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Bach - Biber - Schein

La politique d’Outhere Music en matière de rééditions est extrêmement foisonnante. Avant de mettre en avant d’anciennes et nouvelles références, il m’a semblé que les regrouper par thèmes ou répertoires est plus cohérent. Ainsi, à l’occasion d’un disque Schein (Ramée) intéressant mais non dénué de réserves, la musique allemande a déjà eu droit aux projecteurs avec d’une part la réédition des Sonates du Rosaire de H.I. Biber (1644-1704) par Gunar Letzbor et son ensemble Ars Antiqua Austria (Arcana), et d’autres part le coffret Bach (Johann Sebastian & C.P.E.) des enregistrements d’Amandine Beyer tantôt avec les Gli Incogniti tantôt avec Edna Stern ou en solo pour Zig-Zag Territoires.

Quatre disques forment le coffret Bach. Quatre enregistrements qui furent extrêmement bien réceptionnés en leur temps et que Zig-Zag Territoires a eu la bonne idée d’offrir dans un coffret à prix doux. Quel album faudrait-il conseiller pour tout qui cherche une version de référence des Sonates et Partitas BWV 1001-1006 ? Rappelons la sonorité lumineuse de l’instrument d’Amandine Beyer, la cathédrale de sons produit par ce seul archet et la hauteur de vue de l’interprétation. Ces deux disques sont entourés par quatre Concertos pour violon BWV 1041-42-52-56 accompagnés par les Gli Incogniti. Si les deux premiers sont des oeuvres originales et contemporaines des Brandebourgeois, les deux autres sont des transcriptions de concertos pour clavecin. Les mêmes qualités reviennent et éclosent peut-être encore plus les années passant et les enregistrements mis côté-à-côte. Enfin, le dernier album est consacré à quatre sonates pour violon et pianoforte en compagnie d’Edna Stern. Si l’attachant perroquet de la couverture originale peint par Anne Peultier a disparu, il n’en confirme pas moins le raffinement entendu dans les précédents ouvrages. Véritable leçon de musique de chambre, cela reste un hommage royal à la musique de CPE Bach dont les sonates ici présentes se font encore trop rares dans la discographie actuelle.

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Les Sonates du Rosaire de Biber par Gunar Letzbor viennent d’être rééditées par Arcana. Véritable choc lors de la sortie à l’époque, c’est sans compter la pléthore de versions mise à jour. Qu’à cela ne tienne, si le temps montre un peu plus les - inévitables - imperfections de l’enregistrement, si l’on peut choisir Andrew Manze pour l’introspection ou Goebel pour la folie, l’interprétation de Gunar Letzbor avec ses deux violons et son continuo florissant reste une incroyable référence presque 20 ans après. Une Passacaglia un peu pénible ? Peut-être mais combien de sonate n°14 aussi intense ou de sonate n°6 autant poignante ? L’archet vif couplé à un mysticisme incessant font de cette version une providence de chaque instant.

Enfin, le dernier disque nous amène à la réelle nouveauté dans ce panorama de musique allemande. C’est chez l’excellent label Ramée - où l’on peut admirer une fois de plus la pochette - que le nouvel ensemble InAlto du corniste Lambert Colson a enregistré ce programme centré autour de Johann Hermann Schein (1586-1630). Quelques pièces de Johann Krieger, Heinrich Bach ou encore du joueur de cuivres Gottfried Reiche complètent le programme.

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Thomaskantor à Leipzig de 1616 à 1630, Schein montre toute l’étendue de son art dans son Opella nova d’où est tiré le titre éponyme du disque Ich will schweigen, lamento joué le 18 juillet 1617 aux funérailles de la duchesse de Saxe-Weimar Dorothea Maria. Si le lamento est réussi, ce disque apparait cependant comme fragmenté en deux et appelle à des frustrations. D’une part, les instrumentistes colorent les pièces instrumentales de manière idéale : cornets, sacqueboutes et dulciane forment un écrin rêvé (Cf. la fabuleuse Suite VII du Banchetto musicale de Schein). D’autre part, les pièces vocales semblent souffrir des limites des deux sopranos, Alice Foccroulle et Béatrice Mayo-Felip, comme en témoigne le duo de sopranos Herr Christ, der einig Gottes Sohn, tendu et forcé. La véritable déception vient peut-être surtout du peu de visibilité qui est offerte au ténor Reinoud Van Machelen dont on connait toutes les qualités pour interpréter ce type de répertoire. Néanmoins, cet album est un excellent témoignage de l’intérêt que l’on doit porter à la musique de Schein. Gageons que le deuxième album des InAlto gommera ces réserves afin de pleinement savourer l’intelligence musicale et le potentiel dégagés dans les pièces instrumentales.

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Johann Hermann Schein (1586-1630)

Ich will schweigen

Alice Foccroulle & Béatrice Mayo-Felip, sopranos
Reinoud Van Mechelen, ténor
InAlto - Lambert Colson, direction

2014 Ramée RAM 1401

http://youtu.be/U_UeR4Ffb_4

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Ces disques peuvent être achetés ICI


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1 réactions à cet article    


  • Le p’tit Charles 20 février 2015 15:55

    J’ai appris à aimer bach avec le pianiste Alexis Weissenberg... !

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