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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Barbara Schulz « La Parisienne » du Montparnasse

Barbara Schulz « La Parisienne » du Montparnasse

Mais que diable Barbara Schulz allait-elle faire dans ce batifolage suranné ?

Ni Didier Long, le metteur en scène expérimenté et subtil des sentiments contrariés, ni le valeureux Jérôme Kircher, ni le fantasque Didier Brice, ne peuvent parvenir à mettre sur orbite cette " parisienne " d’un autre temps, autres mœurs et autres convictions.

Tous ensemble rament en cadence synchrone au profit d’une troisième république que nos contemporains ont perdu de vue dans l’immensité des tourments qui sont les nôtres, c’est-à-dire, sans doute, les mêmes qu’en 1848, si ce n’est l’abandon de la balourdise systématisée.

Mais, c’est tout à l’honneur de Barbara Schulz de défendre, bec et ongles, avec l’aplomb charmant qu’on lui connaît, le texte d’Henry Becque imposant à la comédienne son omniprésence distinguée sur le plateau du Théâtre Montparnasse.

D’ailleurs, ses partenaires qui se relaient auprès de Clotilde, la cocotte de circonstance, sont tous parfaits dans l’ingénuité de leurs rôles qu’ils se doivent d’être candide, désinvolte ou jaloux, il n’empêche ce pot-pourri salonard ne parvient pas à transformer la princesse des planches en bourreau des cœurs emporté par les opportunités stratégiques et l’esprit de corruption.

Il semblerait que le registre « bon enfant » qui préside à toutes les turpitudes suggérées en toile de fond ne soit pas « raccord » avec la violence contenue derrière les conventions sociales de l’époque.

A force de peindre en gris ou rose pastel, les travers humains pris dans une tourmente édulcorée, par égard aux désagréments suscités, la mise en scène semble être prise du vertige des derviches tourneurs qui, avec le temps, n’ont plus aucune raison d’arrêter leurs cercles vertueux.

Fort heureusement, un décor ingénieux renvoyant en jeu de miroirs, le second degré potentiel de la valse des ressentiments suggère en permanence la distance entre la comédie de façade et le drame intérieur.

En effet quand, par exemple, la jalousie atteint les sommets paranoïaques d’une inquiétude jamais assouvie, la délectation du spectateur est contagieuse alors même que celui-ci en ressent la menace pathologique.

Encore faudrait-il tirer les marrons du feu de l’expérience douloureuse, mais que nenni, les lois de la médiocrité reprennent leur train-train quotidien… et l’amour dans tout çà, direz-vous ?

Pour le moins, la réalisation de Didier Long est à apprécier en creux, dans l’observation de ses intentions implicites contraignant la performance d’actrice à une égalité d’humeur confondante face à des prototypes masculins, fort déroutants.

affiche / photo © Emmanuel Robert-Espalieu

LA PARISIENNE - **.. Theothea.com - de Henry Becques - mise en scène : Didier Long - avec Barbara Schulz, Jérôme Kircher, Didier Brice, Alexandre Huansé & Candice Crosmary - Théâtre Montparnasse

 


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4 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 1er octobre 2010 11:09

    Je ne sais pas ce que vaut la mise en scène de cette pièce, ni la performance qu’y accomplit Barbara Schulz, mais s’il y a une chose dont je suis sûr, c’est que cette actrice était formidable dans les pièces où je l’ai vue jouer, et notamment dans Pygmalion ou Parole et guérison.


    • Theothea.com Theothea.com 1er octobre 2010 16:42

      Oui, cette actrice est formidable !…
      Oui, nous apprécions ses performances, y compris dans la Parisienne et même surtout dans la Parisienne, puisque Barbara Schulz doit prendre en charge toute la pièce.

      Il n’empêche que la réalisation est globalement sans couleur, ni saveur. Dommage !…


      • Fergus Fergus 1er octobre 2010 18:45

        J’irai probablement voir ce classique du théâtre quand même, ne serait-ce que pour Barbara Schulz.

        Bonne soirée.


      • Theothea.com Theothea.com 2 octobre 2010 02:13

        Vous avez entièrement raison d’aller voir «  La Parisienne  » pour apprécier Barbara Schulz.

        En aucun cas, vous ne serez déçu par la comédienne.

        En revanche, n’hésitez pas à revenir ici pour nous communiquer vos impressions sur la pièce de Henry Becques et sa mise en scène au Théâtre du Montparnasse. 

        cordialement
        JM pour Theothea.com

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