une coquille vide.

                      De plus, j’ai trouvé certaines scènes de ce film choquantes. C’est un film de guerre. Voir un humain se faire transpercer par une flèche de 2m de long en gros plan et en 3D dans un environnement magnifique n’est pas anodin. Seulement, on considère que c’est normal et on laisse les enfants voir ça. Je ne partage pas cet avis. Pourquoi les Frédéric Lefebvre et Cie qui fustigent les dangers d’internet ne s’élèvent-ils pas contre cette violence ? Il y a du pognon à la clé ? Ah, pardon, dans ce cas, c’est autorisé... pas comme internet qu’il faut museler pour protéger les gens.


                      • Bardamu 4 janvier 2010 13:15

                        Voilà qui est juste et argumenté !
                        Blade Runner, Soleil Vert... tout de même autre chose !


                      • John Lloyds John Lloyds 4 janvier 2010 14:29

                        Blade Runner, oui, mon préféré, inégalé dans toute l’histoire du cinéma, mieux qu’un film, une mythologie.


                      • Bardamu 4 janvier 2010 16:21

                        J’approuve, John !


                      • Johnny Marocco 4 janvier 2010 16:53

                        Blade Runner, rien à dire, si ce n’est qu’il s’agit de l’« adaptation » d’une oeuvre de Philip K.Dick, combinée à l’imagination visuelle de Ridley Scott, pour un résultat certes magistral. Mais dans le cas d’Avatar, il s’agit d’un scénario original, pas épais, j’en conviens, mais à la puissance symbolique exceptionnelle : il suffit de voir la scène où le « gentil » marine troque son fusil-dézingue-tout contre une simple sagaie, scène très courte mais lourde de sens.


                      • Duke77 Duke77 4 janvier 2010 17:52

                        Une propagande pro-militaire (et américaine) ? Euh, t’avais fumé quoi avant de voir le film ? Les militaires sont dénoncés comme étant à la solde d’un organisme financier. L’un des messages d’Avatar est plutôt une critique des guerres actuelles comme la campagne US en Irak/Afghanistan/Iran : « si vous convoitez les ressources d’un peuple, il suffit de le transformer en ennemi » - citation du film. Cela ne te fais pas penser à la guerre US contre les arabes pour leur pétrole/gaz et le passage des pipelines ? D’autre part, les militaires du film ressemblent à des miliciens (privés), ils semblent détachés du haut commandement inexistant (pas de contact avec la terre mentionné dans le film) et leur chef n’obéit qu’au responsable de l’exploitation du précieux minerais. Ils m’ont fait penser à Blackwater.

                        Ma mère qui a été voir ce film a également pensé à la guerre en Irak...`

                        En revanche, je suis d’accord avec toi : ce film devrait être interdit aux moins de 12 ans car il comporte des scènes de guerre assez violentes.

                      • ChatquiChouine ChatquiChouine 4 janvier 2010 19:10

                        Ahhh ! Rachel, Rachel, mon réplicant adoré !.... rien a voir avec cette asperge trempée dans du bleu de méthylène de Na vi !


                      • Eloi Eloi 4 janvier 2010 20:54

                        il s’agit d’un scénario original,

                        Il n’y a rien d’original, un handicapé non respecté dans son peuple, trahit son camp pour la fille du chef, l’unit et bat le méchant (et récupère les armes à la fin).

                        Même la forêt lumineuse, je suis sûr de l’avoir déjà vue : je crois dans Gandahar, mais là, ca sombre dans de vieux souvenirs...

                        mais à la puissance symbolique exceptionnelle : il suffit de voir la scène où le « gentil » marine troque son fusil-dézingue-tout contre une simple sagaie, scène très courte mais lourde de sens.

                        On n’a pas vu le même film : dans la bataille finale, il a bien son fusil dézingue tout. A la fin, les Na’Vi portent les gros flingues...
                        Tant qu’à chercher du symbolique, je parlerais du lien (physique) entre les Na’Vi et la nature qui leur permet de transmettre les pensées, les arbres connectés. Mais l’idée est mal exploitée : la nature n’est rien d’autre qu’une voiture ou un avion pour le protagoniste, un outil, et la communication avec l’esprit global sert juste à faire une charge de gros rhino.

                        Même Phénomènes était plus subtil, avec le gaz sécrété par les arbres.

                        Du consensuel sans vertige, juste pour rentrer dans ses frais. Une ambition techno mais surtout pas cinématographique. 500 millions de dollars, pour ca. Du gâchis...


                      • Eloi Eloi 4 janvier 2010 20:55

                        Le plus contradictoire du film, à mon sens : le héros handicapé, qui pourrait se faire soigner sur terre, change de corps à la fin et tue son ancien corps. J’ai trouvé ca affreusement consumériste... et choquant...


                      • MICHEL GERMAIN jacques Roux 4 janvier 2010 21:33

                        Pouvez vous m’expliquer pourquoi je n’arrive à voter ni pour vous ni pour Bardamu mais que cela fonctionnerait pour d’autres si je cliquais sur leur petit bulle ?

                        Mon fils, 19 ans s’est éclaté. Ma fille 23 a dit « bof » et moi j’attendais la fin pour aller me coucher. C’est donc l’age ? La jeunesse est un naufrage. Non je déconne, il est super ce mec, mon fils. C’est l’age ou l’on se drogue en lisant Verlaine sans voir que celui -ci disait que l’amour est a réinventer. Sans effets spéciaux.

                        donc je vote pour vous et Bardamu sans que ça marche...et pour l’auteur qui nous a offert un bon débat.


                      • alphapolaris alphapolaris 7 janvier 2010 11:26

                        S’il y a bien une critique de l’Irak, celle-ci est en trompe-l’œil, car en définitive, ce film est une apologie de la guerre. A-t-on déjà vu film de guerre plus magnifique ? Où les hommes se font violemment empaler par des flèches dans un décor magnifique et une chorégraphie sublime ? Quel est le message de film ? La guerre, c’est propre. D’ailleurs , on ne voit pas de sang. Le rouge aurait probablement rompu la délicate harmonie des couleurs, et le bleu, il y en a déjà partout. Les gentils meurent donc bien proprement. Quant aux méchants, ils se font empaler ou écraser par des monstres de 10 mètres de haut, et c’est tout juste si on n’entend pas leur os craquer. Mais comme c’est magnifique et pour la bonne cause, ça passe comme une lettre à la poste.

                        L’autre chose qui me dérange est que la guerre est présentée comme la solution. Ce n’en est pas une. Qu’est ce qui empêchera les mercenaires de revenir encore plus forts et plus armés, avec des armes chimiques ou radiologiques capable d’empoisonner la planète et d’exploiter son précieux minerai ? Rien. Je vous donne là en avant première le scénario d’Avatar 2 et je peux même prévoir que les gentils gagneront. Ils gagnent toujours, c’est bien connu.

                        Un meilleur scénario aurait été, selon moi, d’une victoire à la pyrrhus des mercenaires. Celle-ci aurait été déjà plus plausible dans un conflit opposant des flèches et une planète vivante à des tanks blindés. Cette victoire n’aurait été possible qu’en tuant Gaïa, la planète de Na’vi. Mais ce faisant, elle aurait aussi détruit ce précieux minerai, qui se serait alors révélé la force vive de la planète. Plus de planète vivante, plus de minerai. Il y avait là un scénario plus digne des standards de la SF, avec une conclusion toute autre.

                        Désolé, mais présenter de façon aussi positive une guerre reste de la propagande.


                      • Cogno2 4 janvier 2010 14:22

                        La seule chose dont on entends parler au sujet de ce film, c’est la quantité de fric qu’il rapporte.

                        C’est vous dire l’état d’esprit, et la « richesse » de ce film.

                        Donc il n’ont pas besoin de mon argent, ils en ont bien assez, et si c’est pour bouffer l’éternelle propagande US déguisée, désolé, mais j’ai pas envie d’avoir la nausée.


                        • charles-edouard charles-edouard 4 janvier 2010 14:27

                          j’ai vu et j’ai pas aimé, et revendique ce droit,je pense que le fait de ne pas avoir aimé ce film,fait pas de moi un etre ignorant,inculte ou arriéré

                          l’auteur demande l’avis sur ce film je le donne


                          • A. Nonyme A. Nonyme 4 janvier 2010 14:47

                            Avoir un avis en ayant vu le film est tout à fait respectable. Il ne peut pas plaire à tout le monde. Rien à voir avec ceux qui disent beurk sans connaître, en invoquant des « c’était mieux avant » ou des « ça pue la pompe à fric » sur fond d’anti-américanisme primaire de primate.

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